(not so) blind date


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Gloria Bedelia

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MessageSujet: (not so) blind date   Jeu 23 Fév 2017 - 22:38


Gloria prit une profonde inspiration puis expira lentement et longtemps pour chasser l’angoisse qui s’était nichée au creux de sa poitrine. Il n’y avait pas de quoi se montrer anxieuse, pourtant, Remus et elle s’étaient mis d’accord sur ce point dès le départ : s’ils cédaient devant l’insistance de leur collègue, c’était uniquement pour se débarrasser des sous-entendus qui manquaient cruellement de subtilité, pour faire enfin comprendre à cette entremetteuse envahissante que non, avoir le même âge et être tous les deux célibataires ne signifiait pas pour autant qu’ils étaient faits l’un pour l’autre. Pas plus qu’il ne s’agissait d’une tare. Pas plus qu’elle en oublierait plus vite Ahri, non plus. Mais même si l’événement ne revêtait aucun romantisme assumé, Gloria n’avait pu s’empêcher d’hésiter devant sa garde de robe – qu’elle avait soigneusement vidée de tout son contenu, jetant robes et jolis hauts sur son lit pour finalement décider que rien de ce que contenait sa chambre ne conviendrait aux circonstances parce que c’était comme si l’odeur d’Ahri était imprimée partout, sur chaque parcelle de l’appartement, sur chaque fibre de tissu, sur chaque objet que rencontrait le regard de la jeune femme.
Elle était donc sortie sur un coup de tête pour acheter une tenue neuve et était revenue, deux heures plus tard, avec une robe aux reflets émeraude qui, elle le savait parfaitement, ne ferait qu’accentuer la clarté de son regard. Elle en avait profité pour craquer complètement et avait jeté son dévolu sur une veste en cuir qui oscillait entre chic et décontracté et avait parfait l’ensemble d’une paire de talons pour allonger ses jambes. Toutefois, en retrouvant son domicile et en s’apercevant, Gloria n’avait pu réprimer une grimace : à quoi jouait-elle au juste, à se pomponner de la sorte pour un homme qu’elle ne chercherait même pas à séduire ? Il était toutefois trop tard pour revenir sur ses choix et elle avait donc pris la direction du restaurant avec une boule dans le ventre.
Elle n’avait réalisé la raison de cette anxiété que lorsqu’elle s’était retrouvée assise à la table pour deux élégamment dressée, à attendre son faux rendez-vous galant : elle n’avait jamais été à un rendez-vous, même si des diners en tête à tête avec Ahri, il y en avait eu un nombre incalculable. Mais elle n’avait jamais eu à envisager des pistes de sujets de conversation si celle-ci tombait à plat, elle n’avait jamais eu à faire attention à la façon dont elle mangeait, elle n’avait jamais eu à appréhender quoi que ce soit parce qu’elle connaissait Ahri par cœur, parce qu’il savait tout d’elle, parce qu’ils  étaient ensemble depuis si longtemps qu’ils n’avaient plus à se tracasser, ils pouvaient profiter des moments à deux sans les analyser. Que ferait-elle ce soir, même en sachant que Remus n’attendait rien d’autre qu’une soirée plaisante pour donner satisfaction à une collègue ? Tout à coup, elle se sentit ridicule de s’être donnée tant de mal, persuadée que quand il la verrait, le jeune professeur de physique se méprendrait et s’imaginerait qu’elle avait menti quand elle avait prétendu qu’elle n’attendait rien de lui. Il était cependant encore temps de s’éclipser, songea-t-elle en jetant un coup d’œil à sa montre. Avec sa vilaine manie de toujours partir trop tôt, elle était arrivée largement en avance au restaurant et se sentait maintenant stupide de s’être laissée embarquer dans une situation aussi grotesque. Et puis qu’arriverait-il si Ahri passait à proximité et la voyait en compagnie d’un autre homme ? L’idée lui oppressa tant la poitrine qu’elle attrapa le verre d’eau dès que le serveur eut terminé de le lui servir et il arbora un sourire compatissant en haussant les sourcils :
- Premier rencard ? s’enquit-il.
Gloria acquiesça brièvement et détourna les yeux. Elle ne voulait pas se donner en spectacle, elle ne voulait plus se trouver là, elle ne voulait plus avoir l’impression d’être une traitresse alors que la rencontre était tout à fait innocente. Elle ne voulait pas faire semblant, elle voulait se débarrasser de cette robe et retrouver le réconfort de son lit, même si la place voisine était toujours glaciale depuis le départ d’Ahri. Mais au moment où elle envisageait de se lever et de partir, prête inventer un prétexte fallacieux pour excuser sa désertion, elle vit la silhouette familière de son collègue et elle se rassit, le cœur battant. Elle s’efforça toutefois d’accueillir Remus avec un sourire convainquant tandis que le serveur le guidait vers leur table.
- C’est étrange, n’est-ce pas ? lâcha-t-elle lorsqu’il fut à portée de voix. Dis-moi que tu trouves ça aussi bizarre que moi, le supplia-t-elle sur le ton de la plaisanterie en essayant d’adopter une posture désinvolte, malgré le malaise évident qu’elle ressentait.
Il n’y avait rien à craindre, pourtant, elle le savait. Même si Remus était l’un de ces collègues qu’elle ne côtoyait que vaguement, elle le savait gentil, elle connaissait sa popularité auprès des élèves. Il était l’un de ces profs cools que tout le monde appréciait. Alors elle aurait dû se réjouir de passer un moment avec lui, non ? Certainement. Si seulement il n’y avait pas eu ces circonstances embarrassantes qui les avaient forcés à se retrouver en tête-à-tête.

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MessageSujet: Re: (not so) blind date   Sam 25 Fév 2017 - 0:25

Remus bailla pour la énième fois, n'arrivant pas à se motiver pour ce rendez-vous qu'il avait bien malgré lui accepté. Ce ne serait pas forcément une mauvaise chose de passer un peu de temps en compagnie de Gloria et d'apprendre à connaître une de ses collègues, mais le côté "arrangé" de ce rendez-vous lui donnait des allures d'obligations. Maintes fois, il avait été tenté de l'annuler. Il pourrait trouver une excuse, inventer une obligation familiale quelconque et en être débarrassé, mais il savait que ça ne ferait que repousser le problème. S'ils ne se voyaient pas ce soir, il leur faudrait choisir une autre date, et supporter les sous-entendus de Petunia qui aimait à répéter à quel point ils formeraient un joli couple. L'expression en elle-même empêchait Remus de la prendre au sérieux. Il connaissait vaguement Gloria pour avoir échangé quelques mots avec elle mais ce n'était pas parce qu'ils avaient le même âge et partageaient leur statut de célibataires qu'ils devaient forcément finir ensemble. C'était pourtant ce que Petunia avait l'air d'avoir en tête à en croire l'intérêt qu'elle portait à l'affaire. Elle avait insisté jusqu'à ce qu'ils cèdent et conviennent d'un rendez-vous, trop heureuse d'avoir atteint son objectif pour se rendre compte qu'ils en avaient eux-mêmes fixés les règles et s'étaient mis d'accord pour ne rien en attendre. Ce serait un repas, mais entre amis. Ou entre collègues en tout cas. Maintes fois il pensa à annuler, mais résista jusqu'au bout.
Il s'était préparé en s'imaginant retrouver une autre que Gloria dans ce restaurant. Elle ne l'attendrait peut être pas lui mais elle serait là, et Remus aurait saisi sa chance en allant lui parler. Pour une fois, il n'aurait pas des millions de choses plus urgentes à traiter en priorité et pourrait faire ce premier pas qu'il attendait depuis si longtemps. Gloria comprendrait, il en était sûr. Il savait peu de choses à son sujet, mais avait entendu dire qu'elle avait vécu une séparations difficiles il y a peu. Une femme au coeur brisé ne peut que comprendre cet élan qui pousse parfois à prendre son destin en main. Par défaut, Remus s'était donc préparé pour un rendez-vous tout en rêvant d'un autre, et espéra jusqu'au bout qu'elle soit la là. Il y avait tant de gens dans cette salle, mais la Fille du Planétarium n'en faisait pas partie. Par défaut, il se força à sourire tout en rejoignant la table où Gloria était déjà installée.
- Je pensais que c'était que moi !
Instantanément, ce fut comme si quelque chose se brisa entre eux. Remus s'assit en face de Gloria et se sentit plus léger. Elle trouvait ça bizarre, lui aussi, ce qui lui rappela qu'ils étaient tous les deux dans le même bateau et allaient devoir faire front ensemble face aux brillantes idées de Petunia.
- Toi aussi tu reçu un message de "Bonne chance" ? J'ai l'impression d'avoir une mère maquerelle sur le dos, qui m'encourage pour mon grand soir...
Il la voyait d'ailleurs très bien dans ce rôle, ce qui n'avait rien de très flatteur, ni pour elle, ni pour eux.

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Gloria Bedelia

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MessageSujet: Re: (not so) blind date   Dim 26 Fév 2017 - 15:19

Elle ne se serait pas formalisée, si elle avait découvert l’origine du sourire qu’il arborait, si elle avait su qu’il rêvait d’une autre. Mais elle savait dès le départ qu’elle s’était apprêtée pour rien, qu’elle aurait pu venir avec un simple pull, un jean et une paire de tennis, parce que ça n’aurait rien changé aux yeux de son collègue. Elle aurait pu en douter, bien sûr, partir du principe qu’il pouvait prétendre s’en ficher complètement d’elle, de ne pas éprouver la moindre attirance pour elle, n’importe quelle femme souhaiterait dans un coin de son cerveau que cela soit là un mensonge éhonté d’un grand timide. Mais elle n’avait pas mis la parole de Remus en doute une seule seconde. Elle avait bien vu qu’il était aussi embarrassé qu’elle face aux assauts répétés de Petunia, elle lui avait même adressé un sourire de soutien, pour lui prouver qu’elle partageait sa peine. Combien de fois n’avait-elle pas été coincée avec leur collègue, piégée au point qu’elle était forcée d’écouter les arguments incalculables de la femme esseulée. Ne projetait-elle pas ses propres fantasmes sur Remus en cherchant à les inscrire dans la tête de Gloria ? N’aurait-elle pas préféré, si elle avait quelques années de moins, se rendre elle-même à un rendez-vous avec Remus Reed ? Gloria avait en tout cas été gênée par cette attention insistante, mais ce n’était rien à côté de ce que Petunia lui avait fait subir plus tard, lorsqu’elle avait pris Remus à parti pour le forcer à abonder dans son sens. Gloria avait été mortifiée et avait eu la sensation d’être un produit vendu sur le marché quand leur collègue s’était évertuée à vanter ses mérites – sa beauté, d’abord, comme s’il n’y avait que ça qui comptait – avant de digresser sur son célibat récent. Elle avait eu un coup au cœur quand Petunia avait réduit sa rupture à cela – une simple rupture – quand être quittée par Ahri l’avait écorchée. Elle ne pouvait s’imaginer à quel point elle avait souffert et pleuré, recroquevillée dans son lit, à supplier son ex-fiancé absent de lui revenir. En vain. Alors elle avait tenu bon, devant tous ces gens qui la dévisageaient déjà suffisamment au quotidien, comme s’ils s’attendaient à la voir s’émietter sous leurs yeux horrifiés, et avait peint un sourire sur ses lèvres figées. Un sourire qui n’avait rien de naturel, un sourire qui respirait la douleur, un sourire menteur, mais Petunia n’avait pas eu l’air de réaliser quoi que ce soit. Remus s’était-il rendu compte de l’arc factice de ses lèvres ? L’avait-il pris en pitié ? Était-ce pour cela qu’ils étaient là ce soir ? Elle ne savait même plus si l’idée de ce rendez-vous faussement galant était la sienne ou celle de Remus. Quelle importance, cependant ? Cela n’enlevait rien au caractère forcé de la chose, en tout cas.
Un sourire soulagé lui étira la bouche lorsque Remus avoua avoir eu le même ressenti et elle expira comme s’il la déchargeait d’un poids incommensurable. Elle pressa instinctivement la main contre son cœur et laissa échapper un rire d’autodérision.
- Pire. Elle me conseillait de porter une robe en particulier. Elle essayait de me la décrire, c’en était si gênant que j’en suis arrivée à me demander si elle ne tenait pas un inventaire de tout ce qui se passe dans ses journées. Je crois qu’elle a fini par se rendre compte de ses excès parce qu’elle a conclu par un ‘enfin, tu me raconteras lundi’.
Elle avait agrémenté la remarque de guillemets avec ses doigts et elle ouvrit grand les yeux en déclarant :
- Je crois que ça va être à notre tour de faire ce qu’on peut pour lui trouver une occupation digne de ce nom. N’a-t-elle donc pas un mari pour la distraire et nous laisser tranquille ?
Elle la prenait presque en pitié, maintenant. Peut-être était-ce la solitude et l’ennui qui avaient transformé cette charmante femme en mère maquerelle insupportable et envahissante ? Un instant, Gloria sentit son cœur se serrer à l’idée que c’était peut-être là le sort qui l’attendait, maintenant qu’elle avait été complètement délaissée. Elle ne pouvait envisager un avenir avec un autre qu’Ahri mais les circonstances actuelles ne lui permettaient pas d’envisager Ahri dans son futur non plus, même si une petite voix au fond d’elle n’abandonnerait jamais l’espoir de le voir lui revenir.
- Arrête-moi tout de suite si ça ne me regarde pas mais pourquoi s’est-elle mise en tête de te caser ? Je veux dire… je sais pourquoi elle se fatigue avec moi, elle m’a toujours connue en couple et cela l’a profondément inquiétée de me voir au bord du gouffre. Est-ce que… est-ce que tu as vécu quelque chose de similaire ? On peut attendre le vin si tu ne te sens pas d’en parler maintenant mais je me dis que quitte avoir des misères communes, on pourrait peut-être s’en parler ?
Au moins auraient-ils de quoi disserter pendant un moment, même si maintenant que la discussion était enclenchée, Gloria avait le sentiment qu’elle n’aurait aucune difficulté à entretenir une conversation avec Remus, contrairement à ce qu’elle avait pu redouter. La glace avait été instantanément brisée et leur maladresse respective avait eu tôt fait d’alléger le tête-à-tête plutôt que de l’alourdir.

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MessageSujet: Re: (not so) blind date   Sam 4 Mar 2017 - 23:39

En la voyant enfin, Remus avait eu un doute. Ils avaient été d'accord sur le fait que ce n'était pas un "vrai" rendez-vous et qu'ils n'avaient rien à en redouter, mais la tenue de Gloria indiquait le contraire. Là où il s'était contenté de mettre un costume du même type que ceux qu'il portait lors des grandes occasions au lycée, sa collègue jouait dans une toute autre catégorie et ne manquerait pas d'attirer les regards appréciateurs tout au long de la soirée. Il ne fit aucun commentaire en s'asseyant mais aurait été bien en peine de ne pas le remarquer et laissa le doute planer quelques instants. Peut être que les efforts de Petunia avaient fini par porter leurs fruits et que Gloria s'était prise au jeu, espérant bien plus que ce dont ils avaient tous deux convenu. Remus aurait pu lui en vouloir si seulement il n'avait pas aperçu cette angoisse sur les traits de son visage : elle en était au même point que lui, à se demander dans quoi ils s'étaient engagés et à quoi tout cela pourrait aboutir. Partant de là, il n'eut aucun mal à imaginer qu'elle avait fait un effort plus par habitude qu'autre chose, comme elle devait le faire à chaque fois qu'elle sortait avec des amis. Ce n'était pas parce qu'un rendez-vous était purement platonique qu'elle était forcée de venir avec un vieux pull informe et taché, bien au contraire, et il se sentit un peu bête d'avoir douté d'elle. Cela faisait trop longtemps que Petunia les travaillait au corps, trop longtemps qu'elle s'entêtait à les faire succomber, et Remus avait fini par avoir un mouvement de recul dès qu'il l'apercevait. Il n'arrivait pas à comprendre pourquoi elle se donnait tout ce mal, si c'était par ennui ou pure bonté d'âme, mais ses efforts avaient pris de telles proportions qu'il avait cru ne jamais pouvoir s'en sortir. La proposition de Gloria d'organiser un faux rendez-vous lui avait semblé parfaite, et il avait commencé à imaginer ce qu'il pourrait raconter à Petunia avant même de s'y rendre. Ce rendez-vous devait être un fiasco absolu, de ceux qui vous dissuadent à tout jamais d'y accorder une seconde chance, mais pas au point d'entraver leur relation de travail.
- J'imagine qu'elle est en train de penser à nous et de se demander de quoi on parle. Tu crois que ses oreilles sifflent ? Peut être qu'à force elle ne s'en rend même plus compte...
Remus était persuadé qu'ils n'étaient pas les premiers que Petunia essayait de caser, même s'il n'avait aucune preuve pour l'affirmer. Face à elle, il avait seulement la sensation d'être pris au piège, comme si elle avait déroulé le même plan tant de fois qu'elle n'avait plus aucun doute sur l'issue de la chose. A croire qu'elle pensait pouvoir manipuler la destinée des gens sans le moindre embarras.
- Peut être que son mari en a eu assez de rentrer dans son jeu et ne l'intéresse plus autant. Ce type doit être un saint pour la supporter depuis si longtemps, il a bien le droit à un peu de répit. Etre marié avec elle depuis vingt-quatre ans, j'en ai la chair de poule !
Remus exagérait bien sûr, et Gloria ne pouvait pas être dupe, mais il aurait été curieux de rencontrer le fameux mari. Petunia parlait de lui à longueur de journée, ventant la longévité de leur mariage pour leur faire miroiter tout ce qu'ils rataient en restant célibataires. Ce devait effectivement être une belle chose de savoir qu'on allait passer le restant de ses jours avec une personne qu'on aime autant, et qui nous aime en retour, mais Remus n'avait pas encore eu la chance de rencontrer cette personne si particulière. Une petite voix lui soufflait qu'il pourrait peut être s'agir de la Fille du Planetarium mais la passion qu'elle lui inspirait était pour l'instant à sens unique. Il aurait pu se servir d'elle comme argument pour arrêter Petunia dans son délire mais elle avait comme un caractère sacré, et Remus ne voulait pas parler d'elle à n'importe qui. Comme toute histoire naissance, il avait besoin d'en garder les prémices secrets, ou au moins réservés à un public très restreint. Personne dans son entourage n'en avait encore entendu parler et il se laissa aller à penser de nouveau à elle lorsque Gloria entra dans le vif du sujet. Il comprenait sa question et l'écouta avec un sourire sincère qui se dissipa en l'écoutant parler de sa fameuse rupture. Il avait entendu dire que son fiancé était parti du jour au lendemain, ainsi que d'autres versions qui n'étaient pas plus heureuses, mais n'avait jamais cherché à en savoir davantage et fut surpris de la voir en parler aussi rapidement. Il fut même troublé en l'entendant se dire "au bord du gouffre" et réalisa une fois de plus à quel point tout cela ne rimait à rien.
- Au risque de te décevoir, non. Il secoua la tête. J'ai eu mon lot de séparations plus ou moins compliquées mais je crois pas qu'il y ait quoi que ce soit de comparable. Je peux te raconter toutes sortes d'histoires gênantes là dessus si tu veux. En fait, j'ai jamais vraiment été dans une relation qui compte alors, quand ça fait mal, ça dure pas très longtemps.
Il haussa les épaules pour le confirmer. Remus savait ce que ça faisait d'être plaqué et de se sentir trahis, mais jamais au point de toucher le fond. Il ne connaissait pas assez Gloria pour savoir si ce qu'il avait entendu était vrai ou non mais il était prêt à croire que ce qu'elle avait vécu faisait nettement plus mal que tout ce qu'il avait connu.
- Et toi du coup ? T'es pas obligée de me raconter quoi que ce soit si t'en as pas envie mais je voudrais pas que tu penses que ça m'intéresse pas.
Il lui offrit un sourire pour la mettre en confiance. Il n'avait aucune idée de pourquoi Petunia avait porté son choix sur lui plutôt que n'importe quel autre homme au sein de l'équipe et ça lui était complètement égal. Ce n'était qu'un rendez-vous, et pour l'instant les choses se passaient plutôt bien.

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MessageSujet: Re: (not so) blind date   Jeu 9 Mar 2017 - 22:44

Jamais elle n’aurait imaginé pouvoir envisager d’évoquer Ahri et la façon dont leur relation s’était douloureusement terminer. Encore moins avec quelqu’un qu’elle connaissait à peine, presque plus de vue qu’autre chose. Mais il y avait une telle simplicité, une telle spontanéité, très certainement provoquée par leur situation grotesque, qu’il ne lui paraissait plus aussi impossible de mettre des mots sur les sensations que son cœur meurtri expérimentait. Elle n’était pas certaine que Remus veuille entendre son histoire mais qu’avait-elle à perdre en essayant ? Elle se ferait un plaisir – si on pouvait décemment appeler cela un plaisir – de lui rendre la pareille en écoutant ses malheurs sentimentaux. Peut-être même qu’ils pourraient se conseiller l’un l’autre, ôter le voile qui reposait sur les débris de leurs sentiments pour y braquer une nouvelle lumière qui leur permettrait, d’une certaine façon, de moins souffrir ? Gloria se savait un peu naïve, pour le coup. Parler d’Ahri n’apaiserait en rien la douleur diffuse qui paralysait son quotidien depuis des mois, mais ne jamais dire son prénom à haute voix n’était pas un meilleur remède. En réalité, elle ne savait pas comment soigner son chagrin d’amour, elle n’avait aucun moyen de contrecarrer le désespoir qui s’abattait sur elle aux moments où elle s’y attendait le moins. Même lorsqu’elle se surprenait à avoir passé une journée relativement bonne, où le sourire n’avait pas été trop forcé sur ses lèvres délicates, elle avait parfaitement conscience que ça n’était qu’une illusion, qu’à la moindre réminiscence, elle pouvait craquer et se remettre à pleurer toutes les larmes de son corps. Elle croyait parfois les avoir épuisées à sangloter après un homme qui l’avait délaissée mais, tout à coup, un nouveau flot anéantissait son âme et elle se retrouvait à essuyer ses joues humides, à tenter vainement de faire disparaitre les larmes brûlantes. Parfois, elle ne sanglotait même pas mais la cascade se déclenchait d’elle-même et ne semblait plus vouloir s’arrêter. Les gens qui la croisaient à ce moment-là devaient se demander ce qui lui arrivait mais très peu osaient l’aborder pour essayer de lui apporter une touche de réconfort. Et c’était tant mieux, en un sens, parce qu’elle ne voulait pas de leur sympathie, de leur empathie, de leurs caresses désolées et de leurs mots murmurés. Alors c’était peut-être mieux qu’elle en parle avec plus de désinvolture pour ôter le poids qui écrasait sa poitrine et quel meilleur moyen de s’y essayer qu’avec Remus ? Pour l’instant, elle se sentait suffisamment forte pour tenter le coup, en tout cas. Mais pour combien de temps ? Suffirait-il d’un mot maladroit de la part de son collègue pour qu’elle perde toute décence et redevienne la jeune femme esseulée que tout le monde plaignait ?
Un léger rire lui échappa à la plaisanterie de Remus et elle imagina sans peine la désagréable sensation dont devait être victime Petunia, à cet instant précis et sûrement à pleins d’autres aussi. Si seulement cela pouvait la forcer à réfléchir avant de parler, à cesser d’insister quand il était évident que ses paroles n’étaient pas les bienvenues, à trouver une autre proie pour se distraire, plutôt que deux jeunes gens aux douleurs plus ou moins évidentes. Se rendait-elle seulement compte du mal qu’elle pouvait faire à ceux qu’elle harcelait ? Gloria ne savait pas comment le vivait Remus mais, pour sa part, elle avait souvent été à deux doigts de tourner les talons pour fuir l’attention exacerbée de sa collègue, quitte à paraitre impolie. À chaque fois que Petunia ne faisait ne fût-ce qu’une allusion au fait que la mer était pleine de poissons, qu’un homme perdu, c’était dix de retrouvés, Gloria avait senti son corps se refermer comme face à une menace létale. Sa gorge se serrait invariablement, ses poings se fermaient, son regard se fixait désespérément sur un point comme à une ancre, comme pour ne pas se laisser emporter par le sens des mots de Petunia. Alors, ce soir, ce ne serait sûrement pas le remède attendu non plus, mais Gloria songea que ce serait moins pénible de se plonger dans l’eau froide de son chagrin en discutant avec Remus autour d’un verre de vin que piégée par Petunia dans une salle de classe désertée.
- Elle a donc bien un mari ? Incroyable ! s’exclama Gloria avec une légère incrédulité. Peut-être qu’il est sourd. Cela expliquerait beaucoup de choses.
Elle usa d’ironie, ce qui n’était pas vraiment dans son caractère, habituellement. Elle se sentirait coupable plus tard, peut-être, mais pour le moment, elle ne pouvait s’empêcher d’émettre quelques critiques envers son bourreau, quand bien même ce bourreau était mu par les attentions les plus louables – encore que, même cela pouvait être discutable. Elle croisa les bras et s’adossa à sa chaise en dévisageant Remus, consciente d’avoir peut-être été un peu vite en besogne mais à quoi bon se leurrer ? Ils savaient tous les deux parfaitement pourquoi ils étaient là et c’était précisément leur situation respective qui les avait mené l’un vers l’autre. Loin d’être particulièrement curieuse au sujet de la vie privée de son collègue, Gloria se demandait quand même ce qui avait pu pousser Petunia à penser qu’il était envisageable d’importuner deux jeunes gens sous prétextes qu’ils étaient célibataires.
La jeune femme acquiesça à l’aveu de Remus et un sourire teinté de tristesse vint se dessiner au coin de ses lèvres. Elle ne savait pas ce qui était mieux : ne pas avoir connu le véritable amour et être peut-être passé à côté, ou l’avoir rencontré tôt, s’y être accrochée avec toute son âme et l’avoir perdu, peut-être à jamais. Peut-être. Encore à ce stade, malgré le temps qui persistait à s’écouler cruellement, aveugle à son malheur, Gloria restait convaincue que ça n’était qu’une pause dans leur voyage vers de nouveaux horizons. Son esprit, comme son cœur, refusait d’abandonner tout espoir de voir Ahri revenir à elle. Et elle le reprendrait. Sans poser la moindre question, sans lui faire le moindre reproche. Non pas parce qu’elle était une femme faible, comme l’insinuaient certaines de ses connaissances, mais parce que leur rupture n’était pas due à un manque d’amour, elle avait été causée par un mal qu’elle ne pouvait pas soigner, quand bien même elle aurait tout fait pour apaiser la douleur physique et mentale d’Ahri.
Lorsque Remus lui retourna la question, elle prit une profonde inspiration et baissa les yeux sur la table puis les releva pour décocher à son collègue un regard légèrement narquois :
- Ne me dis pas que tu n’as rien entendu – vrai ou faux – parce que je ne te croirais pas. Même moi, j’ai capté quelques bribes de conversations et, pourtant, ils étaient très doués pour s’arrêter subitement de parler à mon approche…
Sa lèvre trembla légèrement et elle haussa les épaules. Qu’importe, au final, ce qu’il avait entendu, n’est-ce pas ? Personne ne pourrait jamais comprendre ce qu’il s’était véritablement passé. Même elle n’était pas certaine d’avoir tout saisi. Le seul qui aurait pu lui apporter une réponse l’avait fuie et n’avait pas cherché à expliquer son besoin de l’abandonner, comme si la vie avec elle était tout à coup devenue insupportable. Elle avait cru qu’en le laissant à ses silences, en ne le forçant à rien, en n’empiétant pas sur son intimité, Ahri aurait fini par s’ouvrir à elle. Mais le gouffre était plus profond qu’elle ne l’avait pensé et elle s’était retrouvée sans fiancé presque du jour au lendemain.
- Moi… j’ai rencontré Ahri au lycée et c’est peut-être bête à dire mais j’ai cru que nous serions ensemble jusqu’à notre mort. Nous étions fiancés, j’ai des cahiers complets d’idées et images que j’avais stockées en vue de notre mariage. Un vrai rêve de petite fille, dit-elle d’un air absent en posant les yeux sur son annulaire, où elle portait toujours la bague qu’il lui avait offerte. Et puis il y a eu la guerre, il est parti faire son devoir… et n’est jamais véritablement revenu de là-bas, j’imagine…
Sa voix se cassa légèrement et elle se tut un instant, le temps d’avaler la boule qui lui obstruait la gorge, le temps de ravaler les larmes qui s’était insidieusement approchées du barrage de ses paupières. Elle était devenue une experte à refouler les preuves évidentes de son chagrin, même si la digue volait souvent en éclat dès qu’elle retrouvait le secret et la solitude de leur appartement.
- Il était là physiquement, évidemment, ce qui m’a leurrée pendant un temps. Ou je refusais de voir les choses en face, je ne sais pas. Je ne voulais pas voir sa souffrance, je ne pouvais supporter mon impuissance, je ne savais pas comment arriver à l’atteindre. J’imagine que c’est ce qui a précipité la fin. Le plus souvent, je me dis que j’aurais dû savoir comment m’y prendre. Après tout ce temps passé avec lui, j’aurais dû savoir comment il fonctionnait, non ?
Gloria guetta une lueur approbatrice dans le regard de Remus mais pourquoi aurait-il compris quoi que ce soit à ce qu’elle lui racontait ? Elle n’avait pourtant jamais laissé ces aveux franchir ses lèvres et ignorait si ceux-ci lui faisaient plus de bien ou de mal qu’auparavant.
- Du coup, je ne sais pas comment continuer, pour être honnête. J’ai parfois l’impression d’avoir à réapprendre à vivre, à réapprendre à me connaitre. Sans lui, je veux dire. Je ne me considère pas comme définie par ma relation avec Ahri, pourtant, mais je n’ai jamais rien connu d’autres. Ça ne veut pas dire que je ne m’y ferai pas, ce que Petunia n’a pas l’air de vouloir comprendre. Il n’y a pas de remède miracle, n’est-ce pas ? Il faut laisser le temps faire son œuvre, j’imagine ?
Entre question et constatation, Gloria haussa les épaules mais s’efforça d’arborer un sourire plus chaleureux en voyant un serveur apporter les menus. Elle remercia l’employé d’un hochement de la tête et prit une profonde inspiration avant de découvrir ce que le restaurant avait à offrir.
- Tu es déjà venu ici ? s’enquit-elle pour détendre l’atmosphère, culpabilisant quelque peu d’avoir plombé l’atmosphère avec ses doutes et regrets.

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Remus Reed

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MessageSujet: Re: (not so) blind date   Lun 17 Avr 2017 - 0:24

Remus s'était attendu à toutes sortes de choses concernant cette soirée, mais n'aurait jamais imaginé pouvoir recevoir les confidences de Gloria avant même d'attaquer l'entrée. Il l'écouta, aussi intrigué par le contenu que subjugué par sa sincérité, et eut l'impression que rien de tout cela n'était réel. Ni le restaurant ni cette histoire à laquelle Petunia l'avait mêlé sans jamais lui demander son avis. Naïvement, il lui avait expliqué être célibataire lorsqu'elle lui avait posé la question quelques mois plus tôt, s'entêtant ensuite à la lui reposer régulièrement. Elle avait tout suivi des balbutiements d'une histoire qui s'avéra vite décevante, lui tapotant la main avec sollicitude lorsqu'il lui en annonça la fin alors que son regard sautait d'une personne à l'autre dans la pièce où toute l'équipe enseignante s'était rassemblée pour une réunion. Petunia parlait sans jamais vraiment vous regarder, comme si vous n'étiez qu'un parmi une multitudes de choses qu'elle avait à gérer dans l'immédiat. Cette manie avait toujours mis mal à l'aise Remus qui ne savait pas comment se comporter avec elle, et malaise qui s'accrut lorsqu'elle se mit à rechercher sa compagnie de plus en plus souvent pour lui venter tous les mérites de l'une de leurs collègues qu'elle n'avait pas voulu nommer tout de suite mais que Remus avait vite deviné être Gloria.
- Elle ne doit le sortir que pour les grandes occasions. C'est dommage, puisque ce rendez-vous va être un échec on n'aura pas le plaisir de l'inviter à notre mariage.
Il regretta sa plaisantera aussitôt et fit une petite moue désapprobatrice. Il articula un "désolé" silencieux et espéra qu'elle ne le prendrait pas mal.
A l'époque, il ne lui avait jamais parlé mais elle avait gagné une célébrité nouvelle en se faisant quitter par son fiancé du jour au lendemain, du moins c'était la version courte qu'il avait réussi à retracer. C'était une histoire triste mais qui ne le concernait absolument pas, aussi n'avait-il jamais pris la peine de chercher à en savoir plus. Il y avait tant de bruits de couloirs, et il savait à quel point certains pouvaient être éloignés de la vérité, que ça n'en valait tout simplement pas la peine.
- J'ai entendu des choses, mais ça ne m'intéressait pas alors j'y ai pas vraiment fait attention. Ça et le fait que je me méfie toujours un peu de ce qu'on raconte sur les autres. On est peut être passé de l'autre côté du bureau, mais ça reste un lycée.
Remus était parfois curieux de savoir ce qui pouvait se dire à son sujet, une curiosité qu'il n'avait jamais poussée jusqu'à poser la question à Harlow. Elle n'était plus son élève depuis longtemps mais il aurait malgré tout adorer découvrir tous les ragots et autres histoires qui avaient pu courir dans son dos à l'époque. Il n'y avait probablement rien de très novateur mais ça l'amusait d'imaginer que son nom avait remplacé celui de ceux qui avaient autrefois été ses propres professeurs. Il prenait ses nouvelles fonctions à la légères et le savait mais il était comme ça, à préférer voir le bon côté des choses, même si les faits l'obligeaient parfois à revoir son optimisme légendaire. Il ne s'était pas attendu à ce que Gloria entre dans le vif du sujet si vite, ni même qu'elle se confie à lui, et mit de côté toute légèrement pour l'écouter comme il se devait de le faire. Il acquiesça plusieurs fois lorsqu'elle semblait sur le point d'hésiter à continuer, ne sachant pas quelle était la meilleure chose à faire dans ce genre de situation. Pour lui qui n'avait eu que de petites histoires et de petites ruptures, il n'y avait rien de naturel. Il lui servit un verre d'eau lorsqu'elle se tut, autant pour l'inciter à continuer que pour l'aider à reprendre des forces, et la regarda plus attentivement. Il ne connaissait pas cet Ahri dont elle lui parlait, mais il était évident qu'il l'avait brisée, littéralement.
- Je... J'imagine...
Il lui était difficile de se mettre à la place de cet homme qu'il n'avait jamais connu et qui avait été si différent de lui, et de justifier les faits qui avaient été les siens. Remus essayait de rapprocher ce qui pouvait l'être, remplaçant Ahri par Desmond, la personne qu'il connaissait le mieux et depuis le plus longtemps. Il n'y avait rien de romantique entre eux mais il se représentait bien la souffrance que ce devait être de voir quelqu'un changer sans pouvoir le retenir, et de ne pas aimer en voir disparaître une part non négligeable. On ne pouvait pas réparer les hommes comme des machines mais on aimait croire connaître leur fonctionnement, comme si cela avait une incidence quelconque.
- Est-ce que tu as le choix de toute façon ? Écoute, on se connait pas vraiment et je ne connais pas ton Ahri, mais même si ça doit faire un mal de chien tu n'as pas d'autre choix que de continuer à avancer sans lui. Peut être qu'il a besoin de temps pour faire le point de son côté et qu'il reviendra quand ce sera bon mais tu ne peux pas juste attendre que ça arrive. Si ça arrive !
Il s'interrompit, ayant la désagréable impression d'être devenu quelqu'un d'horrible. Il avait vu à quel point se raconter avait bouleversé Gloria et voilà qu'il brisait le peu d'espoirs qu'elle semblait encore avoir en elle.
- Enfin, tu voulais peut être pas entendre ce genre de choses. Petunia bis, le retour.
Il secoua les mains devant lui dans une mauvaise imitation de Petunia et fut soulagé en voyant un serveur leur apporter leurs menus. Remus ouvrit le sien et s'y plongea avec attention, n'en émergeant que pour répondre à Gloria.
- Euh non. Je suis plus fast food que resto chic à la base, et mon coloc cuisine pas mal donc c'est rare que je mange à l'extérieur. Mais ça a l'air bon ! Tu as fait ton choix ?
Avec un peu de chance ils tiendraient sur le sujet du menu suffisamment longtemps pour oublier de quoi ils parlaient précédemment, ou au moins à quel point toute cette histoire risquait de mal se finir.

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MessageSujet: Re: (not so) blind date   Lun 24 Avr 2017 - 21:21

Gloria regretta presque aussitôt cet élan spontané qui l’avait poussée à se livrer plus que de raison. Elle se mordit l’intérieur de la joue en tentant de se concentrer sur le menu et ce qu’il avait d’alléchant à offrir mais elle ne put résister au besoin de jeter un œil par-dessus la carte pour évaluer l’expression de Remus : aurait-il tout à coup souhaité être n’importe où ailleurs plutôt qu’en sa compagnie ? Qu’avait-elle eu à lui balancer ces aveux à la figure ? Il n’avait rien demandé, il n’était là que pour jouer la mascarade, comme elle, mais ça ne signifiait pas qu’il avait signé pour être l’oreille attentive des déboires amoureux de l’une de ses collègues. Après, Gloria ne savait pas non plus ce qu’il attendait de cette soirée, pas grand-chose, mais quand même pas une discussion aussi pénible, sans doute. Elle n’avait pas voulu se décharger sur lui, honnêtement, mais quitte à mettre les choses à plat, autant qu’il sache pourquoi elle était célibataire, non ? Peut-être qu’il se dirait qu’il comprenait Ahri, qu’elle était trop compliquée et qu’elle se plaignait trop. Qu’elle était trop prise de tête, en résumé. Evoquer Ahri n’avait rien de réconfortant et elle ne se sentait pas plus légère après avoir avoué l’échec de son couple mais il y avait des choses qu’elle ne pouvait plus garder pour elle, des choses qu’elle ne pouvait pas partager avec son entourage, quand bien même sa famille et ses amis auraient sûrement été plus que prêts à l’écouter vider son cœur mais ça n’était pas pareil, ils avaient tous leur opinion sur sa relation effilochée et elle n’avait aucune envie de la connaitre. Entre ceux qui estimaient qu’elle était assez forte pour tourner la page et ceux qui lui assuraient – par tentative de gentillesse, elle n’en doutait pas – qu’Ahri ne la méritait pas s’il l’avait laissée de cette façon et qu’un autre homme, moins hanté, moins écorché, l’attendait quelque part, au tournant d’une rue. Elle n’avait plus qu’à ouvrir l’œil et laisser à cet ange salvateur l’opportunité de lui prendre la main et de l’emmener vers d’autres horizons. Si quelqu’un la voyait avec Remus, s’imaginerait-il qu’il était peut-être cet homme miraculeux ? Gloria eut un frisson à cette pensée. Si elle était persuadée d’un jour arriver à remonter la pente et à ne pas pleurer quotidiennement Ahri, ça ne signifiait pas pour autant qu’elle voulait lui trouver un remplaçant. Au contraire, malgré la douleur, malgré la solitude, Gloria ne pouvait s’empêcher de penser que d’une manière ou d’une autre, Ahri lui reviendrait. Le tout était de ne pas désespérer jusque-là.
Gloria eut un sourire en coin lorsqu’il mentionna le mariage et si elle entrevit les plans inachevés, les préparations avortées, elle les chassa rapidement de sa tête. Si elle se laissait embarquer dans le souvenir de ces moments de bonheur intense, elle allait se mettre à pleurer à table et elle ne voulait pas offrir ce spectacle. Ni à Remus, ni au reste des clients. On s’imaginerait qu’il lui brisait le cœur ou, pour les quelques éventuelles personnes au courant de sa situation précaire, qu’elle se faisait larguer pitoyablement, si vite après s’être remise en selle – c’était ce qu’ils penseraient, non ? Qu’elle n’avait visiblement pas de chances avec les hommes ? Alors elle ravala son amertume et acquiesça avec un petit soupir. Se figurer Petunia au milieu d’un mariage était assez simple, mais ça ne voulait pas dire que c’était un tableau très rassurant. Jamais Gloria ne l’aurait invitée au sien, en tout cas. Non pas qu’elle considère que les relations de travail devaient le rester à jamais mais il y avait des gens qu’elle se contentait aisément de côtoyer au lycée et pas ailleurs.
Remus dut cependant remarquer sa mine blessée parce qu’il prit un air contrit et elle esquissa un sourire fissuré pour lui assurer qu’elle ne lui en voulait pas. Après tout, n’était-ce pas l’origine de leur tête-à-tête, un faux essai pour se débarrasser d’une collègue trop envahissante ? Une manière de pouvoir dire à Petunia, la prochaine fois qu’ils la verraient : ‘C’est gentil d’avoir essayé mais ça n’a pas vraiment collé’ ? Mais s’il était vrai qu’ils n’avaient pas du tout l’optique d’avoir un rendez-vous réussi, Gloria devait convenir d’une chose : l’échange avec Remus se révélait beaucoup plus aisé qu’anticipé. Peut-être, justement, parce qu’il n’y avait pas de réel enjeu ? Parce que c’était comme si elle se faisait un nouvel ami ? Elle lui fut néanmoins reconnaissante de sa sollicitude, touchée qu’il ait assez de sensibilité pour regretter sa maladresse et se repentir quand bien des hommes n’auraient même pas relevé la lueur brisée dans son regard et le poids qui semblait peser sur ses épaules.
Les paroles du jeune homme parvinrent toutefois à ramener un sourire plus réel sur les lèvres de Gloria qui haussa les sourcils et hocha la tête :
- Merci ! A croire qu’il est impossible d’échapper à certaines rumeurs et étiquettes dès qu’on met un pied dans un lycée, c’est aberrant, non ?
Au moins, il la comprenait. Elle avait souvent essayé de partager ses (més)aventures lycéennes avec Ahri mais s’il l’écoutait toujours avant, elle l’avait bien senti dériver les semaines et mois qui avaient précédé leur rupture. Aurait-elle dû se méfier à ce moment-là ? Elle avait naïvement tenté de mettre cela sur le compte du retour difficile à la vie normale mais elle aurait dû se rendre compte qu’elle l’avait déjà à moitié perdu à ce moment-là, quand il feignait de l’écouter mais se contentait en réalité d’avoir un regard vague qui ne la voyait plus vraiment.
S’humectant les lèvres, Gloria glissa les yeux sur les mots du menu mais n’enregistra rien de ce qu’elle lut et quand Remus s’embarqua dans un discours certes sincère mais qu’elle n’avait pas vraiment sollicité – ou si, justement ? l’avait-elle fait inconsciemment ? – elle releva la tête et le fixa, absorbant ses mots d’un air neutre, les laissant couler dans son esprit, se faire une place dans ses réflexions.
- Non, tu as raison. Et, étrangement, ça m’embête beaucoup moins quand ça vient de toi que lorsque Petunia essaie de me donner des conseils avisés et particulièrement invasifs.
Et comme pour lui prouver sa bonne foi, elle lui sourit, une nouvelle fois. Un sourire qui manquait un peu de chaleur mais qui était sincère. Elle ne lui en voulait pas et puis, elle savait que si elle voulait échapper à des remarques de ce genre, il suffisait qu’elle évite de parler d’Ahri, chose qui lui semblait tout simplement impossible à ce stade.
Sa question eut au moins l’avantage de les dévier de la trajectoire dangereuse empruntée par sa faute et Gloria se jura d’essayer de limiter le calvaire de Remus en ne mentionnant plus Ahri ou leur relation. Ils n’avaient même pas encore commandé, après tout ! Quel piètre rendez-vous elle lui offrait !
- Oui, je pense que je vais prendre le homard mais pas d’entrée. Je n’ai jamais pu avaler trois plats l’un à la suite de l’autre et, à choisir, je préfère opter pour le dessert. Et toi ? Ne te prive pas si tu veux commander une entrée, surtout. Et en vin, tu t’y connais un peu ?
Elle consulta brièvement la carte de ceux-ci mais les noms ne l’inspiraient pas, elle avait toujours laissé à Ahri le soin de choisir pour eux et n’avait jamais cherché à retenir ce qu’elle aimait ou non. Reposant le menu sur un coin de table, Gloria se redressa légèrement, s’accouda à la table et posa le menton sur ses doigts entrelacés, prenant un air conspirateur qui, elle l’espérait, effacerait le malaise qu’elle avait créé.
- Pour en revenir au lycée, tu étais quel genre d’élève ? Tu avais un professeur préféré ? Est-ce que tu as eu ce fameux remplaçant qui n'est resté que quelques mois? Il était si jeune qu'on avait l'impression que sa voix venait à peine de muer et il lui arrivait d'avoir quelques petits ratés de ce côté-là. Il devenait rouge pivoine alors que tout le monde essayait de faire comme si ça ne s'était pas remarqué.
Après tout, à quoi bon sortir avec l’un de ses collègues si ça n’était pas pour parler sur le dos de l’école et partager les expériences plus ou moins honteuses qui ponctuent toute adolescence normale ?

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Dernière édition par Gloria Bedelia le Jeu 25 Mai 2017 - 21:44, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: (not so) blind date   Dim 14 Mai 2017 - 22:47

En acceptant ce rendez-vous, Remus s'était imaginé qu'il s'agirait de sacrifier quelques heures particulièrement pénibles afin de regagner une certaine tranquillité au sein du lycée, et l'avait fait sans se faire la moindre illusion quant au fait que Gloria et lui n'auraient probablement rien à se dire de tout le repas. Il n'avait jamais été doué pour faire la conversation et badiner sur tout et n'importe quoi, surtout en matière de cœurs brisés. Il lui été bien arrivé de consoler quelques amis qui étaient passés par là mais tout en tâtonnements et maladresses involontaires, le genre de choses que vous pardonnent vos proches mais pas une inconnue qui a traversé le pire. Remus ne la connaissait pas vraiment mais les bruits de couloir lui avaient suffit à se convaincre qu'il ne serait pas à la hauteur de la tâche. Ils passeraient un peu de temps ensemble puisque Petunia ne rêvait que de ça puis retourneraient chacun à leur petite vie, en essayant d'oublier au plus vite cet horrible rendez-vous. Horrible, et gênant aussi. Remus s'était convaincu qu'il serait forcément gênant, et avait attendu l'heure fatidique avec un mélange d'appréhension et d'impatience, pressé d'en finir et de passer à autre chose. Pourtant, parce qu'il avait été au courant de certains détails concernant l'histoire de Gloria, il s'était senti obligé d'aller jusqu'au bout. Maintes fois il avait envisagé d'annuler en prétextant tout et n'importe quoi, mais à chaque fois quelque chose l'en avait empêché. Il se mettait à la place de cette pauvre fille au cœur brisé qui allait croire qu'elle lui faisait peur s'il annulait leur rendez-vous au dernier moment, et avait à chaque fois tenu bon. Et, maintenant qu'il était sur place, Remus se disait qu'il avait bien fait.
Il ne savait pas quoi lui dire pour l'aider, quoi dire et quoi taire, mais Remus avait comme oublié toute cette appréhension qui l'avait tiraillé au moment d'entrer dans le restaurant. Peut être qu'il ne s'y prenait pas comme il faut et n'utilisait pas les mots qu'il fallait, mais il essayait d'être le plus honnête possible avec elle et espérait que cela suffirait. Depuis quand est-ce qu'il n'avait pas été confronté à ce genre de situation ? Il n'avait jamais été suffisamment intéressé par sa propre vie sentimentale pour tenir les comptes, ce qu'il finissait par payer d'une façon plutôt originale. Il essayait de se rappeler ce qu'il avait ressenti lorsque Dahlia l'avait quitté quelques années plus tôt, ou Sallie, mais il y avait comme un vide en lui à ce niveau là. Il lui semblait que ça l'avait attristé, comme toute mauvaise nouvelle, mais rien de vraiment méchant. En quelques jours, c'était oublié, un conseil que Gloria ne semblait pas prête à entendre. Il ne savait pas depuis combien de temps exactement elle devait réapprendre à vivre sans Ahri mais il savait que ça faisait bien trop longtemps pour lui laisser l'espoir que ce ne soit qu'une passade, et lui dire de patienter sagement ne lui serait d'aucune aide. Décidément, Petunia avait eu une merveille idée à vouloir les réunir !
Il acquiesça volontiers lorsqu'elle souligna à quel point les habitudes étaient les mêmes au sein du lycée, que l'on soit élève ou professeur. Remus ne s'était jamais posé la question durant ses études mais avait été étonné de le découvrir lors de ses premières semaines en tant qu'enseignant, ce qui avait d'ailleurs contribué à lui donner l'impression d'avoir toujours dix sept, et d'être toujours cet adolescent désinvolte qu'il avait autrefois été. Les noms avaient changé mais les lieux restaient les mêmes, tout comme les histoires qui circulaient. Ce qui l'avait amusé un temps avait néanmoins fini par le lasser, et il se contentant généralement de n'écouter les ragots de la salle des prof que d'une oreille distraite. Si certaines, comme Petunia, pouvaient y trouver un intérêt certain, lui avait bien mieux à faire, et il s'en félicita en réalisant à quel point ça avait pu blesser Gloria d'entendre sa vie privée décortiquées par les plus amers de leurs collègues. Lui qui n'y avait pas été attentif n'avait pas pu échapper à certains commentaires, ce qui devait également être le cas de la jeune femme, comme elle avait cru bon de le signaler avant de se livrer. Il l'avait écoutée avec attention, admirant son courage pour arriver à le faire sans se cacher derrière toutes sortes d'excuses. Lui qui n'avait rien de très palpitant à raconter ne pouvait qu'admirer ceux qui avaient une vie plus romanesque et ne se privaient pas de la raconter à ceux qui daignaient bien les écouter. Il l'avait écoutée et avait essayé d'être le plus honnête possible avec elle, quitte à se montrer blessant. Ce n'était pas son intention, et il regretta presque ses mots une fois ceux-ci prononcés, mais comprit vite qu'elle ne lui en voulait pas.
- C'est pas vraiment un conseil, plus la façon dont je vois les choses. Je sais pas. J'ai jamais été dans une situation comme la tienne mais je crois qu'il faut continuer à avancer quoi qu'il arrive. Et je serais curieux de connaître les conseils de Petunia...
Il se pencha vers elle avec un sourire en coin et regarda autour d'eux avant de lui confier à voix basse :
- Si tu me racontes le top 3 des pire conseils qu'elle t'ait donné, je te raconte mon top 3 à moi !
Parce que leur conversation était beaucoup trop sinistre à son goût, Remus avait besoin de dédramatiser et faire le clown. Il ne savait pas si Gloria apprécierait ou non mais il espérait que ça aurait le mérite d'alléger un peu leur conversation et l'humeur de la jeune femme. Heureusement d'ailleurs qu'ils avaient leur repas comme autre alternative.
- Je vais vraiment passer pour un plouc mais disons que je m'y connais plus en bière qu'en vin. Fast food et bière, voilà. Mais je vais faire un effort et commander un vrai plat de grande personne. Le wok de bonite et ses légumes m'a l'air pas mal.
Au fond, ça lui était égal tant Remus savait ce que qui serait dans son assiette serait forcément bon et le changerait de ce qu'il avait l'habitude de manger chez lui. Il y avait bien Manfred pour lui mitonner de petits plats lorsque l'envie lui prenait mais il ne pouvait pas compter sur son colocataire pour le nourrir jusqu'à la fin de ses jours... Il délaissa néanmoins la carte en gardant en tête quelques idées de desserts qui lui faisaient déjà les yeux doux et réfléchit à aux questions de Gloria.
- Je sais pas si on a eu le même mais j'en ai eu un comme ça. On aurait dit un oiseau tombé du nid, tout paniqué dès qu'il nous voyait arriver alors qu'il était plutôt cool avec nous.
Les souvenirs commençaient à remonter et Remus se surpris à en avoir autant sur ce remplaçant à qui il n'avait pas repensé depuis des années. Le lycée, c'était à la fois terriblement loin et toujours aussi présent.
- J'ai jamais été un très bon élève, je me débrouillais pour avoir des notes correctes sans trop travailler et ça me suffisait. Toujours en fond de classe, à parler au lieu d'écouter, du coup j'arrive pas à en vouloir aux élèves qui me font le coup. Je sais pas si ça te fais ça parfois, mais j'ai l'impression de me revoir en eux, et j'arrive pas à les punir pour des trucs que j'aurais forcément fait. Il y a qu'en maths que je me tenais vraiment tranquille : mon prof était un malade et on avait tous une peur bleue de lui. J'aurais été curieux de le recroiser mais il a pris sa retraite. Et toi ? Si ça se trouve on était au même lycée et se croisait tout le temps. Ça serait marrant !
Bizarrement, c'était la première fois que Remus se posait la question, là où tant d'autres se la seraient posée dès le premier jour à ses côtés. Pour lui, ça n'avait jamais été très important, jusqu'à présent.

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MessageSujet: Re: (not so) blind date   Jeu 25 Mai 2017 - 22:40

Il y avait autre chose qui lui faisait apprécier ce rendez-vous arrangé. Pas seulement le fait qu’elle pourrait ensuite se défaire des attentions invasives de sa collègue mais aussi le fait qu’elle pourrait rassurer les siens quand ils lui demanderaient ce qu’elle avait fait de son week-end. Ça ne manquait pas quand, les autres fois, elle répondait qu’elle était simplement restée chez elle à préparer le travail pour la semaine suivante – sans mentionner le fait qu’elle dormait dans les vêtements d’Ahri, sans évoquer les instants de détresse qu’elle traversait quand, subitement, la solitude se faisait davantage sentir – et elle ne pouvait que déceler la moue désolée qu’ils retenaient à grand peine. Cela ne les rassurait pas de la savoir seule à ressasser son couple en déroute mais ils ne savaient pas trop comment l’aider à sortir de ce marasme. Cette fois, cependant, elle pourrait leur dire quelque chose de différent. Elle pourrait leur dire qu’elle était sortie diner avec un collègue, tout en sachant pertinemment qu’elle ajouterait, sans leur laisser le temps d’espérer, que c’était un tête-à-tête en toute amitié. Il était hors de question qu’elle les laisse croire qu’Ahri avait déserté son esprit. Mais ce serait déjà un pas, non ? Peut-être pourrait-elle retrouver leur attitude habituelle, ne pas être constamment confrontée à leur prudence et à leur réserve. C’en était à un point tel que même les bonnes nouvelles lui étaient épargnées, comme si savoir sa cousine heureuse allait la pousser vers la dépression, comme si découvrir que son cousin allait être papa allait la meurtrir, comme si être invitée au mariage de l’une de ses tantes allait la diriger vers le premier cours d’eau venu pour se jeter dedans. Alors, certes, elle avait eu un pincement au cœur en découvrant la future paternité de l’un et elle avait dû sourire de toutes ses forces pour ne pas confirmer les soupçons des autres, mais ça ne signifiait pas pour autant qu’elle voulait être écartée de tous ces événements qui, finalement, étaient naturels dans le parcours de chacun. Elle avait emprunté cette même route vers le bonheur et aurait probablement déjà franchi une étape si Ahri n’était pas parti. Quant aux enfants auxquels elle rêvait, dans un coin inconscient de sa tête, ils étaient depuis longtemps remisés au placard, attendant de n’en sortir que lorsqu’elle aurait à nouveau une perspective d’avenir plus réjouissante.
Mais pour pouvoir annoncer ce rendez-vous innocent en toute sérénité, il faudrait qu’elle puisse y ajouter des détails et avouer qu’elle s’était lamentée au sujet d’Ahri n’était pas vraiment le genre d’élément qu’elle souhaitait leur livrer. Et puis elle n’avait pas envie d’accabler Remus alors se recentrer sur le lycée semblait donc la meilleure option. Elle pourrait ainsi déclarer sans mentir qu’elle avait passé un merveilleux moment en compagnie d’un homme amusant, ce qui lui avait changé les idées. Ils sauraient, elle n’en doutait pas une seconde, que ce n’était pas comme avec Ahri mais ils essaieraient de se réjouir pour elle ou se berceraient d’illusion en s’imaginant que c’était peut-être lui, la solution miracle.
- Alors là, pas de problème. Je crois que le pire, c’était celui de sortir et de me taper le premier mec qui me plairait. Une sorte de retrait rapide et efficace du sparadrap, si tu vois ce que je veux dire. À la rigueur, ce conseil aurait pu passer si elle n’avait pas eu ce regard un peu fou, comme une vieille sorcière lubrique qui n’attendait qu’une chose : pouvoir demander des détails et imaginer la scène ensuite ! lâcha Gloria avec une grimace. Je crois que c’était le moment le plus gênant de toute mon existence et, après ça, j’ai tout fait pour éviter Petunia. Je crois qu’elle s’en est rendu compte et qu’elle a été embarrassée quelques jours mais ça n’a pas duré bien longtemps… Ensuite il y avait évidemment la suggestion de me faire rencontrer des hommes qui semblaient avoir toutes les qualités du monde – tous des cousins ou amis à elle, je précise. Autant dire que j’ai poliment décliné la proposition. Je ne pouvais pas arrêter d’imaginer des hommes avec la tête de Petunia. Elle ouvrit de grands yeux faussement affolés et fit mine de réfléchir au troisième conseil mal avisé. Enfin… elle m’a assuré que si je commençais par me débarrasser de tout ce qui appartient à Ahri, ce serait déjà un bon début. Elle ne se rend pas compte que c’était ma plus grande crainte, de devoir avoir à vider les placards de mon fiancé, sauf qu’à l’époque, ça n’était pas l’idée qu’il puisse me quitter qui faisait naitre cette angoisse mais plutôt la perspective qu’il se fasse tuer en mission et me revienne dans un cercueil.
Sa gorge se noua à ce souvenir. Combien de fois avait-elle eu peur de cet appel fatidique ou de cette visite solennelle ? Elle ne pouvait imaginer sa réaction si deux hommes en uniforme venaient sonner à sa porte pour lui annoncer la mort de l’homme de sa vie.
- A toi. Qu’est-ce qu’une vieille toupie peut donc conseiller à un homme, je suis curieuse de l’entendre.
Elle lui offrit pour la première fois un sourire plus sincère, moins forcé, quand il confessa ne pas vraiment s’y connaitre en vin et, en un sens, cet aveu lui réchauffa le cœur, elle ne sut même pas pourquoi. Cela faisait juste du bien d’être avec quelqu’un d’aussi franc, qui n’avait pas peur d’égratigner son image. Mais après tout, il n’avait aucune intention de l’impressionner et cela avait un côté rafraichissant non négligeable.
- On aura qu’à demander l’avis du serveur, il saura sûrement ce qui va le mieux pour accompagner nos plats, dit-elle avec un petit haussement d’épaules désinvolte. Je crois que c’est bien lui. Je me demande ce qu’il est devenu. Il n’est pas resté longtemps. A-t-il abandonné sa voie ou enseigne-t-il dans un Etat voisin ? Ce serait drôle de le revoir, tu ne trouves pas ? Il aurait peut-être deux ou trois anecdotes pour nous, à propos des mois qu’il a passés à Mount Oak.
Elle se souvenait des échanges de regards avec ses amies, à chaque fois que le pauvre jeune homme avait la voix qui partait en vrille. Son esprit revint toutefois vers Remus lorsqu’il évoqua à son tour ses années lycées. Elle acquiesça à ses paroles et émit un petit rire.
- Je ne sais pas où tu as été au lycée mais moi, je n’ai jamais quitté Mount Oak. La première fois que j’ai vu l’envers du décor, quand je suis passée du stade d’élève à celui de professeur, quelques-unes de mes illusions se sont effondrées, plaisanta-t-elle en se remémorant sa première heure passée dans le local réservé au personnel enseignant, là où elle n’avait finalement mis les pieds qu’à de très rares occasions et toujours pour attendre un professeur à qui elle devait dire deux mots.
La pièce avait perdu toute sa superbe, ce n’était finalement qu’un local banal où les enseignants se croisaient, se côtoyaient, discutaient parfois en buvant une tasse de café mais où, finalement, il ne se passait pas grand-chose.
- Je crois que je vois qui était ton professeur de mathématiques mais je ne l’ai pas eu. Il est parti à la retraite quand j’allais entrer en dernière année donc je lui ai échappé.
À ce moment-là, un serveur approcha et elle leva le regard vers lui avec un sourire poli pour passer sa commande. Elle en profita pour demander quel vin il leur suggérait et quand il mentionna un nom français qui faisait très chic, Gloria tourna les yeux vers Remus et haussa les sourcils :
- Ça te va ou tu préfères autre chose ? Tu n’es pas obligé de prendre du vin si tu n’aimes pas ça, je prendrai juste un verre, dans ce cas.

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MessageSujet: Re: (not so) blind date   Dim 11 Juin 2017 - 0:31

Si Remus s'était rendu à ce rendez-vous à reculons, il se trouvait désormais plutôt chanceux d'avoir en l'occasion d'apprendre à connaître Gloria. Il avait encore beaucoup de choses à découvrir concernant la jeune femme mais ce premier aperçu lui donnait envie d'en savoir plus, et surtout de ne pas rester sur cet à priori qu'il avait que le lycée ne pourrait lui servir qu'à nouer des relations professionnelles. Il s'en était jusqu'à présent contenté, n'en attendant rien de plus que des amitiés toutes en platitudes qui lui évitaient d'avoir à manger seul dans son bureau ou de lancer une série de photocopies sans échanger le moindre mot avec les personnes dans la pièces. Il n'était pas aussi catégorique lorsqu'il avait fait son grand retour au lycée, mais les quelques expériences qu'il avait pu avoir au cours des premières années l'avaient dissuadé d'aller plus loin. Même s'il était désormais du côté des professeurs, Remus avait retrouvé les mêmes mesquineries et les mêmes clans qui avaient marqué sa vie d'élève, une déception parmi d'autres qui l'avait poussé à prendre ses distances mais qui n'avait pas empêché Pétunia de se frayer un chemin jusqu'à lui. Il savait qu'il n'était pas la seule de ses cibles mais ne pouvait s'empêcher de se demander comment elle pouvait arriver à gérer une vie de famille et son travail d'enseignante tout en servant d'entremetteuses à tous ceux qui avaient le malheur de lui avouer leur célibat. Non pas qu'elle soit désagréable, elle avait même réussi à lui paraître sympathique au début, mais ses efforts avaient fini par devenir usants au yeux d'un Remus qui ne lui avait jamais demandé quoi que ce soit. Il comprenait que certains aient besoin d'un peu d'aide pour obtenir un rendez-vous ou faire de nouvelles rencontres là où lui n'avait besoin que d'une opportunité pour enfin aborder la Fille du Planétarium. Peut être Petunia aurait-elle eu de brillantes idées à lui proposer s'il le lui avait demandé, mais il avait préféré la garder pour lui, comme tout amour naissant. Il lui arrivait de regarder sa collègue en train de s'agiter pour le convaincre de rencontrer l'une ou l'autre de ses connaissances et de se rappeler cette expression comme quoi l'enfer était pavé de bonnes intentions. Pétunia en débordait, probablement un peu trop, et il écouta Gloria lui énumérer quelques unes des meilleures. Remus visualisait très bien chacune des scènes, partagé entre l'envie d'en rire et l'horreur que ces conseils lui inspiraient.
- Des hommes avec la tête de Pétunia ?!
Il éclata de rire à cette image qu'il visualisait un peu trop bien, mais reprit son sérieux à l'énoncé du troisième conseil. Les deux premiers étaient plus classiques, plus prévisibles, et bien trop risibles pour être susceptibles de heurter qui que ce soit. Ce n'était pas ce que Gloria avait envie d'entendre, surtout de la part de leur vieille collègue, mais il comprenait. Se défaire des affaires d'Ahri comme s'il n'avait jamais existé l'avait visiblement plus touchée et il grimaça.
- Pétunia, dans toute sa subtilité... Remus, malgré tout, voyait ce qu'elle avait voulu dire par là, et acquiesça doucement. Tu as tout gardé ?
C'était une question à laquelle elle ne voudrait peut être pas répondre mais elle l'avait démangé au point qu'il ne puisse pas la retenir. Il découvrait Gloria, son histoire et ce combat qu'elle allait devoir mener pendant encore quelques mois, et préférait poser les questions lorsqu'elles lui venaient plutôt que de risquer de mettre les pieds dans le plat un peu plut tard. Et puis il aimait connaître le moindre détail d'une histoire qui lui était racontée, le bon comme le moins bon. Il enchaîna cependant sur son top trois personnel pour ne pas laisser l'ambiance trop s’appesantir.
- Premier conseil : me mettre à la muscu. En me tâtant le bras au passage pour m'expliquer à quel point les femmes aiment les hommes virils et tout en muscles. J'étais assez soulagé qu'elle n'aille pas jusqu'à soulever mon pull pour vérifier l'état de mes abdos... Deuxième conseil : rendre mon apparence plus virile. Je te laisse imaginer comme c'est flatteur comme conseil, surtout pour m'entendre dire qu'il faudrait que je m'achète une moto ou au minimum une veste de cuir pour faire plus "bad boy". C'était son expression. "Bad boy".
Remus grimaça, se rappelant très précisément le petit dandinement de Pétunia pour appuyer ses paroles. Il s'était senti gêné pour elle, et l'était encore aujourd'hui.
- Et troisième conseil : comme toi, elle m'a proposé toutes sortes de femmes dans son entourage avec qui ça pourrait coller. Sa nièce en particulier, qui s'est récemment fait plaquer alors qu'elle est si gentille et si jolie... J'y ai eu droit pendant des semaines, photos à l'appui, et puis la fameuse nièce s'est recasée toute seule et Pétunia ne m'en a plus jamais reparlé. C'est gentil de sa part, mais elle se montre tellement insistante que j'ai l'impression d'être un incapable fini qui ne s'en sortira jamais sans l'aide de quelqu'un.
Il haussa les épaules, puis passa volontiers au sujet suivant. Des conseils de Pétunia, il en avait eu tellement qu'il avait parfois l'impression qu'elle ne faisait que ça de ses journées, chercher des idées, pour secourir ces pauvres jeunes gens qui n'arrivaient pas à mener leur vie correctement. Il trouva d'ailleurs assez amusant de voir Gloria parler de demander conseil au serveur, une preuve supplémentaire qu'ils ne pouvaient pas gérer leur vie d'adulte correctement.
- Très bonne idée. Et pour le remplaçant j'aimerais bien le revoir aussi, savoir ce qu'il est devenu, comment les choses vont pour lui aujourd'hui. Je me rappelle absolument pas de son nom, je ne sais même pas si je serais capable de le reconnaître si je le croisais...
Il se gratta la tête, autant pour réfléchir à ce fameux remplaçant que sur ses anciennes années de lycéen. Il fit un rapide calcul avec ce que Gloria venait de lui dire et espéra ne pas s'être trompé.
- J'ai jamais quitté Mount Oak non plus, on s'est sûrement croisé sans le savoir. Et je l'ai eu juste avant qu'il parte à la retraite donc tu dois être un tout petit peu plus jeune que moi, on n'a pas dû avoir de cours en commun. C'est dommage, ça aurait été marrant.
Il s'interrompit pour écouter les propositions du serveur et haussa de nouveau les épaules lorsqu'elle lui demanda son avis sur le vin.
- Non je veux bien goûter, pas de soucis. Ca me fera une chose supplémentaire à raconter à Pétunia quand elle nous demandera un débrieffing : désolé le rendez-vous n'a pas été une réussite, mais j'ai dégusté un très bon vin donc je n'ai pas perdu ma soirée pour autant ! On boira à sa santé !


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MessageSujet: Re: (not so) blind date   Lun 19 Juin 2017 - 20:46

Elle n’avait pas cru qu’elle pourrait se détendre aussi vite. Surtout lors d’un tête-à-tête pendant un rendez-vous qui n’en était pas vraiment un. D’abord parce qu’elle n’avait jamais vraiment eu à expérimenter ces rencontres hasardeuses où il fallait à tout prix se montrer sous son meilleur jour tout en essayant de rester naturel. Le jeu de séduction, les mots d’esprits, les plaisanteries, les histoires qui valaient le détour et permettraient d’orienter la conversation dans un sens ou dans un autre. Finalement, elle n’avait jamais eu à se fatiguer avec Ahri puisqu’ils se connaissaient depuis l’adolescence et que tout c’était fait naturellement, sans devoir poser un décor et jouer les protagonistes d’une pièce grotesque. Il n’y avait pas eu de véritable premier rencard, ils s’étaient simplement tenus la main, puis embrassés. Après, évidemment, ils étaient allés diner seuls mais ils formaient alors déjà un couple et il n’y avait plus besoin de jouer avec les couleurs et la température. Gloria ne s’en plaignait pas, loin de là, mais cela lui fit réaliser à quel point elle était passée à côté d’autres choses, d’autres expériences, des étapes par lesquelles la plupart de ses copines étaient passées, ces dernières années. Est-ce qu’elle ne s’en tirait pas trop mal, malgré le fait qu’il s’agisse d’une mascarade ? Ou ce moment était-il encore loin de la réalité que représentait un vrai rendez-vous, avec un type qui ne la connaissait pas beaucoup ou pas du tout ? En fait, Gloria s’en fichait un peu, elle n’avait aucune intention de changer son mode de fonctionnement sous prétexte que c’était ce qui était attendu d’elle – de son entourage, de la société, qu’importe. Ahri n’avait pas été déchu de la place centrale qu’il occupait dans son esprit et dans son cœur et elle n’était pas prête à le laisser partir. Elle ignorait si elle le serait un jour mais ça n’était pas la question ce soir, ça n’était pas le but de ce diner aux chandelles. Elle n’avait aucun désir de remettre son couple – ou ce qu’il en restait – en question, juste parce qu’elle avait accepté de sortir avec un collègue.
L’air que prit Remus lorsqu’elle lui avoua ne pas pouvoir s’empêcher d’imaginer des hommes affublés du visage de leur collègue lui tira une moue un peu embarrassée et elle haussa les épaules en pinçant les lèvres. Assurément, il devait clairement voir ce qu’elle entendait par-là ? Et n’y avait-il rien de plus rebutant que de partir sur de telles images ? En tout cas, voilà qui avait suffi à dégoûter Gloria d’avance, quand bien même Petunia comptait quelques jolis garçons dans son entourage – ce dont Gloria doutait sincèrement. Et quel homme sensé, dans l’autre sens, se laisserait inviter à un blind date initié par Petunia ? Gloria se dit que même si elle avait accepté d’être présentée à quelqu’un qu’elle ne connaissait ni d’Eve ni d’Adam, de l’autre côté, l’homme en question se serait extirpé de la situation épineuse d’une pirouette. Sortir avec une nana désespérée que Petunia voulait lui présenter ? Merci mais non merci. Alors la jeune femme se dit qu’au bout du compte, elle n’était pas si mal tombée. Son sourire s’affaissa cependant à la mention du troisième conseil, le pire, le plus insensible, celui qu’on ne pouvait pas comprendre si on n’avait pas un proche parti servir son pays dans une contrée lointaine et dont il pouvait ne pas revenir. Gloria ne savait pas ce qu’elle aurait fait si on était venu lui annoncer la mort d’Ahri, déjà, mais si en plus on lui avait avoué qu’il n’y avait pas de corps à rapatrier ? Comment aurait-elle fait son deuil si elle n’avait rien à quoi se raccrocher ? Elle chassa toutefois cette sombre pensée de son esprit : Ahri était sain et sauf, même s’il n’était plus tout à fait celui qu’elle avait connu, même s’il n’était plus que l’ombre de lui-même et elle pouvait s’estimer heureuse d’avoir un homme à attendre quand d’autres n’avaient plus qu’un souvenir à enterrer.
Lorsque Remus lui demanda si elle avait tout gardé, elle l’observa un instant, pensivement, avant de se reprendre en inspirant brièvement :
- Il n’est pas mort. Alors ses affaires doivent rester là, jusqu’à ce qu’il revienne… ou décide de les reprendre. On ne parle pas d’un petit carton rempli de bibelots associés à des souvenirs de jeunesse. Il y a autant de choses à lui qu’à moi, dans cet appartement, dit-elle avant d’émettre un petit rire d’autodérision. Non, je mens. Je suis beaucoup plus attachée aux objets que lui mais il n’empêche…
Heureusement pour elle, Remus eut le tact de passer à son propre trio de conseils mal avisés et Gloria s’accouda à la table, posant le menton dans la main tandis qu’une moue compatissante s’épanouissait sur son visage. Pauvre Remus, il n’avait vraiment échappé à rien, lui non plus. Au moins étaient-ils parfaitement unis dans l’adversité, chose qui pourrait s’avérer plus qu’utile quand on voyait que l’adversaire en question était Petunia l’infatigable matrone en manque de sensations fortes. La jeune femme secoua la tête, interloquée par la bêtise des propos de leur collègue et ennuyée pour Remus qui avait dû écouter de telles inepties.
- Une chose est certaine, tu t’en sortiras toujours mieux qu’avec un coach pareil, lui assura Gloria, qui ne savait pas si elle disait cela pour le consoler ou pour se rassurer elle aussi dans la foulée. Quel ramassis de clichés, en plus ! La veste en cuir, la moto ! Vraiment ?!
Là, tout de suite, Gloria avait subitement envie d’aller dire ses quatre vérités à Petunia. D’aller sonner à sa porte pour lui faire comprendre que quand on ne sollicitait pas ses conseils, elle n’avait pas à en donner. La franchise n’avait rien à voir là-dedans, c’était juste une manière de s’imposer dans la vie des autres et cela irritait profondément Gloria qui avait toujours tenu à sa liberté de mouvements et à ne pas être sous la coupe de quiconque. Peut-être que son enfance trimballée de foyer en foyer avec son frère y était pour quelque chose mais en tout cas, c’était profondément ancré en elle. Elle refoula toutefois cette colère soudaine, n’ayant pas du tout envie de mettre Remus dans l’embarras et elle se servit un peu d’eau qu’elle porta à ses lèvres en écoutant le jeune homme qui continuait à discuter.
- Je crois qu’il avait un nom un peu particulier. Comme Isidore ou Gedeon. Qui sait, peut-être qu’il a fui les conseils intempestifs de Petunia, plaisanta Gloria, un peu railleuse avant de sourire à l’idée qu’ils aient pu se croiser dans les couloirs sans savoir qu’ils deviendraient un jour collègue dans ce même lycée. Et mon frère ? Peut-être le connais-tu ? Graham ? Il est plus âgé que moi.
Le sourire de Gloria s’élargit lorsque Remus déclara qu’ils allaient boire à la santé de Petunia et la jeune femme applaudit le geste en offrant au serveur un regard malicieux :
- Oh, alors il nous faudra bien une bouteille. Je ne vais pas faire semblant d’essayer de répéter le nom du vin mais nous vous faisons confiance.
Et une fois la commande prise, l’employé s’éloigna tandis que Gloria se recentrait sur leur conversation, légèrement requinquée par le ton qu’elle avait pris :
- Bon. Assez parlé de Petunia et de mon cher et tendre. Parle-moi de toi. Qu’aimes-tu faire ? Pourquoi as-tu choisi la voie de l’enseignement ? Je veux tout savoir.
Gloria adressa un sourire taquin à Remus et reprit sa pause attentive, le menton confortablement calé dans le creux de sa paume tandis qu’elle avait parfaitement conscience d’avoir mis son compagnon d’infortune sur la sellette.

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MessageSujet: Re: (not so) blind date   Sam 15 Juil 2017 - 0:35

Finalement, le contenu de leur tête à tête risquait de poser problème lorsqu'il faudrait expliquer à Petunia à quel point ils avaient pu passer une horrible soirée, le désastre attendu ne s'étant pas encore produit. Il pouvait encore arriver, l'un comme l'autre pouvait aborder un sujet délicat qui les mettrait tous deux dans l'embarras et les condamnerait à finir leur repas en silence, mais Remus en doutait. S'ils avaient réussi à parler d'Arhri et de la rupture qu'il avait infligée à Gloria sans craquer, il n'y avait pas de raison qu'il ne tienne pas face à tout le reste. Loin de l'image qu'il s'était fait d'elle, la jeune femme était drôle et pleine d'esprit, peut être pas aussi heureuse qu'elle avait pu l'être par le passé mais il n'avait aucun doute sur sa capacité à rebondir et reprendre sa vie en main. Ce serait sûrement long et douloureux, mais elle y arriverait. A écouter Petunia lui parler d'elle, Remus s'était attendu au pire. Il avait craint qu'elle ne passe l'ensemble du repas à pleurer ou lui demander ce qui pouvait clocher chez elle, cherchant avec lui une explication au comportement de son ancien petit ami qu'il ne pourrait bien évidemment pas lui donner. Avec la vraie Gloria, celle qu'il avait sous les yeux, tout était beaucoup plus simple, et beaucoup plus sain aussi. Il compatissait, mais avait l'impression qu'elle en avait elle-même assez d'être piégée dans son rôle de princesse en détresse, qui ne peut rien faire d'autre qu'attendre l'hypothétique retour de l'homme qu'elle aime.
- ... qu'ils sont autant à lui qu'à toi. Je comprends. Tu lui en as parlé ? Pour savoir ce qu'il veut en faire ? Ca t'aiderait peut être d'être fixée là dessus.
Il ne savait pas si le conseil était bon ou non, mais Remus ne pouvait pas passer toute la soirée à l'écouter sans oser dire quoi que ce soit pour ne pas la brusquer. S'il n'aurait pas osé le faire au lycée ou peu après le début de leur tête, il sentait qu'il en avait désormais la possibilité, si ce n'était la légitimité.
- C'est ce que je me dis aussi. C'est gentil de sa part de vouloir aider, mais vu les conseils je crois qu'il vaut lieux faire sans. Et tu me rassuras, au moins je ne suis pas la seul à trouver tout ça complètement absurde !
Heureusement pour eux, il n'y avait qu'une seule Petunia au lycée, et il était fort probable qu'elle se trouverait de nouvelles proies à tourmenter à la rentrée prochaine, lorsqu'elle se serait lassée de Gloria, Remus et compagnie. C'était l'avantage de travailler dans une aussi grosse structure, il y avait toujours de nouvelles têtes. De nouveaux élèves, de nouveaux enseignants, de nouvelles directives à appliquer, ... Il sourit à l'idée que Petunia ait pu harceler de la sorte des générations entières de jeunes professeurs, curieux de savoir depuis quand elle sévissait dans les couloirs de Mount Oak. Son sourire s'agrandit ensuite davantage à l'évocation d'un nom qu'il ne connaissait que trop bien.
- Graham Bedelia est ton frère ?! J'avais jamais fait le rapprochement mais bien sûr que je le connais ! On s'était retrouvé dans la même classe plusieurs années de suite et on continue à se voir de temps en temps mais j'aurais jamais pensé à te demander si vous étiez de la même famille. Les Bedelia ça court pourtant pas les rues, mais bon.
Il laissa Gloria s'occuper de commander leur bouteille de vin, profitant de cette diversion pour se reprocher de n'avoir pas pensé plus tôt qu'elle et Graham puissent être apparentés. Déjà mal à l'aise, il soupçonna Gloria d'enchaîner les questions personnelles pour inverser les rôles : elle s'était suffisamment livrée en parlant d'Ahri, c'était désormais son tour. Remus inspira un bon coup et se lança, racontant cette histoire qu'il avait l'impression de ressortir à tout le monde. Elle était vraie, juste un peu trop utilisée pour qu'il y trouve vraiment d'intérêt.
- J'ai fait des études de chimie sans trop savoir où ça me mènerait, j'aimais bien cette matière au lycée et j'avais rien contre l'idée d'en faire quelques années de plus. Une fois diplômé j'ai postulé dans plusieurs entreprises mais aucune ne semblait intéressée alors j'ai fait quelques remplacements en tant que prof, en attendant d'avoir un vrai travail, et je me suis rendu compte que ça me plaisait bien du coup j'ai continué. Je regrette pas. Peut être qu'au bout d'un moment j'en aurai marre de répéter la même chose d'une classe à l'autre, et surtout d'une année à l'autre, mais pour l'instant ça va. Toi je parie que c'était une vocation, non ?
En réalité il n'en savait rien mais, par habitude, il savait que la plupart de ses collègues se sentaient flattés qu'on qualifie de 'vocation' leur choix de carrière et il se sentait toujours un peu coupable d'avoir forcé Gloria à ressasser une nouvelle fois son histoire passée.

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MessageSujet: Re: (not so) blind date   Mer 26 Juil 2017 - 19:44

Une chose était certaine : si cette soirée lui avait appris quelque chose, c’était qu’elle ne pouvait pas continuer à s’enfermer dans la solitude en attendant qu’Ahri lui revienne. Elle restait une jeune femme qui avait besoin de faire des rencontres, de discuter avec les autres, d’avoir des contacts réguliers avec les gens qui l’entouraient. Mieux encore, ce rendez-vous lui faisait réaliser à quel point découvrir l’univers d’inconnus était aussi enrichissant que d’avoir une conversation avec quelqu’un qui la connaissait depuis toujours. À quand remontait ce dernier vent de fraicheur, où elle avait eu l’occasion de faire la connaissance d’un étranger ? Alors, bien sûr, Remus n’était pas vraiment un étranger puisqu’elle le côtoyait quotidiennement, de plus ou moins loin, au lycée, mais il restait neuf, plein de surprise pour la curiosité attisée de la jeune Bedelia. Elle pouvait en quelques sortes remercier Petunia pour cela mais Gloria savait déjà que jamais elle ne l’admettrait à sa collègue. Elle préférait encore se couper la langue plutôt que d’exprimer la moindre once de gratitude. Il ne lui restait plus qu’à espérer que Remus ferait de même, parce qu’elle se voyait mal mentir si Petunia l’abordait en lui disant ‘alors, il parait que vous avez passé une chouette soirée ?’ (sous-entendu : merci qui ?)
Lorsque, très justement, Remus lui demanda si elle avait abordé le sujet des affaires d’Ahri avec le principal intéressé, Gloria retint son souffle quelques secondes puis expira brièvement, une moue embarrassée sur le visage :
- Pour être honnête, je repousse ce moment. J’ai trop peur qu’il pense que je veux me débarrasser de ses affaires et de lui, par extension. Et si je dois tout t’avouer, je dois dire que je ne sais pas comment m’y prendre avec lui. Je sais qu’il va mal, qu’il a été traumatisé par ce qu’il a traversé mais tant qu’il refusera de me parler, je ne sais pas trop comment l’aborder.
Elle n’aimait pas spécialement faire cet aveu de faiblesse mais si elle voulait faire comprendre à Remus sa position délicate, elle devait être franche et elle ne pouvait l’être qu’en posant les mots sur ce qu’elle ressentait, que cela fasse d’elle une compagne indigne ou non.
- Et puis tu vas peut-être me trouver un peu masochiste mais je préfère rester dans cet entre-deux et ne pas être fixée que de risquer de le voir me quitter pour de bon parce que je l’ai trop pressé. Pour l’instant, j’ai toujours un espoir, aussi maigre soit-il, qu’il retrouve ses marques. S’il devait m’annoncer que c’est fini entre nous, je ne sais vraiment pas comment je le vivrais…
Gloria ne voulait pas y songer, c’était un scénario catastrophe qu’elle ignorait aveuglément, quitte à paraitre naïve ou pathétique. Personne ne pouvait la détourner d’Ahri, personne ne pourrait colmater la brèche qu’il avait laissée dans son sillage. Et même si en discuter avec un parti neutre la soulageait quelque peu, Gloria n’aspirait pas à tourner la page.
Évoquer Graham lui redonna cependant le sourire et elle acquiesça, une lueur malicieuse brillant au fond de ses yeux. Graham était immanquable, il avait toujours eu son petit effet sur son entourage (aussi bien les siens que les filles qui lui glissaient des œillades et soupiraient en l’observant de loin). Ça ne s’était clairement pas calmé depuis qu’il jouait régulièrement au Vertigo, où son petit parterre de fans s’était doucement et joyeusement construit. Cela n’étonnait donc pas Gloria qu’un tel engouement naisse chez Remus à la mention de son frère ainé.
- Cela nous fait un point commun en plus, bien plus intéressant que Petunia, n’est-ce pas ? plaisanta-t-elle avant de museler son sourire maladroitement.
Ça n’était pas très gentil. Au fond, Petunia avait beau être une plaie plus qu’un cadeau, ça n’était pas quelqu’un de fondamentalement méchant et elle se sentait mauvaise d’en parler sur ce ton. Heureusement, le serveur fut la distraction idéale pour faire oublier son ton narquois et elle dévia la conversation pour la mener vers un terrain moins glissant et qui l’intriguait bien davantage.
- Vocation je ne sais pas mais quand j’étais ado, je donnais des cours particuliers pour me faire un peu d’argent de poche. Je ne sais pas. C’était à l’époque le seul moyen de me payer les vêtements dont je rêvais, confessa-t-elle avec un sourire en coin. J’imagine que ça m’a donné un avant-goût de ce que je pouvais faire et quand il a fallu choisir sa voie, cela m’a paru assez évident, je n’ai pas cherché plus loin. C’est moins ambitieux que ce que tu te figurais, avoue ?
Gloria eut un petit rire. Elle se rappelait les dimanches qu’elle passait chez des adolescents un peu plus jeunes qu’elle, l’écoute dubitative qu’elle devinait et elle n’avait jamais rien trouvé de plus gratifiant que de découvrir, à la fin de l’année scolaire, que son tutorat avait porté ses fruits et aidé quelqu’un a réussir son année.
- Je ne suis pas très vache avec mes élèves, je préfère leur donner des devoirs supplémentaires pour faire remonter leur moyenne que de les voir échouer. On me dit parfois que je suis trop maternelle mais je ne trouve pas. Je ne vois pas pourquoi l’école devrait être un calvaire, c’est sensé être un lieu d’apprentissage. Et toi ? Quel genre de professeur es-tu ? Je te vois bien papoter de séries télévisées avec tes élèves. Je me trompe ? Ils n’essaient pas, parfois, de te poser une question dans l’unique but de te faire dévier de ton programme pour que tu parles d’autre chose pendant une heure ?
C’était un truc vieux comme le monde qu’eux-mêmes avaient dû utiliser à de nombreuses reprises. Cela avait toujours amusé Gloria de voir ces stratégies survivre aux années et deviner que ces chers adolescents turbulents s’imaginaient qu’ils avaient inventé le meilleur stratagème qui soit.

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MessageSujet: Re: (not so) blind date   Mar 10 Oct 2017 - 0:27

Une autre chose sur laquelle Remus s'était trompée, c'était l'importance qu'Ahri continuait à exercer sur Gloria. Pas seulement parce qu'ils avaient passé une bonne partie de leur vie ensemble, mais parce qu'il était toujours là, la laissant dans l'expectative d'un éventuel retour. S'il l'avait quittée pour de bon, lui brisant le coeur au passage, les choses auraient peut être été plus simples. Pas forcément plus simples, mais au moins elle aurait su à quoi s'en tenir et aurait pu passer à autre chose, ce qui n'était pas le cas. Il l'avait quittée, oui, mais avec l'espoir qu'il redeviendrait l'homme qu'elle avait connu et que tout reviendrait à la normale entre eux. Remus avait eu du mal à le comprendre, Petunia ayant préféré raconter sa propre version des choses, et il lui avait fallut un peu de temps pour démêler ce qu'il avait tenu pour acquis de ce qui s'était réellement passé.
- Mais tu le vois encore souvent ? Tu n'as pas des amis communs qui pourraient lui parler, voir ce qu'il en est à ta place ? Peut être qu'il ne sait pas où il en est lui non plus mais c'est pas une vie. Vous pouvez pas juste attendre que quelque chose se passe, un jour peut être.
Pour lui, toute cette histoire était beaucoup trop compliquée. Elle avait sûrement été belle, et il ressentait tout l'attachement que Gloria pouvait encore avoir, mais elle le dépassait complètement. Jamais aucune de ses relations passées n'avait pu le remuer à ce point et il n'arrivait même pas à imaginer ce que ça pouvait être que d'aimer quelqu'un jusqu'à s'en briser. Il le regrettait parfois, mais plus par curiosité scientifique que véritable aspiration. Il savait ce que c'était que d'aimer quelqu'un, d'être bien avec une personne, mais rien de réellement profond. Il était encore attaché à Harlow, comme il était encore attaché à Thea ou à tant d'autres, mais il savait qu'il pouvait continuer à vivre sans elles. Il les avait aimées, il continuait à les apprécier, mais ce n'était rien en comparaison de ce que Gloria était en train de lui raconter. Si elle n'avait pas été face à lui, et s'il n'avait pas été convaincu de sa sincérité, il aurait cru qu'elle exagérait. Jusqu'à présent, il n'avait jamais connu quelqu'un d'aussi épris et aussi marqué par une histoire, et cette découverte le troublait sans qu'il ne comprenne vraiment pourquoi.
- Tu trouverais une solution. Je comprends ce que tu veux dire, mais ce n'est pas viable. Tu t'imagines continues à l'attendre comme ça indéfiniment ? L'attendre six mois, un an, dix ans ?
Il ne voulait pas lui donner l'impression de lui donner des leçons mais, tout en comprenant le raisonnement de Gloria, il n'arrivait pas à le concevoir sur la durée. C'était une chose qu'elle soit blessée, une autre qu'elle fasse une croix sur le restant de sa vie sur le seul espoir qu'Ahri pourrait lui revenir. Il avait ainsi parlé doucement, en espérant qu'elle ne se méprendrait pas sur ses intentions et qu'elle ne le trouverait pas trop envahissant. Jusqu'à présent, ils s'étaient suffisamment faits confiance pour qu'elle se livre et accepte tout ce qu'il avait à lui dire, mais Remus continuait à avoir l'impression de marcher sur des oeufs. Il était curieux de savoir ce que Graham dirait de ce fameux rendez-vous lors de leur prochaine rencontre, et ce qu'il pourrait lui dire sur l'histoire de sa petite soeur.
- Plus intéressant je sais pas. C'est dur de battre Pétunia en matière de commérages et ragots sur l'histoire du lycée !
Alors oui, il fallait aimer ce style, mais elle savait animer leurs réunions comme personne et était loin d'être aussi mauvaise que ses manières sans-gène pouvaient le laisser croire. Elle était agaçante mais elle avait néanmoins réussi l'exploit de les rassembler pour une soirée et de leur offrir la possibilité de passer un bon moment ensemble. Hourrah pour Petunia !
- Au contraire, c'est comme si tu avais toujours connu ta voie sans le savoir. C'est beau.
Il vit apparaître un parallèle entre sa carrière et son histoire avec Ahri mais se garda néanmoins de le lui signaler maintenant que le sujet avait été doucement écarté. Gloria était une personne de raison, quelqu'un qui faisait un choix à un moment donné et savait le suivre, quitte à se perdre. Là encore, il trouvait ça beau, surtout aux yeux d'un Remus qui s'était toujours contenté d'aller là où ses pas le menaient. Il éclata d'ailleurs de rire en découvrant la vision que la jeune femme avait de lui.
- Ne me dis pas que c'est la réputation que j'ai au lycée ? Je dévie parfois un peu mais c'est rare que ça dure, en général j'ai toujours un oeil sur ma montre pour être sûr d'arriver à tout boucler à temps et je ne les laisse pas trop s'éparpiller. Ou à la fin de l'heure, s'il nous reste du temps. J'ai l'impression d'être toujours en train de les presser mais du coup c'est rare que je les fasse sortir en retard et il me le rendent bien. Et j'essaie de les faire manipuler le plus possible, qu'il se rendent comptent que la chimie ce n'est pas juste de la théorie mais comme faire de la magie ou avoir des super-pouvoirs et apprendre à les maîtriser. Il faut que ce soit vivant. Certains disent que mes cours sont trop bruyants mais j'aime que ça s'agite.
Il aurait pu continuer comme ça pendant des heures, à expliquer comment il en était venu à aimer ce métier qui lui était plus ou moins tombé dans les bras, mais il n'avait pas envie de lasser Gloria.
- Tu devrais passer un jour. Je suis sûr que tu n'as jamais mis un pied dans notre aile !
Il la fixa avec un air de défi, comme à chaque fois qu'il annonçait à ses élèves une nouvelle expérience à mener.

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Gloria Bedelia

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MessageSujet: Re: (not so) blind date   Dim 12 Nov 2017 - 13:24

Il était étrange qu’elle s’ouvre si facilement avec quelqu’un qu’elle connaissait finalement si peu. Jamais il ne lui serait venu à l’esprit de s’épancher auprès de Graham, quand bien même son frère aurait sûrement prêté une oreille attentive à ses déboires amoureux. Mais elle n’y avait même jamais songé. C’était comme si elle gardait tout ce qui concernait Ahri dans une petite boite qu’elle refusait d’ouvrir trop souvent de peur de voir l’essentiel s’échapper. Alors pourquoi tout cela lui semblait-il si aisé avec Remus, ce soir ? Pourquoi lui livrait-elle sa terreur, pourquoi admettait-elle qu’elle ne se sentait pas prête à lâcher prise ? Il n’était pas venu pour entendre une collègue pleurnicher au sujet d’un autre homme et peut-être aurait-ce été plus gênant si Remus avait eu quoi que ce soit derrière la tête. Ce qui n’était heureusement pas le cas. Aussi, peut-être était-ce la raison pour laquelle Gloria se sentit si prompte à divulguer ce qui rongeait son cœur, tout en ayant conscience qu’ils ne pouvaient pas s’appesantir sur ce sujet toute la soirée. Mais tant que Remus ne montrait pas des signes d’impatience ou de lassitude, Gloria n’arrivait pas vraiment à laisser le sujet couler pour en aborder un autre. En un certain sens, cela lui faisait du bien d’évoquer Ahri, même si c’était en de si tristes termes, même si c’était pour laisser entrevoir son désarroi. La question de Remus la décontenança et un léger doute voila son regard avant qu’elle secoue la tête et balbutie :
- Non, je ne le vois pas vraiment. Enfin, je le croise, de loin, mais dès que je fais l’amorce d’un pas dans sa direction, il s’évapore. Ou ce sont mes jambes qui cessent de fonctionner, je ne sais pas. Et mes amis, lâcha-t-elle doucement, avec un sourire penaud. Mes amis ont leur propre vie. Ils ont fait ce qu’ils pouvaient au début mais ils ne peuvent pas passer leur temps à s’inquiéter ou à veiller sur nous. Ceux qui croisent Ahri essaient de me donner des nouvelles rassurantes mais je vois bien qu’ils sont aussi perdus que moi… que nous…
Elle avait baissé les yeux en parlant, traçant des cercles sur la table avec son index, pensive. Elle se mordilla la lèvre inférieure puis reporta son attention sur Remus, un sourire amer esquissant un arc sur ses lèvres pincées.
- Je ne peux pas me résoudre à l’abandonner, tu comprends ? Que dira-t-il, dans quelques mois ou années, quand il aura surmonté ses angoisses ? Que je l’ai délaissé quand il avait le plus besoin de moi ? Que j’ai continué ma vie sans l’attendre ? Il est—il était mon fiancé, Remus. J’étais prête à lui promettre ma fidélité à travers toutes les épreuves que la vie peut nous inventer. Qu’est-ce que ça dirait de mon engagement si, au premier obstacle, je baisse les bras ?
En aucun cas elle n’était vexée par les interrogations de son collègue. Elles étaient logiques, après tout. Mais pouvait-on vraiment appréhender une telle situation quand on ne la vivait pas soi-même ?
- Parce qu’il faut une limite dans le temps pour savoir quand lâcher prise ? demanda-t-elle, sans pour autant vraiment attendre une réponse.
Ça ne lui semblait pas impossible d’attendre tout ce temps, si elle savait qu’au bout du chemin, elle retrouverait Ahri, si elle savait qu’ils traverseraient cette épreuve et en ressortiraient plus proches que jamais. Mais Remus n’avait pas tort non plus : et si elle passait les futurs mois, les années à venir, à attendre quelqu’un qui ne lui reviendrait pas ? S’il guérissait bel et bien – et c’est tout ce qu’elle souhaitait, à cet instant précis – mais qu’il le faisait auprès d’une autre ? Si c’était quelqu’un qu’il ne connaissait pas encore qui lui redonnerait foi en la vie, qui figerait les sables mouvants, qui ferait taire les voix qui le hantaient ? Gloria ne pouvait tout simplement pas envisager une telle chose. Pas après ce qu’ils avaient vécu. Et en même temps, elle sentit son cœur se fêler un peu plus à l’idée qu’elle puisse ne pas être celle dont Ahri avait besoin. Qu’elle puisse faire partie d’un passé qu’il préférait enterrer et oublier. À cette idée, elle sentit sa gorge se nouer et fut soulagée et reconnaissante qu’ils passent à un autre sujet et elle prit une petite gorgée de son vin pour noyer le goût amer qui s’était faufilé dans sa bouche.
Gloria laissa échapper un petit rire peu convaincu mais plein de gratitude. Elle avait parfois l’impression d’avoir davantage fait des choix par défaut, par manque d’imagination ou d’ambition mais elle oubliait que ça n’était qu’un point de vue, qu’à travers les yeux d’un autre, ses décisions pouvaient prendre une autre couleur, une autre ampleur et, une fois de plus, elle fut contente d’avoir pu découvrir Remus et la facilité avec laquelle ils échangeaient.
- Tu as la réputation d’être un prof cool ! Peu de nos collègues peuvent se targuer d’être perçu comme des gens cools, estime-toi donc heureux, dit-elle en retrouvant un sourire plus convaincant et convaincu. J’aurais aimé avoir un professeur comme toi quand j’étais au lycée, j’aurais peut-être un peu apprécié les sciences.
Elle avait été si peu douée en la matière et se rappelait les notes catastrophiques qu’elle devait rattraper en fin d’année pour passer celle-ci. Si elle donnait facilement des leçons aux autres, il n’y avait bien que les sciences qui échappaient complètement à son contrôle et elle avait dû, à l’époque, faire elle-même appel à un tuteur pour lui expliquer certains chapitres.
- Plus depuis le lycée, non, et elle a dû bien changer. Elle a été en travaux pendant de longs mois, il me semble.
Gloria se mordit l’intérieur de la joue et pouffa quand elle vit la façon dont Remus dardait son regard sur elle.
- D’accord, d’accord, je passerai un de ces quatre dans ton laboratoire. Tu n’auras qu’à dire que tu as une assistante et tu feras des tours de magie avec tes fioles et potions. Je ferais une parfaite assistante. Regarde.
Et elle se redressa légèrement sur sa chaise, levant les bras comme les présentatrices peuvent le faire à la télévision pour faire découvrir le lot qui se cache derrière le rideau ou la somme qu’il y a à remporter s’ils arrivent en haut des paliers en répondant à toutes les questions correctement. Elle laissa ensuite retomber ses mains et cessa ses pitreries quand on leur servit leurs plats, dissimulant avec difficulté le sourire que cette scène faisait naitre sur ses lèvres.
- Et sinon, qu’est-ce que tu fais en dehors de l’école ? Tu as un passe-temps particulier ?
Maintenant que le nuage noir (Ahri) était passé au-dessus de la conversation, Gloria s’efforçait de rester sur un terrain neutre et agréable. Elle n’avait aucune envie que Remus se rappelle cette soirée comme une suite de lamentations qu’il avait dû patiemment écouter. Envisageait-elle déjà d’autres opportunités de côtoyer le jeune homme ? Peut-être. Après tout, elle reprenait vie, ce soir, et cela lui faisait un bien fou.

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(not so) blind date
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