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Daniel Runshell

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MessageSujet: ☑ a wish to guide her home   Mer 28 Juin 2017 - 14:04

Ophelia n'avait pas disparu. Cette hypothèse avait beau lui être soumise, voir répétée, lui ne faisait que l'entendre sans l'écouter. Ils avaient tort, et ils en auraient bientôt la preuve sous les yeux. Mais Daniel ne leur répond rien, ça non, il est trop concentré. Concentré, parce qu'il doit la retrouver. Il doit se montrer méthodique, efficace. Il allait la retrouver, c'est une évidence. C'est un besoin ancrée viscéralement en lui. C'est tout ce à quoi il pensait du matin au soir. Depuis combien de jour n'a-t-il pas dormi convenablement ? Il lui est arrivé de s'assoupir aux endroits où il la cherchait, pour aussitôt le regretter à son réveil. Il n'a pas de temps à perdre avec le sommeil, il doit la retrouver. Depuis combien de temps n'a-t-il pas mangé à sa faim ? Si sa mère le retrouvait pour lui apporter un sandwich il le mangeait, mais autrement il n'a pas de temps à perdre avec des besoins secondaires. Manger, dormir... tout ça l'est, secondaire. Son seul besoin primaire est de la retrouver pour ne plus jamais la perdre. Ses pensées n'osent songer à dans quel état elle pouvait être. S'était-elle blessée ? Etait-elle trop fatiguée pour continuer ? Lui n'abandonnerait pas. Il ne l'abandonnerait pas. Comment le pourrait-il ? Cela reviendrait à s'abandonner lui-même, puisque cette femme était une part de lui. Il dirait même la plus grand part, la plus précieuse. Sans ça, Daniel n'était que du néant, l'absence absolue. Ne paraissait-il pas d'ores et déjà absent à ses proches, à lui répéter cent fois la même chose pour qu'il daigne y prêter attention ? N'était-il pas constamment ailleurs, constamment occupée ? Les réponses à toutes questions ne devaient-elles pas lui être arraché ? Mais tout changerait, tout reviendrait à la normale, bientôt il se montrerait poli et attentionné comme à l'accoutumé. Oui, une fois qu'il l'aurait retrouvé, tout rentrerait dans l'ordre.

Ophelia n'avait pas disparu. Elle était là quelque part, peut-être perdue, et il lui suffisait juste de la retrouver. Elle s'était perdue, mais il ne l'avait pas perdu se répète-t-il tel le mantra soutenant à lui seul sa santé mentale. Mais si elle était perdue, comment se faisait-il que les premiers endroits où il l'avait cherché étaient ceux qu'ils connaissaient le mieux ? Comme le square où il lui a dit ces trois mots qui comptent lors de la fête de l'indépendance, le jardin où ils dormaient à la belle étoile chaque dernier jour de l'automne, la maison de son enfance ou encore sa librairie préférée (où il l'aurait recherché entre ces milliards de pages s'il l'avait pu). Mais peut-être s'y était-elle réfugiée tout comme lui venait s'y réfugier ? Bien sûr, il s'était aussi rendu à l'hôpital, et avait contacté tous ses proches. Rien. Puis venaient les endroits les plus improbables où la trouver. Il l'avait même cherché dans les recoins les plus exigus de leur appartement, comme si elle n'aurait pas pu répondre à son appel dans un espace aussi réduit. Mais peut-être n'était-elle pas en état de répondre ? Peut-être n'était-elle pas consciente ? Malgré toutes ces hypothèses qui le terrifiaient, il continuait à l'appeler, encore et toujours. Il retournait les moindres hautes herbes des jardins abandonnés, interpellait les moindres passants d'une photo, guettait une divine apparition derrière le moindre mur. Il la retrouverait, ça, Daniel ne peut en douter. Ce n'était pas en sa capacité de douter, car cela reviendrait à renoncer, et il ne pouvait renoncer à l'afflux d'oxygène dans ses poumons.

Ophelia n'avait pas disparu. Pourtant, tant d'autres ont disparu ce même jour que ce ne peut être un hasard. Mais il refuse de les écouter, toutes ces versions des faits et ces hypothèses alambiquées. Ce n'est pas même qu'il s'y refuse, mais qu'il est dans l'incapacité totale de les écouter. Daniel n'a certainement pas les épaules pour endurer ce qu'il se passe autour de lui, pour supposer le pire. Non, il devait être certain qu'il la retrouvera, c'était sa seule bouée de sauvetage et il refusait qu'on la lui arrache. Pour une fois, Daniel serait déterminé et refuserait de croire que les autres avaient mieux à dire. Pour une fois, il aurait confiance en lui. Il aurait confiance en eux.
- Ophelia ! qu'il appelle sans relâche. Et enfin, il obtient une réponse.

Mais ce n'était pas Ophelia.

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MessageSujet: Re: ☑ a wish to guide her home   Sam 8 Juil 2017 - 20:13

Cela faisait des jours qu’Harlow avait l’impression d’évoluer dans un brouillard opaque qui ne laissait percer que les sons – des lamentations, pour la plupart. Elle ne parvenait pas à croire que tout cela était réel, ces disparitions, ce grand point d’interrogation qui semblait flotter sur le monde entier. Et Heath. Surtout Heath. La jeune femme ne pouvait concevoir que son frère se soit volatilisé dans l’air sans laisser d’autre trace que celles des photographies de famille ou d’objets devenus  inutiles dès lors qu’ils n’avaient plus de propriétaire. Pourtant elle n’avait pas pleuré, elle n’y arrivait tout simplement pas, certainement parce que tout cela lui paraissait trop irréel, comme si elle évoluait encore dans un cauchemar interminable qui ne voulait pas la libérer. Elle aurait dû se rendre à l’évidence, cependant, il n’y avait qu’à voir le désarroi de ses frères, le désespoir de sa mère, le désemparement de leur père puis tous ces visages aux traits tirés et aux regards vides, tous ces témoignages insensés. Et l’absence. Heath qui n’était pas reparu, dont on ne savait rien, même pas l’endroit où il se trouvait, dimanche, à 14h32, quand l’événement avait balayé la planète. Elle se sentait honteuse d’ignorer ce qu’il fabriquait à ce moment précis mais, par-dessus tout, elle se sentait délaissée et perdue. On lui avait volé son grand frère, son confident, celui qu’elle aimait taquiner et contre lequel elle se blottissait avec bonheur. On ne pouvait pas lui avoir ôté Heath, ça n’était pas possible et c’était surtout injuste. De quel droit ? Et pourquoi lui, entre les milliards de gens qui vivaient sur cette fichue planète ? Était-ce aléatoire ou y avait-il une logique à cette disparition massive ? Mais s’il y avait une logique, cela signifiait qu’on y croyait un minimum et Harlow n’était pas encore arrivée à ce stade. Aujourd’hui, des jours après la tragédie, elle continuait à errer, l’esprit absent, s’attendant à ce qu’on l’appelle d’une minute à l’autre pour l’avertir qu’on avait finalement trouvé Heath, que tout allait bien, que tout rentrait dans l’ordre. Elle avait beau savoir que plus le temps défilait, moins les chances qu’il ait échappé à ce drame subsistaient.
Et c'était ce qu’elle faisait à cet instant précis : elle errait, n’ayant plus aucune motivation à quoi que ce soit. Les examens s’étaient terminés dans un flou artistique total et elle n’avait aucune idée de ses résultats, si tant est qu’il y en ait eu. Tout le monde était bien trop préoccupé par le Departure pour se soucier du quotidien et Harlow ne voyait plus les heures défiler alors que, paradoxalement, elle avait l’impression que le temps s’étirait inlassablement et cruellement, lui faisant perdre toute notion de la réalité. Elle ne cherchait pas le réconfort auprès des siens. À l’inverse, même, elle tâchait de rentrer le moins possible, juste pour ne pas subir les propos stériles de sa mère et pour ne pas contempler l’apathie de ses ainés. Elle fuyait le foyer des Walsingham pour se réfugier dans l’anonymat des rues de Mount Oak où personne ne lui prêtait attention, chacun était bien trop absorbé par ses propres drames pour se soucier d’une nana qui marchait sans but et sans conviction.
Son regard aurait pu passer sur la silhouette qui la précédait d’une trentaine de mètres si elle n’avait pas reconnu Daniel Runshell. Si son esprit mit quelques secondes à réagir, son cœur, lui, se mit à battre à toute allure, comme à chaque fois qu’elle apercevait le jeune homme. Elle l’observa alors qu’il semblait chercher quelque chose… ou quelqu’un. Ophelia, bien sûr. Harlow avait appris que la petite amie de Daniel était recensée parmi les disparus mais elle n’avait pas vraiment eu le temps d’analyser ce que cela impliquait et l’absence d’Heath lui aurait de toute façon ôté toute envie de se réjouir, ce qui aurait pourtant été son premier instinct en d’autres circonstances. Oh, oui, comme elle avait rêvé que la blonde se volatilise pour qu’elle puisse espérer capter l’attention de Daniel mais ça n’avait été que ça : des rêveries puériles, parce qu’elle ne se consolait pas de les voir si amoureux alors qu’elle se languissait à distance respectueuse, à assister à cet amour trop parfait pour lui paraitre réel. Harlow avait peut-être souhaité qu’Ophelia ne fasse plus partie du tableau mais pas à ce point. Était-ce là une force divine qui se payait sa tête en exauçant son souhait secret ? Les gens disparus étaient-ils tous victimes d’une malédiction semblable : celle d’être des indésirables pour une personne sur cette terre ? Harlow savait que c’était complètement idiot de raisonner ainsi mais quelle explication rationnelle pouvait-on trouver à un enlèvement d’une telle ampleur ? C’était ça ou les extraterrestres, après tout…
Alors qu’elle suivait Daniel en silence, Harlow réalisa à quel point il était désorienté et désespéré et ce spectacle lui broya le cœur. Elle avait toujours envié Ophelia d’être le centre d’intérêt de Daniel mais jamais elle n’aurait voulu la lui arracher si ça signifiait laisser le jeune homme dans un tel état. La gorge nouée, rangeant Heath quelques minutes dans un coin de son esprit, Harlow accéléra le pas pour rejoindre Daniel et pour s’arrêter à quelques mètres à peine, tétanisée par l’appel déchirant de son ami.
- Oh, Daniel, lâcha-t-elle sans retenir la pitié que lui inspirait la détresse de Daniel.
Comme elle aurait voulu soulager sa peine, échanger sa place contre celle d’Ophelia, si ça permettait au jeune homme de ne plus sembler si désemparé. Elle posa sur lui un regard profondément désolé. Pourtant, l’air égaré de Daniel la força à prendre une position qu’elle s’était refusé à accepter jusqu’à présent.  
- Qu’est-ce que tu fais ? demanda-t-elle, quand bien même elle connaissait parfaitement la réponse.
Mais elle ne pouvait pas lui dire que c’était peine perdue, n’est-ce pas ? Elle ne pouvait pas lui asséner cette remarque qu’il devait sûrement entendre à longueur de journée.
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Daniel Runshell

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MessageSujet: Re: ☑ a wish to guide her home   Dim 22 Oct 2017 - 20:30

Daniel est là, à écumer ces trottoirs et ces routes, ces plages et ces sentiers, et elle n'est pas là, à ses côtés, à lui tenir sa main. Il avait pourtant la certitude qu'elle était le prolongement naturel de son corps, ou plutôt que lui était le sien, alors comment peut-il tenir debout et mettre un pied devant l'autre sans la moitié de lui-même ? Il trébuche, il s'égare. Il persiste, il s'obstine. S'il ne se contente pas de crier et de se tordre de douleur face aux membres arrachés et à la chair ensanglantée lorsqu'une part de son être, la plus essentielle, lui a été momentanément arrachée, il n'est pas moins que l'ombre de lui-même. Epuisé, terrifié. Daniel s'est souvent pris à imaginer le tableau peu attrayant que serait son existence si, étant enfant, il n'avait pas saisi cette précieuse main faisant entrer Ophelia Darmody dans son existence. Que serait son quotidien sans son soleil pour éclairer son esprit et réchauffer son cœur ? Cependant, ces derniers jours, il découvre une perspective bien plus effroyable. Il aurait, certes, été misérable dans cette réalité alternative où il n'aurait jamais fait la rencontre d'Ophelia, seulement comment aurait-il su la chance infinie qu'il manquait ? Tandis qu'avoir connu et appris à aimer incommensurablement Ophelia, ne rend aujourd'hui que plus grand son désarroi face à sa disparition – même si le jeune homme n'ose penser à une véritable disparition, mot qui implique une durée bien trop indéterminée, voire définitive à son goût. Non, elle n'a pas disparu, elle ne s'est que momentanément égarée. Mais Daniel peut bien jouer autant qu'il le veut avec les mots, il n'en reste pas moins qu'elle n'est pas là. Elle n'a pas été là, à ses côtés, depuis des jours. La confusion est telle dans son esprit, qu'il erre en peinant à mesurer la réalité de son absence. Cette terrible absence. Pourtant, il en ressent les conséquences implacables, minute après minute. Il a peur, pour elle. Elle lui manque. Il ne comprend pas, Daniel, cette absence qui le dépasse. Il est incapable de raisonner, sans la part la plus censé de son existence. Une journée sans Ophelia ne fait aucun sens pour lui. Alors il évite de trop se pencher sur ces émotions qui le tenaillent, et il s'efforce de la chercher, de la retrouver, et qu'importe si d'autres le prennent pour un fou à espérer que l'appeler sans cesse la ferait miraculeusement apparaître devant lui. Il était fou amoureux, mais aujourd'hui il est aussi fou d'inquiétude.

Daniel ne s'est pas aperçu, qu'il était suivi. Pourtant, n'aurait-il pas dû se montrer aux aguets de la moindre présence à ses côtés, même si celle-ci se trouvait derrière lui ? Mais il n'en a que pour sa présence. Il n'est que trop peu sensible à une quelconque voix l'interpellant, si ce n'était pas la sienne. Ses yeux vaquent ça et là sans s'éprendre de quoi que ce soit s'il ne s'agit pas du blond de ses cheveux. Rien d'autre ne peut valoir la peine qu'il interrompe ses recherches, si bien qu'il se montre malgré lui aveugle à l'évidente pitié qu'il inspire à son amie. Il n'interrompt pas même un instant son avancée désespérée, ni ne lui jette un regard pour apercevoir son regard compatissant. Il ne prend pas davantage la peine de donner le sentiment qu'il va lui répondre. Pourtant, l'instant d'après, il exécute un volte-face spontané et ses mains viennent embarrasser chacun des bras d'Harlow. Il a besoin de la toucher, là, maintenant. N'importe qui, tant que cela lui apporte la confirmation que ces derniers jours ne sont que du vent.
- Tu n'es pas réelle. Ce n'est pas réel. Il divague, le désespoir a cet effet-là. L'incompréhension, aussi. Et puisque ce qu'il serre se trouve être palpable entre ses doigts et que cela lui déplaît, son regard part en quête de l'indice autour d'eux qui démontrerait l'intolérable mascarade. Bientôt, c'est lui dont il pincerait la peau pour s'assurer une énième fois qu'il ne s'agissait pas d'un mauvais rêve. Son esprit est trop étroit pour appréhender l'absence de son bonheur personnifié. Comment pourrait-ce être vrai ? qu'il souffle entre ses lèvres, à peine audible. Un monde où elle n'est plus là n'a aucun attrait, aucune saveur. Il finit par secouer sa tête et perdre un instant ses yeux hagards sur les pavés du trottoir. Tout ce dont il aurait l'impérieux besoin, serait que sa fée le réconforte de ses bras et de ses mots, de ses baisers. Mais n'est-ce-pas justement son absence qui lui inflige un tel chagrin ? Il voudrait tellement pouvoir réfugier son visage au creux de son cou et s'éprendre de son odeur familière. Il voudrait la serrer si fort contre lui pour s'assurer qu'elle n'a jamais été le fruit de son imagination esseulée, et qu'elle existe bel et bien, là, entre ses bras. Il ne fait qu'exagérer, n'est-ce-pas ? Il n'a certainement pas à s'ensevelir sous le poids de ces innombrables inquiétudes, ce n'est que lui qui se méprend sur la réalité... Oui, certainement. Il se fait du soucis pour rien. De toute façon, il est impossible qu'elle puisse disparaître de son existence, puisqu'il n'y survivrait pas. Elle n'était pas moins qu'un organe vital de son corps.
Bientôt, elle reviendrait, et ce serait comme si elle n'avait jamais été introuvable ces derniers jours.

Oui, bientôt.

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MessageSujet: Re: ☑ a wish to guide her home   Sam 25 Nov 2017 - 12:18

Pendant quelques secondes, avant qu’il ne se retourne, Harlow regretta d’avoir parlé, de s’être adressée à lui, d’avoir brisé la bulle dans laquelle il semblait évoluer – ou plutôt errer. Était-elle seulement en état de l’approcher, de lui apporter le moindre réconfort ? Était-ce seulement ce dont il avait besoin ? N’était-elle pas la dernière personne qu’il souhaiterait voir ? Non. Bien sûr que non. Parce qu’il n’était pas dans sa nature de réagir comme ça, déjà, mais surtout parce qu’il n’avait aucune idée de ce qui habitait son cœur, de l’envie un peu jalouse qui l’accablait lorsqu’elle l’observait de loin, quand il était avec Ophélia. Il n’avait d’ailleurs même jamais dû remarquer qu’elle s’éclipsait dès lors qu’elle voyait la blondinette surgir, non pas par peur d’être démasquée par cette dernière mais parce qu’elle voulait le faire d’elle-même plutôt que de soudainement devenir invisible parce qu’il n’avait plus d’yeux que pour sa petite amie. Et pouvait-elle vraiment le blâmer quand il était si naturel d’être heureux quand on était amoureux ? Alors pourquoi n’éprouvait-elle pas le millième de cette félicité ? Pourquoi avait-elle écopé du côté solitaire de l’amour, celui réservé à ceux dont le sentiment était unilatéral, gardé dans l’ombre, tenu secret ? Que ferait Daniel s’il découvrait qu’elle ne nourrissait pas à son égard de véritable amitié mais plutôt un ersatz de celle-ci, à défaut de pouvoir avoir ce qu’elle voulait vraiment ? Harlow ne tenait pas à le savoir. Elle craignait la gêne, la pitié, des sentiments qu’elle détestait par-dessus tout et qu’elle ne pouvait s’empêcher d’éprouver, là, à le regarder chercher sa moitié.
Alors, oui, elle regrettait ce mensonge qu’elle vivait, elle regrettait de ne pouvoir être celle qui apaiserait la douleur de son ami, elle regrettait d’être momentanément prise d’un bonheur traitre et stérile à l’idée que sa seule rivale n’était plus là pour aveugler Daniel. Elle regrettait cette émotion négative et inutile qui, elle le savait parfaitement, ne lui donnerait pas davantage l’occasion d’atteindre le cœur du jeune homme. Pire. Peut-être la disparition d’Ophelia condamnait-elle-même toute chance de se rapprocher de Daniel. Aurait-elle pu se contenter éternellement d’être la bonne copine, sans plus ? C’était pathétique mais Harlow songeait que oui, elle aurait pu. Elle aurait pu vivre longtemps à espérer que ces deux-là se séparent, parce que rencontrés trop jeunes, trop rêveurs, qu’ils réaliseraient qu’ils s’étaient bercés d’illusions, d’innocence. Mais maintenant qu’Ophelia était comptée parmi les disparus – les missings, comme on les appellerait rapidement – elle serait à jamais auréolée d’une sainteté qui la rendrait intouchable, inoubliable. Elle le savait : jamais Daniel ne renoncerait à ce qui se serait peut-être fini tout seul – même si, là, Harlow avait parfaitement conscience de se leurrer elle-même.
Avait-elle déjà vu des gens plus amoureux que ces deux-là ? Non. Elle s’était même parfois gentiment moquée de Daniel en disant qu’ils ressemblaient à des personnages de Disney. Alors comment pouvait-elle s’imaginer une seule seconde représenter la moindre compétition ?
À deux doigts de le laisser partir sans insister, pour protéger égoïstement son cœur meurtri, Harlow se pétrifia quand Daniel finit par se tourner vers elle alors qu’il n’avait même pas semblé la remarquer un instant plus tôt. Son souffle se coupa au moment où les mains du jeune homme saisirent ses bras et elle le dévisagea, ignorant la réaction à adopter. Elle fixa ce visage d’habitude si serein, si éclairé, si rêveur, peinant à reconnaitre le garçon dont elle était éperdument amoureuse depuis de longues années. Il n’avait pas l’air bien, évidemment, mais il n’avait pas l’air sain d’esprit, surtout. En d’autres circonstances, Harlow aurait peut-être pris peur mais, connaissant l’origine de ce désarroi, elle ne pouvait que le contempler tristement. Ne ressentait-elle pas exactement la même chose, à essayer de se convaincre que tout ça n’était pas réel, qu’Heath allait bien réapparaitre tout à coup, qu’il participait à une vaste plaisanterie, une farce à l’échelle mondiale ? Et pourtant, en parallèle, son cœur ne doutait pas une seule seconde de cette réalité.
- Daniel, s’il te plait. Arrête de t’agiter…, le supplia Harlow en lui attrapant le bras au niveau du coude, essayant de récupérer son attention, essayant de lui faire abandonner cet air de fou à lier qu’il arborait, hagard.
Mais aussi aveugle avait-il toujours été aux sentiments qui hantaient son amie, il était désormais sourd à ses suppliques et Harlow sentit sa poitrine se creuser sous l’effet de l’impuissance et de la frustration. Elle tenait toujours sa veste mais avait l’impression de ne rien saisir de plus. Toute l’essence de Daniel était ailleurs, tournée vers un fantôme dont le sort était incertain et inconnu. Déglutissant avec peine, Harlow l’observa encore quelques secondes, lisant presque le fil de ses pensées sur son visage défait et transparent, avant d’abandonner toute réserve. Il était évident que Daniel ne ferait pas le moindre effort pour revenir sur la terre ferme de lui-même. C’était à elle de l’attirer vers la réalité, qu’il le veuille ou non.
Harlow tira donc d’un coup sec sur son bras pour le tourner vers elle et lui attrapa le visage de ses deux mains tremblantes pour le forcer à focaliser son attention sur elle et à la regarder. Et à la voir.
- Daniel, lâcha-t-elle d’un ton plus ferme qu’elle n’espérait y parvenir. Il faut que tu cesses de chercher Ophelia comme ça. Tu ne la trouveras pas tout seul et si—, elle hésita une seconde et finit par se rattraper. Et quand elle réapparaitra, ce sera en même temps que tous les autres. Tu n’es pas tout seul. On est tous inquiets pour eux. Mais tu vas t’épuiser si tu continues à marcher sans but comme ça. Il faut que tu reviennes à la réalité.
Il faut que tu me reviennes, eut-elle envie de dire. Mais avait-il seulement été une seconde à elle. Jamais. Voilà la vérité, constata-t-elle avec aigreur. Elle ne lui dit pas non plus qu’Heath avait disparu, comme Ophelia. Quel bien aurait-ce fait au jeune homme qui n’avait jamais eu d’yeux que pour sa petite amie, comme si le monde se résumait à elle, à eux. Mais il y avait tout un monde autour, eut-elle envie de dire. Il y a moi, aussi. Mais elle garda ces mots-là dans la cage impénétrable qu’elle avait forgée autour de son cœur esseulé.
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Daniel Runshell

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MessageSujet: Re: ☑ a wish to guide her home   Mar 5 Déc 2017 - 22:02

Daniel ne sait plus distinguer ce qui est réel de ce qui ne l'est pas, la réalité du cauchemar. Son absence l'a déjà tant retourné qu'il en a perdu tous ses repères, il erre et ne sait plus quelle direction prendre lorsqu'il a déjà écumé la ville entière. Où peut-il se réconforter le temps d'un répit lorsque sa maison, son refuge, était personnifié par une personne, et que cette dernière est introuvable ? Est-il condamné à rester ce chien errant ? Le jeune homme ne peut envisager que ses jours et années à venir seront indéfiniment privés de sa fée pour les embellir d'un seul coup de baguette magique, elle sera forcément de retour, car toute autre alternative lui paraît purement et simplement inenvisageable. Seule la mort les séparera à l'issue de leurs vieux jours, pas avant, ou alors ce serait un tout autre genre de mort qui l'attendrait sans elle. Mais d'ici-là, il est bien incapable de pouvoir appréhender un constat aussi terrifiant que l'est sa disparition, il ne veut pas penser que le pire est arrivé, si bien que son sentiment de s'enfoncer dans un cauchemar marécageux n'en est que renforcé. Mount Oak a perdu toutes ses formes et ses couleurs ces derniers jours sous ses yeux fréquemment embués de larmes, et il a le sentiment que ses tympans ont essuyé le choc d'une explosion lorsqu'un sifflement interminable l'incommode et qu'il doit se concentrer pour percevoir les bruits qui l'entourent. Pourtant il devrait rester alerte au moindre indice visuel ou auditif concernant sa petite-amie, mais il est sous le choc. Ce choc a été lent et insidieux à s'installer à mesure qu'Ophelia restait toujours introuvable, mais il s'est fait à présent maître de lui pour mieux le projeter dans un état second. Il n'en reste pas moins qu'il doit continuer, il doit s'époumoner et la chercher, qu'importe si l'envie irrépressible de se recroqueviller dans un coin oublié est toujours plus criante alors que tout ce qu'il persiste à crier désespérément est son prénom.
Trop occupé qu'il a été à jouer les équilibristes pour concilier la nécessité viscérale de la retrouver et ce chagrin si lourd à porter qui voudrait le réduire à l'immobilisme, il ne s'est pas posé la plus terrifiante des questions : pourquoi n'est-elle pas là ? Daniel l'a bien effleuré de son esprit pour tenter de déduire les lieux où il aurait le plus de chance de la retrouver selon les cas de figure de ce qui pourrait lui être arrivé. Mais quant à envisager vraiment et accepter une de ces hypothèses comme étant la réalité, il y a un gouffre abyssal qu'il ne peut franchir au risque de quitter la terre ferme du bon sens et de tomber définitivement dans le vide sans fond de l'insanité. Alors du bout de ses doigts, il s'accroche à son ignorance autant qu'elle le torture.
Mais que lui est-il arrivé exactement ? Qu'est-ce qui peut justifier qu'un être soit introuvable lorsque ça ne ferait aucun sens qu'elle soit volontairement partie ? Cela signifie donc que sa disparition s'est imposée à elle, qu'elle y a été contrainte, et que par conséquent il lui est arrivé quelque chose. Quelque chose de néfaste, puisque cela les empêche de se retrouver. C'est tout ce à quoi il se refuse à penser alors que l'idée d'une Ophelia mal-en-point lui a toujours été insupportable. Il n'a jamais voulu de mal à quiconque de sa vie, mais comment tolérer d'autant plus qu'on puisse s'en prendre à un trésor aussi précieux ?
Son frère Matthew dit être persuadé que sa fiancée Eve a mis les voiles quand pourtant elle laisse un enfant derrière elle, mais Daniel sait lui que son Ophelia n'est pas capable d'un tel acte. Il ne prétend pas qu'il lui était indispensable et que jamais elle ne l'aurait quitté lorsqu'il n'a jamais eu assez de confiance en lui pour se donner tant d'importance, mais il sait que celle dont il pense le plus grand bien ne se serait pas volontairement évanouie dans la nuit comme une voleuse. Et s'il n'a pas confiance en lui, il a confiance en elle et en eux, et il est hors de question qu'il faillisse à ce qu'ils sont à deux en dévalorisant ce qui les unit.

Daniel a donc conscience qu'il n'a pas de temps à perdre, qu'il doit se consacrer à sa recherche jusqu'à la retrouver, mais il n'est que trop éprouvé par son absence et il finit par céder à la tentation de se soustraire à la réalité en s'immobilisant pour empoigner les bras d'Harlow. Non, ce n'est pas réel, ça ne peut pas l'être, car quelle réalité où elle n'est pas là à ses côtés est une réalité tolérable ? Il n'a jamais eu cette intention à l'égard de son amie, mais il utilise son contact pour preuve que rien de tout ça n'est vrai, et malheureusement elle est bien palpable sous ses doigts. Sa tentative de prouver un cauchemar est un échec, tout comme ses recherches sont des échecs. Il est tellement absorbé par ce constat accablant, qu'il n'a pas conscience que c'est Harlow qui l'attrape à son tour, et pourtant il n'aurait jamais voulu l'inquiéter ou l'ignorer ainsi. Il ne se soucie pas un seul instant de l'état de son amie, et ça ne lui ressemble pas. Décidément, ce qu'il est en l'absence d'Ophelia n'a rien d'enviable ni pour lui, ni pour les autres. Pourtant, Daniel n'avait peut-être pas beaucoup d'estime pour lui, mais il avait le don de toujours porter plus de soucis aux autres qu'à lui. Seulement il est à présent tant submergé par le désarroi de sa disparition, qu'il a perdu l'essence de son être en même temps que la sienne a disparu.
Cependant le jeune homme se retrouve bientôt arraché de son égarement tout comme il a été arraché à son bonheur, et ces deux mains qui piègent à présent son visage obligent son regard à plonger dans le sien, et c'est avec difficulté que le brouillard s'estompe peu à peu pour laisser percer le visage de son amie. En d'autres temps, il aurait prêté une attention véritable aux mots d'Harlow, il n'aurait surtout pas voulu être celui qui ne lui accorde pas cette importance-là, mais aujourd'hui son esprit est tant ébranlé qu'il peine à se concentrer pour que ses mots fassent sens, et lui répondre lui demande le même effort si bien qu'il ne tarde que trop à s'y résoudre.
- Je peux pas rester sans rien faire. Je dois la retrouver. Il constate une évidence implacable, et il n'est pourtant pas capable de la rendre correctement audible du début à la fin. Ne le voit-elle pas, que rien que ces quelques secondes d'immobilité menacent de le rendre définitivement prisonnier de la folie de son absence ? Il ne demande pourtant pas cette attention-là, rien ne le réconforterait si ce n'est de retrouver ses bras.
Une larme dont il n'a pas même conscience trace bientôt un sillon humide sur sa peau et vient mourir entre les doigts d'Harlow. Il n'est guère plus capable de se confronter plus longtemps au regard de son amie, puisque cela revient à se confronter à cette intolérable vérité, et il s'y soustrait volontiers en ayant la faiblesse d'une étreinte pour laquelle il ne demande aucune permission. Ses bras se sont spontanément réfugiés autour d'elle, comme le dernier réflexe d'un instinct de survie, et ils font bientôt office d'étau étroit pour la jeune femme alors qu'il la serre et la serre comme on s'accrocherait à une bouée de sauvetage.

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MessageSujet: Re: ☑ a wish to guide her home   Jeu 28 Déc 2017 - 22:32

Avec un autre, elle aurait peut-être fait preuve d’impatience. Harlow n’était en effet pas connue pour être une jeune femme réservée et tempérée. Elle avait le caractère bien trempé de la fille qui avait grandi parmi une tripotée de frères et qui avait bien dû se forger une carapace pour ne pas se faire écraser par ceux-ci – aussi gentils soient-ils en réalité. Alors, avec un autre, Harlow aurait peut-être cédé à l’envie irrépressible de l’attraper par les épaules et le secouer comme un prunier jusqu’à ce que ses idées se remettent d’elles-mêmes en place. Harlow était toutefois incapable d’esquisser le moindre geste brusque avec Daniel. Daniel, cet être si doux et fragile, qu’on craignait de faire tomber si on soufflait trop fort près de lui. Elle aurait aimé pouvoir dire son Daniel mais c’était bien la dernière chose qu’il était. A la place, elle aurait pu dire qu’elle était à lui, quand il le voulait, s’il le voulait, mais elle avait bien trop peur des conséquences que pouvaient avoir de tels mots, aussi les enterrait-elle précautionneusement derrière ses sourires attendris. Il était sûrement le seul à ignorer la profondeur de ses sentiments et elle s’en accommodait parfaitement, gênée qu’elle était, souvent, lorsqu’elle décelait une lueur amusée (ou désolée) dans le regard de ceux qui captaient la réalité. Dans ces moments-là, elle feignait d’ignorer les sous-entendus, les haussements de sourcils éloquents. Quant à ses frères, ils récoltaient plutôt une moue hargneuse qui les défiait d’oser insinuer quoi que ce soit.
Maintenant aurait peut-être été l’instant de tout déballer, d’ouvrir son cœur, d’épancher celui-ci pour libérer les émotions qui y pourrissaient. Officiellement, elle se serait découverte, elle se serait offerte. Mais en réalité, elle le savait, sa déclaration serait tombée dans le néant. Et puis, y avait-il moment plus mal choisi que d’avouer qu’elle aimait un garçon quand ce même garçon pleurait l’absence d’une autre ? Quand ce garçon s’était déconnecté de la réalité, achevé par un chagrin et dont le deuil ne pouvait pas commencer puisqu’il ignorait tout du sort de sa dulcinée. C’était cela, en fait, le drame de l’humanité, qui avait frappé celle-ci en juin dernier : aucune des personnes touchées par la disparition d’un être cher ne pouvait entamer cette étape cruciale qu’était le deuil, seul moyen d’espérer un jour pouvoir tourner la page. Ils étaient voués à errer dans l’inconnu, à se demander si ces gens qui s’étaient volatilisés étaient morts depuis quatorze heure trente-trois du dimanche dix-huit juin ou s’il persistait une chance qu’ils soient quelque part et, encore plus minime, qu’on les revoie un jour. Trop de questions sans réponse, trop d’incertitudes qui bloquaient des millions de personnes comme Daniel. Faisait-elle dès lors partie des forts, à pouvoir continuer à envisager de vivre, malgré la disparition de son frère, et Daniel était-il alors à ranger dans la catégorie des faibles qui ne s’en remettraient jamais ? A nouveau, elle ne put réprimer un secret espoir d’être le remède dont il avait besoin pour revenir sur terre, pour ne pas pleurer Ophelia jusqu’à la fin de ses jours. Les gens qui avaient perdu un fils, un frère ou un mari à la guerre n’avaient-ils pas eux-mêmes été forcés de poursuivre leur vie, même en ignorant ce qui était exactement arrivé à leur proche ? Alors pourquoi Daniel n’y arriverait-il pas, lui aussi ?
Si seulement la réponse n’était pas si évidente. Il n’y avait qu’à les revoir, assis sur une pelouse, blottis dans les bras l’un de l’autre, pour voir que ces deux-là n’existaient que pour l’autre. Une sorte d’égoïsme que même Harlow ne pouvait haïr, juste jalouser, juste pleurer. Comment aurait-elle pu éprouver le moindre sentiment négatif vis-à-vis d’un être aussi réservé et tendre que Daniel Runshell ? La simple pensée était d’une absurdité totale et, dès lors, même l’envie de le secouer pour le réveiller lui paraissait un non sens complet. Elle n’avait plus qu’à rester spectatrice de sa détresse comme elle l’avait été de son amour pour une autre.
- Je sais, Daniel, soupira-t-elle, un sanglot mal contenu dans la voix. Mais tu t’épuises inutilement. Ce que tu fais ne mènera nulle part. Ne crois-tu pas qu’il y a assez de gens chargés de guetter le retour des disparus ? Les autorités du monde entier – du monde entier, tu entends ?! – sont mobilisées vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Tu aurais plus de chance d’être averti de l’avancée des recherches devant ta télévision qu’en marchant sans but comme ça.
Et pourtant, elle le savait, rester vissé à son écran n’était pas plus une solution. Mais elle préférait quand même l’imaginer dans son salon, entouré de son frère et de ses parents, qu’errant comme une âme en peine dans Mount Oak. Bientôt, il ressemblerait à un vagabond qui avait perdu l’esprit et on l’enfermerait dans un asile. Elle n’était pas certaine qu’évoquer une telle possibilité le réfrène et elle garda donc l’hypothèse pour elle, s’évertuant à garder l’attention de son ami focalisée sur elle.
Les traits d’Harlow se crispèrent en une grimace désolée quand une larme roula sur la joue de Daniel et elle réalisa qu’elle aurait eu la poitrine trouée s’il avait été lui-même parmi les disparus. À la différence qu’elle n’aurait pas eu le droit de le chercher partout, d’éructer son nom dans tout Mount Oak, comme une folle furieuse. C’aurait été le lot d’Ophelia et, encore, Harlow doutait que la jeune fille se serait laissée aller comme ça. Elle aurait probablement gardé sa foi en l’avenir, elle aurait fait campagne pour qu’on ne perde pas espoir, pour que jamais ne faiblisse l’assurance qu’ils retrouveraient les deux pourcents manquants. Mais qu’en savait-elle, finalement ? Elle avait toujours fait en sorte de maintenir la blonde à distance, se concentrant uniquement sur Daniel. Elle associait peut-être des actes de bravoure à une Ophelia qui n’aurait pas quitté son appartement de peur qu’elle soit absente quand Daniel reviendrait inopinément ? Et, d’ailleurs, pourquoi perdait-elle son temps en pareilles élucubrations ? Tout ce qui comptait, c’était le chagrin du jeune homme dont elle caressait les joues des pouces, effaçant le sillon laissé par la larme. Harlow ne supportait pas de voir Daniel si malheureux et, en parallèle, elle savait que rien de ce qu’elle pourrait faire n’apaiserait les tourments du jeune homme.
Le choc fut toutefois total lorsque Daniel glissa les bras autour d’elle et la serra contre lui. Aussi loin que remonta sa mémoire, jamais, au grand jamais ils n’avaient été si proches et elle sentit instantanément les pulsions de son cœur s’affoler, s’effilocher, frapper si fort qu’elle craignit, durant une seconde, que son amour secret puisse ne plus l’être tant que ça, trahi par son corps sur lequel elle n’avait plus aucun contrôle. Elle en eut le souffle coupé, sans savoir si c’était l’étreinte d’une force insoupçonnée ou la proximité soudaine et elle mit quelques secondes à se ressaisir. L’instinct reprit cependant le dessus et, culpabilisant de cette onde de bonheur indicible qui la traversa, Harlow finit par répondre aux bras de Daniel, l’enlaçant à son tour, une main lui massant le dos d’un geste réconfortant tandis que l’autre s’enfonçait dans la chevelure douce de son ami. Et elle ne réalisa qu’elle se tenait sur la pointe des pieds, déséquilibrée par l’étroitesse du contact, que lorsqu’elle perçut une crampe naitre dans son mollet droit. Mais elle tut la douleur, l’ignora, la refoula, préférant se concentrer sur la chaleur délicieuse qui émanait du corps de Daniel et dont elle ne voulait plus se séparer, les yeux clos, se balançant doucement au rythme d’une mélodie imaginaire.
- Je suis tellement désolée, Daniel, murmura-t-elle tout contre son oreille. Si j’avais le moyen de la faire revenir, je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour te la rendre…
Et le pire, dans tout ça, c’était qu’elle ne mentait pas. Voir Daniel si malheureux était une déchirure bien plus cruelle que de le voir sourire à une autre. C’était bien là le drame de la vie d’Harlow Walsingham.
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MessageSujet: Re: ☑ a wish to guide her home   Lun 8 Jan 2018 - 23:24

Daniel le désespéré, il ne ressemble à plus rien de ce qu'il a pu être alors qu'il a à nouveau l'audace d'user de son amie pour soulager son fardeau. Si quelques instants plus tôt il s'était vainement servi de son contact pour tenter de se prouver à lui-même que ce qui l'entourait n'était pas réel, que tout n'était que de fourbes chimères, il s'est à présent montré plus gourmand alors que ce sont dorénavant bien plus que ses bras seuls qu'il sollicite : il s'est réfugié tout contre elle et jette même toutes ses dernières forces à son contact, car dans une étreinte c'est toujours un peu d'Ophelia qu'il peut espérer retrouver. La sottise du jeune homme ne va pas cependant jusqu'à croire que, s'il se concentre et annihile assez ses sens, il pourrait confondre le corps d'Harlow avec celui de la disparue. Les deux femmes ont pourtant sensiblement la même taille et une carrure frêle pour le moins semblable, mais le corps de l'esseulé a passé bien trop de temps à épouser celui de sa plus fidèle amie, si bien que le priver de tous ses sens excepté le toucher ne suffirait pas même à le tromper un seul instant. C'est qu'il connaît par cœur l'accord de leurs deux êtres, et il sait qu'il ne peut ni ne veut le retrouver avec qui que ce soit d'autre. Il pourrait pourtant s'offrir un instant de répit et se réconforter de la pression se voulant réconfortante que son amie exerce à son tour sur son dos douloureux, mais il est bien incapable de mettre entre parenthèses l'absence qui l'obsède, et c'est alors toujours un peu d'Ophelia, et non d'Harlow, qu'il s'efforce de retrouver dans le contact qui les a uni la majeure partie de leur jeune existence : si c'est peut-être sa mère qui lui a fait connaître cette tendresse lorsqu'il n'était qu'enfant, c'est bien vite la camarade aux cheveux d'or qui l'a apprivoisé par ses mains aussi tactiles que les siennes étaient timides et maladroites, et c'est comme une évidence que ces étreintes sont vite devenues l'exclusivité de sa fée. Non pas que ses bras patauds étaient un privilège qu'il avait l'insigne honneur de réserver à elle seule, mais surtout qu'il n'y avait personne d'autre qu'il aurait pu vouloir étreindre quand sa petite-amie le comblait déjà au-delà de tout espoir. Il aurait alors pu surmonter toutes les disparitions sauf celle de sa plus belle moitié, de son tout, si bien que sans elle il n'est désormais plus rien. Daniel a pourtant le sentiment accablant d'un trop-plein d'émotions chaotiques qui s'entrechoquent et ébranlent l'étanchéité de son corps, et peut-être alors que les bras d'Harlow recouvrent à cet instant les fissures de son dos éprouvé et permettent ainsi d'empêcher le tsunami de son chagrin de se déverser hors de lui. Il n'en demande pourtant pas tant de son amie, d'ailleurs il ne mérite pas de lui demander quoi que ce soit lorsque c'est le réconfort familier qu'il a pu si souvent trouver dans les bras d'Ophelia qu'il est venu désespérément chercher dans les siens.
Mais c'est un échec, là encore. Les secondes ont beau s'égrener, il a beau la serrer encore et plus encore contre lui pour tenter de s'immerger complètement dans cette étreinte, il n'y retrouve là encore que l'absence cruelle de sa bien-aimée alors qu'il n'a que trop conscience que ce n'est pas le corps de celle-ci qu'il presse si étroitement contre lui. Et puis le bon à rien, il n'a pas eu la présence d'esprit de couper son souffle pour ne pas qu'une évidence olfactive le rappelle aussi à l'ordre, car ce ne sont bien évidemment pas les effluves familières et réconfortantes de sa douce Ophelia qu'il retrouve au creux de ce cou. Et puis voilà qu'en une fraction de seconde, la réalité lui écorche à nouveau le cœur alors qu'il se rappelle que la dernière étreinte qui s'est logée contre son corps était celle qui l'a uni une dernière fois à sa petite-amie quand elle lui a promis de vite aller récupérer ce livre égaré chez ses parents et de lui revenir aussitôt. Daniel a eu des dizaines d'occasions depuis de s'en vouloir et de penser qu'il aurait dû l'accompagner ce jour fatidique, parce que cela aurait bien sûr tout changé : cette proximité géographique aurait forcément jouer sur sa disparition, alors que soit sa présence à ses côtés lui aurait permis de se raccrocher à Mount Oak, soit l'étrange phénomène l'aurait englobé lui aussi et il aurait disparu en même temps qu'elle, et qu'importe où ils auraient été emmenés tant qu'ils restaient ensemble. C'est tout ce que le jeune homme n'a jamais pu vouloir, de rester avec elle, mais peut-être que c'était déjà trop demandé. Et l'idiot ne peut malheureusement pas revenir en arrière pour corriger une aberration – lui qui n'accompagne pas Ophelia où qu'elle aille –, et présentement il n'a que trop conscience de tout ce qu'il ne pourra plus trouver dans une étreinte sans elle, tant et si bien qu'il finit par battre en retraite et desserrer la pression de ses bras jusqu'à s'écarter maladroitement d'Harlow. Ses yeux pourraient alors retrouver ceux de son amie, mais le couard n'a pas le courage de s'y confronter à nouveau, si cela signifie faire face à la réalité qu'elle essaye de lui faire comprendre. Daniel n'est pas prêt pour cette vérité-là, car si Harlow ne lui veut que du bien et sait peut-être même ce qui est le mieux pour lui, il préfère malgré tout s'acharner désespérément à s'épuiser physiquement, plutôt que de laisser seul la tâche à son esprit de l'éreinter et le rendre fou. Pour autant, si son regard s'égare sur le menton de son amie, son attention se raccroche toujours à elle et il a su écouter les quelques mots qu'elle a pu glisser à son oreille.
- Ce n'est pas de ta faute. Daniel le simple d'esprit se sent obligé de le préciser, parce qu'il n'a pas la présence d'esprit de comprendre qu'elle exprime, non pas une quelconque responsabilité dans ce qui lui arrive en disant être désolée, mais seulement de la compassion pour sa perte. Cette fois-ci, sa méprise n'est pas à mettre sur le compte d'un esprit confus et fatigué, mais a plutôt des allures d'une réminiscence de ce qui a toujours été connu de lui, car c'est tout Daniel ça, de ne pas prendre le temps de réfléchir pour déjà avoir la volonté d'exonérer autrui de toute culpabilité (même s'ils n'en ressentent en réalité aucune responsabilité). Mais loin d'être capable de se soucier de telles subtilités, ses yeux migrent à présent sur la joue de son amie quand ceux-ci semblent alors trahir un éclat de détermination. Elle reviendra, je la retrouverais. Et en l'occurrence, qu'importe si c'est qu'il la retrouve ou si c'est elle qui lui revient, tant qu'ils se retrouvent : il ne peut que se raccrocher à la conviction qu'ils seraient à nouveau ensemble lorsqu'abandonner tout espoir de retrouvailles reviendrait à déserter toute envie de vivre. Merci, Harlow. Et enfin, ces yeux qui n'ont eu de cesse de remonter le long de son visage durant tout ce temps se risquent brièvement à se planter dans les siens, pour aussitôt retrouver les pavés sous ses pieds. Il ne sait pas de quoi il la remercie exactement, mais rien que le fait qu'elle ou n'importe qui d'autre lui accorde quelques instants de son précieux temps a toujours suffit pour qu'il leur soit reconnaissant, à tous. Il n'a pas conscience, qu'il devrait être plus reconnaissant encore envers Harlow d'avoir pris sur elle pour prendre soin de lui quelques instants, mais de toute évidence le pauvre hère semble imperméable jusqu'au bout au bon sens qu'elle a tenté de lui insuffler lorsqu'il fait tout d'abord un pas à reculons, puis finit par lui tourner le dos et reprendre de quelques pas supplémentaires son errance là où il l'a laissé.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: ☑ a wish to guide her home   Sam 20 Jan 2018 - 14:30

Elle aurait voulu que le temps s’arrête pour qu’elle puisse rester indéfiniment dans les bras de Daniel. Autant qu’elle aurait voulu que son geste, son étreinte, ne soient pas la conséquence d’un désespoir sans nom. Parce que la vérité était trop douloureuse : s’il n’y avait eu ce drame, si tous ces gens n’avaient pas disparu, si Ophelia n’avait pas fait partie des gens qui manquaient à l’appel, jamais elle n’aurait senti les bras du jeune homme autour d’elle, jamais elle n’aurait pu s’imprégner de son odeur rassurante, jamais elle n’aurait pu se gorger de la chaleur qui émanait de lui. Elle en serait restée au stade de la bonne copine. Et encore. Harlow n’était même pas sûre qu’il la considère comme telle, tant son monde semblait se confiner à une blondinette souriante et attachante. Alors peut-être que Daniel allait réaliser qu’il y avait un autre monde, un univers dont sa petite amie n’était pas le centre, dans lequel il devrait réapprendre à vivre mais, songea Harlow, peut-être était-ce un mal pour un bien. Pouvait-il réellement vivre éternellement dans une bulle, à croire que la vie était rose et blonde ? La jeune Walsingham se sentit honteuse d’avoir de telles pensées mais elle ne pouvait pas les réprimer et, de toute façon, tant que Daniel ignorait ce qui lui traversait l’esprit, n’avait-elle pas le droit de penser ce qu’elle voulait ? Il n’aurait pas compris son point de vue, de toute façon. Elle ne pouvait même pas prétendre savoir ce qu’il aurait répondu à de telles allégations mais elle savait qu’il n’aurait pas pu ôter ses œillères, ni accepté qu’elle puisse avoir raison. Elle doutait même qu’il aurait osé lui rétorquer que c’était parce qu’elle n’avait pas connu un amour tel que celui qu’Ophelia et lui se portaient, Daniel était trop doux et gentil pour seulement penser à l’accuser d’être jalouse. Pourtant, il n’aurait pas eu tort. Elle était affreusement jalouse de la dévotion et de l’attention qu’il avait pour sa petite amie, sans pour autant pouvoir dire que cette dernière ne le méritait pas. Comme il aurait été plus simple de les haïr tous les deux, soupirait parfois Harlow. Si seulement elle avait pu se raccrocher à quelque sentiment négatif, peut-être que le tout aurait été plus simple à gérer, peut-être qu’elle aurait pu finir par se détacher de ces sentiments unilatéraux, parce qu’ils lui pourrissaient la vie, parce qu’ils faisaient d’elle une jeune femme aigrie avant l’heure. Mais même pas. Tout ce qu’elle ressentait, c’était un dépit total, un désespoir sans nom, une incapacité à tirer un trait sur quelque chose qu’elle n’aurait jamais. Et maintenant qu’elle avait expérimenté la proximité de Daniel Runshell, dans toute sa réalité, comment pourrait-elle ne pas aspirer encore davantage à se nourrir de sa chaleur, de sa douceur ? Surtout qu’il n’y avait plus sa rivale indétrônable pour accaparer les sourires et les regards de Daniel. Harlow savait toutefois qu’elle se leurrait : l’absence ne résolvait aucunement ses problèmes, elle les aggravait peut-être même. Quoique. En y repensant, Harlow en conclut que ça ne changeait rien. À part le fait qu’elle voyait son cœur se crever doublement à observer la détresse de celui qui hantait celui-ci sans le savoir, et qu’elle ne pouvait rien faire pour y remédier.
Elle pouvait juste être là, lui offrir le réconfort de ses bras et de sa présence, tenter vainement de combler le manque incommensurable qu’il ressentait. Ça ne serait jamais suffisant, elle le savait, mais que pouvait-elle faire d’autre ? Elle n’avait aucun pouvoir, se trouvait impuissante, prisonnière de son attachement pour un garçon aveugle à ses tourments. Alors, même si elle ne pouvait être certaine de pouvoir employer le mot ‘profiter’ dans ce cas précis, Harlow fit ce qui s’en rapprochait le plus, en tout cas, fermant les yeux, sentant son cœur et son corps se calquer sur ceux de Daniel, avec l’impression qu’elle allait se dissoudre s’il la relâchait, comme si elle avait enfin trouvé le lieu où elle voulait être et qu’elle savait son abri incertain, éphémère, qu’une main cruelle allait venir le lui arracher d’une seconde à l’autre. Elle n’était pas naïve non plus, elle savait que pendant que toutes ses pensées étaient dirigées vers Daniel et son chagrin, lui n’était obnubilé que par la disparition d’Ophelia. Quel destin impitoyable avait donc fait d’elle la marionnette d’un amour lamentable qui le mettait dans une telle position ? A s’accrocher désespérément à celui qu’elle aimait de tout son pauvre cœur meurtri, tout en sachant qu’elle n’y avait pas une once de place ? Mais Harlow tenta de chasser cette rancœur qui lui glissait dans les veines. Elle n’en avait que pour Daniel qui ne méritait pas qu’on lui fasse tant de mal, qu’on lui arrache la personne à qui il tenait le plus, qu’on le laisse seul dans un monde qu’il n’avait plus parcouru en solitaire depuis des temps immémoriaux. Depuis ce jour où Ophelia s’était approchée de lui, poupée aux cheveux de blé qui avait jeté son dévolu sur le garçonnet isolé et timide. Même de ça, Harlow avait été témoin, se souvint-elle avec un pli amer alors qu’elle serrait encore davantage Daniel contre son cœur qui battait follement pour lui. Oh, si seulement elle avait pu lui transmettre ne serait-ce que l’ombre de ce qu’elle éprouvait pour lui, qu’aurait-il dit ? Comment l’aurait-il vécu ? Mais aussi aveugle avait-il toujours été à elle, il était désormais insensible à son malheur confiné et Harlow ne pouvait que ravaler son propre chagrin pour se concentrer sur celui de Daniel. Je t’aiderai à le porter, aurait-elle voulu lui murmurer tout doucement, les lèvres à quelques millimètres de son cou brûlant. Je ne t’abandonnerai jamais, des mots qu’elle garda résolument verrouillé car elle savait qu’Ophelia les lui avait sûrement lâchés à un moment ou un autre et on voyait le résultat : personne n’était jamais certain de son propre destin. Et puis, surtout, qu’est-ce qu’il en aurait eu à faire, de son indéfectible amour ? Il n’en voulait sûrement pas, il n’en avait nullement besoin lorsqu’il était encore plein de celui d’Ophelia.
Aussi, quand Daniel desserra subitement son étreinte, Harlow eut l’impression qu’il lui arrachait un (autre) bout d’elle. Un énième morceau de son cœur effrité et elle ne put dissimuler le désarroi profond qu’elle ressentit en retrouvant une liberté de mouvement dont elle ne voulait plus. Ses doigts avaient encore l’impression de caresser les cheveux du jeune homme et elle referma le poing comme si elle voulait empêcher que la sensation s’envole, puisqu’elle ne pouvait pas garder Daniel. Elle chercha le regard de son ami mais celui-ci, comme tout le reste, lui échappa et elle serra les mâchoires pour retenir les larmes qui s’agglutinaient derrière un barrage de volonté propre à la jeune Walsingham. Elle ne pleurait pas. Jamais. Elle avait toujours refusé que quiconque la voie sangloter et elle refusait de se laisser aller maintenant, sachant que ça ne ferait aucun bien à un Daniel déjà trop éprouvé par le destin.
- Elle reviendra, je la retrouverais.
Que pouvait-elle répondre à cette assurance ? Harlow ne répondit pas. Elle ne voulait pas le détromper ni le contredire, mais elle ne voulait pas non plus l’encourager dans ce qu’elle savait être une désillusion totale. Alors elle se contenta de le fixer sans rien dire, attendant que le regard de Daniel croise le sien. Il le fit, enfin, au bout de longues secondes et Harlow aurait presque préféré qu’il continue à l’éviter parce que ce qu’elle vit dans les yeux chocolat du garçon lui déchira le cœur et l’âme. Elle ne sut cette fois pas quoi répondre à son ami et déglutit. Mais Daniel n’attendait rien d’elle : ni mots ni présence vaguement réconfortants. Rien ne pourrait le soulager de sa peine et quand il fit un pas en arrière, Harlow sentit une larme solitaire braver les barrières qu’elle s’était imposée. Une larme qui roula sur sa joue droite mais que Daniel ne vit heureusement pas.
Il lui avait déjà tourné le dos et s’éloignait, seul avec le fantôme d’Ophelia, la laissant là, seule avec son cœur à l’agonie.

THE END.
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