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Zephyr Roch

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MessageSujet: i just want my mom.   Dim 18 Juin 2017 - 22:54

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« C'est fermé. » dit-il, sur un ton glacé qui ne lui ressemble pas. Ou du moins, qui ne ressemble pas au Zephyr que les gens pensent connaître. Le ton qu'il emploie est en réalité le ton qu'il a bien souvent envie d'employer lorsqu'on le dérange. Zephyr est bien élevé, n'y voyez pas là de l'impolitesse mais il est très compliqué pour le jeune homme d'être interrompu lorsqu'il suit un fil de pensées. En l'occurrence, ce ne sont pas des pensées, mais des interrogations qui martèlent son esprit sans lui laisse de répit. Pour ne plus être dérangé, il ferme la porte de la boutique, et dépose beaucoup trop de croquettes pour les chiens qu'il garde. Tant pis, pour une fois, c'est repas de fête ! Zephyr retourne à son comptoir, et étudie avec intérêt les pièces et le billet qui y sont posés – ou plus exactement, qui y sont tombés – et cherchent à comprendre ce qui a bien pu se passer. La personne n'a pas pu partir aussi rapidement, il a simplement baissé les yeux et refait son lacet. De plus, le carillon de la porte n'a pas sonné, et il fonctionne très bien – Zephyr l'a vérifié à plusieurs reprises depuis quatorze heures trente-deux. Heureusement qu'il a eu le réflexe de regarder sa montre : si jamais on a besoin d'information sur cette personne, il lui faudra être le plus précis possible. Il fait le tour de son comptoir, et observe la mallette toujours posée sur le sol. Et dire que cette personne était venu chercher son chien... Comment va-t-il faire, maintenant ? Il ne peut pas garder ce chien chez lui... Beth a été catégorique à ce sujet. Zephyr soupire, puis culpabilise. Il n'aurait jamais dû donner autant à manger à ces chiens : il doit les rendre en bonne santé, et surtout, ces petites boules de poil n'y sont pour rien si les gens sont étranges. Marmonnant alors qu'il retire les croquettes en trop au gramme près, Zephyr ne comprend toujours pas pourquoi on le considère différent, quand il n'a jamais rencontré personne qui est la même couleur. Lorsque le jeune homme rencontre quelqu'un, il lui associe tout de suite une couleur, représentant souvent l'émotion qu'il associait à cette personne. Mais aucun bleu ou aucun rouge n'avait jamais la même teinte. Le maître de Poggy – le disparu, en d'autres termes – lui avait pourtant un bleu saphre, généralement synonyme de confiance... Déçu, Zephyr alla câliner ledit Poggy qui n'avait rien demandé. Et voilà qu'il se retrouvait sans maitre – à moins que celui ne compte revenir et ait simplement fait un tour de magie à Zephyr ? C'était étrange. Il savait bien qu'il ne comprenait pas tout et que certaines choses lui échappaient mais tout de même ! Beth lui avait quand même appris énormément de trucs, et Zephyr ne voyait vraiment pas ce qu'il avait pu louper... Il décida d'appeler sa mère, pour lui poser la question. Le téléphone sonna longtemps dans le vide mais le jeune homme savait que sa mère s'inquiétait quand il ne laissait pas de message, et il attendit donc patiemment que le répondeur se déclenche : « Beth... Euh, Maman pardon. Tu peux me rappeler ? J'ai un client qui a disparu, je comprends pas... » La situation commençait à devenir sérieusement angoissante. Il avait refait des centaines de fois la scène et ne comprenait pas. Zephyr détestait ne pas comprendre : sa sœur pouvait bien dire ce qu'elle voulait, son don d'asperger était bien naze parfois ! Mais alors qu'il s'apprêtait à reposer son téléphone, il vit l'alerte du NY Times sur son téléphone : « des disparitions inédites partout à travers le monde ». Arquant un sourcil, il sélectionna l'alerte et déverrouilla son téléphone de façon à ce que l'article apparaisse. « NON ! » cria-t-il, sans même s'en rendre compte quand il lut l'article. La panique qui s'installait en lui était sans commune mesure : Zephyr n'était pas fait pour gérer ce genre de situation. Cela impliquait trop d'informations, trop d'hypothèses et d'interrogations dans son cerveau et il se retrouvait incapable de fonctionner correctement. Même prononcer les simples formules de politesse était impossible pour lui. Mais le coup de grâce lui fut porté lorsqu'un extrait d'un témoignage arriva devant ses yeux : une jeune femme parlait de la disparition de sa maman. Ni une ni deux, Zephyr se retrouva sur ses pattes, courant au lieu de travail de sa maman pour voir si elle y était. Il arriva devant le supermarché... et se souvint que c'était son jour de congé. Pourquoi ne répondait-elle pas ? Il essaya à nouveau de l'appeler, et raccrocha quand elle ne répondit pas. Il n'avait pas le temps de laisser un message, il fallait qu'il trouve un moyen rapide de rentrer à la maison. Prostré en plein milieu du trottoir, tout se bousculait dans sa tête à une vitesse affolante, l'empêchant de prendre une décision. Une larme perla sur sa joue : il voulait simplement retrouver sa maman.

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Remus Reed

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MessageSujet: Re: i just want my mom.   Mar 20 Juin 2017 - 21:49

Remus ne comprenait rien à ce qui était en train de se produire, et n'en voyait surtout pas la gravité. Des gens avaient disparu, plein d'autres étaient sans nouvelles de leurs proches, mais tout ça finirait forcément par s'arranger, n'est-ce pas ? Assis à côté de Moira, tous les deux scotchés devant une chaîne d'information au ton alarmiste, il avait plus l'impression d'être devant un mauvais film que devant un événement bien réel, d'où sa difficulté à l'envisager comme tel. C'était peut être la fatigue qui le faisait parler, le jet lag ou la déception d'avoir dû revenir à Mount Oak au lieu de connaître une brillante carrière grâce à son rôle dans une série à succès, mais il n'arrivait pas à y croire. Remus regardait tous ces témoignages, la main de Moira serrée dans la sienne, et attendait le moment où un journaliste éclaterait de rire à l'écran pour expliquer que tout cela n'était qu'un canular. Il se souvenait d'une histoire de ce genre, à l'époque où il n'existait que la radio, et où toute l'Amérique s'était crue envahie par de petits hommes verts aux intentions pas très pacifiques. Un de ses profs de théâtre la leur avait racontée pour leur faire prendre conscience de l'importance qu'avait la voix dans le métier d'acteur et Remus avait hoché la tête tout au long de l'exposé en se disant que le type qui avait fait cette blague était super doué pour avoir réussi à terroriser un pays entier. Mais, face à cet écran, les minutes défilaient sans que quiconque n'ose rire ou vendre la mèche. A force, Remus s'était retrouvé à partager l'angoisse de tous ces gens qu'on interviewait et qui racontaient des histoires finalement assez similaires les unes des autres. Leur proche était là, avec eux, et avait disparu l'instant d'après. A chaque fois, Remus se retrouvait à tourner la tête pour s'assurer que Moira était toujours là, et la surprit à plusieurs reprises à faire la même chose. Tous les deux, ils avaient envoyé des dizaines de messages pour rassurer leur entourage, et attendaient avec une certaine inquiétude les réponses des retardataires. Même sans arriver à y croire totalement, Remus avait ressenti le besoin de se joindre au mouvement, et de s'assurer que tout allait bien pour tous ces gens qui comptaient pour lui. Certains étaient de vieux amis du lycée avec qui il n'avait pas reparlé depuis des années mais il était soulagé d'apprendre qu'ils étaient toujours là, en vie, comme si ça pouvait faire une quelconque différence. Il aurait d'ailleurs pu passer le restant de la journée à vérifier l'apparition de Safety checks sur l'ensemble des réseaux sociaux mais finit par s'agiter.
- J'ai envie de manger un truc. Faut que je mange un truc.
Il se leva et ouvrit tous les placards les uns après les autres sous le regard inquiet de sa soeur. Il les ouvrait puis les refermait sans y prendre quoi que soit, à la recherche d'une source de gras qui faisait cruellement défaut chez Moira.
- Tu voudrais un muffin ? Si j'allais acheter des muffins ?
Il hocha la tête à sa propre proposition et se dirigea vers la porte avant de revenir en arrière pour prendre son portable et un peu d'argent. Sa soeur l'avait suivi et il lui prit brusquement les mains avec un air grave plutôt rare chez lui.
- Je reviens, ok ? Il faut que je sorte, que j'achète de quoi manger et je reviens. Ca me prendra juste cinq minutes pour aller jusqu'au supermarché et revenir. Ne t'inquiète pas.
Il lui lâcha les mains pour la prendre dans ses bras, pour se donner du courage autant que pour la rassurer. Ce n'était peut être pas le moment de partir mais Remus avait besoin de sortir pour voir ce qui se passait réellement, savoir si tout cette histoire de disparition n'était qu'un délire ou bien... Il n'arrivait même pas d'envisager ce qui pourrait en être l'alternative, comme il n'arrivait pas à comprendre comment un phénomène de ce genre puisse se produire.
L'esprit embrouillé, il marcha d'un bon pas jusqu'au supermarché, sans voir quoi que ce soit de différent. A la télé, on voyait des gens pleurer en plein milieu de la rue, hurler de désespoir et courir dans tous les sens, alors que dans son quartier tout était redevenu d'un calme déprimant. Ce fut seulement à l'approche du supermarché qu'il remarqua une silhouette recroquevillée sur le trottoir et qu'il ralentit, la doublant suffisamment lentement pour voir qu'il s'agissait d'un homme en train de pleurer. Il hésita à s'arrêter pour lui parler mais se rappela de la promesse qu'il avait faite à Moira et préféra faire ses achats au plus vite. Il entra dans le supermarché, prit deux muffins au chocolat et deux autres aux myrtilles, puis ressortit. Il repassa à côté du jeune homme, toujours prostré sur le trottoir, le doubla de nouveau, puis s'arrêta. Remus n'était pas très doué pour discuter avec des inconnus, surtout s'ils étaient en pleine détresse, mais il se sentit obligé de faire quelque chose et de revenir sur ses pas. Debout à côté du jeune homme, il gigota quelques instants en attendant de trouver quoi dire, espérant même que l'inconnu remarquerait sa présence et lui adresserait la parole le premier, mais non.
- Euh, ça va ? Je peux vous aider ?
Les deux questions lui semblèrent aussi stupides l'une que l'autre mais il n'avait pas mieux en stock et attendit une réponse en espérant qu'elle ne le mettrait pas trop en retard pour retrouver Moira.

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MessageSujet: Re: i just want my mom.   Sam 22 Juil 2017 - 14:24

Zephyr ne bougeait pas d'un iota, debout bien droit en plein milieu du trottoir. Son regard paraissait vide, comme si le jeune homme avait été parfaitement incapable de réagir. En réalité, les choses étaient bien différentes. Le cerveau du jeune homme était en train d'envisager tous les endroits possibles et imaginables où se trouvait Beth Roch, cherchant sensiblement à rejeter les idées les plus farfelues. Pourtant, le mot « disparition » revenait régulièrement à l'esprit du jeune homme, et plus celui-ci tentait de le rejeter, plus il revenait comme une évidence. Ces lettres semblaient plus hautes, plus grasses, plus visibles à chaque nouvelle apparition. Zephyr avait l'impression qu'on était en train d'aspirer tous les efforts qu'il avait fait pour s'adapter à cette société qui ne s'adapterait jamais à lui. Etre asperger, c'était savoir que l'on ne correspondait pas à la société et qu'on y correspondrait jamais. Dans la vie, il avait pas mal de chance : il n'était que rarement tombé que sur des personnes qui se moquaient de lui. Au contraire, quand les gens connaissaient sa maladie (que sa sœur et lui considéraient plutôt comme une force, après en avoir longuement discuté), ils semblaient faire preuve de plus de... tendresse. Comme s'il pouvait se briser d'un instant à l'autre. Pourtant, ce n'était absolument pas le cas. Oui, pour l'instant, Zephyr avait l'impression d'être en train de se briser comme de la porcelaine en train de s'écraser contre le carrelage d'une maison, mais c'est seulement parce qu'il s'agissait de sa mère, la personne la plus précieuse de son existence. La seule qui le comprenait réellement sans jamais essayé de le changer. Zephyr était tel qu'il était – Beth ne lui en avait jamais voulu, peu importe son attitude. Il l'avait rejeté comme personne, il avait refusé tous ses câlins et ses baisers, le moindre signe d'affection l'avait horripilé, et Beth avait su s'y adapter. C'était probablement la raison pour laquelle il faisait avec elle le plus d'efforts. Jamais vous ne verrez Zephyr venir déposer un baiser sur la joue de quelqu'un, le contact physique fait partie de ses choses qu'il ne comprend pas, qui le rende mal à l'aise. Pourtant, pas plus tard qu'hier, il s'était levé pendant le repas et avait spontanément déposé un baiser sur la joue de sa si parfaite maman. Parce qu'il savait que ça la rendait heureuse, il ne se lassait jamais du sourire heureux qui se dessinait sur ses lèvres après ces moments de complicité. Et puis, il avait trop souvent vu sa mère pleurer à cause de lui, s’inquiéter pour lui, se sacrifier pour lui. On lui avait dit, aussi. Zephyr ne voyait pas en quoi devenir vendeuse dans un supermarché pouvait être un sacrifice : pour lui, il n'y avait pas d'échelle dans les métiers, dans les affinités des gens. Chacune avait ses passions, ses envies, son métier. Un métier n'était pas plus valorisant qu'un autre – à part peut-être les médecins et les infirmiers, qui sauvaient des vies au quotidien. Mais le père de Zephyr lui avait calmement expliqué que sa mère avait fait de longues études pour exercer un autre métier et qu'elle n'avait choisi ce mi-temps que parce que cela lui permettait de passer du temps avec lui. Il sursauta légèrement en entendant une voix extérieure lui adressait la parole. Il lui fallut quelques secondes et une concentration intense pour sortir de ses pensées. « Je n'arrive pas à joindre ma maman. » expliqua-t-il, d'un air qui pouvait paraître détaché d'un geste extérieur. Zephyr n'avait jamais été particulièrement doué pour mettre des émotions dans sa voix quand ce qu'il ressentait était trop intense. Offrez-lui des cookies et vous percevrez tout de suite son immense choix. Réaliser le rêve de sa vie, et ce n'est qu'en le connaissant, que son ton neutre vous paraître être le plus beau des remerciements. Il sortit son téléphone, et appela à nouveau, craignant la nouvelle fois où il retomberait sur la messagerie. Il coupa la communication avant, refusant de s'infliger cette peine une fois de plus. Il avait l'impression d'être un petit garçon abandonné dans un supermarché – il s'était tellement perdu, enfin, et avait craint que sa mère ne l'y ait oublié. L'avait-elle cette fois réellement oublié avant de partir là où elle était allée ? « Ce n'est pas bon signe, je crois. » dit-il, alors que son cœur se tordait dans tous les sens, cherchant un moyen de supporter cette douleur digne des tortures les plus horribles, réservées normalement aux prisonniers de guerre et pourtant entièrement concentrées sur Zephyr. Il eut l'envie soudaine d'appeler Lizzie, mais si elle ne répondait pas... Il voulut appeler Enea, et Kit également, mais si même ses frères et sœurs ne répondaient pas... Zephyr n'envisagea d'appeler son père ; il ne voulait pas entendre que le cauchemar qu'il était en train de vivre était réalité. « J'ai besoin que vous m'expliquiez. J'ai... Je ne comprends pas ce genre de choses. Ce qu'il s'est passé, comment c'est possible, etc... Je sais qu'il y a une explication mais je n'arrive pas à la trouver. J'ai besoin de comprendre. » Et ce besoin de comprendre, si tout le monde l'avait, il était vital chez le jeune homme. Tout devait rationalisé, expliqué, calmement, cent fois peut être pour qu'il comprenne ce dont il s'agissait, et qu'il puisse se faire une raison. C'était comme ça pour les choses les plus bêtes : il avait fallu un mois et demi à Beth pour lui faire comprendre le principe des « bonjour » et « au revoir ». Alors, un phénomène comme ça... le généreux jeune homme qui s'était arrêté aurait sans doute besoin d'une bonne dizaine d'années...

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MessageSujet: Re: i just want my mom.   Sam 26 Aoû 2017 - 23:26

Remus était pressé. Pas parce qu'il était en retard pour une fois, mais parce qu'il savait que Moira l'attendait et s'inquiéterait s'il mettait trop de temps. Il lui avait parlé de cinq minutes alors qu'il n'avait aucune idée du temps qu'il lui faudrait pour aller au supermarché puis en revenir, et une petite voix dans sa tête lui soufflait déjà qu'il avait probablement été trop optimistes. Il l'imaginait debout derrière la fenêtre, bras croisés contre la poitrine, à retenir son inquiétude à chaque nouvelle minute qui finissait sa course. Il l'imaginait parce qu'il aurait fait pareil, à la seule différence qu'il aurait probablement essayé de la retenir si elle avait voulu sortir. A sa place, il n'aurait pas supporté l'idée de se retrouver seul et de ne plus jamais la revoir, un risque qu'il avait pourtant pris et qu'il réalisait à peine. Lorsqu'ils étaient assis l'un à côté de l'autre, il ressentait sa présence. Il avait besoin de vérifier qu'elle était toujours là, bien là, mais il connaissait la réponse par avance et ce n'était pas aussi angoissant qu'on aurait pu le croire. Mais là, au beau milieu de nulle part, il avait l'impression d'avoir fait une bêtise. Et si Moira disparaissait en son absence ? Et si elle disparaissait précisément parce qu'il n'était plus là ? Cette pensée le terrifia et il se hâta de choisir ses muffins pour la retrouver au plus vite. Il lui envoya un message tout en faisant la queue aux caisses pour l'informer de l'avancée de son expédition et attendit fébrilement une réponse qui arriva presque aussitôt. C'était idiot. Remus savait que c'était idiot de s'inquiéter à ce point mais il n'arrivait pas à faire autrement. Il n'était pas le seul de toute façon, un constat qui n'était peut être pas rassurant mais qui avait le mérite de lui donner l'impression qu'il n'était pas complètement à côté de la plaque. Si le monde entier paniquait à l'idée que des gens pouvaient se volatiliser d'un seul coup, il n'y avait aucune raison qu'il ne cède pas à cette hystérie de masse. Il paya ses muffins et s'apprêta à faire le retour en courant lorsqu'il aperçut cette silhouette en plein milieu de la route, qui n'avait visiblement pas bougé depuis tout à l'heure. Un homme, qui pleurait, et Remus sentit qu'il n'en était lui même pas loin. Il n'avait pas voulu craquer devant Moira, comme il n'avait pas voulu craquer devant d'autre gens, mais il réalisa qu'il n'en était pas très loin et se sentit lié à cet inconnu qui, lui, avait le cran de montrer ce qu'il ressentait. Le ton de sa voix était neutre, bien plus que ce à quoi Remus se serait attendu, mais l'explication le fit frissonner. Oh ! Euh, je crois que les lignes sont un peu encombrées, peut être qu'elle n'a pas reçu vos appels. Remus aurait voulu se montrer convainquant et réconforter le jeune homme en pleur, mais il était le premier à savoir que ce n'était qu'un espoir un peu fou et qu'il était peu probable que le problème ne soit que technique. Il laissa l'inconnu essayer un énième appel et le regarda faire en silence, se demandant ce que ça ferait d'être à sa place. Et si c'était sa mère à lui qui avait cessé de donner des nouvelles ? Ou Moira ? Ou Edme ? Ou James Franco ? Et s'il était celui dans le doute, celui qui se raccroche à l'espoir que tout va finir par s'arranger et revenir à la normale ? Il n'osait pas imaginer ce que ça faisait d'y être vraiment confronté, de ne pas être le simple spectateur d'une histoire à laquelle personne n'aurait crue auparavant. Pas forcément, non. Enfin, j'veux dire, c'est pas très encourageant mais c'est peut être pas aussi catastrophique que ça en a l'air. Peut être que ça va s'arranger... Il se balançait d'avant en arrière, tout doucement, comme il le faisait à chaque fois qu'il était gêné. Il s'arrêta cependant lorsqu'il entendit la question suivante et se figea. En soi, c'était une question tout à fait légitime, et il se serait fait un plaisir d'y répondre s'il avait eu le moindre élément de réponse. A la place, il secoua la tête d'un air désolé. Remus ne savait pas quoi dire, parce qu'il n'y avait rien à dire. C'était arrivé, point. C'était horrible de résumer les choses de cette manière mais il ne voyait pas comment développer alors que tout lui semblait encore tellement flou. L'inconnu ne sembla cependant pas comprendre son silence, obligeant Remus à se lancer dans une explication dont il ne connaissait pas l'aboutissement. J'en sais rien. Je crois que personne en sais rien. Des gens étaient là et puis, d'un coup, ils n'étaient plus là. C'est ce qu'ils disent à la télé. Comme dans Harry Potter, quand ils se téléportent, ou un truc du genre... Il envisagea quelques instants l'éventualité que cette histoire de magie ne soit pas qu'une fiction et que toutes les personnes disparues soient en réalité des sorciers infiltrés parmi les humains, mais arriva tout seul à la conclusion que c'était idiot. J'aimerais bien comprendre aussi. En fait, j'arrive à peine à y croire, alors comprendre... L'idée que tout cela était vrai faisait néanmoins son chemin en Remus et il fixa l'inconnu comme par peur qu'il disparaisse sous ses yeux, comme il avait auparavant eu peur que Moira disparaisse s'il la laissait trop longtemps...

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Zephyr Roch

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MessageSujet: Re: i just want my mom.   Mar 12 Sep 2017 - 14:34

De l'extérieur, Zephyr devait paraître tout à fait normal. Il devait avoir l'air d'être simplement quelqu'un de bouleversé par les disparitions qui s'abattaient sur la ville, quelqu'un d'un peu plus fragile peut-être, mais rien de plus. Pourtant, nul ne soupçonnait réellement ce qui se tramait dans l'esprit de Zephyr, ni même qui il était. Son « super-pouvoir », comme l'appelait Enea, l'affectait plus qu'il n'y paraissait. S'il tenait encore debout (littéralement), c'était principalement parce que Beth lui avait bien appris à se comporter comme la société s'attendait à ce qu'il se comporte. Et il tenait à ce qu'elle soit fière de lui. Et puis, il ne savait pas vraiment si elle avait disparu. Même s'il y avait de grandes chances que si. Mais peut-être que non. Il ne pouvait pas vraiment savoir. Mais il ne voulait pas se mentir et se créer des espoirs inutiles. Mais d'un autre coté, cela serait tout aussi ridicule de se convaincre qu'elle avait disparu si ce n'était pas le cas. Et puis quel jour était-on ? Etait-il sur de ne pas s'être trompé ? Oui, il était sûr. Il devrait appeler Enea et Kit, et son père. Mais qui appeler en premier ? Il ne fallait pas faire de jalousie. Il devait donc appeler la personne la plus à même de savoir si Beth était encore là, mais il ne savait pas qui. Et puis, s'ils avaient disparu eux aussi ? Pourquoi ne l'avaient-ils pas appelé d'ailleurs ? On l'appelait toujours en premier. Comme s'il était plus à même de se mettre dans des situations pas possibles que les autres. Alors qu'il était le plus prudent. Il aurait dû rester avec Beth, ne jamais commencer à travailler. Il aurait dû, comme ça, il lui aurait montré comment être prudente et ne pas disparaître. Et si elle n'était pas disparue, il l'aurait su. Et il ne serait pas là, en plein milieu de la rue, assailli par un fil de pensées que lui-même n'arrivait plus à suivre, à demander à un inconnu une réponse impossible à donner. Zephyr s'efforça pourtant d'écouter ce que cet inconnu avait à lui dire ; cela lui demandait des efforts épuisants, mais il savait que cela pourrait en valoir la peine. Si seulement il avait une réponse à lui donner... Malgré lui, il regarda l'inconnu comme s'il était idiot quand il lui dit que les lignes étaient encombrées. Il ne cherchait pas à se montrer méchant ou dédaigneux, mais il n'était pas débile : si la ligne sonnait, c'est que le téléphone sonnait. Ce n'était pas comme s'il tombait directement sur la messagerie ou qu'il entendait le double bip, caractéristique d'une communication qui échouait sur les réseaux. De plus, à l'heure actuelle, avec le développement massif des satellites, existaient-ils encore des réseaux qui puissent être saturés ? « L'appel ne va sur messagerie qu'après que la ligne ait sonné. Le réseau n'est donc pas saturé. » répondit-il du tac au tac, oubliant les règles les plus élémentaires que Beth lui avait enseigné. Premièrement, ne jamais partir du principe que les gens vous voulaient du mal. Secondement, essayer d'identifier quand les gens disent quelque chose pour vous réconforter – et accepter de ne pas le prendre au pied de la lettre. Il soupira légèrement, frustré de ne pas trouver de solutions à son problème et formula la pensée qui le faisait tant souffrir depuis le premier appel passé à son travail. Il ne prit pas la peine de s'excuser auprès du jeune homme de son attitude, car à dire vrai, Zephyr était à peine conscient de l'arrogance et l'agacement avec laquelle il avait expliqué le fonctionnement du téléphone à celui-ci. Avec un peu de chance, ce dernier n'y prêterait pas plus attention... S'il était vexé, en tout cas, rien n'y paru car ce dernier chercha de nouveau à rassurer Zephyr, en essayant de ne pas adopter une attitude défaitiste. Toutefois, Zephyr se doutait bien qu'il n'y croyait pas lui-même. « Vous êtes gentil. » dit-il, sans pour autant formuler cela comme un remerciement. C'était un fait ; celui qui, il le découvrirait plus tard, portait le nom de Remus, était gentil. Continuant sur son fil de pensées, il interrogea ensuite le jeune homme. Il avait besoin de comprendre et malheureusement, personne de sa famille n'était là pour le lui expliquer. En entendant l'absence d'explications qu'avaient son comparse à lui fournir, Zephyr sentit la panique envahir un peu plus ses membres. Il ne comprenait pas ce qu'il voulait dire. Si seulement Kit avait été là. Il se serait senti plus rassuré. Si cela avait été Enea, elle aurait trouvé les mots... Rien ne valait maman, mais tout de même. Quant à son père... cela aurait été mieux que rien, mais pas forcément mieux que ce jeune homme. Zephyr secoua la tête, et répondit, sans même chercher à savoir si le jeune homme était sérieux en mentionnant l'hypothèse d'Harry Potter : « Impossible. On les aurait vu près d'une cheminée, et prononcer clairement l'endroit où il allait. » Il prit sa tête entre ses mains, et cita une nouvelle raison pour laquelle c'était impossible : « Et puis, la poudre d'escampette n'existe pas, ou n'a pas encore été découverte en tout cas... » Il s'arrêta. Cela ne servait à rien de tergiverser, de débattre sur la possibilité de cette hypothèse. Zephyr aurait bien des arguments à lui donner, si l'inconnu souhaitait continuer le débat – il était incollable sur le sujet – mais pas maintenant. Maintenant, il voulait juste sa maman. S'accroupissant doucement, il finit par se recroqueviller entièrement sur lui-même, cherchant comment faire comprendre ce qu'il souhaitait. Le jeune homme n'avait visiblement aucune réponse à lui apporter sur ce sujet, alors... « Il faut que je la retrouve, il faut que je la retrouve, il faut que je la retrouve... » dit-il, dans un murmure, alors qu'il se balançait doucement d'avant en arrière, là, sur le trottoir, recroquevillé sur lui-même. Et incapable de faire le moindre mouvement. Il s'était déjà retrouvé dans cet état auparavant, des centaines de fois même. Mais jamais il n'avait cru qu'une douleur pouvait être si grande, que la seule pensée de Beth l'achevait plus qu'elle ne le soulageait...

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MessageSujet: Re: i just want my mom.   Mer 27 Déc 2017 - 0:06

Remus avait le cœur lourd depuis l'annonce des disparitions, une sensation qui allait et venait en lui jusqu'à lui donner par moment l'impression d'être le point de le submerger. En présence de Moira, il avait fait l'effort de tenir bon, pour elle comme pour tous ces gens qui l'appelaient et à qui il ne voulait pas donner l'impression que la situation puisse être plus compliquée qu'elle ne l'était déjà. Si on l'appelait, c'était pour s'assurer qu'il allait bien et qu'il était toujours là, pas pour l'écouter pleurnicher sur son sort et l'angoisse que lui causait ce phénomène. Il avait d'abord commencé par croire qu'il ne s'agissait que d'une vaste escroquerie mais, chaque nouvelle minute écoulée avait achevé de le convaincre qu'il ne s'agissait de rien d'autre que de la réalité. Il écoutait ces gens raconter face caméra comment ils avaient perdu l'un de leur proche et, en tant qu'acteur expérimenté, il voyait qu'ils ne simulaient pas. Même un très bon comédien n'aurait pas été capable de mettre autant d'émotions dans un simple regard ou dans leur façon de tenir leurs mains qui, quelques minutes auparavant, serraient celles de quelqu'un qui n'était plus là. Les mots pouvaient mentir, pas le corps. Pas à ce point. Et, lorsque Remus l'avait réalisé, il avait senti son monde s'écrouler. Le coeur lourd, il n'avait pas lâché Moira des yeux alors que des anonymes défilaient à l'écran. Même sans parler, il savait qu'elle partageait son inquiétude et se surprit à trouver la force nécessaire pour la quitter le temps d'aller acheter quelques muffins. Dans un autre contexte, on aurait pu parler d'acte de courage à l'idée de se jeter de la sorte dans le monde extérieur, mais Remus n'en était pas là. Il était juste sorti, pétri d'angoisse mais poussé par la conviction qu'il fallait qu'il trouve quelque chose de gras à avaler pour pouvoir tenir le coup. C'était un réflexe idiot, mais celui qui avait toujours été le sien face à un problème et il lui fallut résister pour ne pas en sortir un de son sac alors que l'inconnu du milieu de la route semblait encore plus en peine que lui. C'est vrai ? J'avais jamais fait gaffe... C'était étonnant comme on pouvait toujours apprendre quelque chose, même dans les pires situations. Remus ne releva d'ailleurs pas le ton qu'avait pris le jeune homme pour lui répondre, trop habitué à être remballé de la sorte et trop préoccupé pour ne serait-ce que le relever. A la place, il fit l'effort de se montrer le plus rassurant possible et essaya de trouver les mots qui, pour lui, auraient marché. Tout ce dont il avait besoin, c'était qu'on lui dise que tout allait s'arranger, que tout n'était pas aussi grave qu'on le pensait, et il lui sembla que c'était aussi ce dont l'inconnu avait besoin. Remus accueillit ainsi son compliment avec un grand sourire, trop heureux d'avoir pu se montrer utile qu'il s'emporta. Vous voulez un muffin ? Normalement c'était pour ma soeur et moi mais je peux vous en donner un si vous voulez. Pour preuve de sa bonne volonté, il ouvrit son sac et le tendit à l'inconnu pour qu'il puisse en étudier le contenu à sa guise. Moira ne dirait probablement rien, il en était persuadé, et il pourrait toujours en racheter avant de rentrer. La seule chose, c'était de ne pas trainer, mais la réflexion suivante du jeune homme l'interrompit dans ses bonnes résolutions. Remus le fixa sans comprendre à quoi il faisait référence, puis conclua qu'il devait s'agir d'une référence à Harry Potter, dont il avait seulement vu les premiers films au moment de leur sortie. A la place, il acquiesça en rigolant, persuadé qu'il s'agissait d'un trait d'humour de la part de son compagnon d'infortune et il ne voulait pas passer pour un idiot en laissant pendant qu'il ne l'avait pas compris. Il fut donc surpris de le voir se recroqueviller sur lui même tout en se balançant et Remus lança un regard paniqué autour de lui en se demandant ce qu'il était censé faire maintenant... Euh... monsieur ? Il s'approcha tout doucement pour essaya de poser une main sur son épaule pour s'assurer que tout allait bien mais, même venant de Remus, il était évident que la réponse ne pourrait qu'être négative. Vous... Vous devriez pas rester là, c'est dangereux. Il y a des voitures et, euh, vous pourriez vous faire écraser. Prenez un muffin, ça va vous faire du bien. C'est bon, les muffins... Sa voix se serra lorsqu'il réalisa à quel point ses arguments étaient faibles mais Remus se sentait responsable du jeune homme et ne se voyait pas l'abandonner alors que, pour une fois, il était face à quelqu'un de plus démuni que lui. A la place, il se contenta de s’accroupir à côté de son nouvel ami et de surveiller de loin ce qu'il savait être là où Moira se trouvait...

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We're doing a sequel. All we need now is a half decent plot.
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i just want my mom.
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