stranger in a strange land


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Anika Salinger
ANIKA HORDNAM

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MessageSujet: stranger in a strange land   Mar 20 Juin 2017 - 23:55

stranger in a strange land
Sometimes things ain't what they see
Sometimes people ain't what we expect


Ce n'était pas innocemment que la jeune femme aux cheveux d'ébène se retrouva au même moment que l'individu qu'elle suivait du regard dans cette rue. La première raison était qu'elle passait la majorité de son temps à dans la partie la plus pauvre de Jericho. C'était sa maison, son repère, un lieu au ralenti dans un monde qui évoluait toujours plus vite. C'était son havre de paix, ce qui en soi était particulièrement contradictoire dans la mesure où l'on ne pouvait faire trois pas sans se faire bousculer par des automobiles loin d'être aux normes exigées, insulter par des passants. Ce quartier était délaissé par les autorités depuis des décennies, Anika l'avait toujours connu ainsi et quelque part elle préférait que ce soit ainsi. Ils n'avaient pas eu besoin d'aide pour reconstruire le petit centre hospitalier du coin (bien moins cher que celui des quartiers plus chic de Mount oak), ils n'avaient pas eu besoin de la police pour punir le père Nunez qui n'avait pas arrêté de battre sa femme après avoir pourtant été prévenu de ce qu'il risquait. Alors non cet endroit n'était pas parfait (l'hôpital manquait de matériel, Nunez n'avait jamais réapparu depuis la descente des chefs de famille), mais c'était son chez elle. Nul endroit ne saurait lui arriver à la cheville. Il l'avait vu arriver au monde, il la verrait rejoindre les cieux. Entre cette intervalle, Anika se promettait de chérir sa terre et de repousser la vermine du mieux qu'elle le pourrait, quitte à en perdre la vie. Et elle ne s'engageait pas à moitié, la tigresse, sa parole valait toujours engagement. Au diable la rencontre des salives au creux de la main, les petits doigts magiques et autres enfantillages.
Aussi, quand elle aperçut la peau pâle du jeune homme manifestement perdu, la jeune femme ne put décrocher son regard. Elle n'était pas la seule d'ailleurs à se demander ce qu'un morveux comme lui trainait dans le coin, elle entendit même la mère Firenze insulter son air arrogant et de colon. Anika ne put retenir un petit rire. Elle poursuivit son observation sur quelques mètres jusqu'à ce qu'il s'arrête subitement. Ca tombait parfaitement bien, se dit-elle, elle avait justement rendez-vous avec quelqu'un (un hacker qui devait l'aider à prendre le contrôle d'un ordinateur d'un clone avec lequel elle devait absolument entrer en contact) et ne se priverait pas d'un joyeux spectacle. Elle n'eut pas bien longtemps à attendre puisqu'un groupe de jeunes armés de matraques en tout genre entourèrent bientôt le jeune homme. Elle observa la scène de loin, les intimidations pitoyables de l'un de ses petits frères et ses amis. C'était toujours la même histoire, ils se prenaient pour des caïds alors qu'ils n'étaient que des gamins. Anika avait été comme eux, elle aussi, peut-être l'était-elle toujours. Certainement, même. « C'est bon les gars, ça suffit comme ça. » Elle rejoignit le petit groupe en un rien de temps, sentant que les choses ne tarderaient pas à déraper en vue du poignet fermement accroché de Jake sur son coutelas. Un vrai paysan celui-là. « Allez, dégagez les mioches. » dit-elle bien plus fort lorsque son frère s'amusa à défier le jeune homme en collant son front contre le sien. Bientôt ce fut comme si rien ne s'était produit, comme si personne n'avait pensé à découper un jeune homme en morceaux à l'aide de quelques outils tranchants en plein milieu de la rue. Bienvenue à Jericho.
Son poing rencontra l'épaule du jeune homme plus petit qu'elle d'un geste qui ne se voulait pas indolore. « Mais qu'est-ce qui t'as pris de venir traîner là petit ? Tu as suivi la lumière c'est ça ? C'est pas possible, je ne suis pas mère Teresa, j'ai autre chose à faire que de sauver des ados en mal de vivre. » Maintenant qu'elle le voyait de près, son agacement s'accentua. Il ressemblait à un gamin de vingt ans à peine, qu'est-ce qu'un gamin de vingt-ans venait chercher par ici hormis un moyen de mourir sans avoir à le faire soi-même ? La moindre des choses avec la gueule d'ange qu'il se trainait aurait été de mettre un sweat à capuche, une cagoule et des baskets trouées. Ce n'était pas la première fois qu'elle secourait des âmes perdues, elle en avait même fait son métier (et n'était même pas payée pour) mais c'était les clones qu'elle sauvait, pas des humains. « Je t'ai sauvé la vie, la moindre des choses serait de me remercier par contre. J'accepte les chèques et cartes cadeaux. » dit-elle d'un ton provocateur, mais surtout amusé. Elle venait de se rendre compte de l'expression du visage du jeune homme, elle n'avait encore jamais rien vu d'aussi drôle.

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Dernière édition par Anika Salinger le Dim 25 Juin 2017 - 22:20, édité 1 fois
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Wes Byrnes

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MessageSujet: Re: stranger in a strange land   Dim 25 Juin 2017 - 19:35

C’était la première fois qu’il allait vers Jericho, et très certainement la dernière. Ils devaient le croire relativement stupide pour penser qu’il ne les avait pas repérés dans l’ombre à le traquer telle une proie. Alors qu’il progressait entre les lampadaires, des gamins – à peine plus âgés que lui voir plus jeunes – sortaient de leurs immeubles pour voir ce qu’il se passait, en riant sur son passage. D’abord deux puis trois, ils étaient maintenant une petite bande à le suivre assez bruyamment pour qu’il accentue sa cadence, en serrant fermement les bretelles de son sac. Il essaya d’imaginer comment il devait être perçu ici. Qu’est-ce que ces mecs-là voyaient quand ils sortaient leurs têtes par leurs fenêtres ? Un gamin paumé innocent d’allure chétive et aux cheveux aussi blonds que la lune était blanche. Une victime facile à qui dérober un peu d’argent, et au mieux sur qui passer ses nerfs. C’est vrai qu’il dénotait dans les parages et ne s’apparentait en rien à ceux qui vivaient ici, mais pourtant, quelque part là-dessous il leur ressemblait plus qu’ils ne le pensaient. S’il était ici ce soir, c’était précisément pour nuire à ce système que tous commençaient à exécrer. Fini les éloges, et la bénédiction à tout azimut sur les projets de leur cher président, la colère grondait chez les plus pauvres, et menaçait d’imploser à tout moment. Wes faisait peut être propre sur lui, mais était tout autant victime que les autres des disparités croissantes entre les strates disparates de la population. Il avait vu sa mère se faire expulser de leur ancienne maison, faute de pouvoir subvenir aux taxes, et avait par la suite été contraint de prendre un taudis à peine plus grand qu’une boite à chaussure. Ce qui le sauvait dans tout ça tenait à ses études qui lui permettaient d’accéder à certaines choses qu’il n’aurait pu se permettre autrement. Ca et puis ses boulots au noir tantôt pour des proches, des connaissances, tantôt pour la rébellion. Il n’était pas homme de terrain mais était très doué derrière son écran, où les lignes de code n’avaient aucun secret pour lui.

Cette lubie nouvelle était arrivée par hasard et il n’était pas fichu de se souvenir quand ça lui avait pris. Et depuis il était devenu assez bon dans ce domaine, et maitrisait outre les ficelles de bases, des données plus complexes. Ce qui lui avait valu une réputation modeste sur une partie cachée de l’internet accessible à ceux qui en ont la clef. Couplé à son stage auprès de Heathcliff qui l’embarquait dans des missions auprès des hautes stratosphères de la société, il avait la sensation d’être un véritable espion. Un espion qui, toutefois ne savait pas se battre, et qui faisait pale figure dans cet endroit mal famé. Et son appréhension s’accéléra lorsqu’il crut apercevoir une lame briller à la lueur déclinante des réverbères. Quelle mauvaise idée avait-il eu d’accepter un rendez-vous ici, lui qui de manière générale ne s’aventurait pas vers les confins de la ville. Sans être trouillard (bon un peu quand même), il redoublait de vigilance lorsqu’il arpentait des lieux méconnus, mais force était de constater qu’ici, en cas de pépin, ses poings ne suffiraient pas pour le sortir d’embarras. Il se revit soudainement à l’école primaire, incapable de riposter quand cet imbécile de Landon lui avait volé son gouter dans la cour de récré. Un traumatisme, qui encore aujourd’hui l’empêchait de se battre frontalement contre quelqu’un. D’une manière générale pour faire entendre ses revendications, il préférait ne pas en venir aux mains et se concentrer sur l’aspect psychologique. Enfin, ça n’allait pas le sauver à cet instant, tandis que derrière de lui s’était rameuté quasiment tout le pâté de maison. Et comme une tuile arrivait rarement seule, il tomba sur une impasse, et ses assaillants se regroupèrent massivement devant lui, gravitant  autour de ce qui devait s’apparenter à leur leader. « Hey toi qu’est-ce que tu fous ici ? » Il le toisa avec intérêt, il devait avoir la vingtaine comme lui tout au plus, mais des cicatrices barraient ses bras, preuve qu’il avait mené des combats dans sa jeunesse. Ils étaient nés dans le même monde mais n’appartenaient pas au même groupe. « Je t’ai posé une question, t’as perdu ta langue ? Tu veux qu’on te fasse parler ? » Visiblement son interlocuteur était impatient, et créait la risée parmi ses camarades, pressés de découvrir pourquoi ce petit blanc trainait dans les parages sans arme. « Ça vous regarde pas. » Lâcha-t-il enfin d’une voix sure sans ciller. Il perçut une lueur malveillante dans le regard du caïd, qui se rapprocha dangereusement de lui. Son cœur accéléra sa cadence, et ses os roulèrent sur les jointures de ses mains mais il refusait de reculer. Il aurait voulu leur crier qu’il n’était pas si différent qu’eux, que lui aussi en avait marre de tout ça, mais le reste des mots resta coincé au fond de sa gorge. Il souhaitait juste poursuivre son chemin en paix et rencontrer la personne qui avait quémandé son aide. « Ha ouais ? Ben c’est ce qu’on va voir. » Il fut néanmoins contraint de stopper son geste en plein élan, car une voix féminine – qui ne laissait pas vraiment le choix tant elle était ferme et sure -  s’éleva dans leur dos. « C'est bon les gars, ça suffit comme ça. » Passé sa surprise de s’en sortir de justesse, ses yeux tombèrent sur la jeune fille qui le fixait désormais avec aplomb. On ne se demandait pas ce qu’elle faisait ici, mais plutôt qu’est-ce que eux fichaient là sur son territoire. Elle les écrasait tous par sa présence : il émanait d’elle un certain pouvoir et une autorité naturelle qui ne donnait pas loisir à la plaisanterie. Il la trouva instantanément magnifique. « Allez, dégagez les mioches. » Les dits mioches mis au tapis – non sans qu’un vienne se coller à lui de façon provocante -, elle s’adressa finalement à lui après un léger coup dans l’épaule. « Mais qu'est-ce qui t'as pris de venir traîner là petit ? Tu as suivi la lumière c'est ça ? C'est pas possible, je ne suis pas mère Teresa, j'ai autre chose à faire que de sauver des ados en mal de vivre. » Touché. Toutefois elle avait tort sur deux points : il n’était pas petit (juste dans la moyenne), et n’avait théoriquement pas demandé à qu’on vienne le secourir. Avec un peu de bol il aurait pu esquiver tout ça en courant à toute jambe sur le trottoir usé… Il ne saurait jamais ce qui se serait déroulé avant qu’elle n’intervienne mais son esprit lui chuchotait que l’inconnue avait probablement raison. « Je t'ai sauvé la vie, la moindre des choses serait de me remercier par contre. J'accepte les chèques et cartes cadeaux. » Il se redressa légèrement se sentant vraiment tel un marmot en train de se faire enguirlander après une grosse bêtise. « Merci. » Il esquissa une mimique gênée en étouffant un long soupire, la soirée ne faisait que commencer, et son chemin était semé d’embuches. « Mère Teresa a bien changé. J’ignorais qu’elle était à la tête d’une escouade de gamins. » Un mince sourire se dessina sur ses lèvres, et il épousseta son vieux teeshirt tâché de poussière. Définitivement pas un bon camouflage pour ici. « Je suis là parce que je cherche quelqu’un. J’ai rendez-vous, peut être que tu peux m’aider ? » Ses informations étaient minces pour retrouver quiconque s’était fendu d’un message sur le forum pour appeler au secours. On lui avait dit de se ramener ici à Jericho à côté d’un vieux mur tagué et proche d’un ancien café tombé en décrépitude. En somme tous les coins de rues étaient susceptibles de remplir ces critères banals ici. Il pria intérieurement qu'elle réponde par l'affirmative, car il se voyait mal continuer à arpenter le bitume tel un touriste complètement largué.

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Anika Salinger
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MessageSujet: Re: stranger in a strange land   Jeu 13 Juil 2017 - 15:31

Si elle n’avait pas connu le phénomène de gentrification qu’avait touché tous les quartiers environnant, Mama avait suffisamment répété l’histoire pour que les enfants Hordnam aient l’impression d’avoir connu l’installation de ce fléau. Anika avait donc toujours vu d’un mauvais oeil ces hommes et femmes courageux qui s’aventuraient sur cette terre de sauvages afin d’y apporter la civilisation. Elle les regardaient de loin se pointer dans leur tailleur inconfortable, l’air hautain dissimulant à peine la trouille qui glaçait leur sang. En grandissant, elle jetait avec ses grands frères des tomates pourries sur les beaux costards. Sa cible favorite ? Les chaussures luxueuses déjà salies par la boue et la poussière, auxquelles elle ajoutait une pointe de rouge. Ce qu’elle pouvait rire.
Habituée à reconnaître ces spécimens, Anika sentit  que le jeune homme vêtu d’un t-shirt bien trop propre pour être un habitué du coin n’allait pas tarder à se faire manger par les requins du coin et ça ne manqua pas. Pourquoi alla-t-elle à son secours ? Parce qu’elle avait développé un certain béguin pour les âmes assez stupides pour s’aventurer dans le coin et qu’il ne leur ressemblait pas d’un sous, hormis la pâleur de son visage. Et puis malgré l’accueil qu’elle lui fit, Anika n’aimait pas la violence injustifiée. Or si s’attaquer à un inconnu avait pu dans sa jeunesse être une lubie comme une autre, elle ne le voyait plus de cet oeil. Il fallait dire aussi qu’elle appréciait que des petits blondinets fortunés aient des dettes envers elle, ça pouvait toujours servir. « Merci. » Elle hocha la tête en guise de réponse, un sourire fier sur les lèvres. Ce n’était pas entièrement de la moquerie qui habillait son visage, une pointe de curiosité parfumait le tout. Sa mine gênée aussitôt remplacée par un mince sourire provoqua une sentiment étrange en la personne d’Anika. Elle se sentit à la fois gênée, surprise, envoûtée et dégoûtée. « Mère Teresa a bien changé. J’ignorais qu’elle était à la tête d’une escouade de gamins. » Quelque chose en lui agaçait quelque peu la jeune femme, elle n’aurait su a priori l’expliquer. Peut-être son culot de venir traîner sur son territoire en pensant que son petit cul de riche serait bien accueilli ? Ou encore son visage si mignon qu’elle n’avait aucune envie de lui faire de mal ? Elle aurait préféré le haïr et pouvoir se défouler un peu sur lui en attendant son rendez-vous (pas par la force mais tout de même). A la place, elle ne put retenir de rire à sa remarque. Il était couillu, le petit, de se moquer d’elle alors qu’elle venait de lui sauver la vie. « Mère Teresa a tant changé qu’elle pourrait rappeler ses gamins si tu continues à faire le malin. » Elle ne s’efforça pas d’effacer toute trace de sourire pour donner du poids à sa menace, Anika avait la comédie dans son sang. Mama parvenait à rire fort, très fort tout en demandant à l’enfant fautif d’aller chercher la spatule en bois pour qu’elle lui donne une sacré leçon. Elle avait appris de la meilleure comédie qu’il fut sur Terre.
Elle le regarda tapoter son t-shirt qu’il n’avait certainement jamais vu aussi sale, habitué que sa maman rapplique avec du savon dès la moindre tâche. Ce geste lui parut aussi  ridicule qu’attachant. Il semblait plus inquiet de la remontrances matriarcale plutôt que de la tâche en elle-même. « Je suis là parce que je cherche quelqu’un. J’ai rendez-vous, peut être que tu peux m’aider ? » Son premier réflexe fut de le toiser. Il avait du culot à accumuler les dettes, Anika n’était pas du genre à oublier ce qu’elle avait fait pour les autres. Pour tout dire, elle notait tout sur un calepin qu’elle avait sans cesse sur elle.  Son second réflexe fut d’ouvrir grand les yeux, signe qu’une idée venait d’apparaître quelque part dans son cerveau. Un tel gars ne devait pas avoir rendez-vous par ici tous les jours, c’était peut-être même la première fois qu’il s’y aventurait. Elle l’observa, ses doigts étaient fins mais facilement malléables, peu usées mais habiles. Mais ça ne certifiait pas de son identité, quel gamin des beaux quartiers voire même de la catégorie moyenne ne passait pas son temps devant son ordinateur ? Cela dit, ça ne pouvait pas être une coïncidence de tomber sur un blanco par ici, l’air complètement perdu, à l’endroit même où Anika avait également rendez-vous. « Tu n’aurais pas oublié quelque chose par hasard ? Genre un mot de passe à prononcer avant de dire quoique ce soit ? » Elle avait expressément dit à la personne en question de lui donner un mot de passe qui était si stupide qu’elles se seraient automatiquement reconnues, mais après ce qu’il venait de vivre, il avait sans aucun doute oublié ce détail si minime. Minime mais qui pourrait lui coûter la vie parce que s’il s’avérait être la personne attendue, il était chanceux d’être tombé sur Anika. Autrement, il aurait pu mourir. C’était une affaire de la plus haute importante qui se tramait, une affaire dont ils avaient plus de chance d’en sortir les deux pieds en avant que vivants. Mais ça, il ne devait pas s’en rendre compte. Enfin, si c’était véritablement la personne en question.

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Dernière édition par Anika Salinger le Jeu 27 Juil 2017 - 3:39, édité 1 fois
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Wes Byrnes

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MessageSujet: Re: stranger in a strange land   Mer 26 Juil 2017 - 18:09

D’ordinaire confiant, il évaluait désormais ses chances de survie, et la possibilité de rentrer chez lui indemne. A ce stade on frôlait les 20% de réussite, ce qui était assez faible il fallait bien l’admettre. Wes ne pouvait compter que sur lui mêmes et ses maigres aptitudes à la bagarre, c’est-à-dire rien du tout. Il détestait devoir en arriver là pour la simple et bonne raison qu’il était nul avec ses poings. Et puis il y avait la version officielle, qui voulait qu’il soit pacifiste. Un comble lorsqu’on savait le jeu dangereux auquel il s’adonnait avec les autorités, en fouinant un peu partout sur le web. Il n’était certes pas en première ligne mais il causait tout de même certains dégâts qui lui valaient d’avoir une cible sur le dos. Jusqu’ici la police n’avait pas réussi à remonter jusque lui, et il avait échappé de justesse à une descente dans un cybercafé. Il se rappelait de ce jour-là avec précision, ayant couru comme un forcené à en cracher ses poumons avant de trouver refuge dans les vestiaires d’un stade sportif, entouré de mecs à moitié nus. Ça c’était une belle fin, de celles qu’il aurait pu imaginer lorsqu’il en venait à s’interroger sur des problématiques d’ordre philosophique. Alors à côté de ça rendre l’âme dans ces quartiers sordides au milieu de gamins de son âge n’avait rien de très racolant. Toutefois il fallait croire que sa bonne étoile voulait qu’il s’en sorte en plaçant une jeune fille sur sa route qui venait de le sauver de toute atteinte physique de façon provisoire. Visiblement c’était elle qui menait la danse dans le coin, et tant mieux pour lui si ça lui permettait de gratter quelques secondes de répit avant qu’ils ne reviennent plus nombreux et décidés à lui remettre les idées en place. Encore une histoire d’apparence derrière tout ça, pourtant il persistait à croire qu’ils n’étaient pas si différents les uns des autres, ils avaient juste grandi dans des endroits opposés mais bercés par des idéaux similaires. Suite à l’arrivée au pouvoir de leur nouveau leader, il y avait quelque chose de pas rond qui tournait, et les clivages n’avaient fait que se renforcer en sa présence. Il pensa à sa mère qui avait été chassée de leur maison en raison de factures impayées, et de dettes qui s’accumulaient ayant pour seul tort d’avoir voulu payer à son fils des études. Elle travaillait à la clinique mais ce n’était pas suffisant pour éponger les chiffres qui grossissaient chaque mois à vue d’œil, c’est pourquoi il s’était décidé à rentrer dans la cour des « grands » en proposant ses modestes services informatiques. Néanmoins (et un peu à la tête du client) il se gardait la possibilité de ne pas monnayer certaines actions ou de le faire à des prix dérisoires. Tout dépendant de la demande, et de son interlocuteur, c’était devenu une sorte de règle implicite qu’il suivait à la lettre lorsqu’il se connectait derrière ses identifiants bien à l’abri. Celle qui se tenait devant lui en tout cas lui faisait l’effet d’être quelqu’un de confiance, bien que brute de décoffrage. Il décida de lui accorder le bénéfice du doute, et s’attarda un instant sur ses traits avant de détourner le regard, comme aveuglé. Elle lui faisait peur et pas qu’un peu. Elle était hautement plus impressionnante que l’escouade d’adolescents en manque de sensations fortes.

Ses doigts se resserrèrent sur la lanière de son sac, et il étouffa un long soupire qui fit voleter ses boucles dorées en pagaille. On lui avait souvent dit qu’il ressemblait à un chérubin, incapable de faire du mal une mouche. En soit c’était assez vrai mais il n’était pas inoffensif pour autant. « Mère Teresa a tant changé qu’elle pourrait rappeler ses gamins si tu continues à faire le malin. » Touché. Son petit manège n’avait pas fait mouche, et l’usage de sarcasme en guise de défense n’était pas suffisant pour l’impressionner. Prévisible, mais c’était tout ce qu’il avait lorsqu’il n’était pas sur son écran. Une poignée de kilos cachée sous des sweatshirts trop larges, une casquette rouge, et des baskets usées. « Du calme, je plaisantais. » Visiblement, elle n’était pas là pour plaisanter, et à y réfléchir deux fois, lui non plus. Il avait un rendez-vous imminent, et commençait à être en retard d’ailleurs. « Tu n’aurais pas oublié quelque chose par hasard ? Genre un mot de passe à prononcer avant de dire quoique ce soit ? » Ses lèvres formèrent un ‘oh’ d’exclamation, et il abandonna sa vaine tentative de nettoyer son teeshirt (qui en définitive était plus un geste destiné à se rassurer qu’à réellement ôter la poussière). Était-elle donc son mystérieux correspondant qui lui quémandait de l’aide pour hacker un système précis ? En tout cas ce n’était pas l’image qu’il s’était fait de son ‘client’. Cliente en l’occurrence. D’une manière générale, ceux qui le contactaient étaient davantage des gars de son âge, un peu geek sur les bords, et curieux de fourrer leur nez un peu partout. De mémoire il n’avait croisé qu’une femme depuis l’ouverture de son marché lucratif en pleine croissance. Avec elle, cela faisait donc deux. Quant au mot de passe réclamé, il l’avait complètement oublié, rangé dans un coin de sa tête dans des tiroirs à l’accès impossible. C’était bien sa vaine. Et à vrai dire ils (si elle était celle qu’elle prétendait être) avaient pris toute cette affaire un peu trop à la rigolade, comme un de ces films de James Bond où on s’échangerait des codes pour authentifier son identité. Sauf que ni elle ni lui n’avait l’entrainement de ce super espion aux talents incroyables. Enfin… À en juger par son gabarit musclé, il ne doutait pas qu’elle puisse botter les fesses de ceux qui la cherchaient trop. « Mmh. Qu’est ce qui me dit que c’est pas un piège ? Tu le connais-toi le mot de passe ? » Osa-t-il pour changer la donne. Après tout elle n’avait qu’à commencer à donner le précieux sésame, rien ne lui confirmait qu’elle n’essayait pas de le coincer, et qu’elle ne travaillait pas avec les instances sous couverture. Vu qu’elle n’avait pas l’air de vouloir rire et continuait de le mitrailler du regard, il se rattrapa légèrement afin de ne pas la froisser. Il valait mieux l’avoir dans sa poche le temps de son voyage par ici. « Je suis surement celui que tu cherches. Je ne me souviens plus de ce qu’on avait convenu, mais je suis ici, c’est ce qui compte non ? On devrait peut être bouger ? » Il émit la suggestion d’un ton calme et interrogateur pour ne pas la froisser, et inspecta les alentours, inquiet. Cette fille était probablement la bonne personne, à en juger par le silence quasi religieux qui régnait aux alentours. « Je suis Wes au fait. Et toi ? » C’était certainement pas le mot de passe requis, mais ça avait le mérite de détendre un peu l’atmosphère, même si c’était là une action totalement irréfléchie de sa part voir stupide. Il s’en voulu aussitôt d’avoir donné son véritable patronyme, mais les clefs de l’espionnage n’étaient pas tout à fait maitrisées de son côté.

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MessageSujet: Re: stranger in a strange land   Dim 24 Sep 2017 - 13:07

Ils étaient nombreux ceux qui s’étaient aventurés dans la partie pauvre de Jericho. Des agents immobiliers cherchant à répandre la gentrification, des étudiants en quête de sensations fortes, des touristes perdus. Que leur venue ait été volontaire ou non, ils étaient tous repartis plus ou moins marqués par leur passage. Très rarement plus doux que le trauma. Anika trouvait ces coutumes stupides. La raison principale était qu’après avoir fait fuir ou forcé ces étrangers à fuir, les habitants du quartier se plaignaient du manque d’action des collectivités, du manque d’argent, du manque de renouveau. Ce n’était pas en créant du communautarisme, une sphère imperméable, que les choses changeraient pour Jericho. Mais les moeurs et habitudes étaient dures à modifier. La jeune Hordnam ne pouvait qu’en faire le constat quotidiennement : elle se battait contre l’oppression d’une autre minorité, les clones mis en esclavage, tandis que son peuple restait les bras croisés parce qu’ « il y a déjà beaucoup à faire ici ». L’inactivité de ses pairs et la stigmatisation dont ils subissaient et faisaient subir aux autres la mettait en rogne. Elle n’était pas parfaite, mais il y avait au moins une chose dont elle était fière : s’être engagée auprès de Rebirth pour tenter d’aider les clones. Elle ne les appréciait pas particulièrement, mais trouvait leur condition révoltante. Et, contrairement aux habitants des quartiers pauvres de Jericho, ils ne pouvaient pas se rebeller, il leur manquait de nombreuses armes : Anika s’était mis en tête de les leur apporter. L’un des moyens de le faire passait par la collaboration, le travail en groupes. Chaque jour, elle devait rendre des comptes de ses faits et gestes, accomplir des missions diverses et variées avec d’autres membres de Rebirth ou, comme c’était le cas ce soir-là, avec des personnes étrangères à Rebirth mais nécessaire pour l’avancée des actions. C’était sans aucun doute la partie de son travail qu’elle aimait le moins, Anika, mais elle s’y faisait. Pouvait-elle faire autrement ? Pendant un instant, elle se dit qu’elle devrait trouver un moyen pour faire autrement. Le jeune homme devant elle avait oublié le mot de passe nécessaire pour autoriser leur rencontre. Comment pouvait-elle agir dans les règles de l’art, sans contourner les lois fixées par Rebirth, si elle ne tombait que sur des énergumènes de ce type ? Anika faisait de son mieux pour ne pas perdre son sang froid, pour respecter les règles communes, se faire bien voir de ses coéquipiers, mais c’était comme si le monde entier s’était concerté pour lui compliquer la tâche. « Mmh. Qu’est ce qui me dit que c’est pas un piège ? Tu le connais-toi le mot de passe ? » Il en avait du culot. Il se trouvait sur un terrain hostile, il venait de manquer de se faire dépouiller par les jeunes, un terrain qu’il ne connaissait pas et il trouvait encore de la force de jouer avec elle ? Anika se sentit piquée au vif, tout autant que le fut sa curiosité. Il était courageux, ou extrêmement bête : elle opta pour la première option. « Je suis surement celui que tu cherches. Je ne me souviens plus de ce qu’on avait convenu, mais je suis ici, c’est ce qui compte non ? On devrait peut être bouger ? » Elle avait envie de le croire. Ce n’était pas lui qui allait lui faire du mal ou lui apporter des ennuis, mais Anika ne pouvait plus penser ainsi. Il ne s’agissait plus seulement d’elle. Chacun de ses agissements avait un impact sur son groupe, les clones qu’ils défendaient. Elle risquait sans cesse sa vie, même si Eron n’était pas encore passé à l’attaque. Mais il leur fallait tout de même redoubler de vigilance. C’est pourquoi, sans prévenir, Anika contourna le jeune homme, l’immobilisa en coinçant ses bras et ses jambes. Sa tête collée contre le premier mur qu’ils avaient rencontré, elle se pressa de tapoter chaque partie de son corps à la recherche d’armes éventuelles. Elle n’oublia aucun endroit, la méticulosité était de nécessité. «  Maintenant, on peut y aller. » Elle ne lui laissa pas le temps de réagir, ils devaient se rendre au plus vite jusqu’au point voulu. Plus ils restaient à découvert, plus leur couverture était mise à risque. « Je suis Wes au fait. Et toi ? » Elle doubla la rapidité de ses pas. Ils n’étaient plus très loin. «  Contentons-nous de nos pseudos, ok Robin ? » Ils avaient été mis en relation par l’intermédiaire d’un forum, leur moyen de reconnaissance était les patronymes suivant : Batman et Robin. Originalité, n’est-ce pas ? Ce n’était pas qu’elle se fichait de sa personne, mais sa mission lui était bien plus primordiale et à trop faire ami-ami, c’était la sécurité de nombreux « personnes » et clones qui était compromise.
Au dernier tournant, ils se retrouvèrent dans un café propre aux habitudes de Jericho. Se trouvait à l’entrée une immense salle et, à l’arrière, pour les habitués, des compartiments à l’écart des oreilles curieuses. Anika salua l’un des serveurs, lui indiqua qu’elle avait réservé une salle. Paradoxalement, elle se sentait plus à l’aise dans cet endroit parce qu’aucun espion d’Eron n’aurait pu s’y glisser. Cela dit, elle restait sur ses gardes. Ce ne fut qu’une fois dans le boxe qu’elle se détendit sur la banquette en velours rouge. « C’est la première fois que tu fais ça ? »

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MessageSujet: Re: stranger in a strange land   Jeu 16 Nov 2017 - 19:31

Tout compte fait il n’était plus si sur d’aimer être sur le terrain. C’était le genre de choses assez cool quand il regardait des fictions à la télévision ou allait au cinéma, mais le vivre était bien différent. Chaque seconde qui passait le faisait regretter ses actions, et si une partie de lui était certes téméraire, l’autre craignait pour sa vie. D’autant plus que son interlocutrice lui donnait la sensation de vouloir se débarrasser de lui dans une ruelle sombre. Elle n’était peut-être pas celle qu’il avait imaginée finalement… Mais dans la mesure où il avait oublié le mot de passe, et disposait uniquement d’un pseudonyme à défaut d’une photo, il devait se fier à son intuition. Or celle-ci semblait être rouillée, c’était bien sa vaine. Il la scruta dans la pénombre, attendant qu’elle daigne bouger tandis qu’ils se toisaient tel un prédateur et sa proie. Lui n’arrêtait pas de gigoter sur place, là où elle était stoïque, sur la réserve. Visiblement, elle était une habituée de ce type de soirée improvisée. Et à force de poireauter sur place, il se demanda s’il n’allait pas faire demi-tour en courant, lorsqu’elle se jeta littéralement sur lui. Véridique. Si ça aurait pu plaire à certains garçons à la sexualité débridée, lui devait admettre trouver ça assez inconfortable. Sa joue était écrasée contre le mur, et ses jambes et bras paralysés. « Aie !! » Elle lui faisait atrocement mal à le coincer comme ça pour entraver ses mouvements. Tout ça était inutile, il n’était pas assez stupide pour s’enfuir… Il perçu le bruissement léger de ses mains sur son corps qui cherchaient probablement à savoir si il était armé (juste un ordinateur et de l’humour), et étouffa un soupir de soulagement quand elle le relâcha. Il nota en lui-même de ne surtout pas plaisanter avec elle, car elle avait l’air capable de lui coller son poing en pleine figure voire plus si affinités. « Maintenant, on peut y aller. » Cette fouille improvisée l’avait mis mal à l’aise, à partir de maintenant il tacherait de se taire au lieu de faire le fanfaron. « Ok. » A peine remis de ses émotions, il la suivit dans le dédale de ce quartier inconnu à l’allure effrayante. Il fallait dire que le premier aperçu qu’il avait eu ne lui donnait guère envie de revenir faire du tourisme dans le coin. Des jeunes de son âge avec des couteaux qui voulaient sa peau n’était pas spécialement vendeur. Il y avait certainement mieux comme approche. Il chassa ses pensées, et tâcha de maintenir le rythme de sa comparse qui cavalait devant lui d’un pas rapide. Peut-être qu’elle voulait le semer… Il la rattrapa, un peu essoufflé. « Contentons-nous de nos pseudos, ok Robin ? » Un mince sourire se nicha sur son visage de gamin au souvenir de l’identité virtuelle qu’il avait choisi pour ses activités annexes sur un forum. C’était pas spécialement discret mais ça avait le mérite d’être clair. Et si il était Robin, ça faisait d’elle Batman. Un Batman assez flippant, pire que les dernières représentations cinématographiques, et dont il avait intérêt à ne pas remettre en cause les décisions. « Comme tu veux chevalier noir de la nuit. » Il se demanda si elle avait fait exprès de prendre une image masculine plutôt qu’une image féminine pour fausser les pistes. Parce qu’elle n’avait rien à envier à ses pairs, elle avait l’air de se défendre mieux que quiconque et précisément l’homme chauve-souris. L’échange des pseudonymes en tout cas était amusant, en dépit des sujets qu’ils allaient aborder par la suite, nettement moins volages. Il faillit lui rentrer dedans quand elle bifurqua brusquement au coin d’une rue, avant de pénétrer dans un café - propre en comparaison au reste des bâtiments sombres et crasseux. Évidemment, comme il faisait tâche dans le décor, on le fusilla du regard tandis qu’il se faufilait derrière sa sauveuse. Ils gagnèrent l’arrière salle après une poignée de mots échangés avec le gérant, et ils s’installèrent dans un box à l’abri des oreilles qui trainaient. En se laissant tomber sur la banquette, il étouffa un long soupire de soulagement. Ici il se sentait en sécurité, mais tout était relatif, il restait en territoire ennemi. Il retira son sac qu’il posa sur le côté, et sorti son ordinateur sur ses genoux. « C’est la première fois que tu fais ça ? » Il brancha quelques câbles, et releva la tête vers elle. « Non. » Il se mordit les lèvres en une moue pincée, avant de réfléchir à deux fois à ce qu’il venait de dire. Elle l’effrayait davantage  sous la lumière vive des néons qui clignotaient nerveusement. Wes s’agita et changea sa version. « Bon ok si. C’est la première fois que je fais ça en vrai. Normalement je sors pas de chez moi, enfin j’évite. Mais on m’a dit que c’était urgent, j’ai pas pu refuser. » Son pote lui avait pas laissé le choix, et il s’était dit, qu’il était temps de passer à l’action. De se faire peur et cogner dans le tas… Pour ce que ça lui avait réussi, il avait plus échappé à une agression que distribué des coups de poings. « Et toi ? T’as l’air de gérer ça, t’es super flippante. » Et il mâchait ses mots, elle lui faisait froid dans le dos, grande qu’elle était et toute musclée. Une version moderne de Lara Croft. En mieux. « Qu’est ce que je dois chercher exactement ? » Demanda-t-il d’un ton plus professionnel, tout en pianotant sur son clavier pour ouvrir les applications nécessaires. En règle général on lui demandait de falsifier des rapports, des documents, mais aussi de fouiner dans des endroits où il ne fallait pas, pour récupérer des chiffres et données compromettante. La digitalisation de leur société avait permit aux plus habiles d’entre eux de se faufiler au cœur des entreprises, et foyer, sans même se déplacer sur place. Un vrai progrès.

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