“ the future is unpredictable. ” (gene)


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Duncan Abhainn
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MessageSujet: “ the future is unpredictable. ” (gene)    Dim 23 Avr 2017 - 12:00


the future is unpredictable

Assis, il regardait les cartes qu'il avait sous les yeux. Comme souvent, Duck donnait cette impression que rien ne semblait compter. Que son jeu, qu'il soit bon ou mauvais, n'importait pas. Ce qui importait, c'était le temps. Le temps qui s'écoulait alors que ses yeux jonglaient de ses cartes à celle-ci posait sur la table. Le temps qui s'écoulait alors que son adversaire semblait hésiter, perturbé par le peu d'information qu'il arrivait à lire en lui. La chaleur de la saison avait enveloppé toute la rue sans le moindre souci. Ils avaient tous abandonné les tissus superflus pour des vêtements plus légers. Le débardeur de Duck était trop grand, mais d'une légèreté qu'il appréciait. Et puis ses jambes profitaient du peu d'air frais qui circulait. Tout était plus court désormais, tout était plus simple. Et le quartier de Jericho respirait de mouvement. La rue n'était jamais silencieuse. Le marché était encore ouvert, les gens affluaient de partout. Et parmi toutes ces foules, il y a Duck et son ami, assis dans un coin sur deux vieilles chaises, un jeu de poker posait sur une table en plastique qui a totalement perdu de sa blancheur. Ce coin, c'est le sien. Duck y avait presque grandi. D'ailleurs, sur le mur derrière lui, il y a un énorme graffiti fait deux ans plus tôt par des connaissances. Les couleurs pops qui représentaient un énorme totem, illuminaient parfois ce coin de rue étrangement. Comme si un arc-en-ciel se terminait là. À cet endroit même. Duck s'étira, jetant un coup d'œil à la population, remarquant plus loin des enfants se faufilaient. La famille Alfaro était toujours en activité. Toujours aussi nombreuse. Mani n'avait jamais arrêté d'accueillir ces mômes. Même si maintenant, il était peut-être un peu trop vieux pour être aussi présent qu'autrefois. Duck leur fit signe, de toute manière son adversaire semblait être en plein dilemme personnel. Il fouina dans ses poches et sorties quelques bonbons qu'il distribua.

C’est bon, c’est bon ! Faisant signe aux gamins de partir, Duck se retourna vers son ami. Celui-ci décida de rajouter la mise supplémentaire de quelques pièces et fit signe pour montrer ses cartes. Duck posa les siennes, sans réfléchir à deux fois et le visage de son ami se décomposa. Mais c’est pas vrai ! C’est pas possible ! Putain ! Je laisse tomber ! ah ! Tu m’énerves, sérieux ! Duck haussa les épaules, alors qu’il prenait les pièces, un petit sourire sur les lèvres. J’finirais par avoir ma revanche, Niño.

Tu l'auras, ne t'inquiète pas. Tu sais où me trouver. Duck lui offrit un sourire et malgré la perte de son argent, son adversaire lui serra la main avant de quitter le petit coin et de s'engouffrer dans le marché juste à côté. Duck l'entendit râler en espagnol, comme à chaque fois qu'il perdait. Les gens changeaient rarement, c'était ce qu'il avait remarqué. Ce quartier était rempli de personnes différentes, mais de personne qu'il côtoyait depuis son plus jeune âge et qui, quelque part, ne semblait pas avoir changé d'un pouce. Alors qu'il rangeait les cartes, un stand plus loin laissa de la musique prendre le contrôle de l'espace. Des chansons mexicaines rythme bientôt l'endroit, ajoutant une dose de convivialité à ce quartier qui était si mal perçu. Et puisque Duck connaissait la chanson, il n'hésita pas à fredonner les paroles tout en se déhanchant sur son petit tabouret.

Gene, Gene, Gene… Je savais que nos routes allaient de nouveau se croiser ! Il posa son paquet de cartes, se tournant vers la jeune femme qui était apparue un peu plus loin. Il avait parlé assez fort pour qu'elle le remarque. Les rêves ne mentent jamais et celui dans lequel je t'ai vu était tout particulièrement ravissant. Il lui fit signe de venir, de s'installer sur le tabouret d'en face. Parce qu'il aimait l'imprévisible et elle le représentait si bien. Il sortit un autre paquet de cartes et cette fois, c'était un tarot. Un sourire sur les lèvres, il essaya de se souvenir de leurs dernières rencontres et de ce qu'il avait bien pu lui raconter.

Veux-tu entendre ton histoire, aujourd'hui ? Je suis devenu assez doué avec les cartes. Comme souvent, Duck était très sérieux. Toujours léger et amusé, mais toujours honnête.


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Gene Edelstein

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MessageSujet: Re: “ the future is unpredictable. ” (gene)    Sam 29 Avr 2017 - 14:09

Lorsqu’elle ouvrit les yeux, ce matin-là, Gene mit quelques secondes à se souvenir où elle était et la raison de sa présence à Mount Oak, cette ville qu’elle avait fuie presque toute sa vie, et quand la mémoire lui revint, elle referma les paupières comme si elle espérait qu’à sa prochaine tentative, elle ne serait plus enfermée entre les murs au papier peint usé de la chambre de sa grand-mère. Parce qu’évidemment, elle n’avait pas accepté les propositions de ses tantes et oncles de loger chez eux, elle avait bien vu qu’elles étaient offertes du bout des lèvres et leur soulagement avait été assez perceptible lorsqu’elle avait décliné avec un sourire qui sonnait expressément faux. Ils avaient beau être officiellement sa famille, Gene se sentait étrangère parmi tous ces visages fermés et consternés et sa tenue ne pouvait pas être la seule fautive dans leur accueil frigorifiant. Certes, si elle avait suivi les instructions maternelles, elle aurait passé les dix dernières années parmi eux, elle n’aurait pas été considérée comme une pique-assiette, comme une profiteuse mais elle se fichait pas mal de ce qu’ils pensaient et elle ne voulait pas être passée sous le microscope de leurs regards scrutateurs, même si cela signifiait devoir dormir seule dans une demeure qui grinçait et semblait encore hantée par l’âme de son aïeule. Aussi, même s’il n’était pas dans ses habitudes d’émerger avant midi, Gene ne put rester plus longtemps au lit et elle finit par repousser les draps avec un soupir. Sa peau nue frissonna au contact de l’air et elle évolua dans la maison sur la pointe des pieds, même s’il n’y avait personne à surprendre. Elle prit une douche rapide et extirpa une mini jupe et un haut moulant de son sac de voyage avant de quitter la maison, sans chaussures (mais avec une petite culotte). Elle irait fureter en ville, comme ces derniers jours, sans but réel, sans objectif précis si ce n’est poser un regard curieux sur cette petite ville où elle avait failli moisir et où elle ne restait que parce qu’elle n’avait pas encore décidé où elle irait ensuite. Et dire qu’elle aurait pu échouer là, sous la coupe d’une mémé qui ne manquerait pas de la sermonner, de désapprouver ses tenues et de lui donner des conseils non demandés. Si elle regrettait ne pas avoir connu celle dont elle avait hérité le prénom ? Gene n’y pensait pas, elle ne s’était jamais attachée à personne, pourquoi se serait-elle entendue avec une vieille que sa propre mère avait fuie au même âge ? Peut-être aussi, qu’elle aimait être ce petit grain de poussière qui dérangeait sa petite famille bien arrangée dont elle ne doutait pas qu’ils espéraient son départ au plus vite, qu’ils craignaient qu’elle ne s’éternise ou leur vole une part de l’héritage et, après tout, c’était bien son but. Si ses cousins recevaient chacun quelque chose d’Eugenia, pourquoi ne pourrait-elle pas, elle aussi, bénéficier d’un petit quelque chose ? Et, comme si sa famille avait fait passer le mot, Gene fut accueillie plus ou moins froidement par les habitants. À aucun moment, elle ne put songer que son attitude seule pouvait rebuter les gens qu’elle croisait. Partout il y avait une exception, cependant. Et celle de Mount Oak l’interpela alors qu’elle arrivait à Liberty Square où l’animation avait attiré son regard félin.
Son attention dévia vers le jeune homme installé sur un tabouret et elle plissa légèrement les paupières pour le remettre dans un contexte – leur rencontre était récente puisqu’elle venait d’arriver mais Gene avait toujours eu du mal à fixer les gens dans sa mémoire, à quoi bon quand on bougeait sans cesse et qu’on ne les revoyait jamais ? – puis un fin sourire vint arquer ses lèvres. S’approchant d’une démarche souple et aérienne, elle vint se poser sur le tabouret qu’il lui indiquait et elle croisa les jambes de sortes que sa jupe remonte encore de quelques centimètres sur ses cuisses de porcelaine.
- Ben voyons, lâcha-t-elle avec un rire narquois. Est-ce que je portais seulement des vêtements, dans ton ravissant rêve ?
L’intérêt que lui portait la gent masculine ne lui avait jamais échappé et elle en avait toujours joué, de manière plus ou moins effrontée. En s’accoudant à la table, elle arqua légèrement le dos et sa poitrine se retrouva pressée contre son bras, ce qui ne fit qu’accentuer ses rondeurs si chères aux yeux des hommes. Elle n’aspirait pas spécialement à séduire son interlocuteur, pourtant, mais elle voulait estimer la profondeur de son intérêt pour elle et quel meilleur moyen que de le sonder en lui offrant une vue pareille ?
- Vas-y, si ça te chante, déclara-t-elle d’un haussement d’épaules comme si elle se contrefichait de ce qu’il faisait.
Elle sortit un paquet de cigarettes à moitié écrasé de son sac et tourna la tête vers le type le plus proche à qui elle demanda du feu d’un simple geste. L’homme craqua une allumette et approcha sa main de l’extrémité de la cigarette avant de retourner à sa besogne tandis qu’elle lui décochait un sourire en coin en guise de remerciement.
- Alors ? Est-ce que je vais bientôt rencontrer un prince charmant plein aux as pas trop chiant et pas trop vieux ? s’enquit-elle en soufflant la fumée sur le côté.
Bien malgré elle, cependant, elle posa un regard piqué de curiosité sur les cartes que le jeune homme tenait. Tout ce qui pouvait la distraire du vide intersidéral qu’était son existence était bon, de toute manière.

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Duncan Abhainn
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MessageSujet: Re: “ the future is unpredictable. ” (gene)    Lun 15 Mai 2017 - 16:16



the future is unpredictable

Les rêves avaient un pouvoir particulier aux yeux de Duck. Il prenait en pitié ceux qui n'en voyaient pas la puissance et qui, en même temps, n'en faisait pas. Quelle horreur de vivre une vie sans rêve, sans imagination, sans histoire improbable qui réveillent au matin ! Il ne fallait pas s'y perdre, ces certains, mais c'était d'un réconfort époustouflant. Comme si son esprit, durant les moments les plus difficiles, pouvait s'auto-console en affichant les images nécessaires. Il y avait là-haut, dans sa tête, un monde à part, un monde qu'il aimerait réel. Et pour lequel, il se battait vraiment. Pour Duck, rien n'était impossible et ce monde méritait de survivre et de s'épanouir de la bonne façon. Il était persuadé que même ce qu'il faisait, ces toutes petites choses qu'il apportait, elles avaient de l'importance. En attendant de pouvoir agir plus, il se plaisait à croire que son petit mouvement continuait à prendre de l'ampleur dans le cœur des habitants. Qu'ils réalisaient le mal qui régnait dans un lieu gouverné et rythmé par la technologie. Un lieu dont la nature était détruite et oubliée. Ce que Duck aimerait faire, c'est revenir à un équilibre. Et les étoiles dans ces yeux ne risquent pas encore de disparaître tant il y croit.

Se déhanchant assis sur son petit tabouret, Duck s’amusait. Sa solitude ne tarda pas à disparaitre à la venue de Gene dont il reconnut le physique tentateur. Il avait une bonne mémoire, lui. Les visages qu’il croisait, il essayait de s’en souvenir. D’ajouter une histoire, une personnalité et de ne pas oublier ce que les échanges apportaient à chaque être humain. Il se calma légèrement, posant son paquet de cartes sur la table, observant le visage de la jeune femme. Il y avait quelque chose sur son visage, comme un air angélique faussement placé là et en même temps détenteur d’une part de vérité. Elle s’installa juste en face, visiblement très amusé par les propos de Duck. N’avait-il pas le droit de rêver d’une belle femme ?

Personne ne porte des vêtements dans mes rêves. Ce n’est pas nécessaire. C’est un monde bien plus libéré là-dedans. Il pointa son cerveau, offrant un sourire bien placé. Il se mit à mélanger ses cartes, concentré, ajoutant d’ailleurs : C’est un signe, tu sais. Si quelqu’un apparaît dans tes rêve du matin, alors tu croiseras sans doute son chemin.

Il continua de mélanger puis tendit le paquet à Gene qui allumait une cigarette. Pour pouvoir lire les cartes, c’était à elle de couper le paquet en trois. Du moins, dans ses souvenirs, c’était ce qu’il avait appris.

Divise le paquet en trois et on verra bien si un prince, ou même plusieurs t’attendent à l’avenir. Il laissa Gene prendre les choses en main et sortie deux cartes de chaque paquet, chacun de dos afin de garder le mystère de leur prédiction. Il était impatient de savoir ce qu’il allait lire, mais tâcha de faire les choses correctement. Les ordres d’apparitions ont une importance, c’est à toi de me dire les deux premières cartes que tu veux voir. Il attendit qu'elle fasse son choix puis commença.

L'impératrice et le fou. Généralement ça veut dire que ça ne va pas trop et que tu ne devrais pas prendre trop de risques. Il attend qu'elle pointe les deux autres puis les retournes, en silence. La carte du Diable et… Oh, celle de l'étoile. Ce qui signifie que tu vas déjouer les plans d'un connard qui prévoie de te faire du mal. En termes simplifié. Je ne connais pas les détails, hein. Mais comme on dit, l'étoile joue en ta faveur. Il retourne les deux dernières. Le bateleur et le jugement. C'est positif. Ça veut dire qu'il y a du nouveau dans l'air, que les choses vont changer et que tu vas faire beaucoup de rencontres.

Il s'écarte et observe Gene.

Est-ce que tout ça te parle, ma belle ? Ou cette invention n'est que pure bêtise ? Il arque un sourcil, se demandant si ces prédictions avaient un semblant de vérité.


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Gene Edelstein

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MessageSujet: Re: “ the future is unpredictable. ” (gene)    Jeu 25 Mai 2017 - 23:45

Il y avait une légère lueur amusée dans le regard de Gene, tandis qu’elle dévisageait Duncan. Elle ne savait pas trop ce qu’il y avait d’étrange chez l’énergumène – peut-être le fait qu’il ne l’avait à aucun moment draguée ouvertement et qu’il cherchait simplement à faire la conversation ? – mais il sortait du lot. Quel mec normal, après tout, invitait une nana à s’asseoir près de lui pour lui tirer les cartes ? Elle aurait pu lui rire au nez, lui jeter un regard méprisant et tourner les talons, au lieu de quoi elle s’était approchée et s’était posée, un peu aguicheuse quand même, face à lui. Et maintenant elle attendait d’entendre les inepties qu’il allait lui sortir. Parce que s’il y avait bien quelque chose qui caractérisait Eugenia Edelstein, c’était qu’elle ne croyait en rien. Même pas l’argent, encore moins l’amour ou la destinée. Aucun Dieu ne veillait sur sa conduite, aucune étoile ne brillait pour la guider. Elle laissait les jours défiler et suivait un parcours abstrait et impossible à définir à l’avance. Même elle ignorait ce qu’elle ferait l’heure qui suivait, c’était la beauté de la liberté, la joie de n’avoir de comptes à rendre à personne. Pour l’instant, elle se faisait tirer les cartes par un jeune homme singulier et ce qui en ressortirait, elle le classerait probablement dans un coin de son esprit où elle rangeait les informations éphémères – comme les identités de ses amis à usage unique ou momentané. Son avenir, aussi radieux ou pourri qu’il soit, ne serait qu’un détail dont elle ne s’embarrassait pas et elle expira lentement la fumée en arborant un petit sourire moqueur.
- C’est bizarre, j’ai souvent rêvé de Brad Pitt et je ne l’ai jamais croisé de ma vie, dit-elle, narquoise. Je ne dois pas rêver des bonnes personnes ou bien la bonne fée ne m’a pas donné ce talent inutile, qui sait ?
Si elle était souvent blessante, Gene ne l’était pas forcément consciemment mais dans ce cas-ci, elle avait cru deviner que rien de ce qu’elle pourrait dire ne pourrait faire défaillir le sourire sur le visage de Duck. Il semblait être le genre de personnes à ne pas se laisser impressionner ou influencer par autrui. Il vivait dans sa propre bulle, à l’abri des qu’en-dira-t-on et des railleries. Elle aurait presque pu lui envier cette nonchalance si elle s’était un jour souciée du regard qu’on pouvait poser sur elle et les jugements qui allaient avec.
Elle eut un haussement de sourcils un peu dédaigneux quand il lui présenta les cartes mais s’exécuta, glissant la cigarette entre ses lèvres pour pouvoir couper le tas en trois avant de les rendre au jeune homme. Il prit deux cartes dans chaque paquet sans dévoiler leur face et Gene émit un petit soupir impatient en s’accoudant à la table, fixant le dos des cartes mystérieuses. Elle n’avait jamais aimé les jeux ni les devinettes, se lassait très vite de tout ce qui était censé distraire et n’aimait finalement ce genre d’activité que quand c’était elle qui en tenait les rennes. Etre à la merci de quelqu’un, même pour quelque chose d’aussi trivial, avait le don de l’agacer. Elle réfréna cependant son envie de tout retourner et releva les yeux vers Duncan, la jambe légèrement agitée, unique signe qui trahissait son sentiment à l’égard du jeu. Lorsqu’il lui demanda de choisir deux cartes, elle prit quelques secondes pour considérer les six cartes extraites et isolées puis finit par en désigner deux de la main qui tenait la cigarette, faisant tomber quelques cendres sur la table.
- Celle-là et celle-là.
Bien malgré elle, elle se pencha légèrement en avant lorsqu’il retourna la première carte pour découvrir en même temps que lui ce qui se dessinait sur l’autre face. Ce n’était évidemment pas un jeu de cartes normal. Il n’était pas question de valet de pique ou de dame de cœur mais de dessins presque envoûtants qui détenaient un sens particulier. Supposément, en tout cas. Car qui disait que celui-ci ne changeait pas en fonction de celui qui manipulait les cartes ? Duncan offrait-il seulement le même discours à tous, quand il retournait cette fameuse impératrice accompagnée de ce fou ? Ou essayait-il de l’asticoter avec des paroles qu’il inventait pour elle, croyant dire ce qu’elle voulait entendre ? Gene fronça les sourcils puis déclara :
- Mon pauvre chou, s’il n’y avait pas le risque, à quoi ça sert de vivre ?
Elle pointa deux autres cartes et cala le menton dans sa main, guettant cette fois les réactions sur le visage de son interlocuteur, comme si elle tentait d’en découvrir le degré de sincérité ou de supercherie. Il semblait spontané mais que savait-elle de lui, au final ? Rien. Tout comme il ignorait tout d’elle et quand il annonça qu’elle allait déjouer les plans d’un connard, Gene émit un rire méprisant. Des connards, elle en croisait tous les jours et aucun n’avait jamais réussi à lui mettre la main dessus à moins qu’elle en ait eu envie. Duck ne lui apprenait pas grand-chose de passionnant et quand il retourna les deux dernières cartes, Gene n’attendait plus rien de ses révélations, l’élan d’excitation qu’elle avait pu ressentir, bien qu’il soit minime, s’étant dissipé avec les prédictions vagues.
- Ton jeu m’ennuie, lâcha-t-elle sans concession en expirant une nouvelle fois la fumée. J’espérais des révélations un peu plus… Je ne sais même pas. Mais en tout cas, si tu espères que je te file un billet pour ces conneries, tu rêves. Ce serait plutôt à toi de m’offrir quelque chose pour compenser cette perte de temps.
Elle lui offrit un sourire railleur puis demanda :
- Au fait, qu’est-ce qu’il y a à foutre dans ce bled ? J’en ai un peu marre de tourner en rond. Et je ne cherche pas à ce qu’on me lise les lignes de la main ou voie mon avenir dans une boule de cristal, je préviens. Les petits trucs de charlatan, ça va parce que c’est toi mais j’ai mieux à faire de mon temps.
Un pur mensonge puisque son temps, elle le passait à errer mais il n’avait pas besoin de le savoir, ça.

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Dernière édition par Gene Edelstein le Ven 21 Juil 2017 - 22:35, édité 1 fois
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Duncan Abhainn
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MessageSujet: Re: “ the future is unpredictable. ” (gene)    Mar 11 Juil 2017 - 17:37



the future is unpredictable

Tout dans la vie était intéressant. Aux yeux de Duncan, il ne fallait rien négliger. Rien ignorer. La moindre petite chose avait son histoire et il aimait entendre chacune d'elles. Il savait cependant que la vie, c'était aussi ne pas tout avoir et échouer. Il l'avait subi, il avait vu les autres subir les surprises inévitables de demain. Cela ne l'embêtait pas maintenant. Il avait décidé depuis quelque temps que rien ne devait compter plus que l'instant présent, que ce qu'il vivait actuellement. Et il suivait cette règle à la lettre sans regretter une seule seconde son choix. Parfois ces choix étaient étranges, un peu loufoques, mais c'était ça qui était bon. Il n'attendait pas demain pour essayer, il le faisait tout de suite. Il sautait sur chaque occasion et ouvrait complètement son être aux autres. Duncan ne cachait rien, il avouait même tout.

La liberté, la vraie, c'est celle qu'on choisit d'adopter entièrement. Duncan avait fait ses erreurs par le passé. Il avait gouté à une gloire éphémère dont les conséquences étaient encore présentées. Il pensait trouvait plus, apprendre plus, pour finalement revenir là où Mani lui avait appris à voler pour quelques pièces. Il était stupide de désirer des choses qui ne durent pas. Duck le sait. Alors le désir lui est désormais interdit. Non, il doit faire qu'une chose et c'est suivre son instinct. Arpenter sans peur les rues de son enfance et briller de ces paroles, comme autrefois. Il s'en sort bien, avec ces histoires. Et s'il y avait bien une chose qui le décrivait parfaitement, c'était la conversation. Il pouvait parler de tout et de rien. Il était fort à ce jeu.

Peut-être parce qu'il t'évite. Qui sait ? Il offrit un sourire amusé, ne prenant pas mal la façon dont la jeune Gene le contredisait. Duncan respectait les croyances de chacun et essayé d'être le plus neutre possible. Il ne voulait pas juger de la mauvaise façon ou mal comprendre quelqu'un parce que son opinion n'était pas identique. La bonne fée, dieu, le mage des ténèbres… non attend, ce n'est pas plutôt le seigneur des ténèbres ? Bref, peu importe. T'imagine si tout le monde avait ce pouvoir, l'horreur.

Avoir fait de la téléréalité lui avait ouvert les yeux concernant les autres. Cela pouvait paraître stupide, mais à force d'observer et d'écouter, il avait appris. Communiquer est une base fondamentale pour l'homme. Communiquer sur les autres – parler de la vie des autres – lui permet de se sentir un peu mieux. Critiquer, juger, insulter… Au fond, ce n'est qu'un signe comme un autre que l'homme veut prouver sa place. Mais ça en devient ridicule parfois. Superficie même. Ce que l'un ou l'autre fait, c'est simplement une volonté comme une autre de comparer sa vie avec celles de connaissances. C'est vouloir se mettre en avant ou se rassurer. Soit tout va bien et clairement on a la belle vie, soit ce n'est pas grave, sa vie à lui aussi, elle craint. Pour Duck, c'était différent. Sa vie c'était ça. Cette rue. Ce marché, ces gens. Il n'y avait rien à dire de plus, tout était visible. Il veut certes revenir à un mode de vie plus simple et sain, mais il en va du bien-être de chacun, pas uniquement du sien. Il voulait agir pour une communauté, pas pour soi-même.

S'occupant des cartes, il paraissait complètement à l'aise. Il ne faisait pas ça souvent, mais il trouvait ça amusant. Le hasard pouvait parfait dévoiler d'étrange coïncidence. Il place les cartes s'en allaient trop vite ou trop lentement. Il dévoile les deux premières cartes puis les secondes, gardant pour lui les remarques vis-à-vis des réactions de la demoiselle.

Un billet ? Je ne suis pas spécialiste, faut pas déconner. Il reprit les cartes, commença de nouveau à ranger. Tu as peut-être la sensation d’avoir perdu du temps, mais le temps se perd toujours. Il reposa le paquet plein sur la table et s’étira. Heureusement la chaleur et le temps n’étaient pas trop lourds. Il pouvait rester là tranquillement sans craindre de fondre. Il fouina dans ses poches pour chercher son paquet et commença à préparer un petit mélange. La feuille de papier déplié, il déposa du tabac et plus alors que Gene lui demanda quoi faire.

Je ne peux pas t'aider. Pour être honnête, ce bled regorge de surprises. Vraiment. Il y a des endroits magiques. Mais si tu ne découvres pas par toi-même, à quoi bon ? Tu vas encore trouver ça ennuyant et vite passer à autre chose. Il lécha une partie de son papier puis roula. Qu'est-ce la vie sans surprise ? Par contre, si j'ai bien un conseil à te donner… il se rapprocha légèrement. Son air amusé se transforma en air plus sérieux. Ne jamais insulter les cartes.

Affichant un nouveau sourire, il s'écarta puis alluma son joint. Il ferma les yeux et savoura sa première bouffée avant de souffler.

T'as déjà vu un champ d'herbe sur le toit d'un immeuble ? Il lui tendit son bédo, très naturellement.


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Gene Edelstein

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MessageSujet: Re: “ the future is unpredictable. ” (gene)    Ven 21 Juil 2017 - 23:19

Les gens la trouvaient souvent agaçante, avec son air nonchalant et l’impression qu’elle donnait de n’être émue par rien ni personne. Un visage de marbre, un regard de braise ou de glace, une attitude provocatrice et un sourire indéchiffrable, entre mépris et désintérêt. Les gens avaient rarement la patience nécessaire pour percer le mystère Gene Edelstein et c’était tant mieux, elle n’avait ainsi aucune raison de s’embarrasser avec des êtres insignifiants et insipides. Elle sentait bien que pour certains, ce manque d’intérêt évident était une insulte et s’ils avaient eu le cran de le lui faire remarquer elle leur aurait ri au nez en leur assurant qu’il ne fallait pas se vexer, qu’elle les foutait tous dans le même sac, que des types ou nanas comme eux, il y en avait des millions sur cette planète et qu’elle ne tenait pas spécialement à perdre son temps avec eux. Et, bien sûr qu’ils pouvaient lui retourner la pareille ! Bien sûr qu’ils pouvaient la mépriser à leur tour, la traiter de dévergondée, de peste ou de salope, qu’en avait-elle à faire, au juste ? Et puis, au milieu de tous ces spécimens identiques, il se trouvait parfois une personne pour attirer l’attention de la demoiselle, une personne qui ne cherchait pas forcément à s’attirer ses faveurs, comme Duncan, ou une personne qui savait exactement comment fonctionner pour garder son intérêt plus de deux minutes et demie. Duncan ne paraissait pas avoir de plan particulier lorsqu’il s’adressait à Gene. Il agissait avec la spontanéité d’un gosse de huit ans et ne craignait pas le ridicule de la situation. Qui d’autre, en effet, aurait osé suggérer à Gene de s’adonner à un jeu aussi idiot que le tarot ? C’était probablement parce qu’il était gay, songea Gene. Quelle autre explication donner à l’absence totale de séduction du côté opposé de la table ? Et puis, ça paraissait assez évident, dans cette attitude singulière et dans cette façon de s’agiter et de parler. Gene aurait pu se promener nue sous le nez du jeune homme qu’elle n’aurait pas eu plus de résultat, elle en était certaine.
- Je n’ai encore jamais croisé quiconque qui souhaite m’éviter, ça je peux te le garantir, mon minet, répliqua Gene, narquoise.
Alors, évidemment, si quelqu’un l’évitait, comment pouvait-elle le deviner, surtout s’il le faisait bien et qu’elle ne s’en rendait pas compte une seule seconde ? Elle ne capitula pas, cependant, préférant garder cette assurance irritante qu’elle balançait à tous ceux qu’elle rencontrait, juste pour qu’ils sachent à quoi s’en tenir et passent leur chemin s’ils ne se sentaient pas à la hauteur.
- Le pouvoir que j’aimerais avoir, moi, c’est…, commença-t-elle en cherchant l’inspiration dans le décor coloré qui les cernait. D’être invisible. Ou d’effacer la mémoire de certaines personnes pour qu’ils m’oublient.
Comme sa mère, tiens. Oh oui, comme elle aurait souhaité que sa mère l’oublie et ne cherche plus à prendre contact avec elle, qu’elle ne lui rappelle pas quelle mauvaise fille elle était à chaque fois qu’elle posait le regard sur elle. Mais pas seulement. Elle en avait croisées, des personnes, au fil de ses pérégrinations, et certaines expériences auraient pu être évitées si elle ne s’était pas involontairement ancrée dans l’esprit d’un tordu ou l’autre. Quant au souhait du don d’invisibilité, il semblait incongru pour une nana qui paraissait tout faire pour être remarquée, partout où elle allait. Mais Gene n’en était pas à une contradiction près, après tout.
- Et philosophe, avec ça ? Tu vas me faire un laïus sur la course du temps qu’on ne peut jamais rattraper, maintenant ? demanda-t-elle d’un ton moqueur en arquant un sourcil plein de scepticisme. N’as-tu pas encore compris que la patience et moi, ça fait deux ?
Il lui fallait toujours tout, tout de suite. C’était pour cela qu’elle se lassait si vite des gens qui ne lui offraient pas le moindre frisson. Elle tournait la page et passait au chapitre suivant, espérant trouver mieux ailleurs. Si elle n’avait pas encore compris, à ce stade de sa vie de nomade, que l’herbe n’était jamais plus verte ailleurs ? Bien sûr, mais ça ne signifiait pas pour autant qu’elle l’acceptait. Impatiente et entêtée, voilà ce qu’elle était, Gene Edelstein. Une demoiselle aux défauts innombrables et aux qualités plus que discutables.
- Pourquoi ? Elles vont me jeter une malédiction ? Discute deux secondes avec ma mère et tu verras que je suis déjà maudite. Alors qu’ai-je à craindre, vraiment ?
Un ronronnement cynique lui échappa et elle étouffa un bâillement avant de poser les yeux sur les doigts habiles de Duncan.
- Sur le toit d’un immeuble ? Non. J’ai vu pas mal de choses mais pas ça, concéda Gene en tendant sa cigarette au jeune homme et en acceptant le joint qu’il lui tendait, comme un troc amical qu’elle n’allait certainement pas décliner. Mais je vais finir par croire que vous êtes accro, dans le coin. J’ai découvert à l’enterrement de ma grand-mère que celle-ci avait sa propre petite réserve. Tu t’imagines ? Une vieille mémé de quatre-vingts ballets qui se roule son petit joint à l’occasion ?
D’accord, elle laissait de côté une information essentielle : que c’était à des fins thérapeutiques mais qu’importe ? Ça n’était  pas l’élément central de son anecdote.  
- Il faudra que tu me présentes ce jardin interdit ou m’indique ton fournisseur, je ne crois pas pouvoir tenir bien longtemps dans ce coin sans un peu d’aide. Et puisque tu ne sembles pas enclin à jouer les guides touristiques pour moi…
Elle déguisa son reproche avec un sourire cynique, ses yeux de chat dardés sur Duncan et, sous la table bancale, son pied vint taquiner la cheville du jeune homme. Mettre les gens mal à l’aise était son passe-temps favori et son interlocuteur se trouvait être un spécimen peu sensible à ses efforts. S’il aimait jouer avec les cartes, Gene aimait jouer avec les gens, elle, et Duncan se trouvait être son jouet favori du moment.

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MessageSujet: Re: “ the future is unpredictable. ” (gene)    Sam 12 Aoû 2017 - 20:56



the future is unpredictable

Duncan n’était un mystère pour personne. Son ancienne période de star de la télé-réalité avait donné un aperçu de l’homme qui l’était au pays entier. Sa façon d’agir, de penser, de parler. Ces émotions étaient toujours réelles, honnêtes. Et il détestait par-dessus tout devoir se retenir. De devoir prétendre être ce qu’il n’est pas. De faire quelque chose qui allait à l’encontre de ce qu’il aimait. Duncan était une âme ouverte et aimante. Il avait toujours les bras ouverts. Le regard toujours sincère. Il ne semblait pas juger les autres, il semblait même plutôt apprécier le monde entier. L’accepter avec ces défauts et ces qualités. Les bonnes comme les mauvaises âmes avaient une place dans son univers. Il partait du principe que sans obscurité, la lumière ne pouvait pas si forte.

Sa façon de penser aurait pu changer avec le temps. Parce qu’il évoluait, lui, comme les autres. Il était humain, il était fragile. Il pouvait être heureux, il pouvait aussi souffrir. Il n’échappait pas aux problèmes, aux faiblesses. Il avait simplement arrêté de se battre contre tout. Il s’était focaliser sur une quête, sur un objectif. Sur un but commun, un bien pour chacun. Et ça avait tellement plus d’importance que les petits faux-pas de tous les jours. Que des insultes futiles et sans valeurs. Duncan refusait d’entrer ans ce cercle vicieux de la fierté et de la vengeance. Il avait dépassé ce stade stupide. Rien, vraiment, ne semblait pouvoir l’atteindre tant il s’acceptait et s’aimait. Tant il acceptait et aimait. Une part de lui voulait communiquer quelque chose d’évident : nous n’avons pas besoin de grand-chose pour être heureux. Pour respirer le bonheur, même quelques secondes. L’idéaliste qu’il était, espérait pouvoir procurer ces quelques secondes à ceux qui croisaient son chemin.

Tu m’étonnes, tentatrices comme tu es, quelles âmes voudrais t’éviter ? Un sourire léger, il aimait cependant assez bien imaginer Brad Pitt s’en aller au courant, peut-être effrayer parce qui pourrait lui arriver en croisant Gene. La jeune femme était féroce. Il adorait ça, Duncan. Cette confiance en soi, cette présence. C’était comme jouer avec le feu, quitte à se brûler un peu pour faire durer le plaisir.

J’espère que je fais pas partie de ces certaines personnes, ça me rendrait bien triste de ne plus me souvenir de toi ! Il fit semblant d’être choqué par l’idée, mais au fond il trouvait ça bien triste comme pouvoir. Gene était le genre de personne à marquer sa présence. Effacer ou être invisible, c’était vraiment priver le monde de quelque chose. Ils étaient constamment entourés de robot et de technologie. Ils étaient entourés d’illusion. Elle n’en était pas une. Gene était une vérité. Le genre blessant parfois, mais tellement rassurant. C’est peut-être pour ça qu’il a tout suite accroché à elle. Qu’il apprécie tant passer du temps à ses côtés.

Pitié, ne soit pas comme tous ces gens qui n’ont jamais le temps de respirer ! Regardes-lez… Tout va site vite, tout apparait si rapidement. Les gens présents dans le marché se dépêchent, ils n’ont le temps de rien. C’est pire en centre-ville, quand ils sont tous sur leurs téléphones et leurs technologies. Plus personne ne profite de rien. Plus personne ne se regarde. Plus personne n’a le temps d’écouter et de contredire. Il se retourne de nouveau vers Gene et l’observe une fraction de seconde. Sa posture, ses cheveux, son regard, ses lèvres. Il l’écouta lui dire qu’elle n’a rien à craindre, que sa mère lui l’a déjà maudite.

Je n’ai pas l’impression que tu sois maudite, Gene. Mais évite quand même, pas précaution, tu sais ? Si ça peut t’éviter qu’un piano te tombe dessus ! Son ronronnement le fait rire, mais tout le fait rire en même temps. Après avoir roulé une cigarette, avoir tiré dessus et profité de ce que cette herbe lui offrait, il tendit l’objet à Gene, comme si c’était tout à fait normal.

Elle était stylé ta mémé. Elle avait une prescription ? Ils en donnent de moins en moins les docs. Non, mais ça ne fait pas de mal un p’tit joint de temps en temps. Ça apaise l’âme et vide l’esprit. Il ferma les yeux un instant et pendant une seconde, il n’était plus là. Il était ailleurs, loin. Il était au-dessus de l’océan, flottant dans les airs, libre. C’est la voix de Gene qui le ramena, ainsi que son pied touchant légèrement sa cheville. Il ouvrit les yeux et glissa son regard vers elle.

Je n’ai malheureusement pas l’étoffe d’un vrai guide, je suis rapidement déconcentré et je me perds aussi. Ou j’aime plutôt perdre les gens. Il ne semblait pas du tout gêner par le contact de la jeune femme, au contraire. Duncan aimait le monde après tout. Les femmes, les hommes, les indécis… Tu veux te balader ?



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MessageSujet: Re: “ the future is unpredictable. ” (gene)    Mar 15 Aoû 2017 - 11:46

Gene n’avait aucun mal à discuter avec les gens qui l’entouraient. Elle pouvait converser sans le moindre effort, c’était la sincérité qui lui manquait parfois, comme elle pouvait entrer dans un personnage selon son interlocuteur. Rien que pour se payer sa tête ou pour évaluer l’intérêt que l’autre avait pour elle. Elle pouvait arborer le masque digne d’une jeune aristocrate, si elle le voulait (même si ses tenues avaient tendance à la disqualifier d’emblée si elle n’y faisait pas attention), ou adopter un accent du sud comme si elle débarquait de sa campagne. Il fallait bien que sa vie nomade ait quelques avantages et c’était là l’un de ses dons : voler aux autres un bout de leur façon d’être pour se l’approprier, pour mentir ou dissimuler quelque chose. Il n’y avait guère que le rôle d’ingénue qu’elle peinait à endosser, bien trop opposé à ce qu’elle était véritablement. Mais peut-être aurait-elle dû essayer, juste pour le sport, juste pour le frisson. Parler à autrui n’était donc pas un obstacle. Se lier, par contre, était une autre affaire. Gene n’avait pas d’amis, ils ne se comptaient même pas sur les doigts d’une main. La faute à son mode de vie dissolu qui ne lui permettait pas de rester bien longtemps à un même endroit, bien sûr, mais surtout à son tempérament parfois exécrable et sa nature indéchiffrable. Oh, elle avait apprécié certaines personnes, évidemment, elle ne détestait pas le monde entier, mais jamais quelqu’un ne l’avait incitée à rester plus longtemps à un même endroit. Elle s’envolait toujours à un moment ou un autre, disparaissait souvent dans la nuit, sans un adieu, sans un sourire. Un fantôme dont on doutait pendant un instant qu’il avait vraiment existé, qu’il n’avait pas été juste une hallucination. Mais pas longtemps. Gene avait aussi l’art d’imprimer profondément sa marque, que ce soit volontaire ou non.
Alors peut-être que c’était ce qu’elle appréciait chez Duncan : cette facilité déconcertante à s’ouvrir comme une fleur, à éclairer son visage d’un sourire sans artifice, quand Gene était une plante carnivore et vénéneuse. Peut-être que le jeune homme aurait dû éviter de se frotter à l’effrontée mais quelque chose disait à Gene qu’il ne courait aucun danger parce qu’il était bien trop malléable et qu’il ne se formaliserait pas si elle s’évaporait dans la nature. Il continuerait son petit bonhomme de chemin comme si de rien n’était. Était-ce cela qui poussait Gene à accepter ses jeux naïfs et ses mots innocents ? Voulait-elle conjurer un sort quelconque ? Elle-même l’ignorait.
Elle ne répondit pas à sa taquinerie et se contenta d’un haussement de sourcils éloquent, un air narquois luisant au fond de ses yeux.
- Au contraire, je pense que tu serais l’une des seules qui n’en aurait pas besoin. Tu m’auras oublié dès que j’aurai pris mon sac et repris la route. Tu te trouveras une nouvelle victime pour tes petites arnaques.
Elle lui rendit son joint comme un gage de paix, n’attendant pas de lui qu’il la contredise. Elle était convaincue de ce qu’elle avançait et cela lui suffisait amplement. Qu’il prétende le contraire et elle serait encore plus persuadée de ses dires.
- Oh, j’ai tout le temps de respirer, lui assura-t-elle avec un petit rire moqueur.
Elle, l’éternelle vagabonde aux emplois aussi éphémères que variés. Elle avait même tout le temps qu’elle voulait puisqu’elle n’était pas dépensière et n’avait donc pas besoin de trouver un emploi stable. Quelques dollars en poche lui suffisaient et elle s’arrangeait toujours pour se faire une petite marge en occupations douteuses. Si elle avait dû rédiger un cv pour trouver un job à Mount Oak, elle n’était pas certaine que ce qui y figure impressionne qui que ce soit. Mais à quoi bon s’en soucier ? Pour l’instant, elle avait un toit au-dessus de la tête et tant que sa famille ne la jetterait pas de la maison de sa grand-mère, elle n’avait pas de souci à se faire. En outre, elle ne mangeait pas beaucoup, ce qui n’était pas négligeable non plus quand on avait déjà pas grand-chose pour subvenir à ses besoins. Quant à l’essence nécessaire pour sa voiture, elle s’en soucierait quand il serait temps pour elle d’empaqueter ses maigres effets personnels pour repartir vers de nouveaux horizons. D’ici là, elle aurait sûrement trouvé une solution pour mettre un peu d’argent de côté. Et puis, qui sait, sa mère lui filerait peut-être deux cents dollars pour la voir déguerpir et elle n’aurait alors même pas besoin de se décarcasser !
- Je ne sais pas si elle avait du style mais, ouais, elle avait une prescription. C’est son toy boy qui me l’a dit. Bon, elle avait peut-être plus de style que je ne veux bien lui en créditer, admit-elle, un sourire énigmatique aux lèvres, en repensant au jeune homme qu’elle avait rencontré aux funérailles de son aïeule.
Son pied remonta nonchalamment le long de la jambe de Duncan tandis qu’elle le fixait d’un regard provocateur.
- Tu as toute ma confiance, lui déclara-t-elle avec un rictus. Je commence surtout à avoir faim. Cette discussion sans intérêt m’a ouvert l’appétit. C’est toi qui offres ?
Elle haussa les sourcils, d’un air faussement innocent et tira une longue bouffée à sa cigarette, attendant qu’il accepte de lui offrir la pitance. Ça aussi, c’était une façon d’économiser de l’argent, après tout.

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MessageSujet: Re: “ the future is unpredictable. ” (gene)    Sam 9 Sep 2017 - 19:55



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Duncan n'avait jamais éprouvé le moindre mal à communiquer. C'était même un atout. Faire la conversation, rire, plaisanter, tout cela était facile à ses yeux. Puisque les hommes étaient dotés de la parole, autant rendre ça simple et efficace. Mais Duncan avait un défaut : sa capacité à raconter tout et n'importe quoi pouvait parfois épuiser ceux qui l'écoutaient. Le silence et les sous-entendus étaient rarement une option et il aimait aborder les choses directement ou alors avec un brin de poésie – pour son côté romantique. Il savait que ses longues phrases pouvaient être pénibles, mais ne s'en inquiétait jamais plus que ça. Duncan aimait parler. Il aimait choisir ces mots et raconter l'histoire de la vie. Il y avait tant à dire, tant à décrire. Le monde allait si vite aujourd'hui que les détails passaient inaperçus. Tous ces petits détails si doux et attachant qui apportaient à ce monde une beauté nouvelle et sincère. L'évolution actuelle de leur monde était en train de détruire tout ce qui avait de beau et de naturel. L'artifice remplaçait chaque vérité pour le confort ridicule de ces hommes, un brin prêt à se couper le bras si ça pouvait réduire leurs efforts. Pas lui. Le petit Duncan était prêt à vivre à la belle étoile depuis sa naissance.

Parfois il se demandait si ses actions auraient un impact suffisant sur ce monde pour que les choses changent de la bonne façon. Il avait un côté naïf, Duncan. C’est vrai. Ses mots ne pouvaient pas réussir un tel exploit, pourtant ça ne l’arrêtait pas. Il avait la sensation que malgré tout, c’était comme murmurer dans l’obscurité une vérité qui persisterait malgré le temps. Il aimait imaginer les gens qu’il croisait, repenser à ses propos. Réfléchir, puis choisir. Agir ou non, si oui comment. Elle était loin, l’époque où il avait choisi une voie plus radicale, plus créative. Le virus qu’il avait concocté avec Demon avait été une expérience unique…

Je ne pense pas. Il essayait, du moins, de ne pas oublier tous ceux qu'il croisait. Le problème c'était que son cerveau n'avait pas l'espace de tout retenir. Ça, c'était certain. Attends, une nouvelle victime ? Tu es donc une victime ? Ma victime ? Il fit semblant d'être royalement offensé par le terme. Il reprit ensuite son joint et offrit un sourire. Il aimait ce côté tranquille qu'elle dégageait, Gene. Elle ne se prenait pas la tête, vraiment. Ils se ressemblaient, quelque part. Mais là où Gene suivait son instinct partait en quête d'aventure, Duncan lui en avait eu assez. Il préférait désormais le confort que lui apportait ce quartier, ces rues.

Le regard plongé dans celui de la demoiselle, il profita de son contact.

Offrir, non. Mais je connais un endroit qui ne me refuse jamais rien. Il se leva, tendant sa main à Gene. Et qui ne te refusera rien. Il tira une dernière fois sur son joint et jeta le reste inutilisable. Il guida ensuite Gene à travers le marché, toujours aussi dense. Sa démarche prouvait qu'il connaissait les lieux par cœur. Il coupa dans une rue, puis une autre, le tout souriant et saluant quelques personnes. Il décoiffa même un gamin qui le traita ‘de méchant grand-frère' avant de sourire à Gene dévoilant quelques dents inexistantes. Finalement, ils arrivèrent dans un petit restaurant à la déco tout droit sortie du siècle dernier. L'endroit était rempli.

T'es pas Vegan, j'espère ? L'odeur de brochettes prenait le dessus sur tout. Sur un comptoir pas assez grand étaient posées une centaine de brochettes à viande que deux grands-mères préparaient. Il n'y avait pas de choix, ici tout le monde mangeait la même chose : des brochettes, du riz aux légumes et des plateaux de fruits frais en dessert. Mais personne ne faisait ce plat aussi bien qu'elles.

Duck ! C'pas possible, t'étais passé où niño ? Duncan fit le tour et alla prendre dans ses bras Alberta, la spécialiste des brochettes. J'étais là, t'es juste trop aveugle pour me reconnaitre. Elle le frappa à l'épaule, laissant ensuite sa sœur jumelle, Paula, l'attraper pour le prendre dans ses bras à son tour. Elle essayait de ne pas le salir, ses mains colorées par les fruits qu'elle découpait. Tu sais bien qu'on est trop célèbre pour sortir dans la rue. Elle rit de bon cœur, mais fut vite interrompue par Alberta qui remarqua la belle Gene.

Qui est cette magnifique jeune demoiselle ! Duncan se contenta de laisser Gene se présenter à la grand-mère alors qu'il murmura à l'oreille de Paula : Vous avez une table de libre ? Paula attrapa une serviette puis s'essuya les mains tout en jetant un coup d'œil. Aucune table n'était libre, mais ça ne changeait rien. Vous pouvez monter à l'étage ? Ça te va ? Duncan se contenta de sourire et d'embrasser la mamie, plus que ravie. Tu sais que j'adore cette table ! Il se tourna vers Gene.

On monte en haut, tu me suis ? Abuela, je te fais confiance. Alberta rit, tout en retournant poser quelques brochettes sur le grill. Oui, oui, je sais. Je vous amène tout ça dans dix minutes les petits !

Passant derrière les cuisines, Duncan monta un escalier qui donnait l'impression de rendre l'âme tellement il grinçait. Une fois en haut, il ouvrit les portes du balcon ou se trouvait une petite table et trois chaises. L'espace n'était pas très grand, mais suffisant. Ils avaient une très belle vue sur la rue – même si la rue n'avait rien d'extraordinaire. Duncan s'installa sans peine, nettoyant rapidement la table où quelques feuilles mortes séjournaient.

Je me suis cassé une dent sur cette table. Une histoire très drôle. C'est comme ça que j'ai rencontré ces deux-là. Des femmes extraordinaires. Tu ne croirais pas la moitié de ce qu'elles ont accompli durant leur vie.


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MessageSujet: Re: “ the future is unpredictable. ” (gene)    Sam 23 Sep 2017 - 22:58

Il y avait un autre avantage à ne pas se lier aux gens qu’elle rencontrait : repartir était d’autant plus facile qu’elle ne laissait jamais rien derrière elle, elle n’avait dès lors aucun regret à fourrer ses affaires dans un sac et à prendre la poudre d’escampette. Quand elle songeait à tous les endroits qui l’avaient accueillie, ces dix dernières années, combien auraient pu, d’une façon ou d’une autre, lui donner envie de rester, de s’établir quelque part, de ne plus désirer parcourir les routes interminables qui quadrillaient les Etats-Unis ? Enormément. Elle avait adoré le soleil californien, l’ambiance de Louisiane, les monts verts du Wyoming, les bourgades perdues du Texas, de l’Indiana et de l’Ohio ou les grands lacs du nord. Elle avait même fait un crochet par le Canada, un été, voilà trois ans. Et aucun de ces lieux ne l’avait retenue, aucun de ces paysages n’avait étanché sa soif d’errance et de découvertes. Mount Oak ne ferait pas exception, elle en était convaincue. Mount Oak, moins que n’importe quel endroit où elle avait échoué, ne pourrait l’hypnotiser et la rendre sédentaire. Mais en attendant, rien ne l’empêchait de profiter du temps qu’elle y passait, même si le mot ‘profiter’ lui semblait bien cynique lorsqu’elle décelait le mépris des siens et le désir évident qu’ils avaient de la voir disparaitre à jamais. Eux non plus, ils ne lui manqueraient pas mais elle savait parfaitement qu’elle ne leur manquerait pas plus.
Heureusement, il y avait des gens comme Duncan. Gene avait peut-être tendance à le considérer d’un œil cynique, comme elle le faisait avec tout le reste, elle lui trouvait un air naïf et simple, mais il était l’un des rares à capter réellement son attention et à la divertir. Ils étaient si différents qu’ils formaient un bien étrange duo mais c’était ce qu’elle appréciait dans leurs échanges : parler avec Duncan n’était comparable avec rien, il était unique en son genre. Elle eut dès lors tendance à le croire lorsqu’il déclara qu’il ne pensait pas l’oublier et, pour une fois, Gene Edelstein apprécia l’idée qu’elle puisse rester imprimée dans un esprit aussi fantasque et libre que celui du jeune homme. La jeune femme lui décocha un sourire narquois lorsqu’il lui demanda si elle était sa victime et haussa les épaules :
- Fais gaffe, mon joli. Je vais te faire voir, ce que c’est une victime, sinon, le menaça-t-elle d’un ton ironique.
Il n’était pas né, celui qui pouvait assurer qu’elle était la victime de qui ou quoi que ce soit. Elle aimait à penser qu’elle était l’indépendance même et que personne ne pouvait avoir l’ascendant sur elle. Celui qui voulait s’y risquer verrait bien de quel bois elle se chauffait. Mais comme Duncan ne semblait pas avoir une once de méchanceté dans son corps dégingandé, Gene s’en tint à cette mise en garde factice et se contenta de lui offrir le sourire un peu charognard qu’elle avait tendance à offrir au monde. De toute façon, elle n’en avait pas vraiment d’autres et c’était ce qui effrayait généralement les gens. Tant pis pour eux, décrétait Gene, elle n’avait pas de temps à perdre avec des lâches et leurs yeux scrutateurs et pleins de jugements.
Lorsqu’il ébaucha l’idée d’un endroit où on ne lui refusait rien – et Gene n’avait aucun mal à le croire, elle était certaine qu’avec son sourire d’ange, il en amadouait plus d’un(e) – la jeune Edelstein arqua un sourire intéressé. Qu’il paie ou non lui importait peu, elle considérait toujours cela comme une offre. La demoiselle regarda le garçon se lever, considéra une seconde la main tendue, n’étant habituellement pas du genre à accepter ce genre de geste, puis finit par écouter son ventre plutôt que sa réticence. D’un mouvement souple, elle attrapa les doigts tendus et imita Duncan, se redressant à son tour, sa curiosité piquée, bien malgré elle. Machinalement, elle lissa ses vêtements, comme si elle avait pu se couvrir de poussière, juste en restant assise là quelques minutes, puis suivit son guide à travers les rues, son regard félin suivant le moindre de ses sourires, qu’il offrait gracieusement aux passants. On aurait dit un petit prince des pauvres qui déambule dans le quartier où il règne en maitre, une sorte d’Aladdin efflanqué à l’arc des lèvres innocent et doux.
Le jeune homme l’emmena dans un restaurant qui ne payait pas de mine, le genre que seuls les gens du coin connaissent, et où les touristes ne se risqueraient probablement pas – tant pis pour eux. Gene, elle, suivit Duncan sans émettre le moindre commentaire et quand il voulut s’assurer qu’elle n’était pas végane, la jeune femme se contenta d’un sourire narquois qui en disait long sur la bêtise de la question.
À nouveau, Gene put constater avec une certaine stupéfaction, que son acolyte était particulièrement populaire. Tout le contraire d’elle, en somme. Les gens accueillaient le jeune homme avec une béatitude sincère et, pendant une fraction de seconde, Gene se demanda si son aura malfaisante n’allait pas ternir cette joyeuse ambiance. Cela ne dura qu’un instant, cependant, son égoïsme légendaire effaçant rapidement cette sensation. Et puis, le bonheur que Duncan paraissait propager autour de lui semblait bien plus présent que ce qu’elle pouvait inspirer. Gene adressa un sourire en coin à la femme qui la remarqua et approcha d’un pas léger, presque aérien, pour lâcher son nom avec un petit air effronté – évidemment, elle ne précisa pas qu’elle s’appelait en réalité Eugenia. Lorsqu’elle reporta son attention sur Duncan, il proposait de monter et si une remarque mal venue effleura l’esprit de l’effrontée, celle-ci ne franchit pas ses lèvres. Après tout, elle ne tenait pas spécialement à ruiner la douce ambiance qui régnait et la chaleur avec laquelle on l’avait abordée. Elle le suivit donc à l’étage, gardant pour elle ses réflexions sarcastiques et découvrit une petite terrasse, agréablement exposée et isolée du brouhaha qui régnait au rez-de-chaussée.
- Une vie digne d’un roman, j’en suis certaine, répondit-elle en se laissant tomber sur une chaise avant d’étendre ses longues jambes pour poser ses chevilles croisées sur la rambarde. Mais là, tout de suite, c’est toi qui m’intéresse le plus.
Et elle était sincère, pour une fois. Avoir observé l’attitude du jeune homme depuis qu’ils avaient quittés la place jusqu’à ce qu’ils atterrissent sur ce balcon lui avait fait réaliser à quel point il était particulier. Elle ne pouvait dès lors pas imaginer une seule seconde qu’il puisse avoir eu une enfance et une jeunesse banales. Elle qui se contrefichait pas mal de l’histoire des autres, en temps normal, se surprit à vouloir en découvrir davantage à propos de Duncan.
- Alors parle-moi de toi. Tu as toujours vécu dans le coin ?
Était-ce la fraicheur de l’atmosphère, le joint dégusté un quart d’heure plus tôt ou la compagnie singulière du jeune homme, Gene l’ignorait. Mais elle profita de cette ambiance paisible comme rarement elle l’avait fait.

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MessageSujet: Re: “ the future is unpredictable. ” (gene)    Mar 21 Nov 2017 - 10:59



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Duncan passait sa vie à sourire aux choses simples. À ses yeux, c’était ainsi que les âmes les plus torturées trouvaient le bonheur. Et lui, le bonheur, il le voulait. Il désirait plus que tout rire face aux mondes tout en cherchant à l’améliorer. Car ce monde était devenu compliqué, comme un noeud géant composé des vies de ses habitants. Il était hors de question de faire partie du système. Hors de question de suivre le mouvement, de sombrer dans la technologie, de perdre le contact humain. Il pensait déjà ainsi lorsqu’il avait fait cette émission. Mais ce show lui avait apporté une plateforme pour faire entendre sa voix. Pour la diffuser plus loin que le marché du quartier. Il n’avait pas eut peur de se transformer en quelque chose qu’il n'était pas. Il était parvenu à rester fidèle à ses convictions. Mais sa vie avait trouvé une gloire étrange et Duncan l’avait fui sans la moindre hésitation. Il s’était éloigné le plus possible du centre et de ses folies. Il aimait son quartier, il aimait la pauvreté qui l’avait aidé à grandir. Qui l’avait aidé à ouvrir les yeux vers la vérité qu’il chérissait désormais. Dès qu’il en avait la moindre occasion, il en profitait pour balançaient ses mots aux autres. Pour prendre la parole devant ces inconnus et pour essayer de diriger leurs regards vers quelque chose de plus simple. Duncan voulait que les hommes apprennent de nouveau à aimer. Il espérait que la vie retrouverait de son sens et que toutes ses évolutions allaient cesser. C’était un rêveur, un rêveur qui aurait aimé vivre à une autre époque. Dans un autre monde, même.

Il était rempli d’un espoir certain qui refusait de se ternir face aux autres. Dès qu’il croisait une âme, c’est comme si cet espoir grossissait. Peu importe la conclusion de la rencontre, peu importe si plus jamais il ne revoit cette personne. La beauté de cette vie, c’était connaitre et profiter de chaque instant.

Riant de bon coeur, il n’osait imaginer ce qu’était une victime aux yeux de la tentatrice Gene. Lui, n’en était pas une de victime. Quelle que soit la situation, il arrivait à garder son esprit libre de toute contrainte. Même dans les pires situations. Par chance, ceci n’en était pas une et Duncan était content de pouvoir montrer un peu de sa personne à la jeune femme. Il se révélait, sans artifices. C’était ainsi qu’il lui tendit la main, prêt à lui montrer son monde à lui. Cet univers si doux et particulièrement apaisant. Il aimait sa vie. Il aimait les gens de ce quartier franchement pas des plus nettes. Il souriait sans problème, habitué à eux et eux habituaient à lui. Il savait parfaitement où emmené Gene. Il espérait d’ailleurs que le voyage et le résultat n’allaient pas la décevoir. La bonne ambiance de ce petit restaurant était célèbre, ici. Tout le monde aimait Alberta et Paula. C’était les meilleures. Rapidement, les choses se mettant en place et Duncan guide de nouveau son amie vers l’étage, vers un endroit plus calme et isolé. Il ne cherche pas à l’impressionner ou à conquérir son coeur dans un lieu romantique - pour être honnête, cet endroit ne l’était pas à ses yeux. Il n’avait juste aucune limite quant à sa propre sincérité.

Moi ? La remarque le surprit. Le regard de Gene semblait appuyer ses propos. Il eut envie de rire, trouvant ça étrange qu'on s'intéresse à lui d’un coup. L’envie lui passait face à la question de la jeune femme. Tu veux vraiment savoir ? Il fronça les sourcils, lui qui n’avait jamais peur de parler. Finalement, il décida de se laisser faire. J’ai toujours vécu ici. Comme la plupart des enfants dans le coin, orphelin et fier voleur des temps modernes. Ce qui explique pourquoi je ne connaissais pas la porte d’entrée à l’époque et que, quand j’avais faim, je passais par là. D’un geste, il prit en compte la petite terrasse. Il avait alors 8 ans. Grimper, c’était sa spécialité comme beaucoup d’autres. Mais sa première fois à vouloir voler des brochettes s’était conclue en un échec lamentable. Il s’était retrouvé la tête la première sur le sol, des dents en moins.

Je n'ai jamais été doué pour ça. Pour voler. J’étais sans doute le plus ridicule d’entre tous, mais par contre… Il se rapproche. Moi, ma spécialité, ça a toujours été les mots. Je peux te raconter des centaines de choses sans m’arrêter et cela pendant des heures. Et j’adore ça ! Alors très tôt, j’ai pris une place au marché et parfois je me mettais à parler. Je racontais tout à tas de trucs, sur le monde, sur la vie, sur l’âme et ses tourments. Je me mettais un peu en hauteur, comme ça. Il se leva sur sa chaise, fier comme jamais. Et je discutais de tout et de rien avec tous et chacun. Je le fais encore aujourd’hui, je ne m'arrêterais probablement jamais.

Jamais ? Ah ! Tu vas descendre mon petit et je vais t’en coller une ! La dernière chose dont on a besoin ici c’est d’un cadavre de plus ! Duncan se mit à rire tout en s’installant plus convenablement sur sa chaise. Alberta venait apporter un énorme plateau, quelques brochettes et deux bols de riz aux légumes. Elle offrit un sourire, déposa le tout et rajouta : C’est un ensorceleur, voilà la vérité ! Même à la télé, il a charmé tout le monde. C’est notre star à nous. Duncan ria de nouveau, Alberta semblait se moquer sans souci de lui, comme toujours. Elle le taquinait. Tout le monde connaissait l’histoire de l’enfant qui était venu voler et qui, finalement, s’était retrouvé à manger à sa faim gâter par les soeurs. Et tout le monde avait suivi de près ce même gamin dans une émission de télé-réalité complètement barge. Et si à une époque on croyait qu’il avait tourné le dos aux quartiers, Duncan était revenu identique à autrefois. Il se cachait chez eux qui l’avaient vu grandir. Tout le monde se souvient de l'équipe envoyée pour l’arrêter et le renvoyer au centre-ville. Le forcer à être la star des écrans. C’était un héros. Un héros étrange, et inhabituel, mais un héros qui n’avait pas dépensé son argent en folie et qui gardez un compte en banque assez remplie même aujourd’hui. Il n’aidait que lorsque les urgences étaient là. Les mamies le savaient, ayant elles-mêmes reçu cette aide quelques mois plus tôt. Mangez-bien ! Je vous en rapporte plus si vous le voulez mes enfants. Un regard complice, la vieille dame se retira.

Il n’y a rien de magique en moins, je te le promets ! Il attrapa une brochette, affamé. La drogue avait cet effet chez lui. La faim était énorme.


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Gene Edelstein

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MessageSujet: Re: “ the future is unpredictable. ” (gene)    Mer 27 Déc 2017 - 16:27

C’était étrange comme les circonstances pouvaient modifier du tout au tout une attitude. Gene savait parfaitement qu’elle aurait tout aussi bien pu se comporter différemment avec Duncan. S’il l’avait rencontrée quelques années plus tôt, lorsqu’elle sortait tout juste de son adolescence vagabonde, elle aurait pu être méchante voire cruelle, se moquer de lui ouvertement et le dénigrer d’un air canaille. Elle n’irait pas jusqu’à prétendre que ses actes auraient pu blesser le jeune homme mais, une chose était certaine, elle ne se serait pas intéressée à lui comme elle le faisait à cet instant. Était-ce son statut de paria qui l’avait poussée à se lier d’amitié – enfin, elle n’était pas certaine de pouvoir user de ce mot ridicule mais c’était sûrement ce qui devait s’en rapprocher le plus, à son sens – avec l’énergumène ? Il fallait dire que c’était la première fois qu’elle était si mal accueillie – et pour cause ! – dans un endroit où elle avait élu temporairement domicile. Inconnue qui débarquait généralement sans prévenir, elle pouvait encore jeter de la poudre aux yeux avant que les gens réalisent à qui ils avaient véritablement affaire. Pas à Mount Oak où, dès qu’on avait découvert qu’elle était la petite fille de la vieille Eugenia, elle avait été considérée avec dédain par certains, à la limite de la haine par d’autres. Sa famille, en somme. Cette famille qu’elle ne connaissait pratiquement ni d’Eve ni d’Adam. Même ses cousins ignoraient tout d’elle et elle se targuait de ne pas pouvoir les différencier lorsqu’il aurait suffi d’un petit effort pour identifier les uns et les autres. Mais là où  sa réputation se fabriquait sur place en général, elle l’avait précédée ici et Gene n’avait eu en réponse qu’un sourire charognard, provocateur, comme si elle désirait leur prouver que leur mépris lui était indifférent, tout comme leur personne. Elle aurait pu dès lors offrir le même traitement au drôle de garçon qu’était Duncan mais c’était peut-être justement sa singularité qui l’avait poussée à attendre de voir ce que la suite de la conversation donnerait. Comme un chat le ferait devant une souris qui danse pour le déconcentrer.
Une chose, en tout cas, que Gene peinait à comprendre, c’était ce sourire qu’arborait le jeune homme en permanence. Qu’est-ce qui pouvait lui donner tant envie de sourire ? avait-elle pensé au début, associant un peu rapidement cette béatitude à de la bêtise avant de réaliser qu’il s’agissait tout simplement de bonté. Une notion qui lui était pratiquement étrangère, vu les gens avec lesquels elle s’acoquinait naturellement, où qu’elle aille. En vérité, c’était comme si elle était incapable d’attirer des gens bons et sans arrière-pensées, se coltinant des arnaqueurs et des manipulateurs. Mount Oak avait peut-être un nid de gentils, se dit-elle en dévisageant Duncan et en se rappelant le sourire charmant du garçon de l’enterrement. Ou elle n’avait tout simplement pas encore trouvé le quartier qui correspondait aux gens de son espèce, conclut-elle avec un sourire cynique.
- Non, le Pape. Bien sûr, toi ! répliqua-t-elle en levant les yeux au ciel, faussement agacée par la surprise innocente qui se dessinait sur les traits de Duncan. Crois-moi, je ne suis pas du genre à poser une question si la réponse ne m’intéresse pas.
C’en était d’ailleurs à un point où elle faisait la sourde oreille dès qu’on essayait de lui faire poser des questions. Quelqu’un qui tentait de l’amadouer avec une histoire rocambolesque dans l’unique but qu’elle demande ‘et alors ? que s’est-il passé ensuite ?’ se retrouvait le bec dans l’eau, à devoir raconter la chute face à un silence buté et narquois. Les discussions inutiles n’enchantaient pas Gene et elle ne manquait jamais d’afficher son ennui lorsqu’elle décrochait complètement de l’échange. Elle n’était pas l’interlocutrice idéale et n’avait aucun complexe à ce propos.
Gene suivit du regard son geste lorsqu’il expliqua avoir passé son enfance à grimper plutôt qu’à emprunter la porte du rez-de-chaussée. Elle l’imagina sans peine, peut-être parce qu’il n’avait rien d’un homme à ses yeux et qu’elle devinait l’enfant et l’adolescent qu’il avait été : gringalet et souriant comme il l’était encore aujourd’hui, simplement un peu plus petit. La jeune femme reposa son attention sur lui lorsqu’il se rapprocha avec un air conspirateur. Un petit rire lui échappa quand il se mit en scène, perché sur sa chaise, tel un bonimenteur qui essaie d’haranguer les foules et elle était sur le point de lui demander s’il prêchait la bonne parole aussi quand une voix fit irruption dans l’air et l’une des femmes – Gene fut bien incapable de se rappeler le prénom de celle-ci – apparut pour réprimander le jeune homme. Machinalement – du moins le jugea-t-elle, refusant de croire qu’elle puisse l’avoir fait pour ne pas se montrer impolie vis-à-vis de la vieille femme – elle replia ses jambes et s’assit plus droite dans sa chaise, glissant les pieds sous ses fesses et posant le bras sur l’accoudoir, pour découvrir les mets fumants qu’elle leur apportait.
- La télé ? répéta Gene en adressant un haussement de sourcils à Duncan, comme si elle peinait à croire qu’il puisse être apparu à l’écran de n’importe quelle télévision.
Elle n’avait jamais vraiment eu un téléviseur à elle et n’avait donc que très rarement passé un moment devant une quelconque émission. C’était peut-être la seule chose sur laquelle Gene était à la traine et qu’elle n’aspirait pas spécialement à rattraper. Les derniers shows télévisés à la mode lui étaient complètement indifférents et cela avait toujours fait partie d’un bruit de fond, d’un arrière-plan auquel elle n’accordait aucune attention. Après, elle tablait plutôt sur le fait qu’il ait dû apparaitre sur une chaine locale et non nationale mais, au final, qu’en savait-elle ? Avait-elle la prétention d’affirmer que si elle l’avait aperçu à l’écran, elle aurait été marquée par son sourire angélique et son physique particulier ? Loin de là.
Gene attrapa un bol de riz et entreprit de picorer des grains, sans se rendre compte qu’elle n’avait même pas pris la peine de remercier la vieille dame, ni Duncan, d’ailleurs.
- Je crois que je pourrais avaler un éléphant, s’exclama-t-elle avec un soupir d’aise en se rencognant dans sa chaise après avoir saisi l’extrémité d’une brochette. Alors, c’est quoi cette histoire de télévision ? T’es un héros local ?
Et même si son ton pouvait passer pour moqueur, Gene ne l’était même pas, à ce moment-là.

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MessageSujet: Re: “ the future is unpredictable. ” (gene)    Sam 20 Jan 2018 - 11:04



the future is unpredictable

Duncan s’éloignait des personnes négatives. Il pouvait les sentir, comme si un radar sommeillait en lui et s’activait dès qu’une personne trop pessimisme avancé en sa direction. Il y avait des cas qui pouvaient être sauvés, des âmes pas assez brisées pour être irrécupérable. Mais pour d’autres, c’était comme si sourire devenait un vrai problème. Les écouter, c’était comme faire un suicide musical qui détruisait ses tympans. Et peut-être bien que Duncan est un peu trop gentil, un peu trop naïf et qu’il aime l’idée que ses mots puissent changer un esprit, mais il savait aussi baisser les bras, abandonner et laisser tomber quand la tâche s’annonçait trop compliquée. Heureusement pour lui, voilà des années qu’il n’était entouré que de personnes formidables. Des amis, des connaissances, des hommes qui le suivaient depuis trop longtemps maintenant. Il avait une vie imprévisible et en même temps bien guidée. Son quotidien résidait ici, à Jericho. Il ne s’aventurait plus en dehors, plus depuis qu’on a essayé de le changer lui. De le transformer en ce qu’il n’était pas simplement pour de l’argent, de la population et surtout du pouvoir. Duncan avait fui tout ça. Il ne se souvient même plus pourquoi il s’était laissé embarquer à l’époque, mais les années étaient passées depuis. Il n’était plus aussi jeune, aussi vif à vouloir changer le monde. Il n’était plus si bête à accepter toutes les mains qu’on lui tendait sous prétexte qu’il n’avait pas d’autres choix. Et voilà où il était aujourd’hui : dans les rues, où durant longtemps, il avait passé ses heures à voler. À troquer, échanger, chercher. Sous les ordres de l’oncle Mani, il avait agi comme une bonne partie des autres enfants de la région. Survivre en péchant. Les choses auraient pu être pires et il le sait. Il a observé certaines choses ici, au point que plus rien n’a vraiment de mystère à ses yeux. C’est son coin, son domicile, son peuple, quelque part. Un mini-roi ignoré et pourtant prêt à tous les sacrifices pour les siens. Mais tout le monde n’avait pas ce même avis sur lui. Certains considérés que sa petite escapade à la télévision lui avait gonflés les chevilles au point de voler trop haut. D'autres, en revanche, avaient compris qu’il n’avait fait que suivre un mouvement de vague pour mieux s’échouer de nouveau sur son point de départ.

Duncan ne se focalise plus désormais sur tout ça. Il se fiait à son instinct et son instinct lui disait que Gene était quelqu’un de bien. Peut-être un peu égoïste parfois, peut-être un peu légère sur ce qui l’entourait, mais pas mauvaise. D’une certaine façon, il avait la sensation qu’elle semblait fatiguée de sa vie, mais peut-être plus encore des gens qu’elle croisait. Peut-être qu’il pouvait lui raconter sa vie, mais il n’était pas certain que Gene lui raconte la sienne et en aucun cas, il ne voudrait la forcer à quoi que ce soit. L’importance, là tout de suite, c’était qu’il savoure ce qu’elle lui donnait maintenant. En plein dans son histoire - et Dieu sait qu’il pourrait parler ainsi pendant des heures - Alberta arriva avec ce dont l’estomac de Duncan rêvait. Il fut ensuite trop préoccupé par ce qu’il avait sous les yeux pour tout suivre.

On n'a pas d’éléphant ici, mais je peux peut-être transformer ce bol de riz en animal à trompe. Il observa son bol de riz et se demandait s’il avait les atouts artistiques pour s’engager dans une telle entreprise. Il reposa le truc avant de faire une bêtise et dévora sa brochette tout en entendant la question de Gene.

Eh bien c’est une histoire pas franchement fascinante, si tu veux mon avis. Il reposa le morceau de bois vidé et prit un peu d’eau avant de reprendre. Je devais avoir 20 ans, tout au plus, quand ce type m’a accosté dans la rue. Il disait que j’étais exactement ce qu’ils recherchaient pour une nouvelle émission de télé-réalité - mais je vais être honnête, je ne pigeais pas la moitié de ce qu’il me racontait, je n'avais pas de télé. Il se souvient avoir déjà observé des trucs devant les vitrines de boutiques, mais regarder une émission. Jamais. Il attrapa une nouvelle brochette. Ça s’appelait To The Top. On était une vingtaine au début, enfermé au rez-de-chaussée d’un immeuble. D'énigmes, en jeu, en vote et autres conneries, il fallait aller jusqu’au dernier étage… Beaucoup sont devenus fous le dedans, c’était un vrai labyrinthe. J’ai bien cru qu’on allait m’arracher le bras à un moment donné. Et puis j’ai gagné. Il attrapa avec ses dents un morceau de viande et l’avala. Je t’ai dit, c’pas très intéressant tout ça. Il s’essuya la bouche avec un mouchoir puis reposa ses yeux sur Gene.

C’était il y a longtemps, j'suis bien content que plus personnes ne s’en souviennent vraiment. Ce qui n’était pas vraiment le cas, tant il restait une figure marquante de la télévision et que de temps en temps, on parlait encore de lui… le gagnant qui a fui le luxe pour les bas quartiers.


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Gene Edelstein

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MessageSujet: Re: “ the future is unpredictable. ” (gene)    Ven 2 Fév 2018 - 13:12

Gene regardait Duncan et elle se demanda quelle tête ferait sa mère si elle se pointait avec le jeune homme, comme ça, sans prévenir. Elle serait choquée, bien évidemment, que sa fille n’essaie même pas de remplir les conditions minimum d’un quelconque respect mais, plus que tout, de quel œil verrait-elle ce garçon un peu étrange mais dont la gentillesse était si évidente ? S’en méfierait-elle ? Se demanderait-il ce qu’il cachait puisqu’il ne pouvait clairement pas être un être normal s’il côtoyait Gene ? Ou le jeune homme parviendrait-il à amadouer les Blythe avec son sourire charmant et sa simplicité naturelle ? La jeune femme en doutait. Sa famille n’était après tout qu’un ramassis de coincés qui jugeaient tout ce qui leur était étranger, des bien pensants qui n’en avaient que l’allure, pas l’essence. Gene avait beau ne pas partager le moindre trait commun avec Duncan et les gens de son espèce, elle savait faire la part des choses, elle savait voir qui était désintéressé et qui feignait de l’être. Dans ce cas-ci, indéniablement, Duncan faisait partie de la première catégorie. Qu’aurait-il gagné à l’emmener manger gratuitement, après tout ? Il était assez évident qu’il ne cherchait pas à la séduire (ou, si c’était le cas, il s’y prenait comme un pied, songea Gene). Là, occupé comme il était, il installait son petit nid parmi les gars qu’on pouvait appeler ‘les bons copains’, ceux qu’on appréciait indéniablement mais qui n’évoquaient ni désir ni passion, même éphémère. Non, décidément, Gene pensait pouvoir se targuer de voir clair dans le jeu de ceux qui l’approchaient et Duncan n’avait visiblement pas à l’esprit de la déshabiller (et ce, même si elle ne portait pas grand-chose et qu’il n’y avait donc que trop peu de place laissée à l’imagination). Un instant, Gene se demanda à quoi ressemblait un Duncan en pleine parade amoureuse et elle se dit que, a priori, elle n’avait pas les attributs recherchés par le garçon. Si c’avait été le cas, aurait-il pu se comporter aussi nonchalamment avec elle ? Elle était si occupée à se figurer la scène qu’elle perdit le fil de la conversation à un moment et dut rassembler toute sa concentration pour revenir à l’objet de leur échange.
Duncan évoqua un événement qui avait dû se produire quelques années auparavant, sans qu’elle parvienne à vraiment situer celui-ci dans le temps. Quel âge pouvait bien avoir Duncan ? A peu près le sien, peut-être un peu plus jeune mais, dans ce cas, pas beaucoup. La jeune femme lui donna vingt-six ans, ce qui faisait remonter l’anecdote à six ans. Où était-elle il y a six ans, quand tout cela était arrivé ? Peut-être en Floride. Ou alors elle avait déjà migré vers Charleston. Quelle importance, cependant ? Un sourire légèrement narquois se profila sur les lèvres de Gene alors que Duncan avouait ne pas avoir tout compris à ce que l’inconnu lui avait raconté pour l’amadouer. Par habitude, elle n’évalua pas la situation simplement, naïvement, mais entrevit plutôt les aspects étranges ou négatifs qui auraient pu en découler. À n’en pas douter, si elle avait dû entendre l’échange entre le type et Duncan, elle y aurait vu une belle arnaque et aurait observé la réaction du jeune homme en se demandant s’il croyait une seule seconde à ces foutaises. Preuve en était qu’au final, l’inconnu n’avait pas menti mais Gene aurait indubitablement été plus méfiante que Duncan à l’époque. Elle se demanda aussi ce que Duncan avait de si particulier pour qu’il soit le candidat parfait pour cette émission. Avait-il cherché à l’entuber en l’embauchant ? Avait-il voulu en faire le dindon d’une farce à l’échelle nationale ? Puis Duncan exposa le principe du jeu de téléréalité et il évoqua vaguement quelque chose à la jeune nomade, même si elle était à peu près certaine de n’avoir jamais regardé une émission en entier. Peut-être avait-elle vu une publicité ou une affiche placardée. En tout cas, l’idée même que Duncan ait pu être le vainqueur de cette émission lui extorqua un léger rire, tant cela paraissait absurde.
- Et tu as gagné quoi ? s’enquit-elle, se fichant pas mal d’avoir l’air tout à coup intéressée par la somme rondelette qu’il avait peut-être perçue et qu’il avait sûrement dilapidée depuis le temps.
Elle se pencha pour attraper une nouvelle brochette et entreprit de la grignoter sans quitter Duncan des yeux. Lui qui lui paraissait très lisse et un peu naïf par moment venait de se colorer d’une ombre surnaturelle. Il fallait quand même qu’il en ait dans le ciboulot pour être parvenu à gagner à un jeu.
- Honnêtement, à ta place, j’aurais cru que le type était un proxénète qui voulait vendre ton joli petit cul au plus offrant, dit-elle sans filtre en haussant les épaules.
Alors était-ce la chance qui suivait Duncan partout, plutôt ? Combien de bricoles, en effet, auraient pu lui arriver, avec toutes ces (més)aventures ? Et malgré tout, il semblait être resté très humble, très normal. Cela valait sûrement mieux pour lui, songea la demoiselle en enfournant une cuiller de riz. Combien de ces stars du petit écran ne s’étaient-elles pas suicidées après être retombée dans l’anonymat de la vie de tous les jours, après tout ?

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