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Tallulah Pond

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MessageSujet: ☑ a hug is just a way to hide your face.   Mer 1 Fév 2017 - 0:05

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Elle a beau apercevoir sa silhouette de dos, assis sur un banc, Tally la reconnait en un instant. Pourtant, la dernière fois qu’elles se sont adressées la parole, la rouquine devait avoir une dizaine d’années tout au plus. Mais elle avait croisé Edme régulièrement en ville et si leurs échanges se limitaient généralement à un sourire, Tallulah n’avait jamais vraiment oublié la demoiselle. A dire vrai, elle pensait régulièrement à elle. Probablement était-ce parce qu’elle avait été là pour Tally, un jour où sa maman lui manquait trop. Elle était sortie de la salle de cours, et Edme l’avait suivi. Ou peut-être qu’Edme avait simplement été dans le couloir à ce moment-là ? Tally n’en avait aucune idée à dire vrai. Elle ne se souvenait même pas si elle était dans la même classe. Mais alors que son cœur s’était tellement replié sur lui-même face à la souffrance que la fillette n’avait plus à respirer, Tally se souvenait qu’Edme avait pris sa main puis l’avait prise dans ses bras jusqu’à ce que les larmes ne l’étouffent plus et que la douleur se diffuse. D’une certaine façon, elle avait montré, pour la première fois, à la fillette, qu’elle était le chemin pour faire son deuil. Et si cette douleur diffuse, Tally la ressentait encore, c’était bien la preuve qu’elle avait réussi à accepter que plus jamais, elle ne respirerait l’odeur réconfortante de la personne qu’elle avait le plus aimé. Parfois, ses poumons se contractaient encore, semblant refuser de laisser passer l’oxygène, pourtant vital mais la plupart du temps, la douleur de Tallulah était désormais diffuse. Car c’était ça, faire son deuil, apprendre à garder la douleur diffuse et tout faire pour qu’elle ne nous empêche plus jamais de respirer même si l’être décédé ferait toujours parti de nous. Elle ne savait pas pourquoi Edme avait fait preuve d’une telle compassion ce jour-là, surtout pour un enfant de cet âge. Peut-être parce qu’âgée de quatre ans, Tallulah l’avait défendu contre un garçon qui lui tirait les cheveux en le poussant contre un mur. Peut-être parce qu’elle faisait partie de ses envoyés du ciel plus bons que la Bonté elle-même. Ou, peut-être que cela ne voulait rien dire, qu’elle s’était simplement comportée comme la plupart des gens l’aurait fait. Peu importait en réalité, quand la jeune Pond n’était pas du genre à tergiverser sur le pourquoi du comment. Certains sujets la touchaient plus que d’autre et elle pouvait alors passer des lustres à ressasser certaines scènes, mais la plupart du temps, Tallulah ne préférait pas s’attarder sur les choses qu’elle ne pouvait s’expliquer.
Elle hésita un instant à aller parler à Edme, puis finit par renoncer. Il ne lui restait qu’une heure sur sa pause déjeuner, et elle avait prévu d’aller acheter de nouvelles chaussures pour ses entraînements de football américain. Elle passa donc devant la demoiselle, faisant mine de ne pas l’avoir vu mais sans pouvoir éviter un regard en coin vers cette fille, qui n’avait jamais été plus qu’une connaissance, pas même une amie d’enfance. Mais était-ce une larme qu’elle apercevait sur sa joue ? Tallulah s’arrêta, hésitante et fit mine de chercher quelque chose dans son sac. En réalité, elle cherchait surtout à savoir si la brunette était réellement en train de pleurer. Constatant que c’était le cas, Tally sortit un paquet de mouchoirs de son sac, la referma et se dirigea d’un pas pressé vers Edme. Mais elle est mal à l’aise, c’est un peu étrange de prendre une étrangère dans ses bras. Cela lui est égale, à Tally. Mais tout le monde ne pense pas comme elle. S’asseyant aux cotés de la jeune femme, elle lui tendit son paquet de mouchoirs, puis se tourna vers elle. « Hey Edme. Je ne sais pas si tu te souviens mais il y a environ trois ou quatre siècles, tu m’as prise dans tes bras, quand j’étais en pleine crise de larmes. Bien plus dégueu que la tienne – je pense même que j’ai dû mettre de la morve dans tes cheveux ce jour-là. Merci de ne l’avoir jamais dit à personne – ils m’auraient tous appelé la morveuse pour la fin de ma scolarité, je pense. » Elle soupira et continua sur un ton tout aussi enjoué. A dire vrai, elle cherchait surtout à dédramatiser la situation. « Donc, si tu trouves pas ça trop bizarre – et t’as le droit de m’le dire si c’est le cas – eh ben, je vais faire pareil. Ok ? » demanda-t-elle, laissant quelques secondes à la demoiselle pour effectuer un geste de recul si nécessaire. Puis, voyant que l’intéressée n’émettait aucune réserve, elle attrapa sa main, avant de la forcer – tout en douceur – à poser sa tête sur son épaule. « Par contre, utilise les mouchoirs, s’il te plait. Pas de morve dans mes cheveux – Copycat me donne un bonus pour chaque clone vendu ! »

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Edme Carlson

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MessageSujet: Re: ☑ a hug is just a way to hide your face.   Mar 7 Mar 2017 - 13:19

Parfois la souffrance l’engouffrait dans des abysses dont elle ne sortait qu’au prix d’une nuit de sommeil, mais à l’image de ce matin-là, Edme s’était réveillée aussi triste et désespérée que la veille, l’escapade nocturne n’ayant pas été suffisante. Quelles solutions lui restait-il lorsque même une nuit de sommeil ne suffisait plus pour calmer sa tristesse passagère ? Parce que oui, Edme n’en démordait pas, sa situation actuelle n’était que provisoire, absolument provisoire, une passe obligatoire par laquelle passer mais qui ne durerait pas. Et elle n’avait pas tort, dans un certain sens, il fallait simplement savoir où placer le curseur. En soi, ça ne faisait qu’un mois qu’elle pleurait un peu chaque jour, ce qui ne représentait qu’une mince période ; mais ce laps de temps n’était minime que relativement à la durée de son mal-être. Celui-ci se comptait en années, ce qui commençait à faire beaucoup. Beaucoup trop. Obnubilée par la douleur immédiate, l’infirmière s’était jusqu’alors contentée de snober la cause profonde de son malheur, mais bientôt elle n’en fut plus capable. Elle la rattrapa, jalouse de ne pas avoir droit à l’attention qu’elle méritait. Elle s’était déjà montrée bien trop patiente. Aussi, elle se décida à frapper bien plus fort et la terrassa. Edme n’avait pas dormi de la nuit. Des pleurs accompagnés de la fatigue physique bien trop pesante du corps qui demande un peu de repos, elle avait espéré jusqu’au petit matin qu’on lui accorderait un peu de répit. En vain. Elle sortit de son lit à neuf heures, prit une longue douche brûlante et, une fois la peau rougie par la chaleur, elle décida d’aller prendre un café avant d’entamer le boulot. Ne commençant qu’à 13 heures, elle avait de longues heures à perdre. Un café bien serré serait une bonne idée pour supporter l’insomnie qu’elle se trainerait toute la journée. « Donnez-moi ce que vous avez de plus fort s’il vous plaît. » Ne buvant exclusivement que des chocolats chaud et du thé, elle s’était confrontée aux divers expresso, americano et compagnie comme au cours de chinois à laquelle elle s’était une fois présentée par erreur. Elle s’en était remis au professionnel et avait marché jusqu'au premier banc, son nouveau meilleur ami entre les mains. Après avoir tenté d’ingurgiter son sirop avec une certaine peine, son regard se perdit à la contemplation des passants. Après quelques minutes, il ne put quitter que douloureusement l’image d’une parfaite petite famille qui lui rappela tout ce qu’elle n’avait jamais eu et tout ce qu’elle ne voulait plus avoir. Ou du moins pas tout de suite, pas avec Feivel. Les larmes ne tardèrent pas à déferler sur ses joues malgré toute la peine qu’elle mit pour l’éviter. Elle ne souhaitait pas pleurer dans un endroit aussi public. Elle ne voulait pas être la femme assise seule sur un banc, pleurant toutes les larmes de son corps pour aucune raison. Ce n’était pas ce qu’elle était. Elle ne se reconnaissait plus. Mais elle crut toucher le paroxysme de la honte lorsqu’une voix, qui s’exprimait sans aucun doute à son égard, la fit sortir de ses pensées. Aussi elle se décida à marcher un peu, mais se posa finalement sur un banc et s'abandonna à ses larmes. Tant pis.
Qui était cette rousse qui s’adressait à une inconnue sur un ton si léger ? Ses souvenirs ne tardèrent pas à refaire surface en même temps qu’un rire échappa de ses lèvres. C’était sans aucun doute la plus belle entrée en scène qu'elle avait connu jusqu'ici ; Erik était pourtant très doué en la matière. Dire que toute once de triste s'était évaporée aurait été un mensonge, sa douleur était bien plus ancrée que cela. Pourtant, son cœur s'allégea quelque peu en l'écoutant. Elle lui parlait. Elle voulait l'écouter. Quelqu'un s'intéressait à elle et voulait l'aider. Edme était dans un désespoir tel qu'était passé depuis longtemps le temps où elle aurait tout gardé pour elle, où elle aurait tout fait pour sauver les apparences. Ce temps était révolu, à présent elle se rattachait à tout ce qu'elle pouvait. A tout ceux qui voulaient bien l'aider. Elle ne se reconnaissait plus, malgré tout elle ne se sentait jamais aussi bien que lorsqu'elle pouvait se confier. Plus encore, l'avenir lui paraissait plus clair lorsqu'elle constatait l'intérêt réel que lui portait son correspondant. Elle n'avait pas l'impression de parler dans le vide, mais d'être importante pour quelqu'un, d'intéresser autrui et non pas simplement de vulgairement se plaindre. Sa douleur prenait certes en intensité parce que parler rendait tout cela plus réel, mais l'amour que lui portait un regard inquiet et bienveillant était comme un premier pansement. Edme trouvait cette sensation aussi terrifiante et intimidante que merveilleuse. Sa peine devenait légitime. Elle n'avait plus l'impression d'être une pleurnicharde.
La sensation ne fut que décuplée lorsque les bras de Tallulah l'encercla. Elle ne se sentit pas étouffer comme lorsque son fiancé l'emprisonnait de ses bras pour lui souhaiter une bonne nuit. Edme osa poser sa tête sur l'épaule, de nouvelles larmes se formèrent au creux de ses yeux. Des larmes de tristesses mêlées à des larmes de douceur. Elle murmura un « merci » inaudible, plus symbolique qu'autre chose. Elle s'apprêta à mettre fin à cette accolade, ne voulant pas profiter trop longtemps pour ne pas embêter Tallulah lorsque la jeune femme en question la supplia de ne pas baver sur elle. Charmant. Edme rigola doucement mais de plein gré, s'étouffant entre la douleur physique intrinsèque aux larmes. « Aucun doute, tu as un talent pour réconforter les gens. » dit Edme, tout en s'accrochant toujours plus au corps chaud de l'inconnue qui n'en était plus une. C'est fou, pensa-t-elle, à quel point un simple contact physique peut vous donner l'impression de connaître la personne qui la seconde d'avant n'était qu'un inconnu auquel nous n'aurions pas même adressé un sourire. Elle s'autorisa encore quelques secondes de réconfort avant de se décider à se reculer. Elle ne voulait pas trop profiter de sa gentillesse. Edme fixa la tasse de son imbuvable café et l'entoura de ses mains gelées. Elle resta silencieuse un moment, souhaitant prolonger cette sensation si agréable d'un corps réconfortant contre le sien. « Merci beaucoup. » dit-elle mais cette fois-ci de manière audible à Tallulah. « J'ai bien fait de te réconforter à l'époque, je savais que ça allait pouvoir m'aider dans le futur. » Un franc sourire taquin s'installa sur ses lèvres, trahissant son opportunisme impossible. « Je peux t'offrir un chocolat pour te remercier ? Sauf si tu as mieux à faire évidemment... » Elle n'avait presque pas touché à son café, de toute façon. Tallulah lui avait déjà donné tant qu'elle ne souhaitait pas en demander davantage. Elle avait fait beaucoup, bien plus qu'elle ne le mesurait. Mais Edme, elle, savait et jamais, non jamais elle ne l'oublierait.

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Dernière édition par Edme Carlson le Ven 2 Juin 2017 - 17:01, édité 2 fois
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Tallulah Pond

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MessageSujet: Re: ☑ a hug is just a way to hide your face.   Mar 2 Mai 2017 - 22:44

Tallulah n’était pas la personne la plus généreuse de Mount Oak, ni même de n’importe quelle ville des Etats-Unis. Elle n’était pas particulièrement égoïste, voire pas du tout, mais elle ne s’apitoyait pas sur le sort de toutes les personnes qui avaient l’air malheureuse dans la vie. Contrairement à certaines personnes dont le cœur se brisait en croisant une personne sans domicile fixe, ou une personne âgée qui avait du mal à marcher, elle prenait les malheurs de la vie tels qu’ils étaient. Peut-être parce qu’elle en avait eu son lot, justement, ou peut-être que ce n’était simplement pas dans nature. Mais dans un cas comme dans l’autre, Tally restait quelqu’un de compatissant. Elle ne ressentait simplement pas le besoin de mettre un sourire sur tous les visages qu’elle rencontrait. Mais il y avait certaines personnes pour lesquelles elle serait prête à bouger des montagnes. Lorsqu’elle aimait, c’était toujours pour de vrai. Tallulah n’était pas le genre de femmes à faire les choses à moitié, et elle était prête à tout pour rendre heureux les gens qu’elle aimait. Il suffisait de voir les sacrifices qu’elle faisait et était prête à faire pour son frère pour se rendre compte de la personne en or qu’elle pouvait être. Cependant, le fait qu’elle se soit arrêtée pour soutenir Edme relevait de l’exceptionnel. Il y avait certes le souvenir du soutien qu’elle lui avait apporté, mais c’était il y a des années de cela et un autre jour, la rouquine aurait peut être passé son chemin. Ce ne fut pas le cas, et c’était sûrement sur ce point qu’il fallait se concentrer. Tally avait été touchée par la tristesse d’Edme et sans réellement savoir pourquoi, elle s’était revue petite fille consolée par une fille guère plus grande alors que le pire des malheurs venait de s’abattre sur elle. Son père ne s’en était pas même encore pris à elle, à l’époque mais Tallulah savait que sa vie ne serait plus jamais la même, et serait un combat de chaque instant. Perdre sa mère, c’était un manque qui ne se comblait jamais. C’était des vagues de malheur qui déferlaient sur le sable de sa vie, venant tout bousculer sur son passage. Chaque journée de bonheur était teintée d’une certaine nostalgie : elle n’en partagerait jamais avec sa mère, pas plus qu’elle ne pourrait les lui raconter. La petite fille qui l’avait aidé été brune, c’était une certitude. Mais en réalité, rien ne permettait à Tally qu’il s’agissait bien de celle au sourire triste. Peut-être se ressemblaient-elles simplement… Elle sentit la demoiselle se blottir dans ses bras, et fut parcouru d’un désagréable frisson. Quelque chose lui disait que la peine d’Edme était plus grande qu’elle ne l’avait imaginé. Tallulah secoua légèrement la tête, bien décidée à ne pas laisser la demoiselle dans son désarroi. Elle lui offrit un sourire amical, lorsqu’elle se détacha de ses bras. Elle fut rassurée de savoir qu’elle ne s’était pas trompée sur l’identité de la malheureuse. Non pas qu’elle aurait détesté porter secours à une parfaite inconnue, mais ce souvenir était si important pour elle qu’elle aurait détesté l’avoir écorné. « Eh bien, j’ai encore un peu de temps avant de prendre le travail mais… » Tallulah arbora un air exagérément suspicieux. « rassure-moi… ce n’est pas dans l’espoir que je t’offre un chocolat chaud dans un moment où tu en aurais désespérément besoin que tu me le proposes ? » Elle conclue sa boutade par un clin d’œil et attendit qu’Edme se lève du banc pour suivre ses pas. C’était étrange, parfois, la vie. Comme des petites choses pouvaient tout faire. D’ailleurs, si la jeune Pond n’était jamais la dernière à profiter des vertus revigorantes des chocolats, elle doutait que cela ne change réellement les idées de Edme. Il avait beau être un peu tôt pour s’adonner aux plaisirs de l’alcool, Edme avait sûrement besoin de quelque chose d’un peu plus fort qu’un chocolat chaud. Sans aller jusqu’à s’imbiber d’alcool, un digestif lui remettrait sûrement les idées en place – ou lui donnerait, en tout cas, un peu de courage, ce dont elle semblait avoir besoin pour affronter le reste de la journée. « A moins que tu ne me dises que tu as un métier à risque, que tu dois conduire ou que tu as une réunion super méga importante cette après-midi, je te conseille vivement d’oublier ton chocolat chaud et de prendre un alcool de prune. Ça te donnera du baume au cœur, et franchement, pour une bonne prune, personne n’a besoin d’excuse. » expliqua-t-elle, bien que Tallulah ne soit pas spécialement une adepte des digestifs à toute heure du jour et de la nuit. Mais elle était sincère : les alcools de fruit avaient une saveur si particulière qu’elle réchauffait toujours de l’intérieur. Ils ne se laissaient pas approcher – et donc déguster – par n’importe qui mais pour peu qu’on prenne le temps de les avoir en bouche, ces alcools se donnaient tout entier à la personne qui les avalait, faisant naître ce qu’aucun autre alcool ne pouvait faire naître en un homme. A moins que ce ne soit le souvenir de sa mère prenant un alcool de mirabelle les samedis soirs pour célébrer le week-end qui rendait ces alcools si chérissables au cœur de Tally… Une fois arrivée devant le café le plus proche, elle lui tint la porte ouverte, et précisa tout de même : « Moi, je vais me contenter d’un café. T’imagines la tête des clients si je sens l’alcool ? Mais tu sais, je vais te dire un secret : si ça te paraît insurmontable, ce que tu traverses, c’est parce que tu ne le prends pas pour ce que c’est. C’est un défi de plus, rien d’autre. Ca fait mal, ça dure un peu trop et c’est probablement parfaitement injuste. Mais c’est comme ça. Tu ne peux rien y faire, de toute façon. Alors soit tu attends que ça passe, et crois moi, ça peut prendre un sacré bout d’temps. Soit tu montes sur le ring, et tu rends les coups qu’on te donne. Ca les rendra pas moins douloureux, mais ça fait du bien d’prendre sa revanche. » A peu de choses près, elle avait tenu ce même discours à son cadet, lors de son premier chagrin amoureux. Elle n’avait aucune idée des causes de la souffrance de celle qu’on pourrait éventuellement qualifier d’amie d’enfance, mais c’était une vérité universelle. Du moins, c’était celle de Tally. Celle qui la poussait à avancer chaque jour et à ne pas se concentrer sur les malheurs qui continuaient de s’abattre sur elle. Comme elle venait de le dire, cela ne rendait pas les choses plus faciles, mais elle avait toujours ri plus fort et plus longtemps qu’elle ne pleurait, même quand même rire lui donnait envie de pleurer. Et c’était pour ça qu’elle était encore debout. Et surtout, qu’elle croquait la vie à pleines dents.

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MessageSujet: Re: ☑ a hug is just a way to hide your face.   Ven 2 Juin 2017 - 17:58

Edme était sans aucun doute la mieux placée pour comprendre la motivation de Tallulah. Elle avait fait l'expérience du pouvoir des souvenirs elle aussi, s'aventurer sur des chemins inconnus avec la passé comme guide. Parfois le passé lui paraissait plus réel que le présent parce qu'elle avait pu le modeler avec soin, avoir un regard critique et suffisamment de recul pour le faire sien tandis que le présent semblait constamment lui échapper. Elle avait l'impression qu'un inconnu agissait à sa place lorsqu'elle devait prendre une décision maintenant, répondre tout de suite. Se précipiter, s'adapter au rythme fou de la société actuelle, ce n'était pas vraiment son truc, à Edme. Pourtant il lui avait bien fallu rentrer dans le moule quitte à endosser un rôle. C'était son moyen, à elle, d'interagir. Aussi quand elle se sentait dictée par ses tripes, c'était souvent parce qu'une situation provoquait la réminiscence d'un souvenir, alors Edme s'exprimait pleinement elle-même. Elle n'agissait plus simplement parce qu'elle devait agir, mais parce qu'elle en avait envie. Elle sentait que c'était la bonne chose à faire, une énergie soudaine au creux de son ventre. Elle se fichait alors de ce que l'on pourrait penser parce que elle, Edme Carlson, avait décidé que c'était la meilleure chose à faire, le meilleure comportement à adopter et que son avis lui suffisait. Pour une fois, Edme Carlson se suffisait à elle-même. Jamais elle n'avait connu sensation plus apaisante, jamais elle ne s'était sentie aussi confortablement installée dans le vrai. C'est pourquoi elle accueillit le geste de Tallulah avec bienveillance : non pas seulement parce qu'elle se montrait gentille à son égard mais parce qu'elle le faisait avec ses tripes donc avec sincérité. C'est pourquoi aussi elle lui proposa de prendre un café quelque part, ou plutôt un chocolat chaud parce que le café dans lequel elle avait trempé ses lèvres tout à l'heure lui restait encore sur l'estomac. Edme se sentait profondément reconnaissante envers cette ancienne connaissance qui parvint à la faire rire en laissant supposer que sa proposition ne visait qu'un retour future. Beaucoup de ses proches tentaient l'humour pour la ramener auprès d'eux, Edme restait toujours parfaitement immobile et fermée, immunisée par la gentillesse fabriquée de ses proches. Là, son sourire rieur ne s'effaça que pour  prendre en compte le conseil de Tallulah. Une prune aussi tôt dans la journée ? Ce n'était pas dans ses habitudes que de boire de l'alcool mais avant l'apéro traditionnel elle ne l'avait encore jamais fait. Pourtant elle ne refusa par l'idée, décida de prendre le chemin jusqu'au café prochain pour y réfléchir. Elle travaillait à treize heures, il lui restait donc un peu de temps pour s'en remettre. Elle craignait des répercussions d'un petit verre sur un organisme presque étranger à l'alcool, mais elle ne se voyait pas le confesser à son ancienne camarade de classe et elle avait bien envie de braver quelques interdits.
Quand les deux femmes pénétrèrent dans le café, différent du précédant qui avait signé pour de bon le dégoût d'Edme pour le café, Edme avait pris sa décision et ne changea pas d'avis lorsque Tallulah lui annonça qu'elle ne la suivrait pas si elle décidait d'opter pour le remontant. Ce sur quoi elle se concentra davantage fut le discours qui suivit. Edme l'écouta attentivement et dissimula ses yeux brillants en prenant place dans le café. Elle passa sa commande et invita Tallulah à en faire de même. Elle attendit que le serveur parte pour se confesser : « Je suis infirmière. Mes collègues n'apprécieront certainement pas, mais mes patients me trouveront plus drôles. Je pourrai peut-être gagner des points pour être élue infirmière du mois, qui sait ? » Elle n'avait jamais figuré sur le tableau des récompenses et si elle n'était jamais surprise, Edme ne pouvait s'empêcher de se hisser sur la pointe des pieds chaque fin du mois pour voir qui était les patients avaient désigné pour le mois prochain. Son portrait n'avait jamais été punaisé sur le tableau en liège. Elle s'y était faite, avec le temps...
Les mots de Tallulah résonnaient en boucle. Elle avait du mal à se concentrer, les mots s'emmêlant. Elle resta silencieuse un petit moment tentant de retrouver le message initial. Voulait-elle dire que ce que vit Edme n'était pas si grave après tout? Qu'elle en faisait trop ? Elle se sentit presque attaquée pendant un instant avant de revenir à la raison. Ce n'était pas ce qu'elle avait voulu dire. Ce qu'elle voulait surement souligner était le côté passager de sa douleur, dans ce cas Edme comprenait davantage. Il était vrai qu'au fond d'elle, elle se sentait dans un carrefour. Différentes routes se présentaient devant elle et, tôt ou tard, il lui faudrait prendre une décision, s'engager vers un chemin, ou quelqu'un/quelque chose le ferait à sa place. Ce n'était pas ce qu'elle voulait, que l'on choisisse pour elle, mais elle avait peur. Peur de prendre la mauvaise décision. « Tu sais, j'ai l'impression que peu importe le choix que je ferai, il aura forcément quelqu'un qui souffrira. Il y aura nécessairement des répercussions négatives. Rien n'est gratuit dans la vie. Pour tout ce qu'on veut, il y a toujours un effort à fournir. J'aimerais juste que ce soit plus... simple. Qu'il y ait une seule bonne solution qui n'ait aucune conséquence négative mais qui soit... absolument bonne, tu vois ? Toutes les solutions que j'envisage me semblent soit impossibles à réaliser soit impossibles à accepter. Je ne veux pas perdre ma famille, mais je ne veux pas non plus continuer à être leur esclave. » Edme avait conscience que son discours ne serait pas très audible pour Tallulah qui ignorait tout de ce qui se tramait dans sa vie. Après coup, Edme se demandait si son discours avait même un sens, confuse par l'effort fourni, épuisée par le combat des émotions qui la traversèrent.

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Tallulah Pond

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MessageSujet: Re: ☑ a hug is just a way to hide your face.   Lun 19 Juin 2017 - 22:01

C'était étrange comme situation. Se retrouver là, à donner des conseils à une personne dont elle ne connaissait rien. Si Edme n'était pas une parfaite inconnue, c'était tout comme. Elle se souvenait vaguement qu'elle avait une sœur, et que ses parents avaient un style de vie assez aisée mais au-delà de ça... Elle pouvait imaginer que Edme adorait les chocolats chauds puisqu'elle venait de lui en proposer un, mais c'était tout. Elle ne savait pas si la couleur préférée d'Edme était le vert, le bleu, le rouge ou si elle n'en avait simplement pas. Elle ne connaissait pas son plat préféré et n'avait aucune idée de la position de la jeune femme sur la pizza aux ananas, ni même si elle s'intéressait à ce débat. Elle ne savait guère plus si elle était en couple, célibataire ou si elle était dans une relation compliquée qui laissait planer le doute sur son esprit. Elle ne savait pas pour qui elle avait voté à la finale de America's got talent, ni même si elle regardait cette émission. Elle ne savait même pas quel métier elle faisait, jusqu'à ce que la jeune femme lui dise qu'elle était infirmière. Tout en étant quelqu'un à qui Tally se sentait attachée, elle restait une inconnue. Arquant un sourcil, Tallulah hésita à faire signe au serveur de ne pas ramener cet alcool de prune, mais décida de plutôt exprimer son avis à Edme. La jeune femme semblait particulièrement éprouvée et n'avait sans doute pas besoin qu'on lui fasse la morale. Elle sourit amusée lorsqu'Edme parla d'obtenir le titre d'infirmière du mois. « T'es sure que c'est une bonne idée de boire ? T'as pas des piqûres à  faire ou des trucs comme ça ? » Un frisson parcourut l'échine de la rouquine. Elle avait toujours détesté les aiguilles, et l'idée que le personnel médical puisse avoir bu un verre avant d'y procéder ne la rassurait absolument pas. Ce n'était pas nécessairement un jugement sur les capacités d'Edme : elle connaissait sans aucun doute son métier mieux que Tally, mais la demoiselle n'en avait pas moins encore moins envie de procéder à sa prochaine prise de sang. Et si on la loupait ? « En tout cas, c'est top si ça te fait gagner des points de popularité. T'as une récompense à la clé ou même pas ? » demanda-t-elle, s'interrogeant sincèrement. Ils avaient également ce genre de classement chez Copycat et ceux qui arrivaient en tête du classement avaient le droit à une prime. Inutile de dire que Tally donnait tout ce qu'elle avait pour l'obtenir : cela lui permettait de se serrer un peu moins la ceinture le reste du temps. Elle écouta ensuite attentivement ce que Edme avait à lui dire sur ce qu'elle traversait, et se rendit compte à quel point elle était différente. Tally ne s'était jamais attendue à ce que la vie soit facile. Enfin, si c'était arrivé, mais bien avant la naissance de son frère, et tout espoir d'une vie facile et évidente s'était éteinte quand leur mère était décédée. D'un coté, la demoiselle trouvait cela touchant que des gens pensent que les choses puissent se dérouler parfois avec une telle aisance, mais chaque action avait ses conséquences positives et ses conséquences négatives. Selon l'action, la conséquence négative pouvait être dérisoire bien évidemment – si Tally prenait la dernière boule de glace à la pistache, la prochaine personne à en vouloir serait déçue mais cela s'arrêterait là – mais elle restait bel et bien présence. Cherchant quelque peu ses mots, Tally profita que le serveur les interrompre pour réfléchir à ce qu'elle allait dire. Elle ne tenait pas à être trop dure avec Edme mais elle n'avait aucune intention de lui servir une vérité édulcolrée. « Il n'y a pas de choix parfait. Je n'ai aucune idée de ce que tu traverses, Edme, mais parfois il faut savoir être égoïste et faire ce qui est le mieux pour toi. Et ça, toi seule peut le savoir. Mais peut-être que ta décision n'a pas besoin d'être aussi radicale ? Il doit bien y avoir un moyen pour que tu te sentes plus libre sans trop t'éloigner d'eux ? » Tally ne doutait pas un seul instant que ce soit le cas mais cela ne voulait pas dire que Edme le vivrait comme ça. Peut-être qu'un entre-deux ne lui conviendrait pas, mais c'était une possibilité. « Mais d'une manière générale, ne t'attends pas à ce que les choses soient simples... Si tu veux vraiment quelque chose, n'en auras-tu pas plus de fierté à l'obtenir si tu as du te battre pour ? » C'était peut-être idiot comme comparaison, mais Tallulah se sentait bien plus fière quand elle poussait son entraînement sportif jusque ses limites, plutôt que quand elle s'arrêtait dans sa zone de confort. Une vie parfaite n'était-elle pas dénuée de bonheur ? La rouquine en tout cas avait toujours du se battre, et malgré les coups qui pleuvaient, elle ne pouvait le nier : Tallulah était heureuse.

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MessageSujet: Re: ☑ a hug is just a way to hide your face.   Sam 16 Sep 2017 - 11:06

Edme ne put contenir le rire qui s’échappa d’entre ses lèvres lorsque le visage de son amie d’enfance — si elle pouvait être nommée ainsi— exprima un mélange d’inquiétude et de dégoût. En tant qu’infirmière, elle en voyait à la pelle des personnes récalcitrant à se laisser approcher par une aiguille, elle-même n’appréciait pas cela particulièrement mais elle ne se lassait jamais de les voir paniquer à son approche. Pourtant elle n’avait aucune envie de rire, pas la moindre. Elle s’était réveillée avec l’envie de tout envoyer valser — comme les matins précédents— sans le faire toutefois, comme tous les matins précédents. Elle n’avait pas l’envie de rire, ce fut pourtant ce qu’elle s’autorisa. Puis elle s’empressa de poser ses mains sur ses lèvres, comme si elle se découvrait la capacité de rire. Tel un enfant qui parle ou marche pour la première fois. «  Tu veux rire ? Je vais te faire une confidence. Je suis encore plus douée pour piquer lorsque j’ai bu un quelque chose. » C’était évidemment faux, ou partiellement vrai. Elle n’avait jamais été très douée pour les piqûres. D’une règle générale, elle n’avait jamais été très douée dans son travail. Elle faisait le job, médiocrement. Mais elle le faisait. Il fallait bien faire quelque chose, en fait. Elle se fichait bien d’être la chouchoute des patients, de son administration. Elle n’y mettait pas coeur, elle le faisait parce qu’elle ne savait pas faire autre chose. Alors non, sa photo n’avait jamais été accroché sur le mur principal de la salle de repos. Elle n’avait jamais été la meilleure infirmière. Et elle s’en fichait. «  Je n’avais pas pensé qu’il puisse avoir des avantages… Je vais me renseigner, si ça vaut le coup je le ferai peut-être plus souvent. » Elle adressa un clin d’oeil à la jeune femme. Edme ne put s’empêcher de penser que cette rencontre n’était pas aussi désagréable qu’elle aurait pu se l’imaginer. Elle se sentait à l’aise à ses côtés. Elle n’avait pas honte de se confier, de se plaindre de ses petits problèmes de bourgeoise. Parce que c’était ça, son soucis, ou l’un de ses soucis : elle n’osait jamais trop se plaindre sur son sort, il lui avait de situations tellement pires que les siennes. C’était stupide, elle s’en rendait compte mais elle n’y pouvait rien. Elle avait tant de mal à contrôler certaines de ses réactions. C’était comme si elle avait été programmé pour penser de telle manière et que rien ne lui permettait de changer. «  Oui, tu as sûrement raison… » dit-elle, vaguement, en regardant ailleurs. Dans ces moments de confusion, Edme préférait couper court à la discussion. Ce n’était simplement pas le moment. Elle était fatiguée, fatiguée de se battre, fatiguée d’être constamment épuisée. Il lui fallait prendre des décisions radicales, ou au moins en prendre une et la suite découlerait. Son téléphone sonna. Elle l’ignora dans un premier temps puis ne put le faire davantage tant il se faisait insistant. Elle découvrit plusieurs messages du collègue dont elle devait prendre la relève. Elle était très en retard. Elle sentit une pointe de culpabilité s’emparer de son corps. Elle se leva aussitôt, prise d’une énergie nouvelle. «  Je dois y aller, je suis très en retard, j’ai oublié de surveiller l’heure. C’était très sympa, c’était… vraiment gentil de m’aider. J’espère que l’on se reverra. » Ce fut brusque, rapide et précipité, mais Edme avait déjà mis la distance entre elles deux. Elle avait conscience de ne pas être très respectueuse, mais elle n’aimait pas manquer à ses obligatoires. Elle n’aimait pas faire aux autres ce qu’elle n’aimait pas qu’on lui fasse. Elle se sentit coupable d’avoir ainsi filé quand elle se rendit compte qu’elle n’avait pas pris le numéro de Tallulah et qu’elle devait assurer la formation d’un clone expérimental au lieu de soigner son patient. Une énième journée dans la peau d’Edme Carlson, rien de très palpitant.

Fin.

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