you can never really know what goes on inside someone else’s heart


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 you can never really know what goes on inside someone else’s heart

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Moira Reed
WANDA FARADAY

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MessageSujet: you can never really know what goes on inside someone else’s heart   Sam 1 Juil 2017 - 13:41

Moira se sent coupable de se sentir si légère. Elle n'a perdu personne, elle. Heureusement, n'ose-t-elle pas ajouter, même à la seule connaissance de ses pensées. Pourtant, elle n'est pas si légère et insouciante que ça – surtout lorsqu'insouciante, elle ne l'a jamais été. Elle a l'empathie au bord des paupières, rien qu'à l'idée de ce que d'autres peuvent traverser en cet instant même. Elle traverse ce parc, lieu de manifestations spontanées depuis que 2% de la population mondiale a disparu, et elle découvre nombre de pancartes éparpillées contre les buissons. Where are they gone ? We are owed some answers. What happened ? Elle songe au désespoir que cela doit être, d'avoir perdu un proche, et à l'incompréhension surtout. Peut-être est-ce le pire, que de ne pas savoir ce qu'il s'est passé ? Que cet évènement puisse les dépasser de si haut ? Elle entend même déjà certains émettre la possibilité que cela puisse recommencer... Sensible à tout et impressionnable pour un rien, Moira s'en inquiète beaucoup, de cette possibilité-là. Mais elle n'a pas besoin de ça pour d'ores et déjà être rongée d'inquiétudes, pour ceux qui ont disparu et pour leurs proches. Et puis la vétérinaire, elle est aussi celle qui ne peut s'empêcher de penser à tous ses amis à poils qui ont tristement perdu leur maître. Touchée, elle l'était peut-être encore davantage pour eux. Et si certains de ces animaux de compagnie étaient coincés dans l'appartement de leur maître ? Et si personne ne venait les chercher, n'allaient-ils pas mourir de soif ? Mo irait tous les récupérer un à un, si seulement elle le pouvait. Elle-même a un furet qu'elle a opéré une semaine plus tôt et que sa maîtresse n'est jamais revenu chercher. Depuis, elle a effectivement appris qu'elle avait disparue et voilà qu'elle se retrouvait avec ce malheureux furet dans cette clinique. Son patron voulait qu'elle le rende à la famille de la disparue, mais ceux-ci n'en voulaient pas. Elle n'allait tout de même pas l'abandonner ? Certainement pas. Comment son cœur si tendre pourrait le supporter ?
Moira réalisait que ses soucis pouvaient être bien dérisoires comparés à d'autres, ce qu'elle n'aurait aucune difficulté à admettre et ne prendrait surtout pas le risque de le discuter. Dans quel cas aurait-elle discuté quoi que ce soit ?

Un instant elle continue son avancée, et l'instant d'après elle s'immobilise abruptement. Il lui suffit d'un regard pour deviner la silhouette du géant Mendelsohn, même avachi de tout son long contre ce banc. Et aussitôt, c'est automatique, son cœur bat un peu plus irrégulièrement. Elle se mange un instant la lèvre en le détaillant d'un regard. Bien sûr, si elle pouvait être aperçue par lui, elle ne se serait jamais permis de l'observer ainsi, mais Nash semblait comme endormi. Et puisqu'il ne la voit pas, Moira peut aussi se permettre d'hésiter longuement sur place : ose-t-elle l'aborder ? Car l'aborder signifie le tirer de son sommeil, mais également se confronter à son regard. Et la jeune femme ne s'est jamais autant souciée d'un regard que lorsqu'il s'agit de celui de Nash. Il lui faudrait aussi faire la conversation, un art qui n'est pas particulièrement le sien, surtout lorsque son interlocuteur est cet homme. C'est qu'il ne serait pas improbable qu'elle perde ses moyens, Mo. Lui qu'elle a tant aimé, lui qu'elle a tant fantasmé, lui qu'elle aime et qu'elle fantasme encore aujourd'hui. Lui si nonchalant, et elle tant à fleur de peau. Comment ne pas perdre ses moyens face à autant d'assurance, elle qui n'en a pas même l'ombre ? Et puis tant pis, elle prend le risque. Cela fait bien trop longtemps qu'elle ne l'a pris, bien trop longtemps qu'elle ne lui a pas parlé. Elle prend néanmoins son temps pour parvenir à sa hauteur, tout en essayant de marcher sans trop faire de bruit à son approche – comme si elle ne s'apprêtait pas à le déranger. Enfin, elle se penche et l'interpelle de sa voix par la plus grande des banalités.
- Nash ? Tout va bien ? Il faut dire qu'elle est réellement inquiète pour lui. Les gens qui dorment généralement sur des bancs publics sont dans une mauvaise passe, non ? Du moins, c'est ce que la naïve Moira pense. Mais si elle est étonnée de le surprendre ici, pourquoi n'était-elle pas surprise de le voir tout court ? Comment savait-elle qu'il ne faisait partie de ces fameux 2% ? Parce qu'elle s'en était d'ores et déjà assurée à son insu. Une fois certaine que sa famille était au complet, elle n'avait pas manqué de vérifier que son crush d'adolescente était toujours parmi eux. Ce n'était pas la première fois qu'elle l'espionnait, et cela ne serait certainement pas la dernière. Oserait-elle le toucher pour mieux lui faire retrouver les affres de la réalité ? Un instant elle tend sa main hésitante, s'approche lentement de son épaule, pour mieux la rapatrier aussitôt près d'elle. Non, elle n'ose pas. Initier un contact physique avec Nash ? C'est qu'elle en serait dans tous ses états. Et puis elle ne voudrait pas profiter de son évidente inconscience. Par contre, elle se penche et s'approche toujours plus de lui jusqu'à initier une troublante proximité. Et puis elle insiste Moira, ce qui ne lui ressemble que trop peu.
- Nash ?

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Nash Mendelsohn

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CRÉDITS : killerfromagang

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MessageSujet: Re: you can never really know what goes on inside someone else’s heart   Jeu 13 Juil 2017 - 20:07

Il n’était pas rare qu’il se retrouve dans ce genre de situation, surtout lorsqu’il était pris d’une frénésie irrépressible. Alors, plus rien n’arrêtait Nash. Il n’était pas rationnel. Jamais. Il était prisonnier de ses impulsions et celles-ci pouvaient s’avérer une délivrance mais aussi, et plus souvent, un calvaire. Dans ces moments-là, Nash se remémorait avec aigreur les souvenirs qui l’assaillaient, il les considérait avec un rictus méprisant et feignait de ne plus rien se rappeler si par malheur quelqu’un essayait de faire remonter à la surface ses frasques. Quelles seraient celles de la veille ? Pour qu’il se retrouve comme ça, avachi sur un banc, il fallait que ça ait été une sacrée soirée et sacrée soirée rimait rarement avec fierté. Il savait pourtant comment il était, il avait parfaitement conscience de ses travers mais au lieu d’essayer d’y remédier, Nash les maudissait avec aigreur. Et il maudissait au centuple les faibles d’esprit qui se fatiguaient à tenter d’entrer dans la comédie, qui saupoudraient leurs conversations de ‘hein, Nash ? tu te souviens de la fois où ?’, le genre de poudre de perlimpinpin qui leur valait juste un regard meurtrier du principal intéressé et qui faisait décroitre leur remarque en un balbutiement pathétique. Le jeune homme ne savait pas pourquoi il s’entourait de types aussi cons et ignorants, insipides et qui ne lui inspiraient rien d’autre qu’une irritation aussi vive que palpable. Mais voilà, il avait visiblement dû retomber dans ces vices la veille, sinon comment expliquer que le grand échalas soit dans cet état-là, vautré comme n’importe quel alcoolique, qu’on pourrait méprendre pour un clochard s’il n’avait pas ce look des grands jours ou des grands soirs : une chemise bien ajustée, bien que froissée, à présent, et une veste plus habillée. Pour le moment, Nash ne pourrait pas se le demander, en tout cas, son esprit étant encore perdu dans les limbes d’un sommeil sans rêves, un brouillard épais qu’aucune lumière ne parvenait à découper et dans lequel il lui semblait errer depuis la nuit des temps. C’était ça, le pire : Nash ne trouvait jamais vraiment le repos, son cerveau ne parvenait jamais à s’éteindre, même un tout petit peu. Cela le rendait soit d’humeur massacrante soit à pulvériser les autres de son arrogance colorée. Il n’y avait pas de demi-teinte avec Nash Mendelsohn et tous ceux qui le connaissaient assez savaient qu’il valait mieux se méfier de ses silences ou de son regard trop pesant s’il s’arrêtait sur eux. Tous, ou presque. Parce qu’il fallait bien une exception pour confirmer la règle et celle-ci venait de l’apercevoir. N’importe quelle âme charitable aurait volontiers conseillé à la demoiselle de passer son chemin, de ne surtout pas approcher le tigre endormi dont le souffle soulevait et affaissait la poitrine et dont le visage était enfoui dans le pli du coude, vague tentative, sûrement, d’échapper à la clarté de l’aube. D’aucun lui aurait soufflé qu’il ne valait mieux pas le réveiller, sous peine de s’attirer ses foudres parce que, sans vouloir épiloguer… la veille au soir avait été terrible, Nash Mendelsohn avait été dans une forme terrible et nombreuses avaient été les victimes de ses mots, mitraillés par le dédain qu’il leur témoignait, avilis par le regard de pierre qui s’était accroché à eux, les faisant couler instantanément. Nash ne se souviendrait probablement pas du quart de ce qu’il avait pu dire mais, assurément, quelqu’un dans l’assistance serait assez bête pour l’évoquer. Quant à savoir ce que Moira pouvait trouver à l’ignoble bonhomme, cela restait un mystère entier.
Mais là où l’esprit embrumé de Nash ne laissait aucune chance à la lumière de percer, il permit à la voix douce et incertaine de s’enfoncer dans le brouillard léthargique. Elle caressa la conscience endormie du jeune homme et pénétra celle-ci, comme l’eau imbiberait l’éponge. Elle se faufila et vint souffler contre cette paroi invisible qui sépare le dormeur de l’éveillé et qui fit émerger Nash de sa torpeur sans pour autant l’en tirer d’un coup sec qui l’aurait fait sursauter. Par contre, c’est la douleur qui l’accueillit, comme si elle se réveillait en même temps que lui, lancinante, telle une lame qui s’enfoncerait dans son crâne en perçant les tempes. Elle lui vrilla le crâne et Nash n’aspira plus qu’à une chose : retourner dans ce trou béant où sa conscience se volatilisait, il préférait errer dans l’obscurité plutôt que de subir les symptômes d’une gueule de bois carabinée. Mais la voix prononça à nouveau son prénom, à peine murmuré et Nash émit un long soupir chargé de lassitude. Il revint lentement à lui et écarta prudemment son bras, plissant les paupières pour voir qui était son tortionnaire, qui osait le tirer vers la lumière plutôt que de le laisser cuver la vodka et dieu sait quel autre alcool dont il s’était imbibé la veille, bien décidé à l’envoyer paitre d’un ton bien senti. Mais son regard tomba sur un visage de petite souris inoffensive et il fronça douloureusement les sourcils avant de laisser retomber sa tête et son bras avec un nouveau soupir.
- Qu’est-ce que tu veux, Coccinelle ? marmonna-t-il, la bouche pâteuse en repliant ses jambes interminables, se doutant bien que le sommeil s’était envolé et ne reviendrait pas le cueillir de sitôt. Quelle heure est-il ?
Tard, sûrement. Il aurait déjà dû être rentré mais il doutait que sa chère et tendre s’inquiète de son absence. Surtout ces derniers temps, alors qu’ils se chamaillaient encore plus qu’à l’accoutumée, eux, les as du conflit et des engueulades. Sarah devait être ravie de ne pas l’avoir dans les pieds, peut-être espérait-elle-même qu’il ne revienne jamais ? Ça ne l’aurait pas surpris, en tout cas.
- Tu vois mon paquet de clopes, quelque part ? demanda-t-il en tendant le bras pour désigner le sol autour du banc, frôlant la jambe de Moira par inadvertance. Je ne sais pas ce que j’en ai foutu.
Mais il rêvait d’une cigarette, là, tout de suite, pour calmer la migraine qui creusait son nid dans sa cervelle et faire disparaitre ce goût atroce qu’il avait dans la bouche.

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