when life becomes a nightmare all you have are your dreams


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Ophelia Darmody

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MessageSujet: when life becomes a nightmare all you have are your dreams   Dim 25 Juin 2017 - 12:23

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Ophelia hoqueta et balbutia une excuse avant de couper la conversation. Ça n’était pas à Matthew qu’elle voulait parler mais à Daniel. Les yeux gonflés, Ophelia renifla et essaya de se calmer et de se concentrer sur l’appareil qu’elle tenait à la main. Par instinct, elle en devina le fonctionnement mais elle n’avait jamais vu un modèle pareil. S’il avait une vague allure de téléphone, l’engin ne possédait pourtant aucun bouton, ni pour allumer ni pour éteindre, ni pour baisser ou augmenter le volume. On aurait dit un écran tactile seul, sans l’outillage qui allait généralement de paire. Les gestes fébriles, la jeune femme ferma les yeux pour tenter d’apaiser les battements fous de son cœur mais les cris lointains de l’enfant lui vrillaient l’esprit et il lui fallut plusieurs longues respirations pour arriver à cesser de trembler de tous ses membres. Péniblement, Ophelia se redressa et approcha d’une fenêtre pour jeter un œil dehors mais quand elle écarta le rideau, ce fut pour constater que le décor ne lui disait absolument rien. Hébétée, la demoiselle secoua la tête, une boule ne cessant de grossir dans sa poitrine. Quel était ce cauchemar plus vif que n’importe quel rêve ? Comment avait-elle pu s’endormir alors qu’une minute plus tôt, elle s’approchait en catimini de Daniel ? Ou bien dormait-elle à ce moment-là aussi et ceci n’était qu’une continuité illogique de son sommeil ? Comme pour s’assurer qu’il ne s’agissait pas d’une illusion d’optique, Ophelia ouvrit le battant de la fenêtre et se glissa à l’extérieur, sur le balcon minuscule où deux plantes mal en point trainaient. Les immeubles étaient collés les uns aux autres et lui rappelaient un peu les quartiers pauvres des films. Partout, des banderoles colorées – des vêtements suspendus à des fils, en réalité – virevoltaient dans le vent et des coups de klaxons troublaient l’effervescence de la rue. Désorientée, Ophelia se pencha pour observer les trottoirs qui passaient sous la fenêtre et les ruelles qui s’écartaient en éventail, comme une toile d’araignée.  C’était à n’y rien comprendre et elle aurait probablement pu rester là à contempler cet environnement incroyable si elle n’avait pas aperçu Daniel qui s’éloignait d’un pas rapide. Le cœur de la jeune femme fit un bond et l’appel s’échappa avant même qu’elle ait pu le contenir, tant il était désespéré et soulagé.
- DANIEL ! DANIEL ! REVIENS, JE T’EN SUPPLIE, NE ME LAISSE PAS !
Elle agita les bras lorsqu’il sembla enfin entendre ses cris et, instantanément, Ophelia sentit son cœur peser bien moins lourd dans sa poitrine. Peu importe, qu’il s’agisse d’un rêve ou d’un cauchemar, tant que Daniel s’y trouvait, elle pourrait le traverser sans peine et serait heureuse de retrouver son petit ami à son réveil. Elle s’empresserait de lui raconter l’étrangeté et la vivacité de ses songes et il la rassurerait d’une étreinte apaisante, comme seul lui pouvait en donner.
À cette hauteur, elle ne décela pas le changement radical. À cette hauteur, et avec son soulagement, elle ne fut que ravie de le voir faire demi-tour et elle s’empressa de retourner à l’intérieur. Elle en avait presque oublié l’enfant qui persistait à hurler et elle se força à retourner dans la chambre. Les pleurs se calmèrent quelque peu à sa vue et quand l’enfant tendit les bras vers elle, Ophelia ne put résister. Son instinct la poussa à saisir la petite chose sous les bras et à la soulever. Automatiquement, le bambin glissa son visage trempé de larmes dans son cou et cessa de pleurer pour se contenter de gémissements épuisés. Voilà qui était déjà plus supportable pour la jeune femme qui revint vers le salon et s’arrêta sur le seuil au moment où la sonnette fonctionnait. Approchant l’écran près de l’entrée, elle entrevit la silhouette de Daniel dans le hall d’entrée et elle chercha comment déverrouiller la porte sécurisée. Par chance, elle frôla la bonne partie de l’écran et elle vit l’image du portique qui s’ouvrait pour laisser son petit ami entrer.
- Voilà, tout va aller mieux, souffla-t-elle contre les cheveux de l’enfant, même si elle se parlait plus à elle-même qu’autre chose. J’imagine que tu as faim, ajouta-t-elle en lui caressant le dos.
Ophelia entrebâilla la porte pour permettre à Daniel d’entrer et partit en quête de la cuisine pour faire chauffer une purée et nourrir l’enfant. Elle avait beau ne pas être mère, elle avait fait suffisamment de baby-sitting pour pouvoir cerner les besoins d’un bambin de 3 ans. Elle l'installa donc dans une chaise haute et chercha de quoi le nourrir dans les armoires. Au bout de quelques instants, cependant, elle entendit la porte d’entrée grincer et elle se précipita dans le hall pour se jeter au cou de Daniel. Son corps chaud et rassurant, c'était tout ce qu'elle désirait, à cet instant et elle se pelotonna contre lui en soupirant.
- J'ai cru que je devenais folle, souffla-t-elle comme si elle lui confiait un secret.
Oui, tout irait mieux maintenant que Daniel était là.

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Daniel Runshell

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MessageSujet: Re: when life becomes a nightmare all you have are your dreams   Ven 30 Juin 2017 - 14:20

Danny n'est plus du tout de la même humeur que lorsqu'il a pénétré dans l'immeuble. Les voisins qui l'ont vu de leur fenêtre ont pu l'apercevoir souriant et complètement gaga d'une fillette de trois ans, et ils le voient à présent ressortir les mains dans les poches et le pas nerveux. Certains peuvent même l'entendre échapper un juron. D'autres en ont peut-être entendu la raison, de ce changement d'humeur. Peut-être est-ce la première fois qu'ils l'ont entendu se disputer avec Ophelia puisqu'elle vient d'emménager dans l'immeuble, mais ça ne serait certainement pas la dernière fois. Depuis son coma, c'est ce qu'ils font de mieux, se disputer, autant qu'ils ont su s'aimer. Quel talent ils ont eu, pour se chérir et s'honorer. Aujourd'hui, tout n'est plus que reproches et incompréhension. De l'incompréhension, et de ce fait des reproches. Danny n'avait pourtant pas besoin d'un grief supplémentaire à son encontre, mais le vagabond n'est pas de ceux qui prêtent attention, à l'heure ou à tout autre chose. Alors il est arrivé en retard, et cela a suffit pour tout déclencher. Un rien suffit, entre eux, pour déclencher la flamme d'un différend, et non plus le feu d'une passion. Ils ont encore ça qui les lie, ça et Elsa. Et Danny s'en réjouit tristement, d'avoir encore cette ombre de relation avec celle dont il est toujours fou amoureux. Il préférera toujours le pire, plutôt que le néant. Tout est mieux que l'absence absolue. Au moins, s'il a encore réussi à contrarier sa mère, il a passé un joli moment avec sa fille. Mais ce n'est guère un lot de consolation pour le bon à rien, car s'il a un penchant certain pour les tensions et les provocations, il ne l'a jamais souhaité entre lui et son ange blond. Il ne saurait l'expliquer, mais elle est la seule avec qui il aurait voulu que rien ne change. Et pourtant, elle est celle avec qui tout a changé.
Quoiqu'il en soit, Danny est bel et bien déterminé à déguerpir le plus loin possible de leur dernier coup d'éclats. Mais c'est sans compter sur Ophelia qui le rappelle à l'ordre. C'est la dernière chose à laquelle il s'attendait, qu'elle le rappelle et l'appelle ainsi. Daniel ? Depuis combien de temps ne l'a-t-elle pas appelé ainsi ? Qu'elle le supplie de ne pas la laisser ne l'a guère frappé, tant il est davantage étonné par l'emploi de son prénom. Danny s'est aussitôt immobilisé à l'entente de sa voix, qu'importe si elle ne s'adressait pas à lui. Mais ses mots lui sont bel et bien destinés, et heureusement qu'elle l'a interpellé de son prénom pour lui en donner l'assurance, car autrement il n'y aurait jamais cru. Ophelia, son ange perdue, qui lui demande de revenir auprès d'elle ? Qui redemande à passer du temps avec lui, lui avec qui elle vient d'échanger nombre d'invectives ? C'est à n'y rien comprendre, et Danny ne cherche pas longtemps, voire pas du tout, à le comprendre. Il la dévisage, lorsqu'il se retourne et la voit secouer des bras pour attirer son attention. Quel mouche l'a donc piqué ? Lorsqu'il ne l'a pas vu manifester autant d'entrain à son égard depuis nombre d'années ? C'est un regard suspicieux qu'il lui jette, avant d'obtempérer et de rebrousser chemin. Quel pantin il est, à accourir à ses pieds dès que sa belle siffle. Brave Danny, qui pour une fois fait ce qu'on lui dit. Et c'est bientôt par trois qu'il monte les marches de cet immeuble, mais ce n'est pas un signe d'impatience lorsqu'il ne s'attend pas à monts et merveilles une fois qu'il se trouverait dans son appartement. Et pourtant, il vient de passer la porte entrebâillée, lorsque l'impensable se produit.

Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept. Enfin, Danny se rappelle de respirer. Combien de temps cela fait-il depuis la dernière fois qu'Ophelia s'est blottie ainsi tout contre lui ? Des années. Cela justifie-t-il qu'il ne sache comment y répondre en retour ? Il parait bien idiot, à brasser l'air de ses bras incompétents. Et finalement, il abandonne, et ne cherche pas à l'étreindre en retour. Pourtant, cela ne signifie pas qu'il n'est pas retournée par cette démonstration d'affection. Lui qui s'apprêtait à l'interpeller d'un quoi ? revêche, le voici réduit au silence. Il ne saurait dire ce qu'il se passe en lui exactement, comme à la fois interloquée et apaisée par son corps contre le sien, qui semblent toujours autant fait pour s'accorder lorsqu'ils daignent enfin taire les reproches. Les secondes s'écoulent toujours. Dix-huit, dix-neuf, vingt, vingt-et-un. Et comme toujours, l'incompréhension finit par reprendre le dessus, et avec elle une franchise abrupte dont il ne saurait se débarrasser.
- A quoi tu joues ? De deux mains fermes, il vient de repousser le haut de son corps pour qu'il puisse s'emparer de ses yeux. L'incompréhension le gagne toujours plus, et de ce fait il se place sur la défensive, comme il le fait toujours depuis qu'elle l'a quitté. Tu m'prends la tête pour un rien, et maintenant tu m'prends dans tes bras ? Qu'est-ce qui t'prends au juste ? Etonnamment, le ton de reproche de sa voix s'apaise à mesure qu'il constate ses yeux gonflés. Il l'avait fait pleuré, l'idiot !

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Ophelia Darmody

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MessageSujet: Re: when life becomes a nightmare all you have are your dreams   Sam 8 Juil 2017 - 21:11

Tout son corps sembla se détendre au contact de Daniel. Il avait ce pouvoir magique, cette capacité à apaiser Ophelia, quelles que soient les circonstances. Il suffisait qu’elle se blottisse contre lui ou lui tienne la main pour se sentir bien, de ce bonheur doux et rassurant qu’il avait toujours fait naitre. Daniel n’était peut-être pas une force de la nature mais il était son héro, son tout, et Ophelia n’avait pas besoin de davantage. Elle n’avait même pas besoin d’une maison, d’être riche ou de partir en vacances dans des contrées exotiques, tout ce qu’elle voulait, c’était être près de Daniel, de pouvoir lui entourer la nuque de ses bras, de se hisser sur la pointe des pieds et de plaquer ses lèvres roses contre celles du jeune homme. Ophelia avait conscience de sa chance, d’être aussi aisément contentée, de ne pas aspirer à des choses folles parce que le bonheur quotidien lui suffisait amplement. Avec Daniel à ses côtés, la jeune femme avait la sensation de pouvoir affronter n’importe quel obstacle – quand bien même elle était parfaitement consciente de n’avoir jamais eu à traverser de période vraiment difficile ou d’être confrontée à une situation inextricable. Elle était d’ailleurs si heureuse qu’elle ne remarqua pas immédiatement la raideur de Daniel, ni l’odeur légèrement différente qui émanait de lui. Elle était si soulagée de le voir qu’elle n’avait pas noté les éléments inhabituels, de sa façon de marcher, lorsqu’il s’éloignait de l’immeuble, quelques minutes plus tôt, aux habits qu’il portait et qui ne correspondaient pas au jeune homme auprès duquel elle avait grandi. Elle était trop heureuse de pouvoir sentir son corps contre elle pour se soucier de quoi que ce soit d’autre. Et comme à son habitude, elle mit un temps interminable à relâcher son étreinte. Elle n’y pouvait rien, elle aimait tant savoir Daniel près d’elle qu’elle ne résistait jamais au besoin de le toucher, de lui passer la main dans les cheveux, de lui caresser les doigts, de le taquiner, de son sourire mutin, en plongeant ses grands yeux dans les billes caramel de son petit ami. Elle ne prêta pas attention aux bras ballants de Daniel, elle se savait parfois trop spontanée, même pour lui, surtout pour lui, si réservé et discret. Elle comblait son manque d’assurance avec son énergie débordante, ça avait toujours été ainsi entre eux, ils se complétaient parfaitement.
- À quoi tu joues ?
Le ton était si brusque et si étranger à Daniel qu’Ophelia sursauta et relâcha son étreinte, retrouvant la terre ferme d’un air décontenancé. Elle ne sut ce qui l’interloqua le plus : le visage de marbre qui lui faisait face et qu’elle n’avait jamais vu chez Daniel, ou les mains qui l’écartaient avec une sècheresse glaçante. Décontenancée, elle ne parvint pas à répondre et ce n’est qu’à ce moment-là, alors que Daniel la dévisageait durement, qu’elle réalisa à quel point il était différent, à quel point il n’était pas… lui. Les prunelles d'un bleu d’eau claire détaillèrent l’accoutrement du jeune homme puis remontèrent vers le regard déterminé qui la pulvérisait, plein de reproches, mais c’est sa façon de lui parler, sentencieuse, glaciale, qui la laissa pantoise.
- Mais…mais… Daniel, qu’est-ce qu’il t’arrive ? Pourquoi tu parles comme ça ?
Sa main s’était instinctivement tendue pour caresser la joue du jeune homme mais elle se ravisa rapidement et fixa son petit ami d’un air hagard.
Quelque chose n’allait pas, elle ne comprenait rien à cette divagation mais le garçon qui la fixait était si loin de celui qu’elle connaissait. Pourtant, c’était indéniable, physiquement, c’était Daniel, qui pouvait-ce être d’autre ? Déglutissant avec peine, Ophelia recula d’un pas et jeta un coup d’œil autour d’elle, comme si elle se rappelait soudainement l’environnement étranger qui la cernait. En pleine confusion, elle secoua la tête et pressa ses paumes contre ses tempes comme si elle était soudainement victime d’une migraine foudroyante.
- Ce n’est pas possible, je dois encore rêver. Comment dois-je faire pour me réveiller ?
Son esprit essaya de se remémorer un moyen d’émerger d’un rêve mais rien ne lui vint même si elle fut tentée de se pincer la peau au niveau du poignet. Elle était si focalisée sur la question qu’elle se détourna de Daniel – à moins qu’un instinct de survie lui ait dicté de ne plus regarder ce garçon si semblable et si différent de son doux Daniel – au moment où un vagissement dans la pièce voisine lui rappela la présence de l’enfant.
- Oh non, l’enfant ! s’exclama-t-elle en réalisant qu’elle avait déjà oublié son existence.
Elle s’empressa de retourner dans la cuisine et elle commença à ouvrir tous les tiroirs en quête d’ustensiles.
- Mais où sont donc ces cuillers ? souffla-t-elle avant de finalement les débusquer.
Ce n’est qu’en saisissant un manche rose pour enfant qu’Ophelia constata qu’elle tremblait. Les éléments s’étaient engouffrés dans son esprit avec une telle vivacité qu’elle n’avait pas remarqué à quel point son corps réagissait mal. Son souffle était court, ses yeux piquaient encore d’avoir pleuré et maintenant sa main refusait de lui obéir. Quand elle voulut revenir vers la fillette, toutefois, Ophelia vit que Daniel l’avait suivie et elle se sentit traquée, un sentiment qui jamais ne l’avait étreint jusqu’ici et encore moins en présence de son petit ami.
- Je pense qu’elle a faim, dit-elle fébrilement en brandissant l’ustensile en plastique.
Et une nouvelle fois, cette sensation ressurgit, cette horrible et terrifiante sensation d’être face à un étranger qui avait les traits de Daniel.
- Qu’est-ce qu’il y a, Daniel, pourquoi me regardes-tu comme ça ? finit-elle pourtant par demander, la gorge nouée, le regard implorant teinté d’appréhension.
Pourquoi ne pouvait-elle donc pas se réveiller et retrouver Daniel ?

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Dernière édition par Ophelia Darmody le Dim 26 Nov 2017 - 15:29, édité 1 fois
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Daniel Runshell

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MessageSujet: Re: when life becomes a nightmare all you have are your dreams   Mar 24 Oct 2017 - 21:40

Qui a bien pu un jour dire que tout devient plus facile avec le temps ? Que les rancœurs et les blessures finissent par s'apaiser, à défaut de disparaître, si seulement du temps est donné au temps ? Danny ne sait certainement pas ce qu'il en sera dans dix ans, tout ce dont il a en tête est le ici et maintenant. Ici, à l'entrée de cet appartement qui aurait pu être le leur si seulement il n'était pas devenu cet autre. Maintenant, face à sa belle Ophelia, qui est si proche et à la fois si éloignée de lui. Quelques secondes plus tôt, elle était physiquement aussi proche de lui que deux êtres peuvent l'être, logée contre son torse, entre ses bras rendus soudain trop encombrants. Des années ont passé depuis leur dernière étreinte, une éternité. Et tout ce dont il a conscience, après ce bref avant-goût du passé, c'est qu'elle le trouble toujours autant. Daniel, Danny, qu'importe toutes ces conneries-là : il est toujours aussi amoureux d'elle, et il serait bien incapable d'imaginer comment il pourrait en être autrement. Il aurait voulu la serrer, fort, fort contre lui, mais il n'a pu que garder ses bras ballants. Pourquoi est-il comme ça, incapable de se contenter avec bienvenue d'une proximité tant désirée et regrettée ? Il sait qu'il devrait savoir se satisfaire de ce qu'elle lui donne, qu'importe si c'est trop peu à son goût, mais il en est de toute évidence incapable. Pourquoi, elle, peut le prendre dans ses bras quand l'envie lui prend, et pas lui ? Peut-être parce qu'il est trop sur la défensive pour s'y risquer. Il n'ose pas, celui qui pourtant se freine si peu de scrupules habituellement. Mais avec Ophelia, c'est différent. Il n'y a qu'elle, qui compte vraiment. Qu'elle, dont il se soucie plus que de raison de ce qu'elle pense. Et il déteste se sentir comme ça, Danny. Impuissant, frustré. Esseulé. Et bêtement, il peut si souvent être amené à en rejeter la faute sur Ophelia. Il l'a fait pleuré de toute évidence, et pourtant il n'est guère capable de se montrer particulièrement tendre. Pourquoi tout est rendu si complexe dès lors que c'est elle et lui ?

Elle sursaute, et lui la dévisage malgré lui. Elle paraît foncièrement surprise, mais surprise de quoi ? N'a-t-elle pas une idée d'à qui elle fait face depuis le temps ? S'attend-elle encore à ce qu'il la couvre de baisers et de mots doux ? Elle détaille sa personne, et lui cherche toujours à percer un regard qui n'est plus posé sur son visage. Qu'est-ce qu'il lui arrive, à lui ? Il pourrait bien lui retourner la même question, tant qu'il fronce les sourcils et la dévisage davantage encore.
- T'as un problème avec comment j'parle ? C'est pas nouveau, ça. Tu vas m'le reprocher encore longtemps ? Et décidément, elle s'obstine. Elle tient à l'appeler Daniel, autant qu'elle l'a appelé Danny ces dernières années. Mais doit-il seulement s'en plaindre ? Et tu m'appelles bien Daniel quand ça t'arrange. Danny ne peut pas s'en empêcher, il faut qu'il en fasse la remarque. Fût un temps où il aurait été bien incapable de lui reprocher quoi que ce soit, mais les ressentiments sont trop chaotiques en lui pour qu'il se rappelle à chaque instant de l'essentiel : rendre Ophelia heureuse. Ou, à défaut, ne pas la rendre malheureuse – ce qui, de toute évidence, semble être devenu un exploit pour lui. Pour autant, il ne l'aime pas moins. C'est parce qu'il l'aime toujours, qu'il est incapable de s'en foutre, et que, blessé, il expie son chagrin frustrée sur d'autres.
Danny aperçoit cette main s'approcher de lui, puis se raviser, et cela ne fait que renforcer sa contrariété, sans savoir pourquoi exactement. Pourquoi paraît-elle tant en quête de proximité, elle qui a pourtant tenu à se séparer de lui ? Et enfin, elle semble s'en rappeler, si bien qu'elle recule, elle s'éloigne de lui. Rêver ? C'est à n'y rien comprendre. Il la regarde se presser les tempes, comme si la réponse est là, dans le moindre de ses gestes.
- L'enfant ? qu'il souffle, surpris qu'elle désigne ainsi Elsa. Il peine à la suivre dans la cuisine tant ses pensées décontenancées le clouent sur place, mais il finit par s'y plier. Les sourcils toujours froncés à l'encontre d'Ophelia, il la regarde se perdre dans sa quête des cuillères. Elle pense que leur fille a faim, et aussitôt, la défensive revient au galop. J'aurais dû la nourrir, c'est ça ? Non seulement il l'a ramené en retard, mais en plus affamée ? Le vaurien déteste avoir le sentiment de n'être rien de moins qu'une épine dans son pied, et pour y remédier il a l'idiotie de ne l'être que davantage. Si bien que lorsqu'elle l'interpelle à nouveau, il se montre à nouveau trop sensible et susceptible à sa question. Quoi, c'est encore moi l'problème ? Tu m'engueules un instant parc'que j'ai ramené la p'tite trop tard et tu m'fais rappliquer à tes pieds l'instant d'après, et c'est encore moi qu'ait un truc qui cloche ? Mille excuses princesse, mais j'suis toujours le même, que tu l'aimes ou non. Il soupire, et il reprend, plus posément. Qu'est qu'y'a au juste ? Tu m'as appelé, j'suis là. Pour sûr, Danny se demande bien ce qu'elle peut lui vouloir, pour aller jusqu'à lui demander d'embarrasser à nouveau son chez elle de sa présence. Non pas qu'il nourrit tant d'espoirs sur le pourquoi, il doit bien y avoir une explication logique derrière tout ça – et certainement en sa défaveur. Tu m'as pas fait assez de reproches comme ça ? T'sais, j'vais finir par croire que t'aimes me... sa voix s'évanouit à mesure qu'il voit qu'elle tremble, et au lieu de la dévisager encore, il la regarde vraiment. Il oublie d'être sur la défensive, il oublie qu'elle est celle qui ne veut plus être avec lui, il s'oublie pour ne la regarder qu'elle, et non plus ce passé qui les piège et parasite le moindre de leurs échanges. Cette fois-ci, c'est lui qui avance d'un pas, et son ton se fait soudain plus soucieux. Qu'est-ce qui n'va pas, Ophelia ?

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Ophelia Darmody

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MessageSujet: Re: when life becomes a nightmare all you have are your dreams   Dim 26 Nov 2017 - 16:32

Ne disait-on pas que les cauchemars étaient le fruit de peurs inconscientes, de choses tapies dans l’esprit et dont on n’avait aucune idée ? Mais qu’est-ce que cela pouvait signifier dans ce cas-ci ? Sa relation avec Daniel était idyllique, pourquoi son sommeil la plongerait-il dans une situation pareille, si réelle, si confuse ? Elle n’avait jamais associé la moindre crainte avec son petit ami parce que, dans sa tête, tout était parfait, elle était heureuse, elle ne redoutait rien et certainement pas l’avenir. Alors pourquoi était-elle confrontée à une vision comme celle-ci, pourquoi ne se réveillait-elle pas quand elle n’aspirait qu’à ça ? Pourquoi se sentait-elle paralysée, incapable de bouger ? Elle n’avait jamais vécu un rêve aussi vif, aussi surprenant et… palpable. Était-ce le mot adéquat ? Palpable ? C’était le seul qui lui vienne, en tout cas. Parce qu’il était impossible que tout cela soit réel, évidemment. Il était impossible qu’elle ne soit plus dans sa vie mais dans celle d’un alter ego bien plus malchanceux. D’ailleurs, cette idée ne l’effleura même pas. Elle n’avait pas l’imagination nécessaire, elle ne s’abreuvait pas de science-fiction. Elle ne regardait pas de séries saugrenues, elle n’arrivait pas à s’immerger dans des univers qui ne soient pas ancrés dans la réalité. Elle aimait les drames et la poésie, les fresques familiales et historiques mais rien qui ressemble à quelque chose d’aussi perturbant. On ne pouvait pourtant pas la qualifier de cartésienne non plus mais, en cet instant, elle avait surtout l’impression de n’être plus rien, de ne plus être en phase avec quoi que ce soit, à moitié consciente de l’étrangeté de la situation et de la vivacité de celle-ci, qui faisait qu’elle peinait à croire que ce soit un rêve. Et le pire, dans tout ça, c’est que l’unique personne vers qui elle penserait à se tourner pour chercher du réconfort, des réponses, se trouvait être l’un des éléments perturbateurs qui la tétanisaient. Elle aurait voulu retrouver ses bras, fermer les yeux et enfouir son visage contre son torse et ne les rouvrir que lorsqu’il lui assurerait que tout était revenu à la normale, qu’ils étaient assis sur le banc sur lequel il était assis quand elle s’était approchée de lui, avant que tout bascule, avant qu’elle ne se noie dans une réalité bien différente de celle qu’elle connaissait.
Au lieu de quoi, elle sursautait à chaque fois qu’il ouvrait la bouche, elle se sentait misérable, heurtée par la froideur de son regard, elle se sentait perdue, face à cet étranger. Un cauchemar dans sa forme la plus pure et elle ne savait même pas d’où il pouvait sortir, quel sombre pan de son esprit inconscient pouvait avoir créé cette illusion parfaite et horrible. Elle n’avait pas su que répondre à son reproche – qui, apparemment, émanait d’elle depuis… longtemps ? Elle n’avait aucune idée de ce qu’il entendait par-là et puis cette façon qu’il avait d’écorcher les mots comme s’ils étaient insignifiants, ça n’était pas Daniel non plus. Et comment pouvait-elle l’appeler autrement que Daniel ? Elle l’avait toujours appelé ainsi, elle n’avait jamais voulu lui attribuer le moindre surnom parce que Daniel, c’était aussi parfait que lui l’était, ça n’avait pas besoin d’être altéré d’une quelconque façon. Elle était restée muette de surprise jusqu’à ce que les pleurs du bébé lui fassent momentanément oublier la bizarrerie de cet échange. Retourner dans la cuisine avait été un moyen comme un autre d’échapper à l’ambiance qui écrasait le hall, d’échapper à l’agressivité d’un Daniel méconnaissable et avec lequel elle ne savait comment se comporter. Mais ce retour à cette autre situation absurde ne fit qu’accroitre son malaise et, à ce moment précis, sous le regard furieux de Daniel et celui, larmoyant, de l’enfant, elle aurait tout donné pour disparaitre, pour se réveiller, pour n’avoir jamais atterri dans ce décor.
- J’aurais dû la nourrir, c’est ça ?
Frappée, à nouveau, par la façon dont il s’adressait à elle, Ophelia dévisagea Daniel sans savoir comment réagir, la cuiller toujours brandie dans la main, avant de poser les yeux sur l’enfant, soudainement calmée, qui fixait le jeune homme d’un air qui trahissait une béatitude filiale. À aucun moment, toutefois, Ophelia ne s’imagina qu’il pouvait s’agir de sa fille. De leur fille. Elle aurait pourtant dû déceler la forme des yeux, identique à celle de Daniel. Elle aurait dû se questionner à propos des fils de blés qui tombaient en boucles légères sur le crâne de la gamine. Elle aurait toutefois eu du mal à s’apercevoir dans les traits de cette enfant – quel parent, après tout, se voit clairement chez son enfant ? Au lieu de quoi, elle reporta un regard noyé de perplexité sur son interlocuteur dont l’agressivité ne faisait que continuer à balayer la conversation, sans lui laisser l’occasion de reprendre son souffle, d’analyser la situation, de comprendre ce qu’il se passait.
Des larmes vinrent embuer son regard hagard, hypnotisé par la colère qui suintait de chaque pore de Daniel. Elles roulèrent sur ses joues et Ophelia laissa doucement retomber son bras le long de son flanc, interdite.
- Je ne comprends rien à ce que tu racontes, dit-elle d’une voix étranglée. Je ne comprends rien à ce que tu dis, ni pourquoi tu parles comme ça.
Comme ça, agressivement, en avalant des lettres comme si le garçon bien élevé et doux qu’elle connaissait était subitement habité par un démon hargneux et injuste. Jamais Daniel n’avait été d’humeur inégale alors elle ne pouvait pas se figurer qu’il puisse être malade, qu’il puisse changer comme ça, du tout au tout.
- Je ne sais pas ce que je fais ici. Tu étais assis sur le banc, je voyais ton dos, ta tête penchée, tes cheveux balayés par le vent. J’avais quelques minutes de retard mais je savais que tu ne m’en voudrais pas, que tu me sourirais quand tu me verrais, que tu—
Elle dut se taire, se noyant dans ses mots, dans ses souvenirs.
- Et puis je me retrouve ici, dans cet appartement que je ne connais pas, avec cette enfant qui pleure…
Ophelia parlait sans réfléchir, tant pis s’il la prenait pour une folle, elle ne le regardait plus, balayant la cuisine d’un regard désorienté.
- Je ne comprends plus rien, souffla-t-elle d’une voix à peine audible en lâchant la cuiller qui tinta sur le sol avant de plonger la pièce dans un silence oppressant.

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MessageSujet: Re: when life becomes a nightmare all you have are your dreams   Jeu 7 Déc 2017 - 19:59

Danny n'est peut-être pas le plus grand démonstratif de ses angoisses, mais il a toujours eu celle terrible de perdre Ophelia définitivement. Il l'a déjà en partie perdu, il sait dans quel désarroi cela peut le plonger, et il n'en veut pas. Si seulement il savait, que son Ophelia vient de disparaître à jamais quelques minutes plus tôt alors qu'il quittait son immeuble, et que c'est l'Ophelia d'un autre Daniel qui a pris sa place. Son ange blond n'est plus, et la dernière chose qui les a lié fut une énième dispute. La fée d'un autre lui donne l'illusion d'être toujours là, et la première chose qui l'unit à elle est un nouvel échange houleux. Il ne soupçonne pas un seul instant qu'il vient de souffrir d'une perte abyssale, que cela ne sert plus à rien de craindre de la perdre, parce qu'il l'a déjà perdu, le pire est arrivé. Il peut bien constater de ses propres yeux et oreilles que quelque chose ne tourne pas rond dans le comportement d'Ophelia, mais il est loin de la vérité. Comment pourrait-il se douter de l'impensable ? Comment ne serait-ce qu'envisager une telle hérésie ?
Le bon à rien porte un regard empli d'incompréhension sur celle qu'il méprend comme étant son ex petite-amie, la mère de leur fille, et lorsqu'il la regarde il voit toujours plus les ruines encore fumantes de leur couple. Pourtant il n'en veut pas, il ne se plaît pas à avoir perdu toute proximité avec sa belle, il voudrait retrouver la complicité de leurs échanges et ne plus s'égarer en invectives, mais doit-il à cette fin la tromper et prétendre être quelqu'un qu'il n'est plus ? Alors il s'accroche à ce qui les unit encore, même si c'est chaotique et que ça leur fait plus de mal que de bien, parce que malgré tout ça c'est une relation qui les lie encore.

- C'que j'raconte ? Tu crois p't-être que j'comprends que'qu'chose à c'que tu dis ? Il s'illustre encore sur la défensive, et il y a cette incompréhension, encore et toujours. Il semble que c'est là le maître mot qui a redéfini leur relation dans cette réalité, alors que rien ne change même si le pendant d'Ophelia vient de prendre la place de celle qu'il a toujours connu sans qu'il n'en ait conscience. C'est lui la constante, lui qui est toujours le même Danny, et dès lors il doit être malgré lui les braises qui ravivent les flammes de la mésentente à chaque fois. C'est lui qui a pris la place de Daniel bien avant que cette autre Ophelia n'ait pris la place de son Ophelia, lui qui est dénué de tact et qui ne fait plus entendre la douceur de ses mots.
A écouter parler la jeune femme, il a l'impression qu'elle parle d'eux à un autre temps, d'un souvenir conjugué au passé. Aurait-elle été prise d'un élan de nostalgie pour leur jeunesse idyllique ? Peinerait-elle à s'en extirper si c'est pour retrouver la dure réalité d'un avenir gâché qui aurait pu être heureux ? Cela ne fait aucun sens, lorsque cinq minutes plus tôt il se trouvait dans ce même appartement où ils avaient des mots, et elle n'était ainsi pas en état de se plonger entière dans les réminiscences du passé. Mais qu'est-ce que ça pourrait être d'autre ? Danny le comprendrait, lui aussi il peut caresser d'un regard envieux ce qu'ils ont été ensemble, tout comme il regarde aujourd'hui ce qu'ils sont à deux avec frustration. Un instant, il s'égare à son tour. Mais comment peut-il le penser indéfiniment avec sérieux ? Comment peut-il soupçonner ce qu'il lui arrive ? Et à défaut de le comprendre, il n'a pas non plus la nature d'être qui le voulait patient et doux à l'égard de la seule qui compte vraiment.
- Mais qu'est-ce qu'tu racontes ? Tu t'fous d'moi c'est ça ? Pourquoi son amour pour elle ne peut-il pas plutôt le pousser à se montrer compréhensif au détour d'une douceur délicate et soucieuse ? Pourquoi doit-il lui infliger ce qu'il est devenu après son coma, et encore plus ce que leur séparation a fait de lui ? Danny ne sait que faire de son attitude qui le dépasse, si bien qu'il se rabat un instant sur un trouble qu'il est davantage capable d'appréhender : il se rapproche, non pas d'Ophelia, mais de leur fille, et il pose une main sur sa joue, son pouce caressant doucement sa peau rougi et essuyant au passage les larmes qui les ont trempé. Mais déjà, il retrouve la mère de l'enfant d'un regard, lorsqu'il est incapable de l'abandonner indéfiniment dès lors qu'elle se trouve dans la même pièce que lui. Il ne sait pas ce à quoi il fait face, mais il n'attend pas d'en être certain pour mieux la confronter à des évidences.
- Cette enfant c'est ta fille, cet appartement c'est ton appartement... Voilà que sans le préméditer, il se rapproche de cet ange qui lui semble si égaré, pas après pas. T'as rêvé p't-être ? Ça ne serait pas pour lui plaire, qu'elle s'accroche toujours à un Daniel passé plutôt qu'à un Danny sous son nez. Mais qui pense-t-il berner ? Lui aussi, il rêverait plutôt d'un autre temps où rien ne les séparait, ni leur incompréhension, ni leurs différences. Tu t'serais pas cogné la tête ? Un regard suspicieux l'inspecte de bas en haut, mais il ne trouve aucune preuve physique justifiant de s'alarmer, et puisque ça ne fait toujours aucun sens, il se retranche à nouveau sur l'éventualité qu'elle se joue de lui alors qu'il parvient à sa hauteur. J'te préviens si t'fous d'moi... Quoi ? Il ferait quoi ? Cela voudrait surtout dire qu'ils auraient touché le fond, ce fond qu'ils ont déjà percuté des années plus tôt et qu'ils n'ont jamais vraiment quitté depuis. Mais le vaurien démontre une nouvelle fois ses humeurs changeantes qui ne le rendent que plus imprévisible, et il oublie déjà l'instant d'après l'éventualité qu'elle puisse se jouer de lui.

Un, deux, trois. Sans crier gare, c'est à présent la joue délicate de celle qu'il aime désespérément qu'il ose à peine effleurer, avant de finalement poser sa main sur celle-ci tout en essuyant les larmes qui ont coulé au passage. Quatre, cinq, six.
- Ça, c'est vrai. Pas d'banc, mais toi et moi dans ta cuisine. Elle peut ainsi sentir la chaleur de ses doigts maladroits sur sa peau et s'appuyer sur ce contact physique pour retrouver ses repères. Elle aurait pourtant pu le déduire de leur précédente étreinte, mais c'est justement cette dernière qui a réveillé sa faim d'elle et il peine à réfréner cet appétit. Elle lui manque tant quand pourtant elle est face à lui, et ça le tue.
Douze, treize, quatorze. Il est tellement incapable de maîtriser sa gourmandise, que bientôt cette main quitte sa joue pour s'emparer d'une de ses mèches de cheveux qu'il regarde et étale de son pouce sur le bout de ses doigts avant de lentement rendre leur liberté à chacun de ces brins d'or. Ce que ça lui manque, ça aussi. En d'autres temps, il aurait craint de la faire fuir aussitôt, mais peut-être pas aujourd'hui, pas lorsqu'elle l'a pris dans ses bras quelques instants plus tôt. Pourquoi pourrait-elle se permettre un rapprochement physique, et pas lui ? Il sait néanmoins que ces moments sont comptés, et son cœur se rétracte à chaque fois qu'ils prennent fin.
Danny réalise qu'il en a oublié de donner une inspiration salvatrice à ses poumons seulement lorsqu'il retrouve le regard de son ange blond, et il se perd dans les infinies possibilités de ce qui pourrait être mais qui n'est plus.

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MessageSujet: Re: when life becomes a nightmare all you have are your dreams   Ven 29 Déc 2017 - 10:34

Au lieu de livrer ses pensées sans réfléchir, elle aurait peut-être dû se taire. Attendre, sans savoir quoi. Peut-être qu’elle aurait fini par se réveiller, peut-être qu’en allant se recoucher, elle s’endormirait dans son rêve et s’éveillerait chez elle. Mais c’était absurde, c’était le milieu de la journée, s’il lui était arrivé quelque chose, c’était au parc, en rejoignant Daniel. Alors peut-être qu’elle avait eu un malaise, peut-être qu’elle s’était évanouie, qu’elle était désormais inconsciente, qu’elle n’entendait plus la voix de Daniel qui la suppliait de revenir à elle. Elle était peut-être en ce moment même emportée dans une ambulance vers l’hôpital le plus proche, un masque à oxygène posé sur son nez et sa bouche et sa main délicieusement logée dans celles de Daniel. Peut-être même qu’elle était morte mais cette pensée lui retourna tellement le cœur qu’elle en eut la nausée. Et elle songea à Daniel, laissé seul, Daniel qui devait s’agiter et refuser de dormir si elle était plongée dans le coma, ou un Daniel inconsolable si elle était effectivement décédée. Mais n’était-elle pas trop jeune pour mourir si subitement ? Et puis, d’un autre côté, à part une mort soudaine, elle ne voyait pas ce qui avait pu survenir. Elle ne se réveillerait en tout cas pas dans le parc, aveuglée par le soleil qui dansait haut dans le ciel, avec le visage de son ange de petit ami penché sur elle, le regard éperdu d’inquiétude. Voilà la seule certitude qu’avait Ophelia en imaginant les mille maux qui l’avaient séparée de Daniel et qui l’avaient emprisonnée dans cette pièce, avec un garçon qui ressemblait comme deux gouttes d’eau à son petit ami et n’était pas lui en même temps. C’était la seule autre chose dont elle soit sûre, alors qu’elle déglutissait avec peine, oppressée par le silence, le ventre retourné, la gorge nouée et un frisson glacé lui glissant sur la colonne vertébrale.
Un nouveau sursaut lui écorcha le cœur lorsque la voix cassante et brutale de Daniel couvrit le silence. Elle ferma les yeux, détestant ce changement qui ne lui ressemblait aucunement, essayant de retrouver la voix douce qui caressait sa peau, les lèvres douces qui délivraient des mots simples et doux, savoureux. Mais c’était comme si la présence du jeune homme annihilait toutes ses capacités à faire revenir Daniel et les larmes redoublèrent, tandis qu’elle se sentait accablée par l’impuissance et le sentiment d’être en chute libre. Mais fermer les yeux était inutile et ne la ramènerait pas à la réalité, aussi s’efforça-t-elle de reporter son attention sur l’inconnu et l’enfant, son regard tétanisé passant de l’un à l’autre. Au moins l’enfant ne pleurait-il plus, subjugué qu’il était par Daniel et, malgré son tout jeune âge, il semblait conscient du trouble qui appesantissait l’air dans la pièce et ses yeux encore humides et légèrement écarquillés observaient la pièce d’un air hagard, passant du jeune homme à elle.
Ophelia secoua bravement la tête lorsqu’il lui demanda si elle se foutait de lui, les lèvres pincées, les joues irritées par les larmes et les yeux voilés de chagrin. Avait-elle vraiment l’air de se moquer de lui ? Y avait-il seulement quelque chose de drôle dans cette situation grotesque ? Si oui, elle ne voyait pas quoi. C’était au contraire triste et misérable. Même cet appartement respirait la solitude, la détresse, comme si l’occupant peinait à joindre les deux bouts et devait constamment se contenter d’objets de seconde-main ou recyclés. Elle superposa le souvenir de son appartement à elle, qu’elle avait pris tant de plaisir à aménager et à décorer, les photos innombrables de Daniel et elle, les petits objets qu’elle avait trouvés en fouinant dans ses boutiques préférées, l’assortiment de vaisselle que ses parents lui avaient offert quand elle avait emménagé avec son petit ami. Rien de tout cela ne se trouvait dans ces quelques pièces désertées des rires d’Ophelia et de la présence douce et apaisante de Daniel Runshell.
Le mouvement du jeune homme la sortit de ses pensées et elle le vit approcher l’enfant et son cœur se morcela en constatant avec quelle douceur il caressait sa joue, ce qui ne ressemblait à rien de ce qu’il avait pu démontrer comme attitude jusqu’ici. A nouveau, Ophelia sentit un froid glacial prendre possession de son corps et elle se sentit comme une intruse dans ce monde qui n’était pas le sien. Les yeux d’Ophelia retrouvèrent ceux de son interlocuteur et elle sentit son âme se fendiller en contemplant le drame qu’était ce portrait gâché de son petit ami. Et quand il déclara que l’enfant était sa fille et que cet appartement était le sien, elle le jaugea comme s’il avait perdu la tête. Elle laissa retomber son regard sur la gamine hurlante qui l’avait tirée de sa léthargie quelques minutes plus tôt et ne vit qu’un enfant qui lui était étranger. Elle qui aimait tant les enfants l’avait toujours fait avec une certaine distance, consciente que ce serait différent le jour où elle aurait ses propres enfants… et cette fillette-là, elle la fixait avec la même distance que n’importe quel enfant qu’elle aurait pu baby-sitter. Et elle eut la désagréable sensation que le bambin le ressentait, désormais muet, qui la regardait presque avec le même air accusateur que Daniel. Mais c’était forcément le fruit de son imagination : comme un enfant si jeune pourrait-il exprimer tant de choses ? Incapable de regarder plus longtemps ce mensonge vivant, Ophelia se concentra sur Daniel, qui avait par la même occasion amorcé une approche. Elle darda sur lui un regard où l’incompréhension et la détresse se disputaient âprement.
- T’as rêvé p’t-être ? Tu t’serais pas cogné la tête ?
Le menton d’Ophelia se mit à trembler, comme une nouvelle vague de sanglots menaçait de l’emporter. Elle s’efforça de ne pas pleurer, se contentant de contempler l’étranger qui lui broyait le cœur. Ses paupières battirent à peine lorsqu’il effleura sa joue et elle aurait voulu se perdre dans ce contact d’une douceur indélébile qui lui ramenait Daniel, même si ça n’était qu’un leurre, une chimère. Elle résista à l’envie de secouer la tête à chacune de ses paroles, pour le détromper, pour qu’il cesse d’écorcher les mots comme il le faisait si horriblement. Mais tout ce sur quoi elle parvenait à se focaliser, c’étaient les doigts caressants qui soulageaient un peu sa peine, même si ça n’était pas assez pour combler le gouffre qu’il creusait avec ses rectifications. Si elle avait fermé les yeux, elle se serait peut-être perdue dans ces murmures, souhaitant ardemment faire un nouveau malaise. Elle préférait encore se réveiller dans une ambulance avec un Daniel terrorisé qui lui broyait la main que de rester dans cette cuisine avec ce garçon qui déblatérait des inepties.
Au lieu de quoi, elle fondit un regard trouble de détermination dans celui du jeune homme, une lueur farouche traversant ses yeux encore voilés de larmes :
- Non, souffla-t-elle en s’écartant d’un pas. Ce n’est pas ma cuisine. Mon appartement se trouve sur Rosemary Avenue, à deux pas du St Jane’s Hospital. J’y vis avec Daniel et nous n’avons pas d’enfant. Nous y avons emménagé l’an dernier avec l’aide de nos amis. Il m’attendait sur le banc il y a moins d’une heure parce que j’avais voulu passer chez mes parents pour récupérer…
Elle avala sa salive, prise de vertiges, consciente d’agir contre le bon sens.
- … pour récupérer un livre que j’avais oublié, reprit-elle, le souffle court, continuant à s’éloigner du jeune homme. Si je n’avais pas fait ce détour avant de le rejoindre, peut-être que je serais encore avec lui. Oh, mon Dieu, que doit-il s’imaginer ? souffla-t-elle tout à coup en réalisant qu’il l’attendait peut-être toujours sur ce banc.
Combien de temps Daniel patienterait-il avant de s’inquiéter ? Que ferait-il lorsqu’il comprendrait qu’elle n’arrivait pas ? Appellerait-il ses parents pour savoir si elle était bien passée chez eux ? Ophelia ne voulait pas penser à tout ça, elle eut l’impression que son cerveau allait exploser sous l’ébullition des réflexions qui s’entrechoquèrent alors qu’elle prenait conscience de l’ampleur du désastre. Elle ne réalisa pas que c’était peut-être la dernière fois qu’elle évoquait si ouvertement sa vie, que sa tendance à revenir dessus risquait de la fourrer dans des ennuis monstrueux et que la personne à qui elle racontait tout cela était probablement la dernière qui avait besoin d’entendre qu’un bonheur avait pu subsister. Ailleurs.

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Dernière édition par Ophelia Darmody le Jeu 25 Jan 2018 - 19:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: when life becomes a nightmare all you have are your dreams   Mar 9 Jan 2018 - 22:59

Si Ophelia est soudainement confuse par la façon dont il s'adresse à elle, lui est troublé par sa seule proximité comme toujours. Il suffit qu'elle se trouve dans la même pièce que lui, pour que soudainement il n'en ait plus que pour elle. Comment pourrait-il en être autrement ? Si sa façon d'être a inexorablement mué quand il s'est réveillé de son coma, ses sentiments pour la belle ne l'ont jamais quitté pour autant. Bien sûr, d'autres se sont ajoutés à son amour indéfectible pour elle, comme la rancœur et la frustration de la voir le tenir à distance, mais il en reste que s'il rend ces ressentiments qui obscurcissent parfois son champ de vision plus évidents, ceux-ci se réduisent bien vite comme une peau de chagrin en comparaison de sa véritable dévotion pour elle : cela fait bien longtemps qu'il est tombé amoureux de son ange blond, et il ne le lui montre pas assez, ou alors trop maladroitement. Pourtant à cet instant, il s'égare lui aussi, il est happé par sa proximité et le contact raréfié de ses cheveux entre ses doigts esseulés. Et à se perdre sur les traits de son visage si dangereusement proche, il a bien évidemment l'envie irrésistible de l'embrasser qui le dévore, et l'impulsif pourrait si aisément céder si seulement elle ne l'avait pas quitté et rejeté des années plus tôt. Parce que l'idiot l'aime toujours quand la belle est passée à autre chose, alors à quoi lui sert-il d'avoir une adoration si encombrante pour celle qui ne lui reviendra pas ? Nombre de fois qu'il a aspiré à pouvoir s'en débarrasser, qu'il s'est jeté dans le lit d'une autre pour se prouver à lui-même que lui aussi n'en avait plus rien à foutre, mais sa mauvaise foi ne peut l'aveugler indéfiniment, et il finit toujours par ne plus se fourvoyer : personne ne pourra lui faire oublier Ophelia Darmody, pas même lui-même, et encore moins la concernée qui le séduit toujours bien malgré elle.
Il n'y a alors rien qui ne le blesse plus, et qui par conséquent l'exècre, que de deviner que sa proximité importune la belle, et nombre de fois l'énergumène a pu tirer ces conclusions – hâtives ou avérées – qui lui ont broyé le cœur autant qu'elles l'ont poussé à se montrer que plus vif avec elle, quand pourtant il n'aurait bien demandé qu'à revenir à leurs espiègleries et leur complicité. Qu'est-ce qui cloche chez lui ? Chez elle à présent ? Chez eux ? Sont-ils destinés à demeurer des incompris l'un pour l'autre ? Sa douce lui adresse à présent un regard féroce qui l'aurait fait chavirer en d'autres temps, mais à la place de ça cela ne fait que le tirer de sa contemplation pour désormais dévouer son attention à ses mots plutôt qu'à son visage. Et il n'y comprend rien, Danny. Il a beau y mettre du sien, il est incapable de faire sens d'un seul de ses mots, il s'y efforce mais n'est pas en mesure de comprendre où est-ce qu'elle peut vouloir en venir. Elle semble pourtant si convaincue, si... sincère, qu'il ne peut plus décemment avoir la tentation idiote d'envisager qu'elle se paye sa tête. Il peut pourtant se placer si souvent sur la défensive sous le coup de ses frustrations, mais la jeune femme n'a pas encore fui à l'autre bout de la pièce, elle ne s'est pas encore dérobée à sa proximité quand bien même elle a reculé d'un pas, alors le jeune homme ne s'est pas aussitôt réfugié bêtement dans sa rancœur. Et Danny s'éternise, il ne bouge pas d'un pouce et dévore la proximité qu'elle lui accorde ce soir, même si celle-ci fait toujours pâle figure comparé à celle qui les a un jour uni. Pour autant, il ne se ravit pas de sa confusion apparente lorsque le trouble de la belle l'atteint encore en plein cœur, et le fil de ses pensées qui s'enchainent toujours plus vite voudrait tant pouvoir la soulager. Mais bientôt, c'est davantage un soupir qui s'extirpe de ses lèvres – non pas de lassitude face à l'entêtement d'Ophelia, mais de frustration face à son évidente impuissance.
- Comment t'expliques qu'tu sois ici alors ? C'est un regard désolé, et non d'exaspération, qu'il hasarde sur les traits de son visage, et ses mains, qui ne savent que faire si elles ne sont pas au contact d'Ophelia, ne cessent de se perdre en gestes vains, quand l'une d'entre elles vient même gratter le sommet de son crâne, comme si c'est là qu'il pourrait déterrer la clé de compréhension qu'il lui manque. Rosemary A... St Jane's Hospital ? A Mount Oak ? Non, y'a rien d'tout ça. Loin de lui la volonté féroce de lui donner tort cette fois-ci, mais que peut-il faire d'autre si ce n'est de s'essayer à la raccrocher à la réalité de son existence ? On a vécu ensemble quelques mois, mais y'a des années d'ça. T'as emménagé ici, seule, avec Elsa, y'a trois mois environ. Tu... tu travailles dans une p'tite boutique à deux pas du Vertigo. T'es tombée enceinte d'Elsa quelques mois après qu'on ait fini l'lycée. Et t'vois cette p'tite cicatrice là ? lui demande-t-il alors qu'il se rapproche à nouveau d'elle et s'empare volontiers de sa main droite pour glisser son pouce dans le creux de sa paume avant de la lui désigner. Ça remonte à deux... trois mois : t'as eu l'réflexe d'amortir sa chute et d'mettre ta main entre sa tête et la marche. Elsa a pleuré, mais t'lui as dit que c'était pas grave, et pour la réconforter t'as essuyé l'sang et t'as dit qu'la plaie ressemblait à un croissant d'lune, que c'n'était pas si vilain. Ses yeux retrouvent alors les siens et ses lèvres se risquent à un sourire qui se veut complice quand il tente de déclencher sa mémoire égarée par quelques détails sur son quotidien. L'instant d'après, il referme son poing et presse ses doigts dans sa main, lorsque son regard se rive, lui, sur cet entremêlement d'eux. Ne sent-elle pas qu'elle est là, avec lui ? Que la réalité de l'instant présent lui fait face ? Qu'il est palpable sur sa peau, audible à ses oreilles, visible à ses yeux ? Le gamin n'a pas encore perdu patience, quand la proximité avec son ange blond et son contact apaisent ses ardeurs habituelles, elle qui pourtant se refuse si souvent à lui. Sa voix est même moins brusque dernièrement, sans pour autant que sa bouche prenne le temps d'embrasser et d'articuler pleinement les mots qu'elle échappe instinctivement.
- Pince-toi si l'envie t'prend, tu n'te réveilleras pas, parce que ce n'est pas un rêve. Danny ne cherche pas à tourner en ridicule son trouble et à s'en moquer, et seul son ton lui en donnera l'assurance lorsqu'il serait même presque... doux ? T'en as eu beaucoup, toi, des rêves où tu mets si longtemps à t'réveiller ? Et à nouveau, ses lèvres tentent de lui apporter quelque réconfort avec l'ébauche d'un sourire. C'est qu'elle ne l'a pas encore repoussé, alors tout va bien, ou presque, quand il voudrait s'affranchir par la même occasion de son impuissance et être capable d'apaiser le trouble d'Ophelia, parce que Danny n'en a jamais assez, il lui en faut toujours plus, de la part de la femme dont il s'est irrémédiablement épris. Sa main abandonne alors bientôt la sienne, mais seulement pour que celle-ci et son double viennent se déposer prudemment sur ses bras, quand l'affamé sera toujours avare de son contact tant qu'elle ne le repoussera pas à nouveau.
- Ophe, qu'est-ce t'veux que j'fasse ? J'y comprend rien non plus. Et les voilà bien avancés, éternels incompris. Mais j'suis là, j'suis Daniel. Tu vois bien que j'suis Daniel ? Ton Daniel, qu'il voudrait ajouter, et si les mots n'en ont pas la forme, cette dernière phrase est bel et bien une supplication, que peut-être son ton a trahit. Car Danny n'en peut plus, ça le tue toujours un peu plus, aujourd'hui comme les autres jours, d'être sous son nez sans qu'elle ne puisse vraiment le voir, qu'elle se refuse à le reconnaître, lui, Danny ou Daniel qu'importe, lui qui l'aime toujours désespérément et qui voudrait tant qu'elle ne lui soit plus aveugle, rien qu'un instant. Please, please, just see me.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: when life becomes a nightmare all you have are your dreams   Jeu 25 Jan 2018 - 21:14

Malgré les apparences, Ophelia avait parfaitement conscience de l’effet que ses mots devaient avoir sur Daniel. Autant, sûrement, que celui provoqué par les rectifications du jeune homme. Elle trouva presque étrange qu’il se montre si patient lorsqu’il aurait eu tous les droits de s’emporter, de la traiter de folle à lier, qu’il aurait pu la saisir par les épaules et la secouer comme si ça allait subitement la faire changer de discours. Mais peut-être qu’il sentait la détermination qui sourdait de ses mots, peut-être qu’il se disait que, pour la sécurité de la fillette, il ne devait pas contrarier cette fille dérangée qui disait n’importe quoi. Qui sait ce qu’elle pouvait se mettre à faire ensuite ? Elle allait peut-être jeter des ustensiles coupants à la tête des deux autres occupants de la pièce, ou elle allait se recroqueviller dans un coin de la cuisine, les paumes pressées contre les oreilles, et se mettre à hurler si fort et de façon si hystérique que les voisins se sentiraient obligés d’appeler la police pour éviter qu’un meurtre ne fasse la une des journaux le lendemain. Il avait beau lui parler avec ses faux airs de racaille troublée, elle devait bien reconnaitre à Daniel qu’il gardait un calme olympien au vu de la situation. Qu’aurait-elle fait, elle, en effet, si on avait supplanté son Daniel pour un autre, et que celui-ci se mettait à divaguer, à prétendre avoir une autre vie, ne rien reconnaitre de son environnement immédiat ? Que ferait son Daniel, dans un cas similaire ? Il serait probablement tétanisé, incapable de se figurer quoi faire, quoi dire, pour apaiser la personne en face de lui. Mais ils n’étaient pas n’importe qui. Qui que soit ce Daniel-ci, il n’était pas un simple étranger, il connaissait Ophelia et il éprouvait suffisamment de choses que pour ménager le tempérament perturbé de celle-ci alors qu’il était évident que leur relation était loin d’être au beau fixe. Que leur était-il arrivé ? se demanda Ophelia en baissant un regard accablé sur le sol carrelé de la cuisine. Que leur était-il arrivé pour qu’ils soient si distants, pour qu’ils ne se comprennent plus ? Ophelia se dit qu’elle n’aurait jamais lâché prise, elle. Qu’elle n’aurait jamais perdu espoir et même ce Daniel écorché n’arrivait pas à la rebuter. Elle y voyait toujours, en un certain sens, son Daniel, et deviner la blessure béante qu’il avait dans le cœur lui donna des frissons d’effroi. Comme toujours, dès qu’il s’agssait de son petit ami, Ophelia aurait voulu apposer ses mains sur tous les endroits où il pourrait avoir mal, pour le protéger des aléas de la vie, pour que rien ne le bouscule, pour que rien ne lui arrive. Elle n’avait jamais supporté l’idée d’un Daniel malheureux et voilà qu’elle en avait deux qui hantaient son esprit, simultanément. Son Daniel, laissé seul sur un banc, à l’attendre indéfiniment et celui-ci, si brutal et fracassé de l’intérieur à la fois. Parce qu’une telle violence d’approche ne pouvait être initiée que par une douleur incurable, Ophelia en était certaine. En avait-elle été la cause ? En était-elle toujours la cause ? Non pas elle-même, mais l’Ophelia de ce cauchemar, de ce monde, de cet univers qu’elle ne savait comment qualifier.
Comment expliquait-elle qu’elle était ici, alors ? Oui, en effet, la question était légitime, la réponse, incapable d’être formulée. Elle l’ignorait. Un instant elle était dans le parc, elle se dirigeait vers Daniel assis sur son banc, la seconde d’après, elle était dans cet appartement désolé, avec une enfant qui s’époumonait dans une pièce voisine. Elle n’avait rien à répondre, elle ne put dès lors que pincer les lèvres, comme si elle était prise en flagrant délit de mensonge si grotesque qu’il en était pathétique et qu’elle devrait en être honteuse. Déglutissant, elle se passa la manche sur les joues et essuya les sillons laissés par ses larmes sur sa peau rougie. Son visage se froissa légèrement lorsque Daniel déclara qu’il n’y avait ni Rosemary Avenue ni St Jane’s Hospital à Mount Oak et elle secoua la tête comme si elle refusait de laisser ces aberrations imprégner son esprit déjà tourmenté. Elle ne releva les yeux que lorsqu’il se mit à évoquer leur vie commune. Les yeux bleus voilés se concentrèrent sur les traits de Daniel, peinant à croire ce qu’il lui disait et incapable de ne pas le croire, non plus. Elle suivit ses gestes, pantin désincarné entre les doigts chauds et familiers du jeune homme. Elle regarda la trace laissée par le couteau lorsqu’elle s’était coupée, quelques semaines plus tôt, en essayant une fois de plus une recette qui était bien trop compliquée pour ses maigres talents de cuisinière. Elle avait raté complètement le plat, en plus, et Daniel avait dû l’emmener aux urgences parce que le sang ne voulait pas cesser de couler. Ophelia décida de ne pas le préciser. À quoi bon ? L’œil hagard de la jeune Darmody remonta instinctivement vers les lèvres Daniel quand elle y perçut un sourire, comme s’il s’agissait d’un aimant dont elle ne pouvait détacher le regard. Elle le dévisagea encore de longues secondes, puis sa façon atroce d’avaler les lettres lui rappela que la douceur avait déserté la voix du jeune homme, quand bien même ses gestes tendres se voulaient réconfortants et apaisants.
- Tu me crois folle, c’est ça ? demanda-t-elle d’une voix rauque quand, en réalité, elle aurait voulu dire que ce n’était pas un rêve mais un cauchemar et que les cauchemars paraissaient toujours interminables, là où les rêves se concluaient trop vite.
Elle ne se déroba pas lorsqu’il pressa les mains sur ses bras. Parce qu’elle n’en avait plus l’énergie et parce qu’en un sens, cela l’ancrait à la réalité, cela lui prouvait que tout ce qui se passait était bien trop vif pour se cantonner au domaine du songe, même indésirable.
- Ophe, qu’est-ce t’veux que j’fasse ? J’y comprends rien non plus. Mais j’suis là, j’suis Daniel. Tu vois bien que j’suis Daniel ?
La jeune femme émit un soupir tremblant, humide de sanglot et elle renifla en dodelinant de la tête. Elle ne savait pas ce qu’elle voulait qu’il fasse. Y avait-il seulement quelque chose à faire ? Pouvait-il la renvoyer d’où elle venait, lui permettre de glisser les mains sur les yeux de Daniel, comme elle l’avait initialement prévu avant d’être happée dans ce cauchemar ? Prenant une brève inspiration, Ophelia garda le souffle dans ses poumons quelques secondes, comme pour se donner du courage de parler. Elle glissa un œil vers la gamine qui les observait toujours, les yeux pleins de curiosité, puis reporta son attention sur Daniel :
- Qu’est-ce que… qu’est-ce qu’il nous est arrivé ? parvint-elle finalement à articuler, la gorge nouée. Pourquoi ne sommes-nous plus ensemble ? Pourquoi m’as-tu laissée ?
Car ce devait forcément être dans ce sens-là, n’est-ce pas ? Lui qui la quittait pour une raison qui lui échappait ? Il semblait impossible à Ophelia, en tout cas, qu’elle puisse avoir été l’initiatrice de cette séparation car jamais elle n’aurait pu envisager un scénario semblable avec Daniel. Leur amour était parfait. Daniel était sa maison et sa plus belle aventure. Jamais elle n’aurait pu le quitter. Alors elle se dit que puisqu’elle n’y comprenait plus rien, elle pouvait ajouter une aberration supplémentaire au flot qui venait de la noyer dans un raz-de-marée impitoyable. Elle avait l’impression d’être une silhouette battue par des vagues violentes et sans merci. Et elle pressentait déjà que ça n’était que le début d’une dégringolade vertigineuse : elle avait quitté le paradis pour sombrer droit en enfer.

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MessageSujet: Re: when life becomes a nightmare all you have are your dreams   Mer 31 Jan 2018 - 23:44

La douce égarée lui demande s'il la croit folle, et aussitôt ses sourcils ne peuvent que se froncer, même si ce n'est pas une fois encore par contrariété ou incompréhension, lorsque c'est sous le poids de sa conviction que son front s'affaisse. Ses mains, elle, ne font qu'accentuer leur soutien d'une pression, quand il doit une nouvelle fois contredire l'éventualité qu'elle énonce – mais cette fois-ci il le fait avec bon cœur et sans plus attendre.
- Non, j'pense pas ça... Non pas qu'il a instantanément la noble intention de la rassurer même si cela signifie lui mentir au passage, puisqu'à l'inverse c'est la vérité seule qui échappe à ses lèvres. C'est qu'il ne serait pas capable du contraire, Danny reste encore un enfant par bien des aspects, et l'idée n'est pas encore venu au jeune adulte de mentir pour le bien d'un proche. Pourquoi voir une vérité, quelle qu'elle soit, comme terrible, plutôt que de la tolérer telle qu'elle est : la réalité ? Et en l'occurrence, il ne pourra jamais associer son ange blond au pathétisme d'une aliénation (ou alors il se fera volontiers aussi fou qu'elle). P't-être qu'tu l'es, et qu'j'l'suis aussi, j'sais pas. J'ai jamais pensé comme ça. T'es Ophelia, c'est tout. Tout, c'est le juste mot, elle est son tout, et qu'il ou elle le veuille ou non, c'est une vérité en tout temps. Folle ou pas, ça change rien pour moi. En couple ou non, ça ne change rien non plus, car quand bien même la rancœur peut venir l'aveugler, il en reste que c'est justement parce que rien n'a changé à son sentiment qu'il lutte et se débat de ce qu'il ne peut accepter comme une impasse : sa relation avec la seule qui compte vraiment. Elle, et Elsa.
Elle, qui soupire, et qui rejette la reconnaissance de sa personne d'un seul mouvement de tête. Danny voit bien qu'elle ne le fait pas de gaieté de cœur, qu'elle n'a certainement jamais voulu la lui arracher, mais il en reste qu'elle lui fait du mal autant qu'il lui en fait. Son corps accuse le coup alors, et ses mains se retirent de ses bras en même temps que ses yeux quittent également les siens, non pas pour la priver de son soutien et de son attention, mais plutôt pour se recomposer un état d'esprit cohérent suite à la nouvelle débâcle de son initiative. Il perd de son énergie, le gamin pourtant intenable. Il met d'ailleurs plusieurs secondes avant de penser à reprendre son souffle, et il ne retrouve la familiarité azurée de ses yeux que lorsqu'elle reprend la parole.
Qu'est-ce qu'il leur est arrivé... il peut aussi parfois se le demander, quand plus rien ne fait sens, qu'il s'égare et s'enlise dans le marécage tortueux de ce qu'ils sont devenus. Pourtant, cela lui paraît à la fois encore tellement évident, qu'elle est un manque terrible à son quotidien désœuvré. Mais l'a-t-il laissé ?
Là, à cet instant, ce fut de trop. Un rien aurait pourtant suffit à son cœur à vif, et là c'est trop. Pour elle, il voudrait penser être capable de tout, mais il ne peut un seul instant tolérer ce qu'il perçoit aussitôt comme une accusation qui l'écorche toujours plus au passage. C'est comme si le garnement vient de se faire taper sur les doigts, il croit l'entendre comme un rappel à l'ordre, alors qu'il est repoussé au coin dès lors qu'elle lui impute une responsabilité qu'il ne pourra jamais accepter comme étant la sienne. Sans surprise, le sentiment d'injustice qui en résulte le retranche aussitôt sur la défensive, au point même où son trouble se trahit sur son visage en même temps que le reste de son corps le démontre aussi alors que, sans en prendre conscience, c'est lui qui commet l'impensable pour l'affamé d'Ophelia Darmody qu'il est puisqu'il ose se faire du mal et quitter sa proximité par un, peut-être deux, pas de recul. En parallèle, ce cœur qui propulse ce sang dans chaque recoin de son corps à chaque battement semble avoir propagé insidieusement une tension qui transparaît à présent jusque dans sa posture. Elle vient de mordre à pleine dents dans ce qui le bouffe de l'intérieur, et le gamin n'a jamais eu la maturité nécessaire de prendre aussitôt du recul pour s'élever au-dessus de la douleur qui le ronge.
- Tu m'as laissé, c'est toi qui m'a quitté. Parc'que j'étais plus l'même, plus c'lui qu'tu voulais. Parc'que j'parlais plus comme tu voulais. N'est-ce-pas ce dont elle s'est exclamée pas plus tard que quelques instants plus tôt encore ? Qu'il parle comme ça ? Comme si la façon dont il parle est plus importante que ce qu'il dit ou ressent pour elle ? Danny peut si vite prendre la mouche et se monter la tête dès l'instant qu'il est question d'Ophelia et de ce qui les unit – ou ne les unit plus en l'occurrence – qu'il ne s'embarrasse pas de demi-mesure ou demi-mots, et fait entendre la fougue qui a relégué son sang froid aux vestiges du passé. N'est-ce-pas là ce qu'elle peut regretter aussi, qu'il n'est plus assez doux ou tempéré ? J'suis p't-être plus l'même, mais j'te préviens, j'aurais jamais une tête à chapeau pour ça, parc'que j'ai jamais voulu t'quitter. P't-être que la vraie différence, elle est là, t'y as jamais pensé ? Parc'que jamais je t'aurais quitté, même si- ... même si elle non plus ne semble plus être elle-même à cet instant, qu'elle ne fait pas sens et l'égare, tout autant qu'il peut accroitre sa confusion en retour sans même le soupçonner. Les voilà donc toujours face-à-face, deux incompris face à leur méconnaissance. L'instant d'après, l'orage semble déjà l'avoir quitté pour d'autres horizons et il lui adresse un dernier regard plein de regrets, avant de se dérober entièrement à sa proximité pour se laisser choir sur la chaise côte à côté à celle de sa fille (mais toujours là où son champ de vision n'est pas obligé de quitter Ophelia, même au second plan). Car son attention ne manque pas de s'égarer sur le carrelage de la cuisine, et c'est un soupir qui s'échappe lourdement d'une fatigue qu'il ne peut plus ignorer. Ses jambes sont ainsi étendues de tout leur long quand son buste est avachi contre le siège, mais qu'importe le confort ou l'inconfort de sa posture, lorsque déjà il la quitte et se redresse, toujours sous le rythme soutenu de son trait impulsif.
Danny quitte alors la cuisine et abandonne sans un regard la mère et la fille dès l'instant où la détermination d'une nouvelle idée le précipite à retourner le contenu de tiroirs et d'armoires. L'ex petit-ami ne connaît pas l'endroit exact où Ophelia garde les photos dont il est en quête mais il connaît leur existence, et plutôt que de demander à la maîtresse des lieux où elles se trouvent, il se résout lui-même à les localiser quand de toute façon ce nouvel appartement ne cache pas mille-et-un recoins où elles peuvent se cacher. D'ailleurs, il les débusque déjà, retrouve aussitôt la cuisine et ses occupantes, et abandonne la boîte qui contient toutes les illustrations de l'existence de la jeune femme sur la table – et de ce fait, de la sienne aussi. Le vaurien ne saurait dire lui-même ce qu'il cherche exactement comme souvenirs en retournant les photos dans l'habitacle, mais il finit par se saisir de quelques unes significatives avant de les étaler sur la table et d'inviter son ange blond à y jeter un œil.
- C'mment t'expliques ça, Ophe ? C'sont tous des photomontages, l'fruit d'un rêve ? Une photo d'elle à la maternité, avec Elsa dans les bras. Une autre d'un couple d'adolescents, inconscients des maux à venir. Une autre d'un repas de Noël réunissant les Darmody et les Runshell autour de la même table... et tant d'autres encore. Et si son impulsivité a pu donner des allures de brusquerie instable à l'idiot, son ton n'a rien de particulièrement précipité ou revêche, lorsque ce ne sont pas des reproches qui lui sert indirectement : son intention n'est pas celle de pointer du doigt ou remettre en cause la véracité de son sentiment, mais seulement de lui montrer que c'est bel et bien la réalité qui l'entoure, qu'elle peut s'appuyer sur ça. Mais bien sûr, Danny n'est toujours que la version appauvrie de lui-même comme tant de ses proches peuvent le penser, et il ne manque pas de tout entacher de sa maladresse habituelle, puisqu'il ne prend pas par la main l'être cher pour plutôt la confronter et la mettre devant le fait accompli. Ce n'est pourtant pas de l'impatience qu'il démontre à cet instant, quand il n'en aura jamais assez d'Ophelia Darmody – même s'il n'y comprend plus rien lui non plus. C'est alors davantage de l'impuissance qui le fait s'égarer, et celle-ci pourrait à présent presque transparaître dans sa voix qui s'échine malgré tout à s'éprendre d'initiatives. J'peux t'montrer des vidéos s'tu veux... et d'ailleurs, il n'attend pas son approbation pour déjà chercher son portable dans sa poche, puis se perdre dans le contenu de la carte mémoire de celui-ci pour trouver une vidéo et presser play. Les éclats bienheureux de ce qui semble être une autre vie envahissent ainsi la pièce et donnent de la couleur auditive à l'impasse qui les piège aujourd'hui, alors que c'est à présent l'écran de son téléphone qu'il tourne à son adresse et qui laisse voir un couple autrefois seulement et simplement amoureux.

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I feel like I’m in the wrong world ‘cause I don’t belong in a world where we don’t end up together. I don’t. There are parallel universes out there where this didn’t happen. Where I was with you, and you were with me. And whatever universe that is that’s the one where my heart lives in.
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MessageSujet: Re: when life becomes a nightmare all you have are your dreams   Hier à 11:14

Elle n’était pas folle, elle le savait. Mais n’était-ce pas ce que disaient tous les fous ? A quel moment perdaient-ils la notion de la réalité pour se réfugier ou être happés dans un univers déconnecté du reste du monde ? A quel moment avait-elle perdu la notion de la réalité ? C’était si brusque, si insensé, qu’elle ne pouvait se le figurer. Elle n’était pas folle lorsqu’elle traversait le parc pour rejoindre Daniel. Ou l’était-elle déjà ? Toute sa relation avait-elle été le fruit d’un esprit dérangé ? Impossible. Elle ne pouvait pas avoir déliré tout ce temps. C’était récent, cela avait été immédiat. Mais alors d’où sortait cette dimension parallèle complètement difforme où elle ne vivait pas le parfait amour avec Daniel mais vivait en mère célibataire avec leur enfant ? D’où émergeait cette ville aux noms disparus ? Quelle part de son cerveau avait créé ce garçon transformé et douloureusement écorché ? Ophelia n’était pas du genre à imaginer le pire, à envisager des drames, à s’inquiéter de l’avenir. Elle était si heureuse au quotidien qu’elle n’avait pas le réflexe de se dire que le drame pouvait la toucher. Et voilà qu’elle y avait été engloutie et qu’elle n’avait aucune idée de ce qui lui arrivait. Comment s’extirper de ce cauchemar ? Comment retrouver pied ? Comment échapper à ce tableau qui lui broyait le cœur, de ce Daniel aussi paumé qu’elle, qui la regardait d’un air éperdu, à ne savoir comment se comporter avec elle ? Elle ne le pouvait pas. Parce que tout était décidément trop palpable, trop réel, pour être chassé. Le sol ne semblait pas tanguer sous ses pieds, quand bien même elle n’avait plus aucune stabilité mentale ; les objets ne se confondaient pas dans une vision trouble puisqu’elle voyait bien trop clairement les traits soucieux de Daniel et les yeux larmoyants de l’enfant devenue étonnamment silencieuse ; même son esprit faisait trop clairement la part des choses, même s’il n’arrivait pas à faire sens de ce qu’il voyait ou absorbait. Tout ce qu’Ophelia savait, c’était qu’elle n’était plus chez elle et qu’elle n’avait plus face à elle le garçon doux et rassurant avec lequel elle avait vécu ces dernières années un amour inébranlable.
Daniel ne la croyait pas folle et elle posa sur lui un regard absent, comme si elle n’entendait que la moitié de ses paroles. Comment pouvait-il ne pas penser une chose pareille quand c’était la seule conclusion sensée au vu de leur échange improbable ? Ophelia ne le crut dès lors pas, même si elle ne l’afficha pas ostensiblement. Elle se contenta d’un léger froncement de sourcils incrédule. Elle était Ophelia, c’est tout ? Elle n’avait aucune idée de ce que cela signifiait et si, en d’autres circonstances, elle aurait été rassurée qu’il lui dise que cela ne changeait rien pour lui qu’elle soit folle ou non, il s’avérait que ce moment précis importait au contraire. Même si elle savait que Daniel lui aurait offert cette même assurance, elle le savait. Et elle n’en aurait pas douté un instant car son regard chocolat fondant lui aurait prouvé à quel point il était sincère. Ce même regard qui se détourna lorsqu’elle refusa d’accepter ses mots, ce monde, cette vie et ce mystère entier qui expliquait sa présence soudaine dans cet appartement, où elle n’avait clairement pas sa place, où elle usurpait l’identité d’une autre.
Et elle aurait dû se douter qu’en mettant les pieds dans le plat, elle jetait aussi de l’huile sur le feu. Car, même en ne sachant que l’essentiel – qu’ils avaient une fille, qu’ils n’étaient plus ensemble depuis des mois (impensable !), qu’elle vivait seule (comment le pouvait-elle ?) – elle aurait dû percevoir tout ce qui n’était pas dit, tout ce qui pourrissait sous la surface et qui était à l’origine de la douleur qui hantait le regard de ce Daniel qui mangeait les mots, qui parlait durement. Cette métamorphose ne pouvait avoir été qu’initiée par un événement qui lui échappait mais dont elle aurait dû pressentir l’ampleur. Et la réaction, instantanée, du jeune homme, ne fit que la conforter dans l’idée qu’elle était complètement perdue et qu’elle risquait de faire plus de mal que de bien. Daniel lui parut être subitement un chien battu qui craignait un nouveau coup, il recula, sur la défensive, montrant les dents d’un air menaçant et sa voix se fit plus tranchante quand, à nouveau, il rectifia la vérité – sa vérité – en ouvrant de nouvelles portes sur cette réalité parallèle qui paraissait si insensée à la jeune femme.
C’était elle qui l’avait quitté ? Comment avait-elle pu en arriver là ? La réponse fut immédiate : parce qu’il avait changé, parce qu’il n’était plus celui qu’elle voulait, parce qu’il ne parlait plus comme elle voulait. Le reproche évident lui ficha une flèche empoisonnée dans le cœur. N’était-ce pas précisément ce qui l’avait tant rebutée depuis qu’il avait passé le seuil de l’appartement après qu’elle l’eut rappelé ? N’avait-elle pas été choquée par sa façon de s’exprimer, si brusque et si opposée à sa voix douce et timide qui la berçait d’habitude ? Mais même si Daniel avait pu se métamorphoser ainsi, ne serait-elle pas restée à ses côtés ? N’aurait-elle pas cherché à l’apaiser, à le faire revenir à ce qu’il était avant ? Elle n’arrivait pas à se dire que tant de colère ait pu s’accumuler dans le corps et l’âme de son petit ami, au point de le transformer en bête sauvage et acculée qui grognait dès qu’il se sentait attaqué. Si elle avait su qu’elle lui faisait tant de mal en lui posant cette question innocente, l’aurait-elle libérée de ses lèvres hébétées ? Probablement pas. Mais elle avait besoin de comprendre, elle avait besoin d’appréhender les circonstances dans lesquelles elle avait basculé. Comment, autrement, ne pas perdre pied, ne pas couler au fond de l’abysse ?
- J’suis p't-être plus l'même, mais j'te préviens, j'aurais jamais une tête à chapeau pour ça, parc'que j'ai jamais voulu t'quitter. P't-être que la vraie différence, elle est là, t'y as jamais pensé ? Parc'que jamais je t'aurais quitté, même si—
Ophelia dévisagea Daniel d’un air hagard. Même si quoi ? eut-elle envie de demander, sans que son souffle coupé ne parvienne à laisser échapper ces trois petits mots. Elle ne put toutefois faire autrement que le croire, tant sa rancœur dégoulinait de chacun de ses mots. Elle avait été l’initiatrice de ce malheur et elle ne comprenait pas comment ils avaient pu en arriver là. Mais Ophelia s’interrogea sur un autre point, aussi : dans quelle mesure l’histoire désastreuse de ce couple était-elle semblable à celle, harmonieuse, qu’elle avait avec Daniel ? Avaient-ils été aussi amoureux qu’eux à un moment de leur existence ? Ce Daniel avait-il eu quoi que ce soit à voir avec (son) Daniel avant de basculer dans cette nouvelle forme de lui-même ? Comment savoir ? Et cela changeait-il seulement quoi que ce soit à l’instant présent ? La jeune femme se sentit coupable d’infliger une nouvelle douleur au garçon qui, à l’évidence, souffrait déjà trop de leur séparation et, si elle avait pu esquisser un geste pour apaiser ses maux, elle l’aurait fait volontiers car elle ne supportait pas de voir Daniel malheureux. Mais elle était trop lucide pour se leurrer. Rien de ce qu’elle pourrait faire ou dire ne calmerait le jeune homme. Elle laisserait forcément échapper une maladresse, elle aurait forcément une réaction inattendue qu’il n’associait pas à elle, tout simplement parce qu’ils étaient deux étrangers, aussi impensable cela puisse paraitre. Elle s’apprêtait à lui demander pardon quand il se leva brusquement et quitta la cuisine, la laissant la bouche entrouverte, muette et incapable de savoir quoi faire. Instinctivement, elle laissa son regard glisser vers la fillette et elle s’en voulut d’imposer ce triste spectacle à la gamine. Ne risquait-elle pas d’être traumatisée par l’orage qui planait sur la pièce ?
L’intruse perçut clairement le remue-ménage dans les pièces voisines mais ne fit pas le moindre geste pour aller voir ce que Daniel fabriquait, s’il était en quête de quelque chose ou si un accès de colère le poussait à retourner tout ce qu’il avait sous la main pour évacuer la frustration. Cela ne ressemblait aucunement au jeune homme mais comme celui à qui elle parlait depuis une demi-heure n’était pas tout à fait Daniel, que savait-elle de ses impulsions, après tout ? Il ne resta cependant pas absent longtemps et revint chargé d’une boite qu’Ophelia regarda d’un air perplexe alors qu’il s’approchait de la table pour poser la boite et fouiller son contenu d’un air impatient. Il semblait chercher quelque chose de précis mais elle ne laissa pas la curiosité la pousser à approcher. Elle ne bougea que lorsqu’il eut trouvé son bonheur et qu’il l’eut étalé sur la table. Ophelia eut l’impression d’être une accusée qu’on confrontait à ses mensonges en lui dévoilant les preuves de son crime pour qu’elle ne puisse plus nier, pour qu’elle ne puisse plus jouer les innocentes. Les lèvres pincées, elle fit un pas vers la table mais ne s’approcha pas trop près non plus. Toutefois, quand elle vit un portrait d’elle à l’hôpital, tenant un minuscule nouveau-né dans les bras, un sourire épuisé mais heureux sur le visage, son cœur se serra et elle ne put résister au besoin de faire un pas supplémentaire pour s’emparer du cliché. Elle le souleva, comme si la lumière blafarde de la cuisine allait jeter une nouvelle lumière sur la photographie, lui révéler l’invention de celui-ci. En vain. La photographie était réelle et Ophelia sentit sa gorge se serrer. Alors c’était à ça qu’elle aurait ressemblé si elle avait été mère, si elle venait de délivrer au monde un adorable bébé, un merveilleux mélange de Daniel et elle ? Mais Daniel n’en avait pas fini de la torturer et il exposa d’autres instants volés, la preuve qu’à un moment de leur vie, ils avaient été heureux et ensemble. Son regard s’embua alors qu’elle caressait du bout des doigts les clichés posés sur la table, gardant toujours celui de la maternité dans sa main.
- J’peux t’montrer des vidéos s’tu veux.
Ophelia releva vers lui un regard bouleversé. Qu’est-ce que cela lui apporterait de voir ce bonheur qui leur avait échappé ? D’être confrontée au fait qu’ici, toute une vie qu’elle n’avait pas vécue avait suivi son cours et s’était étiolée, laissant deux être malheureux – trois si on comptait Elsa ? Mais Daniel ne lui laissa pas le temps de répondre. Il semblait empressé de lui prouver qu’elle avait tort et qu’il détenait la seule vérité. Les sons s’échappèrent du téléphone avant qu’il ne tourne l’écran vers elle et elle entrevit à peine les images qu’il lui fourrait sous le nez, tant les larmes formaient une pellicule sur ses yeux hagards. Déglutissant avec peine, elle détourna les yeux au bout de quelques secondes et laissa tomber la photo du jour de la naissance d’Elsa, qui alla retrouver ses compagnes dans la boite des souvenirs oubliés et enterrés. Si Ophelia (l’autre, pas elle) avait ressenti le besoin de les cacher dans un endroit clos, il devait y avoir une raison et Ophelia, ne supportant plus cette réalité qu’on lui imposait, rangea les clichés et referma la boite avant de la repousser vers Daniel.
- Je suis désolée, Daniel. Je ne peux pas continuer. J’ai besoin d’être seule. Peux-tu prendre Elsa et t’en aller ?
La fillette serait bien mieux avec lui, de toute manière. Son esprit était à la dérive et le barrage qu’elle s’était évertuée à maintenir pour ne pas céder complètement au chagrin menaçait de s’effondrer. Elle voulait être seule, pouvoir procéder à l’inventaire de ce qu’elle avait laissé derrière elle et de ce qu’on l’avait forcée à regarder. Et ce qu’elle devrait accepter à moins qu’on finisse par la réveiller pour lui permettre de retrouver son petit ami. Mais, étrangement, son instinct lui avait déjà dicté que tout ceci n’était pas un simple délire, que tout ceci la dépassait complètement et qu’il faudrait qu’elle compose avec ces nouvelles données. Elle tapota la boite comme si elle allait encore dire quelque chose mais elle ne savait plus quoi dire pour se défendre, pour ne pas faire du mal à Daniel. Elle se perdit brièvement dans le regard du garçon puis fuit la pièce et la douleur qui y pesait pour aller se réfugier dans la salle de bain, qu’elle ferma à clé pour être certaine de ne pas être poursuivie par Daniel. Elle s’adossa à la porte et s’y laissa glisser doucement jusqu’à se retrouver assise sur le carrelage glacé, les genoux repliés contre elle, et dès que ses bras se refermèrent autour deux ceux-ci, elle laissa les sanglots éclater.

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