they say when God closes a door, he opens a window


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Peter Dawson

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INSCRIT LE : 18/07/2016
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MessageSujet: they say when God closes a door, he opens a window   Mer 21 Juin 2017 - 23:05

they say when god closes a door, he opens a window.



« Monsieur Dawson, votre voiture est prête. » Peter observa quelques instants l'hôte d'accueil qui l'invitait à le rejoindre au comptoir et se dit que cette fois, il n'y avait pas de point de non-retour : il rentrait bel et bien à Mount Oak. C'en était fini de ces voyages, de sa passion. Peter devait à Elsa et à Filipp de devenir un adulte responsable mais à dire vrai, il n'avait aucune idée de la façon dont ce genre de choses se faisaient. Peter, il avait toujours été excellent dans ce qu'il faisait, et essayait sincèrement d'être un être humain aussi bon que possible, mais la tâche qui lui était confiée, il ne s'en sentait pas à la hauteur. Il n'était pas fait pour être père. Il suffisait de voir de quoi il se nourrissait et de regarder le nombre de miles parcourus au cours des six derniers mois pour comprendre que Peter n'était pas non plus ce que l'on pouvait appeler quelqu'un de stable. Comment était-il sensé élever un enfant de quatre ans ? « Je signe où ? » Il n'en avait pas la moindre idée, mais il tâcherait de faire de son mieux. Il lui devait bien ça, à Elsa. L'amitié qui les unissait, avait fait de Peter l'homme qu'il était à l'heure actuelle. La jeune femme, aussi belle et radieuse qu'elle soit, était avant tout une source d'inspiration pour Peter : elle n'avait jamais rien laissé se dresser sur son chemin. Tous les obstacles qui avaient tenté de la ralentir n'avait fait que lui donner encore un peu plus envie de vivre, et en toute honnêteté, si Peter la connaissait assez pour devenir la peur sur son visage, il savait que beaucoup la considérait comme quelqu'un qui n'avait peur de rien. Mais ce n'était pas le cas. Elsa, elle avait peur de s'ennuyer, de ne pas vivre assez et de vieillir avant même d'avoir profité de sa jeunesse. Elle avait peur de mourir jeune, et de souffrir longtemps mais le destin avait été assez généreux pour ne jamais vraiment lui faire du mal. Il l'avait testé, l'arrivée de Filipp était d'ailleurs probablement autant un test qu'un cadeau. Il se rappelait parfaitement avoir tenu la main d'Elsa pendant les quelques minutes qu'il fallait au test urinaire pour analyser les résultats et afficher un ou deux traits bleus. Pour elle, Peter avait traversé l'Atlantique et il serait prêt à recommencer à tout instant. Mais que pouvait-il traverser désormais pour la retrouver ? Elle s'était évaporée. Un instant, elle était là et pouf, un peu de poudre de perlimpinpin, et elle avait disparu. Comme ça. Le reporter se rendait bien compte que sa disparition n'était pas plus grave que celle de tous les autres disparus, mais Elsa était bien plus qu'une partie de ses 2% de la population. Elle était l'une des parties les plus exceptionnelles de sept milliards de choses magnifiques, d'humains tous plus beaux que les autres. « Monsieur... » Peter releva la tête, et acquiesça d'un signe de tête. Oui, il devait signer. Mais ce jeune homme avait-il conscience d'à quel point cette signature était dérisoire ? Continuer à vivre comme si de rien n'était alors que plus rien n'était, plus aucune certitude en tout cas. Peter avait passé bientôt dix ans maintenant à parcourir le monde pour ler raconter avant qu'ils ne disparaissent sans se rendre compte qu'il y avait tant à raconter chez lui, à Mount Oak. Il avait lu dans l'avion les histoires de tous ces disparus et se demandait qui serait là pour raconter celle d'Elsa ? Pas lui. Il n'avait pas les mots. Peter était photographe avant tout, journaliste à l'occasion. Mais il n'écrivait pas sur sa vie. Pourtant, Dieu sait que chaque photographie qu'il avait publié, chaque texte qu'il avait publié  dans ses ouvrages, dans les journaux qui l'embauchaient ou même sur son blog l'avait touché au plus profond de lui-même. Mais pas comme ça. Il n'avait jamais senti une partie de lui s'envoler. Toutes les histoires qu'il avait eu l'honneur de narrer l'avait grandi, lui avait appris quelque chose et même si son palpitant avait été attaqué de toute part durant ses voyages, ses aventures, Peter savait que c'était pour quelque chose de plus fort, de plus grand que lui. Puis, Elsa avait disparu de la planète sans laisser de trace et il se sentait avant tout autre chose diminué. Réduit à une boule au fond de sa gorge, une cage thoracique trop étroite. Un homme auparavant éperdument heureux plongé dans un océan de malheur. Et Filip... ce que Filip devait ressentir. Peter préférait ne pas y penser...

Depuis combien de temps conduisait-il ? Perdu devant l'immensité qui se dessinait devant lui, il avait pris chaque détour qu'il avait croisé. Cela faisait deux fois qu'il passait à cette station essence. « Vous essayez d'battre un record ? » Non, mais ça aurait été une excellente idée. Il aurait eu une excuse. Peter n'était pas homme à fuir ses responsabilités. Pourtant, c'était exactement ce qu'il faisait. Mais c'était la dernière fois, promis. Il lui fallait en quelques heures à ne pouvoir se préoccuper que de lui. On le disait bon, généreux, altruiste, toujours tourné vers les autres et s'oubliant trop souvent. Il en était flatté, mais ce n'était pas réellement ce qu'était Peter. Le cadet Dawson n'aurait-il pas profité de ses amis et de ses parents plutôt que de parcourir le monde à la recherche de paysage toujours plus beau ? N'aurait-il pas du proposer à Elsa d'emménager avec elle et de devenir un père de substitution pour lui ? Ce qu'il devenait. Mais sans elle. « J'me suis simplement pas rendu compte que j'avais loupé mon tournant. » répondit-il, las. Il sortit quelques billets de sa poche pour payer l'essence et remarqua qu'un poster de l'une de ses photos prises à l'ile Rodrigue (une ile faisant partie de l'archipel de l'Ile Maurice). Avant, il aurait raconté l'histoire derrière cette photo – pas la sienne, la vraie. Il aurait raconté les mauriciens vivant sur cette île, il aurait raconté l'histoire du pays et aurait béni le ciel que cette île ne soit pas polluée par le tourisme. Le tourisme, qu'il considérait comme un fléau car les gens ne respectaient jamais ce qui se dressait devant eux. Il fallait que cela soit dépaysant et comme chez soi à la fois. Peter n'avait pas de chez lui, et ne s'en portait pas plus mal. Il était ouvert à toutes les beautés du monde, même les plus cachées. Il hésita à ouvrir la bouche et dire tout ça, sans savoir pourquoi le vendeur aurait été intéressé. Alors, il tourna les talons, la disparition d'Elsa toujours logée au creux de sa gorge et reprit la route.

Deux bonnes heures plus tard, il vit la pancarte afficher Mount Oak à dix kilomètres. Il allait enfin pouvoir se reposer,  mais il allait aussi être confronté à la réalité, et ça, il n'y était pas prêt. Ainsi, il s'arrêta quelques minutes sur le bord de la route et décida de sortir de sa voiture. Il étouffait. Cette voiture était trop exigüe ou peut-être était-ce le poids des responsabilités qui lui écrasait la poitrine ? Peut-être, sinon, que c'était simplement le destin qui avait eu besoin de le faire s'arrêter, une façon bien à lui de tendre sa main à une personne dans le besoin, car alors que Peter s'apprêtait à remonter dans sa voiture (et devenir un homme par la même occasion – il avait vraiment l'impression de passer l'un de ses rituels typiques du passage à l'âge adulte dans certaines tribus amérindiennes) quand il aperçut une silhouette un peu plus loin. Il ne sait pas ce qui le poussa à presser le pas, et rejoindre cette personne, dont il n'était pas encore assez prêt pour reconnaître le sexe. Il pressa le pas, et lorsqu'il se crut assez proche pour se faire entendre, il hurla : « tout va bien ? » tandis que son cœur lui répondait que c'était plutôt l'inverse, que rien n'allait. Déglutissant, il continua d'avancer vers ce qu'il identifiait désormais comme une demoiselle. Que faisait-elle ici, en plein milieu de la nuit ?
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