☑ will you remember all the danger we came from?


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Jax Beauchamp

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MessageSujet: ☑ will you remember all the danger we came from?   Mar 24 Jan 2017 - 21:52


Wishin' I could see the machinations
Understand the toil of expectations in your mind

En découvrant la silhouette qui lui tournait le dos, Jax eut l’impression qu’une vague s’éleva au-dessus de lui et lui retomba brutalement dessus. Pourtant, il avait eu comme un pressentiment. Quelque chose avait indubitablement remué en lui au moment où l’appareil qui trônait sur la table de nuit s’était mis à vibrer et à diffuser une lumière vive.
Le réveil avait été instantané, Jax avait l’habitude de ces incursions dans sa vie privée – si tant est qu’on puisse appeler celle-ci ainsi. Elles étaient légion, l’appel pouvait survenir à n’importe quel moment. C’était la rançon de la gloire ou, plutôt, c’était le prix à payer pour le salaire mirobolant qu’il touchait depuis qu’il avait accepté la proposition d’emploi. Un poste pour lequel il avait les compétences requises mais qui avait été un changement radical dans son mode de vie. À présent, Jax Beauchamp ne jouait plus des poings, à moins que son patron soit dans la merde (ce qui n’était heureusement pas encore arrivé), il devait toujours faire preuve de patience mais il n’était plus question de veiller dans une voiture, dans le renfoncement obscur d’une rue, mais plutôt de veiller à la sécurité de celui qui le payait grassement. Il s’agissait d’en imposer et cela ressemblait presqu’à la retraite évoquée voilà bien longtemps. En apparence, le danger s’était écarté, il vivait une vie plus rangée, moins aléatoire, même si les risques étaient toujours là. À tout moment, une attaque pouvait survenir, évidemment, c’était toujours périlleux d’être un homme influent et bras droit de l’un des CEO d’une multinationale spécialisée dans les clones, mais jusqu’à présent – Jax touchait du bois – les hypothèses n’étaient restées que ça, des hypothèses. Jax recevait un salaire honteux pour des tâches qui relevaient plus du garde du corps qu’autre chose. Certes, le Louisianais ne s’en plaignait pas, même si l’un des inconvénients du métier était l’obligation de toujours être disponible pour les moindres désirs de son employeur.
En ce moment, cependant, Wakefield était en voyage d’affaire en Europe et lui, le garde du corps de l’ombre, il était resté à Mount Oak dans un but bien précis : veiller au grain en cas de problème. Comme quand son appareil se mettait à clignoter frénétiquement, par exemple, signalant une effraction du côté des laboratoires – là où se cachaient les secrets de fabrications et autres missions top secrètes dont Jax n’avait aucune connaissance. L’homme de main émit un grognement agacé et se leva. Ses doigts tapotèrent l’écran tactique pour repérer le périmètre franchi et il fronça les sourcils. C’était à ce moment-là, cet instant précis et bref, que le doute s’insinua et qu’il chassa au plus vite. Il n’avait plus vraiment eu de nouvelles, même de façon détournée, des agissements de Brandon Rose, alors pourquoi associer cet éveil nocturne au jeune homme qu’il avait si énergiquement chassé de ses pensées durant ces dernières années ?
Le corps allongé sur l’autre moitié du lit remua et Jax jeta un bref coup d’œil à sa femme avant de se lever. Elle avait l’habitude de ses allées et venues inexpliquées et il ne doutait pas un instant qu’elle retournerait à ses rêves sans se soucier des raisons de son départ soudain en pleine nuit. Le Louisianais s’habilla dans la pénombre, attrapa son Pass, son arme et quitta l’appartement sans un mot, prenant la direction des laboratoires, prêt à en découdre avec l’imprudent qui osait essayer de voler son patron.
Il connaissait désormais les lieux par cœur et il entra par une porte de service, son sésame lui ouvrant tous les accès sans émettre le moindre son qui pourrait trahir son arrivée. L’arme au poing, Jax pénétra dans la bâtisse plongée dans l’obscurité et suivit le plan lumineux qui indiquait où se trouvait l’intrus inconscient de l’arrivée du danger. Quand Jax parvint à l’endroit indiqué, il rangea son appareil dans la poche de sa veste et leva le bras, s’avançant avec un silence étonnant pour une telle masse et quand son regard sombre avisa la silhouette, l’image saugrenue qui lui était furtivement passée par la tête quelques minutes plus tôt lui sauta à nouveau dessus, lui coupant la respiration pendant une fraction de seconde.
Le doute n’était plus permis, quand bien même des années le séparait de la dernière fois où il avait posé le regard sur Brandon Rose, la mémoire ne lui ferait jamais défaut et une vague de colère s’insinua en lui tandis qu’il comblait les quelques derniers mètres qui le séparaient du voleur. Sans un mot, il vint placer l’extrémité de son arme contre la nuque de l’impudent, la respiration hachée, annonçant ainsi à Bran que la partie était terminée. Mais quand son ancien amant fit un mouvement infime – pour se retourner ou pour échapper au danger, Jax l’ignorait – le Louisianais n’hésita pas une seconde. Son bras libre vint brutalement enserrer le cou délicat du voleur et il le tira en arrière, contre son large torse, le canon de l’arme désormais posé contre la tempe de sa victime.
Et Jax sut qu’il aurait dû dire quelque chose, n’importe quoi. Mais ses lèvres étaient trop pincées, son cœur battait lourdement dans sa poitrine – si lourdement, d’ailleurs, qu’il se demanda si Bran pouvait le sentir tambouriner contre son omoplate – et il resserra sa prise sur la gorge du jeune homme, pour lui ôter toute envie de chercher à se débattre.
Pour la première fois, ils n’étaient pas dans le même camp et connaissant l’énergumène, Jax savait que ce ne serait pas une mince affaire de le détourner de son objectif. Mais il avait lui-même des ordres, on comptait sur lui et s’il n’avait aucune idée de la tournure qu’allait prendre cet affrontement, Jax se laissa quelques secondes pour savourer cette proximité qui lui avait tant manqué, cette intimité subitement retrouvée et qui risquait de lui être arrachée aussi rapidement. Il ferma un instant les yeux et s’imprégna de l’odeur encore familière, bien que disparue depuis trois ans. C’était comme si c’était hier. C’était comme si rien n’avait changé.
Alors que rien n’était plus pareil.

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Brandon Rose

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MessageSujet: Re: ☑ will you remember all the danger we came from?   Mer 25 Jan 2017 - 22:55

Bran n'était pas un Robin des Bois. Il volait aux riches pour revendre à des riches qui le rendraient, à son tour, riche. Il n'était pas non plus Arsène Lupin, ni Rocambole, ni aucun de ces voleurs au grand coeur accompagné d'un side-kick amusant. C'était une vie solitaire qui lui convenait parfaitement : rien ne durait jamais longtemps, ni la compagnie, ni l'ennui, et ainsi, en perpétuel mouvement, il ne s'écroulait pas sur lui-même. Soleil de son propre système, il n'avait pas besoin que de tourner sur lui-même ; que d'autres soient en orbite autour de lui lui importaient bien peu, au final. Ses expériences passées lui avaient prouvé qu'on ne pouvait compter sur personne : famille, amis, et même amants. Il ne s’embarrassait pas – plus – de partenaire inutile et tout ce qu'il voulait, c'était travailler vite et bien pour mieux dépenser l'argent durement gagné. Et il avait comme l'impression que le destin ne cessait de vouloir lui mettre des bâtons dans les roues depuis quelques temps. D'abord, il y avait eu ce gredin de Wakefield junior et cette histoire de coffre dont il s'était tiré à grand-peine. Et comme s'il n'avait pas assez vu de Wakefield pour le restant de ses jours, voilà qu'il devait se rendre chez l'oncle de son ex-camarade et voler il ne savait quel ingrédient secret secret qui devait certainement épicer quelques fonctionnalités chez des clones en apparence banals. Il ne savait pas ce qui concoctait dans les laboratoires de l'entreprise mais visiblement, cela avait assez de valeur pour qu'on lui demande de s'emparer du produit et vu la somme indécente qu'on lui avait proposé, il avait dit oui sans hésiter. Mais maintenant qu'il y était, il regrettait presque d'avoir dit oui. Oh, il avait trouvé sans problème ce qu'il était venu emprunter et venait même de l'envoyer par mail à ses patrons d'un jour, mais ces laboratoires lui foutaient les jetons. Et voilà qu'en plus de ça, il avait reconnu la sensation familière mais toujours aussi désagréable d'un canon froid de pistolet sur sa nuque. Il n'avait rien entendu venir : décidément, cela devenait un souci et il se promit de faire un tour chez le médecin dès qu'il en aurait le temps. Derrière lui, il entendait la respiration rauque et sèche de l'intrus qui osait venir interrompre son petit commerce. Il voulut soupirer mais visiblement, l'autre ne l'entendait pas de cette oreille. La transition fut brutale. Bran sentit son souffle se couper, son portable lui échapper des mains. Le canon de l'arme posé contre sa tempe était froid et sentait la poudre, une odeur qu'il n'avait jamais appris à supporter malgré ses nombreuses années dans le business. Son coeur battait à tout rompre et ses yeux cherchaient désespérément une issue, jusqu'à ce qu'il remarque une chose. Le temps. Le temps trop long que son assaillant pour lui mettre une balle dans la tête. Le temps trop long, qui laissa alors une sensation familière, une odeur jamais oubliée, revenir lui faire tourner la tête. Les mots d'Ace lui revinrent en mémoire, son cerveau fit la connection. Un instant, Bran perdit tout repère et crut que ses jambes allaient flancher, qu'il allait en tourner de l'oeil, d'avoir le corps de Jax si proche, de réaliser que c'était sa respiration qu'il sentait contre son oreille. Heureusement, l'homme de main le serrait juste ce qu'il fallait de trop fort pour raviver une douleur à l'épaule et ainsi rappeler à son bon souvenir la brûlure qu'il avait infligé à son orgueil – et à son coeur. Une brûlure qui permettait, ironiquement, à Bran de garder la tête froide. « Tu sais que je peux te voir ? Dans la vitre ? » déclara-t-il crânement, lançant du mieux qu'il pouvait un coup de menton en direction de la vitrine glacée qui recouvrait un pan de mur et qui renvoyait en effet une vision légèrement déformée du spectacle qu'ils offraient – en penchant un peu la tête, on aurait même pu les prendre pour un couple enlacé dans une position étrange. Une seconde d'inattention, c'est tout ce qu'il lui fallut. Avec autant de souplesse que Jax avait mis de brutalité en encerclant le cou avec son bras, le corps de Bran s'arqua et l'insolent voleur profita des quelques centimètres qui le sépara du corps de son ancien amant pour lui mettre un coup de coude dans le plexus solaire, histoire de lui rendre la monnaie de sa pièce. Bran se dégagea en un instant et bondit pour s'éloigner du plus possible, jusqu'à ce qu'il soit acculé, dos au mur, littéralement. Sa respiration était fébrile, frénétique même. Il passa une main sur son cou endolori, les yeux fixés, enchaînés à la silhouette de Jax. « Je constate que t'as toujours les mêmes goûts en matière de préliminaires. » fit-il en massant la zone compressée quelques secondes plus tôt. Un sourire narquois lui étira les lèvres, narquois et mauvais comme le poison qui se diffusait dans ses veines à la vision de l'homme de main. Alors Ace avait dit vrai, et il s'était jeté dans la gueule du loup. Jax Beauchamp, en chair et en os, devant lui, trois ans plus tard. Et il avait l'insolence d'être toujours aussi… beauchampesque, avec ses airs ténébreux, son arme au poing et ses yeux toujours indéchiffrables. Mais Bran s'était fait une promesse : il ne tomberait plus dans le panneau. Il savait à quoi s'en tenir : désormais, Beauchamp était un adversaire. De leur passé, il ne restait rien, il avait tout fait pour. Il avait tout brûlé, il avait noyé les souvenirs dans les liqueurs les plus fortes, il s'était oublié dans d'innombrables draps. Leur dernière conversation lui avait fait comprendre qu'ils n'auraient jamais la même vision des choses, alors à quoi bon s'agripper aux souvenirs ? Une petite voix pernicieuse lui demande alors pourquoi il était revenu à Mount Oak quand il aurait pu se la couler douce à Dubaï, mais il la chassa. Le business, voilà pourquoi il était ici – littéralement, dans ces laboratoires. Ca n'empêchait pas son coeur de battre à toute allure et à son estomac de se nouer à la vue de son ex-partenaire. Sou son tee-shirt, il sentait le métal d'une chaîne volée lui brûler la peau – à moins que son imagination ne lui joue des tours ? Il fallait qu'il se reprenne, et vite. Jax avait une arme à feu, lui n'avait qu'un couteau ; il n'avait aucune idée de où Jax était prêt à aller pour l'empêcher de divulguer les secrets – déjà échappés, de toute façon – de son employeur. Alors Bran décida qu'il était temps de revenir aux bons vieux classiques : la diversion. « Je vois que t'es monté en grade. T'aurais dû me le dire, je t'aurais envoyé des fleurs et une petite carte qui joue de la musique. » ironisa le voleur. Et il ne cherchait pas à cacher le mépris qui suintait par chacun de ses mots.

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Jax Beauchamp

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MessageSujet: Re: ☑ will you remember all the danger we came from?   Sam 28 Jan 2017 - 16:29

Il aurait presque souhaité que plus rien ne bouge, que le temps s’arrête, qu’il n’y ait plus de recul ni d’avancée, juste le contact du corps de Bran contre le sien, sa chaleur familière imprégnant les vêtements du garde du corps pour y laisser son odeur, pour qu’elle ne le quitte plus jamais. Un désir inavoué et inavouable qui n’aurait pas la fin attendue, évidemment, Jax n’avait rien d’un romantique ni d’un rêveur. Il n’y aurait pas d’issue favorable à ce rapprochement inopiné et auquel il ne croyait plus. Alors Jax Beauchamp ne pouvait que savourer le moment présent et attendre que le reste se dénoue tout seul, contre sa volonté. Ce devrait être l’œuvre de Bran, auquel cas ils se transformeraient en statue avec le lever du soleil – ou du moins c’est ce qu’aurait préféré Jax. Devenir une gargouille pour l’éternité, enlaçant son amant avec cette once de désespoir qui avait guidé ses pas et l’ensemble de son existence depuis que leurs routes s’étaient séparées. Aussi, quand la voix du captif s’éleva, Jax eut presque un soupir de déception et il rouvrit les yeux, les portant sur leur reflet. Son muscle vibra sensiblement quand il raffermit sa prise, ce qui contrasta avec la légère pression que sa joue rugueuse exerça contre les cheveux de Brandon tandis qu’il observait ce triste tableau. Jamais ils n’auraient dû s’affronter, jamais Jax n’aurait dû le tenir de cette façon sinon pour l’étreindre et profiter de sa présence. Mais son étreinte n’avait rien de tendre, elle n’illustrait pas leur relation antérieure, elle lui permettait simplement de gagner du temps en attendant de savoir ce qu’il allait faire de l’impudent. Bien vite – trop vite – l’insolent s’extirpa du piège et le Louisianais ne chercha pas à le retenir. Il l’avait déjà maintenu trop longtemps contre lui pour son propre bien et il relâcha la pression au moment où Brandon s’essayait à un coup de coude que Jax n’aurait eu aucun mal à dévier s’il l’avait voulu. Le visage de marbre, avec cette teinte indéfinissable dans le regard blasé qui caractérisait bien ses réactions face aux frasques de son ancien acolyte, Jax le suivit des yeux sans bouger, tiraillé entre l’envie de tourner les talons pour ne pas en voir davantage ou celle de rester là, immobile, prêt à attendre la sentence. Tout était beaucoup trop familier au goût du garde du corps. Le temps n’avait pas altéré les traits de Bran, il n’avait pas vaincu cette rébellion qui semblait émaner de chacun des mouvements du jeune homme. C’en était presque désespérant, Jax aurait préféré ne pas être dérouté à ce point, ne pas se perdre dans le passé. Il aurait voulu que tout ce qu’il avait enfoui le reste, de telle sorte qu’il aurait eu l’illusion, au moins, d’avoir oublié cet amour dérangeant, d’être passé à autre chose et de pouvoir mener une existence libérée de tout tourment. Il avait été bien naïf de s’imaginer que le temps et la distance auraient eu raison de ce qui était trop profondément ancré en lui, comme une cicatrice invisible, cachée au milieu du labyrinthe qui s’était formé sur sa peau au fil des ans.
- Et moi je constate que tu es toujours aussi irréfléchi, tu n’as pas plus de plomb dans la cervelle que la dernière fois où je t’ai vu, grogna Jax, une colère sourde vibrant dans sa voie.
Cela se voulait insultant, évidemment. Son instinct était de reprendre exactement là où il avait laissé Bran, en usant de remontrances et de mépris, pour montrer que ses exploits d’équilibriste ne le fascinaient en rien et qu’au contraire, ils auraient dû être passés de mode. Brandon Rose aurait dû mener la belle vie, pas s’infiltrer dans des bureaux en pleine nuit, pour voler à l’un et donner à l’autre, sans que cela signifie rien d’autre pour lui qu’une transaction bien menée et qui rapportait gros. Mais c’était sa faute à lui, n’est-ce pas ? S’il avait saisi la main tendue, voilà trois ans, Bran n’aurait pas eu à continuer à jouer avec sa vie et ils auraient pu se rendre fous l’un l’autre loin de tous ces magnats du clonage. À quoi bon revenir là-dessus, cependant ? Il avait pris sa décision, il était parti, il avait espéré oublier son amant, il avait souhaité une vie meilleure pour son acolyte mais tout cela s’était avéré vain : ni lui ni Bran n’avait vraiment avancé d’un pouce dans une direction ou dans l’autre. Pire, leur situation s’était envenimée puisqu’ils s’affrontaient maintenant au lieu de travailler ensemble.
Il ignora la remarque de Bran et se pencha vers l’ordinateur le plus proche. L’arme braquée sur le torse de l’impudent, il n’eut pas besoin d’illustrer la mise en garde, son regard s’en chargeant largement.
- Quoi que tu aies fait, arrange-toi pour le défaire. Ne m’oblige pas à te faire mal, je n’hésiterai pas.
Sa voix était rauque mais le ton sans appel. Il se fichait complètement de ce qui avait poussé Bran à s’en prendre à cette société, que ce soit une bonne ou une mauvaise intention, cela n’aurait aucune incidence sur la suite des événements. Jax ne cherchait pas à creuser, il faisait ce qu’on lui ordonnait et il était hors de question que les agissements d’un petit provocateur prétentieux viennent gâcher son mode de vie.
- Dépêche-toi !
Jax se fit plus menaçant, le bras droit, l’arme clairement pointée sur le cœur du jeune homme. Son cœur lourd n’exploserait pas ce soir, ces regrets ne viendraient pas occulter son professionnalisme. Et s’il fallait faire souffrir Bran pour sauver son emploi…
D’un mouvement brusque et autoritaire, Jax attrapa Bran par le col de sa chemise et le poussa vers l’ordinateur. Il sentit plus qu’il n’entendit les coutures du vêtement craquer sous ses phalanges et s’il avait été d’humeur, peut-être qu’un sourire lui aurait étiré les lèvres, en souvenir du bon vieux temps. Mais sa patience était vivement échauffée et il força son ancien compagnon à revenir à ce qu’il fabriquait avant d’être surpris. Jax s’arrangea pour garder la poigne fermement serrée autour du col pour empêcher Bran de s’échapper à nouveau tout en veillant à ce qu’il n’aggrave pas la situation. Un œil sur l’écran, il secoua Bran pour lui faire comprendre qu’il avait tout intérêt à obtempérer et à ne pas se jouer de lui.
- Fais ce que je te dis ou ça va mal se finir pour toi. Ce sera autre chose qu’une balle dans l’épaule, crois-moi. Et puis après je te remettrai aux autorités, ils feront ce qu’ils veulent de toi mais il est hors de question que je perde mon job parce que tu es accro aux frissons, t’entends ?
Il savait parfaitement que c’était Bran qui avait toutes les cartes en main. Bran avait toujours été le plus futé, le plus agile, le plus buté, le plus doué pour se fourrer dans des situations impossibles. Jax n’avait jamais compris quel plaisir il y prenait mais il ne lui restait plus qu’à espérer que l’imprudent soit plus malin que cela ce soir. Sinon qu’adviendrait-il d’eux ?

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MessageSujet: Re: ☑ will you remember all the danger we came from?   Mer 1 Fév 2017 - 0:14

Il avait tellement envie de le haïr qu'il y parvenait presque. Pendant trois ans, Bran se l'était répété comme un mantra : Jax Beauchamp était un lâche qui lui avait fait miroiter monts et merveilles dans de fausses étreintes, il lui avait fait entrevoir un rêve pour mieux ensuite le saccager devant lui. Le rejet lui avait fait mal, avait égratigné son ego, certes, mais ça n'avait pas été ça le plus douloureux. C'était le fait de savoir exactement quelles étaient les raisons de cette rupture et de n'avoir rien pu faire pour l'éviter. Il en voulait à Jax d'avoir été si borné, si planté dans ses positions. Et maintenant qu'il le voyait aujourd'hui, son ressentiment était décuplé. Alors, c'était pour ça qu'il avait franchi la porte de leur dernière planque ? C'était pour ça qu'il lui avait tourné le dos, qu'il l'avait abandonné ? Il jouait maintenant les gros bras pour un magnat des affaires ? Ainsi donc, il fallait bien que tous les héros meurent, un jour ou l'autre. La constatation était amère et rendait Bran encore plus mauvais qu'il ne l'était déjà. Lui avait connu Jax – du moins, qui s'était imaginé le connaître… Le vrai Jax, l'imaginer en tout toutou docile, ça le faisait doucement rire, et pourtant ça ne l'étonnait pas tellement. Après tout, c'était ce qu'il avait toujours voulu, non, la sécurité de l'emploi, le boulot stable ? Pas ces nuits éreintantes, ces journées passées à faire le guet, ces quelques minutes où l'adrénaline semblait remplacer le sang dans les veines… Comment avait-il pu être aussi aveugle ? Jax n'était que l'un de ces suiveurs trop attachés à leur confort pour réaliser quoi que ce soit de leur propre vie. Et il avait voulu s'enchaîner à un type pareil ? Bran n'en revenait pas. Peut-être qu'au final, Jax lui avait rendu service en repoussant son offre. Car tout ce que Bran avait à offrir, de nos jours, ce n'était rien d'autre que les aléas d'une vie hasardeuse, dangereuse, sans but. Il y a trois ans, il aurait été ravi d'envoyer valser tout ça par la fenêtre, mais désormais, il semblait ne vivre que pour ça. Et c'était bien pour ça – et pour rien d'autre, insistait-il – qu'il revenait sur les traces de son enfance : il avait eu du mal à l'envisager, mais cette petite ville abritait décidément des intrigues bien plus complexes (et lucratives) qu'il n'aurait pu l'imaginer. Et Jax avait sans doute raison quand il disait qu'il n'avait pas changé. C'était comme si à la moindre de chance qu'il avait de pouvoir mettre en danger sa vie, Bran accourait. D'ailleurs, le canon du pistolet de Jax pointé sur son coeur ne faisait que confirmer ses tendances masochistes. Et il ne put retenir un petit rire narquois à la remarque de son ancien acolyte. Lui faire mal ? Il était professionnel dans la matière. « Je te crois sur parole, t'as toujours eu la main pour ça. » Il le savait : ces allusions – à la fois suggestives et amères – ne servaient pas sa cause, loin de là, et elles ne donnaient pas non plus l'image de quelqu'un qui passé à autre chose. C'est juste… Qu'il n'avait pas prévu les choses comme ça. Il n'avait rien prévu, en fait. Et ces retrouvailles impromptues mettaient tous ses sens à vif. Toutes ces piques, ces sourires en coin, ces pirouettes ne servaient qu'à une seule chose : lui faire gagner du temps pour qu'il trouve le moyen de s'échapper de ce piège. Mais Jax avait visiblement d'autres plans en tête et Bran se sentit brutalement tiré en avant. Comme si avoir une armée pointée sur lui ne suffisait pas, songea-t-il en levant les yeux au ciel. « Toujours dans la subtilité. » grinça-t-il. Il avait perçu le craquement des coutures et émit un reniflement outré. « C'était une chemise sur mesure en laine anglaise et tu me la rembourseras, tu peux me croire. » D'une façon ou d'une autre, ajouta-t-il mentalement. La poigne de fer meurtrissait son cou comme l'aurait fait la lame d'un couperet ; la main de Jax, au toucher autrefois si chaud, lui paraissait glacée. Tordu dans une position inconfortable, il ne pouvait qu'être le témoin, une fois de plus, que Jax aurait toujours l'avantage sur lui quand il était question de force physique. Il ne pouvait plus bouger – ou en tout cas, s'il le faisait, le pistolet s'enfonçait dans ses côtes. Il n'avait pas donc pas d'autre choix que de river ses yeux sur l'écran qui comportait des centaines de lignes de données qu'il avait de toute façon déjà envoyées à la concurrence. Il sentait la colère s'insinuer peu à peu dans ses veines. Il détestait être maîtrisé de cette façon, il détestait la voix de Jax, il détestait ses menaces trop réelles et par-dessus tout, il détestait sentir son corps si proche de lui, il haïssait cet instant, ces circonstances, tout. Jax voulait la jouer à la dure ? Très bien. Il allait lui montrer que ces trois ans passés dans l'ombre l'avait endurci plus que l'homme de main ne pouvait l'imaginer. Le poing de Bran vint s'abattre avec violence sur le bureau, faisant trembler les fragiles ordinateurs et le reste des instruments posés dessus. Malgré le pistolet contre son coeur, il se contorsionna pour confronter Jax les yeux dans les yeux et poussa même le vice à essayer de s'approcher, poussant ainsi l'arme à s'enfoncer un peu plus. « C'est bon, t'as fini ? » Question rhétorique, bien entendu. Sa voix vibrait d'une colère que Jax devait certainement reconnaître, puisqu'il était la seule personne à pouvoir la convoquer chez Bran. Les prunelles brillaient d'un bleu d'enfer, glacé et ardent à la fois. « T'es ami avec les flics, maintenant ? Tu vas leur dire quoi, que le petit malin ici présent a dégoté les preuves accablantes des expériences dégénérées que ton patron et son équipe de savants fous mènent sur des petits clones innocents ? Si je tombe, tu tombes avec moi, Beauchamp et crois-moi, rien ne me ferait plus plaisir que te faire visiter le trou que je te réserve, mais j'ai d'autres idées en tête pour mon avenir. Je préfère le terminer au soleil, tu comprends. » Le canon de l'arme écorchait sa peau à travers le tissu malmené de la chemise mais ce n'était plus comme s'il en avait vraiment quelque chose à faire désormais. « T'arrives trop tard, j'ai déjà tout envoyé à mes patrons. » reprit-il. « Mais t'en fais pas, tu perdras pas ton job. Mon boss, il veut juste du fric, pas de scandale. Tu vas être bien trop précieux à ton maître quand il va devoir t'envoyer faire toutes les transactions à sa place. Qui sait, vu que tu joues les chiens de garde, t'auras peut-être le droit à un bel os à la fin. » Un sourire méprisant vint perturber l'arc autrement imperturbable de ses lèvres, et il tenta le diable en approchant un peu plus, comme pour enfoncer le canon directement dans sa peau.

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MessageSujet: Re: ☑ will you remember all the danger we came from?   Lun 6 Fév 2017 - 13:31

Avait-il rêvé ou redouté cet instant ? Il avait beau avoir essayé d’occulter le passé, de rejeter toute pensée intrusive relative à Brandon, une part de lui s’était toujours tendue vers cette attente paradoxale. La disparition du jeune homme, juste après qu’il l’ait abandonné à la chambre minuscule et vétuste, avait créé un sacré trou dans la poitrine du Louisianais mais son orgueil l’avait toujours empêché de faire son deuil, de se permettre de ressentir le manque pour mieux cicatriser et passer à autre chose. Mais l’âme était bien moins encline à se soigner que ne l’était le corps humain qui se réparait de lui-même, quoi qu’il arrive, sans demander l’avis de son propriétaire. La plaie laissée par son acolyte, elle, était invisible mais purulente. Elle répandait son poison dans les veines du garde du corps, rendait son esprit malade, le poussait dans ses derniers retranchements et le forçait à agir contre son gré, plus brutalement qu’il ne l’aurait voulu. Mais c’était la faute de Brandon Rose, tout ça, ils n’en seraient pas là, ce soir, si l’impudent ne s’était pas immiscé dans les bureaux de l’entreprise pour voler dieu sait quoi. Au final, si c’était si déstabilisant de se trouver face à cette situation, c’était parce qu’aucun travail ne s’était opéré. Il avait certes envisagé une possibilité de tomber nez-à-nez avec Bran mais ces fantasmes relevaient de la chimère. C’était une idée lointaine, immatérielle, sans prise avec la réalité. Il la laissait flotter en surface, juste assez pour la voir miroiter, mais trop mobile pour qu’il s’y accroche d’une quelconque manière. Jax n’avait jamais été doué pour la remise en question et n’avait jamais été confronté à ce besoin jusqu’à ce qu’il rompe sa seule relation valable en un claquement de doigts. Il était trop tard, il était trop obtus, au moment de la débandade pour qu’il trouve le moyen de changer les choses, pour qu’il arrive à envisager qu’il avait peut-être eu tort d’agir de cette façon, qu’il avait peut-être perdu tout ce qui donnait un sens à sa vie et tout cela pour quoi ? Parce que la perspective l’avait terrorisé ? Parce qu’il n’avait pas pu concevoir qu’on veuille de lui à ce point ? Parce qu’il n’avait pas pu accepter que Brandon Rose ait pu jeter son dévolu sur sa grande carcasse couturée ? Plutôt que de faire le bilan de ce qu’avait été sa décision irrationnelle, Jax avait passé ces dernières années à se persuader qu’il avait agi pour le mieux, pour son propre bien comme pour celui de Brandon. En attendant, il n’avait pas fait le chemin nécessaire pour savoir comment appréhender son ancien amant et les remarques assassines dont il avait toujours été le maitre incontesté.
Jax se contenta d’un grognement inintelligible en réponse à la réplique acerbe. C’était du Brandon tout craché, tiens, mais pourquoi avait-il cette sensation désagréable d’être face à un étranger et l’être qu’il connaissait le mieux à la fois ? L’enveloppe était identique à son souvenir et, en soi, la manière d’être aussi, mais ça n’empêchait pas l’homme de main d’être pris de cours. Son réflexe aurait été d’agir comme avant mais il ne pouvait pas les laisser retomber dans leurs travers, ça n’avait jamais mené à rien avant et ça n’irait nulle part aujourd’hui.
- Tu m’en diras tant, gronda-t-il simplement.
Jax voulait en finir au plus vite avec cette mascarade. Rattraper l’erreur, revenir à la tranquillité relative de son quotidien. Car même s’il fréquentait toujours des gens peu recommandables, l’existence de Jax n’avait jamais été plus paisible que depuis qu’il était entré au service de Wakefield. Une version édulcorée de ce qu’aurait pu être sa vie s’il avait plutôt opté pour les bras de Bran et si, au lieu d’être tétanisé, il avait sauté à pieds joints dans l’inconnu. Ça ne servait cependant à rien de regretter et il repoussa une fois de plus cette pensée funeste qui lui martelait le cœur et l’âme.
Le coup violent le tira cependant de sa torpeur et s’il ne sursauta pas, l’habitude oblige, Jax eut le réflexe de resserrer le poing pour maitriser l’écart potentiel, la tentative de fuite qui pouvait survenir d’un instant à l’autre. Le regard acide de Bran vint échouer dans le sien et Jax le soutint, la mine grave, les lèvres hermétiquement closes, les mâchoires serrées au point que les muscles semblaient vibrer sous ses joues, malgré l’ombre de barbe qui les ornait.
- Parce que c’est ta bonté d’âme qui guide tes actes, maintenant ? rétorqua Jax, narquois, avant de découvrir qu’il était déjà trop tard et qu’il ne lui restait pas beaucoup de possibilités pour inverser la tendance.
Les prunelles déjà bien sombres du Louisianais prirent une teinte plus dangereuse où irritation et colère noire se heurtaient violemment. Il jeta un coup d’œil à l’écran où les données lui paraissaient aussi illisibles que du russe ou du mandarin et sut que Bran disait vrai. Pourquoi aurait-il bluffé ? Il n’avait aucune raison de mentir, il avait probablement fait sa part du marché et n’avait plus rien à attendre qu’une somme rondelette soit versée sur son compte en banque.
Une vague d’impatience déferla sur Jax qui tira à nouveau sur le tissu délicat, forçant son ex compagnon à se relever. Il le relâcha subitement en le repoussant sur le côté et déclara avec raideur :
- Bon, puisque tu as fait ton boulot, dégage et laisse-moi faire le mien. J’en ai déjà ma claque de tes conneries.
Il lança un regard d’avertissement au jeune homme, espérant qu’il comprendrait qu’il ne plaisantait pas et qu’il ne valait mieux pas jouer avec lui ce soir. Il n’allait peut-être pas le défigurer ou le remettre aux autorités comme il avait menacé de le faire mais rien n’excluait qu’il n’en vienne pas aux mains, fautes d’être capable de s’exprimer autrement.
Sortant un petit appareil de sa poche, il lança un appel et, presque aussitôt, une voix éclata dans l’air, un peu ensommeillée, mais qui devint alerte dès que Jax annonça :
- On a une brèche. Un petit con qui s’est infiltré dans nos bureaux pour voler des données et les envoyer. Est-ce que tu peux faire quelque chose ?
- On it ! déclara l’autre avant de couper la communication.
Avec un peu de chance, le hacker parviendrait à rattraper les données sensibles ou au moins une partie. Ça n’était pas la première fois qu’ils étaient en difficultés et les petits génies qui sortaient de Mount Oak College étaient déjà venus leur sauver la mise à plusieurs reprises.
- Tu es peut-être doué pour t’infiltrer où tu n’es pas voulu mais on a nos petites mains de l’ombre aussi et elles n’ont pas besoin de lever leur cul de leur siège pour y arriver, lâcha Jax en observant les mouvements rapides qui transparaissaient sur l’écran.
Il n’avait même pas regardé si Brandon l’avait écouté et disparu ou si, comme souvent, il n’en avait encore fait qu’à sa tête. Comme toujours, depuis trois ans, Jax décela la pointe insidieuse qui s’enfonçait dans son cœur, celle qui lui indiquait qu’il espérait autant le silence mordant qu’une remarque ironique, quitte à lui hérisser tous les poils du corps. Il ne savait pas ce qu’il préférait. Les deux, aucune. Comme toujours dès que cela impliquait Brandon Rose, en gros.

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MessageSujet: Re: ☑ will you remember all the danger we came from?   Ven 10 Fév 2017 - 1:21

Jouait-il avec la mort, à provoquer ainsi Jax Beauchamp ? Après tout, l'homme de main n'était pas connu pour sa patience. Bran, mieux que quiconque, connaissait les penchants du criminel : cogner d'abord, parler ensuite. Et encore, quand il s'agissait de parler, Jax émettait rarement plus que des borborygmes inintelligibles que son acolyte se chargeait de traduire si le besoin s'en faisait ressentir. C'était l'une des nombreuses raisons pour lesquelles leur duo avait si bien fonctionné : leurs compétences s'alliaient parfaitement, s'imbriquaient dans une mécanique sans accrocs. Mais c'était du passé. Cette époque était révolue, diluée dans les nuages de la rancoeur. Il n'existait plus rien de tout ça, et Bran le constatait sans une once de nostalgie. Voilà pourquoi il insistait, titillait la patience déjà entamée de l'homme de main. Qu'il tire, s'il en avait vraiment dans le ventre, si vraiment cette vie  était celle qu'il avait choisie. Au lieu de ça, Bran constata une fois de plus la vérité qu'il avait apprise à ses dépens : Jax Beauchamp, c'était que de la gueule. Des mots, des gestes, qui en vérité n'étaient que de la poudre aux yeux. Bran avait fait l'erreur de tomber dans le panneau uen première fois ; désormais, il était averti et se fichait bien des réactions de son ancien partenaire. Que du bluff, que de la grande gueule, pour combler un vide abyssal et une lâcheté qui convenait bien à sa position de chien docile. Un lueur satisfaite dans les yeux, les lèvres relevées en un sourire narquois, Bran contemplait son ancien amant avec la certitude d'avoir gagné, comme si l'absence de trois ans avait été un combat et qu'il était revenu juste à temps pour remporter le titre final, celui du plus malin des deux. Mais s'il en était si certain, alors pourquoi cette sensation étrange qui lui creusait le ventre quand Jax le relâcha brutalement pour l'éloigner de l'ordinateur ? L'homme de main lui tourna alors le dos, et Bran eut l'impression désagréable de répéter un schéma bourré de fautes. N'était-ce pas toujours ce que Jax avait fait, lui tourner le dos ? Se cacher de lui ? C'était la dernière chose qu'il avait vu de lui, lors de leur séparation. Malgré les souvenirs imprécis de cette nuit dont il avait passé la moitié à délirer sous l'influence de la morphine, il revoyait parfaitement la scène du départ, sans mots, sans adieux. Et c'était toujours ce dos qui lui était offert aujourd'hui, cette muraille infranchissable qu'il avait pourtant tenté d'escalader, de conquérir maintes et maintes fois. Mais tout ce travail n'avait servi à rien, puisqu'ils en étaient là aujourd'hui. Il avait combattu une guerre inutile, mené une lutte sans fin pour un résultat de poussière. Il avait laissé tomber. Tant pis pour ses rêves et ses chimères, il avait préféré les abandonner plutôt que de courir après Jax Beauchamp et ses démons. Au lieu de ça, il préférait mener ses propres batailles, celles qui lui permettaient de vivre comme un prince en attendant, au tournant, le danger, le frisson, l'aventure. Tant pis pour Jax et ce qu'il s'était imaginé dans cette espèce de transe idiote ; il avait vite compris que ça n'aurait pas été possible. Visiblement, l'homme de main et lui n'attendaient pas les mêmes choses de la vie et lorsqu'il le voyait pas, dans son petit uniforme de mec tranquille, Bran se disait qu'il avait dû passer à côté de quelque chose, qu'il avait été forcément aveuglé, trompé par une force inconnue pour tomber aussi fort, aussi mal, pour un type pareil. Et il n'y avait qu'à entendre le discours robotisé de Jax pour s'en rendre compte. Une telle sujétion laissait Bran pantois, mais il n'en laissa rien paraître. Au contraire, il préféra afficher son masque préféré, celui du petit con narquois. « Une brèche ? Réveille-toi, c'est pas une brèche que vous avez, c'est le Grand Canyon. » railla-t-il, les bras croisés, alors que l'homme de main lui tournait encore le dos. Ce dos tourné le rendait fou. Mais il ne comptait pas en rester là. Jax devrait lui faire face, qu'il le veuille ou non. « Ah oui ? Ace Wakefield, lui, il a pas dit non quand je me suis infiltré. Dans les bureaux et ailleurs, si tu vois ce que je veux dire. »  Sa voix s'était faite sucrée, presque onctueuse, mais gardait cette once de mépris cinglant qu'il ne réservait qu'à Jax. Son visage d'ange, comme taillé dans le marbre, ne laissait rien transparaître si ce n'est un léger sourire. Mais ses yeux, eux, en disaient long. « Je suis allé à l'école avec lui. Puisque je suis revenu au bercail, autant aller dire bonjour à de vieilles connaissances. Même si Ace a pas beaucoup de conversation, on s'est bien amusés. Il devrait travailler sur ses daddy issues, quand même » Pourquoi éprouvait-il ce besoin infantile, stupide d'étaler sa petite aventure avec l'héritier sous le nez de son ex-partenaire ? Il n'en avait aucune idée, mais ça faisait du bien. Regarde-moi bien, je t'ai pas attendu, je te regrette pas, semblaient dire les prunelles azurées pleines de défi. Pendant trois ans, il avait eu le temps de visiter d'autres draps, mais qu'en était-il de son ancien acolyte ?  Bran s'était promis d'enterrer ce genre d'interrogations, mais elles lui sautaient au visage comme autant de bombes à retardement et le nœud qu'il sentait se former dans son ventre ne faisait que décupler son agacement. Il n'aurait pas dû les ressentir, toutes ces choses-là, il pensait en avoir fini avec les jalousies gamines et les guerres sans espoir, et voilà qu'il se reposait encore et encore les mêmes questions, comme si rien n'avait changé. Sauf que rien n'était plus faux : leurs mondes s'étaient inversés, leurs destinées s'étaient séparés et leurs existences devaient rester aussi éloignées l'une de l'autre qu'elles pouvaient l'être. « J'avais pas prévu de te retomber dessus, mais puisqu'on y est… Surprise. » Il ouvrit légèrement les bras, comme pour l'accueillir, mais il les laissa retomber le long de son corps. Il y avait bien longtemps qu'il avait abandonné l'idée que Jax revienne dans ses bras.

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MessageSujet: Re: ☑ will you remember all the danger we came from?   Sam 18 Fév 2017 - 19:52

Se concentrer sur l’écran lui permettait de ne pas chercher à vérifier si Bran avait pris la poudre d’escampette ou s’il était décidé à passer un sale quart d’heure. Tout était possible avec l’impudent, Jax ne le savait que trop bien. C’était même à croire que le jeune homme prenait toujours la pire option de celles qui s’offraient à lui, comme si braver le danger était dans ses gènes, comme si faire preuve d’un peu de lucidité lui était impossible. Il jouait avec le feu, s’y brûlait les doigts mais persistait à frôler le danger plutôt qu’à se mettre à l’abri. Or, dans ce cas-ci, le danger, c’était lui, songea Jax, qui espérait se convaincre qu’il ferait ce qui était nécessaire s’ils devaient en arriver-là tout en sachant pertinemment qu’il ne pourrait jamais porter la main sur le freluquet. Pas pour se montrer violent, en tout cas, car ses mains, elles avaient bel et bien parcouru le corps de l’audacieux, elles avaient fait preuve d’une tendresse extraordinaire pour le gorille qu’il était, elles avaient serré Bran contre lui, aussi, quand elles ne semblaient pas vouloir le laisser lui échapper. Elles avaient procuré du plaisir autant qu’elles en avaient pris à sentir les doigts du jeune homme, leurs paumes se sceller. Mais tout ça, c’était dans l’ombre, à l’abri des regards, dans les secrets de piaules misérables que leurs rencontres égayaient le temps de leur séjour avant qu’ils ne se dispersent à nouveau. Jax avait le sentiment que son propre corps n’avait rien oublié, le simple fait d’imaginer celui de son amant provoquait des choses indéchiffrables, à l’intérieur comme à l’extérieur. Et il lui fallut expirer longuement en fermant les yeux pour réduire à néant cet élan incontrôlable qui aurait voulu qu’il se fasse pardonner de sa brutalité en cajolant le jeune homme. Au lieu de quoi il s’accouda à la table, serra les doigts autour de son poing fermé et se pinça les lèvres tout en guettant le signe que tout serait revenu dans l’ordre, que l’incursion de Brandon Rose n’avait pas mis en péril son emploi et qu’il pourrait retourner aux draps familiers sans craindre le courroux de son employeur au prochain appel.
Un frisson lui parcourut cependant l’échine lorsque la voix de l’imprudent s’éleva et Jax ne sut dire si c’était l’irritation ou le délice qui prenaient la première place. Une chose était certaine, en tout cas, c’était qu’il n’avait aucune intention de réagir, c’avait toujours été la meilleure option – ou la plus simple, celle qu’il choisissait toujours. Jax préférait de loin laisser Bran s’exciter tout seul que d’essayer de le raisonner. Chercher à entrer dans le débat ne le mènerait qu’à sa perte, les mots n’ayant jamais été son fort. Quoi qu’il fasse ou dise, face à Brandon Rose, il perdrait forcément la face et il avait depuis longtemps appris que feindre l’indifférence lui permettait d’échapper à cet échec cuisant. Bran finissait toujours par abandonner ou considérer qu’il avait gagné sans que la victoire soit évidente et ils pouvaient poursuivre leur mascarade sans s’écorcher complètement. Car c’était bien une mascarade, non ? Tout ce qui les avait unis ? Ces jeux dangereux auxquels ils s’adonnaient ? Tout comme ces étreintes interdites qui n’étaient pas destinées à mener où que ce soit. Du moins c’est ce dont Jax s’était convaincu jusqu’à ce soir fatidique, trois ans plus tôt, où Bran, dans un accès de faiblesse, avait triché et transgressé cet accord tacite. Mais peut-être qu’il avait été le seul à compter sur ce silence, sur ces non-dits, sur le fait de profiter du moment et de l’autre et de ne pas investiguer davantage la question ? Quoi qu’il en soit, cela avait signé le début de la fin et celle-ci les avait précipités en un temps record vers la rupture définitive. Après cela, Bran avait disparu et si Jax avait mis longtemps à admettre ce départ, cet évanouissement dans la nature, il avait fini par s’y faire, par se dire que c’était ainsi que les choses devaient se terminer et qu’il n’y avait pas d’autre issue envisageable.  
L’inconscient n’en avait toutefois pas fini avec sa provocation et l’uppercut verbal qu’il lui balança crispa sensiblement Jax. Son regard clair fixé sur l’écran se durcit très visiblement et l’image du neveu de son patron s’infiltra bien malgré lui dans son esprit. Le sourire goguenard, l’assurance de la jeunesse et de celui qui sait que le monde lui appartient, la silhouette élancée et souple que rien ne semblait alourdir, tout cela s’allia parfaitement à Bran et Jax n’eut aucun mal à se figurer les deux, ensemble, dans une position compromettante. Honnêtement, il n’avait pas associé ce genre de comportement au jeune Wakefield mais, après tout, il ne le voyait jamais que de loin et ne le côtoyait pas. Il n’avait cependant rien décelé chez le jeune homme, lui qui se targuait de voir à des années lumières ceux qui ne disaient pas non aux étreintes masculines. Qu’importe, se morigéna-t-il, cela n’avait aucune importance, Bran pouvait bien faire ce qu’il voulait de son jeune corps. Il ne put néanmoins pas échapper aux explications qu’il n’avait nullement demandé. Il se fichait pas mal de savoir comment cela s’était fait, pourquoi il y avait eu rapprochement entre ces deux-là.
- Ça m’étonne pas de toi, finit-il par répliquer, cinglant, en se tournant lentement. Un autre petit con exactement comme toi, j’aurais dû me douter que ce serait bien ton genre.
Son regard lançait des éclairs, quand bien même il aurait voulu faire montre de la plus grande indifférence. Mais les balles avaient percé la carapace du garde du corps qui fusilla son ex compagnon sans la moindre considération. Il se fichait pas mal que l’autre y voie une nouvelle victoire, qu’il devine qu’il n’avait jamais été indifférent à quoi que ce soit dès que ça concernait Brandon Rose. Qu’est-ce que cela changeait à leur vie, au final ? Rien du tout. Ils n’étaient pas plus liés aujourd’hui qu’ils l’étaient trois ans plus tôt. Cette petite altercation traduisait bien l’inutilité de leur relation et confirmait ce que Jax avait toujours soupçonné : ils n’avaient rien à foutre ensemble en premier lieu.
- Qu’est-ce que tu veux ? Des félicitations ? Bravo pour ta bonne pioche, Rose, j’espère que vous serez heureux ensemble, que vous vous roulerez dans votre or et baiserez comme deux petits connards jusqu’à la fin de vos jours. T’es content ? Je n’irai pas le dénoncer chez ses vieux, si c’est ce que tu t’imagines. J’en ai rien à faire d’où tu fourres ta queue, fais-toi plaisir mais laisse-moi en dehors de tes combines, tu veux ?
Il s’était levé sans même s’en rendre compte, il avait fait quelques pas en direction de Bran mais s’arrêta avant d’en arriver aux mains. N’avait-il pas déjà suffisamment ruiné la chemise ridicule du voleur ?
- Maintenant, t’as compris le message ou faut-il que je te botte le cul jusqu’à la sortie ?
Son regard était limpide. Il ne savait pas ce que Bran attendait exactement de lui mais il était incapable de le lui donner, comme toujours. Quand commencerait-il à se rentrer cela dans le crâne ?

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MessageSujet: Re: ☑ will you remember all the danger we came from?   Sam 25 Fév 2017 - 15:41

Si Bran avait pu lire dans les pensées de Jax, si seulement il avait pu pénétrer l'indéchiffrable enchevêtrement qui se dissimulait sous les grognements et l'indifférence, son attitude n'aurait pas été si insolente. Il n'aurait jamais osé balancer un tel pavé dans la mare. S'il s'était permis une telle pique, c'est parce qu'il était persuadé qu'elle rebondirait sur la carapace de Jax comme une balle en caoutchouc. Après tout, c'était Jax qui était parti, Jax qui avait pris la décision de l'abandonner, Jax qui avait toujours émis des réserves, qui avait toujours reculé quand Bran décidait d'avancer, impatient et impulsif. Bran, il avait été happé au premier regard, à la première rencontre. Qui remontait désormais à bien des années, mais il n'en avait pas fait le compte. Tout son être s'était aussitôt retrouvé emprisonné par une attirance contre laquelle, d'abord, il avait essayé de lutter. Car il n'avait pas toujours placé Jax sur un piédestal. Les premiers temps, il avait souvent l'envie qu'une balle se perde pour venir se loger dans le crâne épais de l'homme de main bougonnant et mal dégrossi. Habitué à ce que l'on trouve irrésistible, Bran n'avait pas apprécié les réactions inexistantes de son comparse face à ses traits d'humour et ses pitreries. C'était d'abord comme ça que son attirance s'était développée, parce que Jax symbolisait cet inaccessible, cet impossible, la seule chose qui donnait véritablement à Bran ces frissons d'adrénaline qu'il recherchait tant. Oh, au tout début, il ne comptait pas continuer. Une nuit avec Jax aurait suffi à prouver sa victoire. Mais les choses s'étaient retournées contre lui : à l'issue de ce premier contact, il avait été grisé, enivré. Il lui en avait fallu plus. L'inaccessibilité de Jax n'était plus ce qui l'attirait, pas plus que le caractère éphémère de leurs rencontres, au gré des volontés d'hommes plus puissants qu'eux. C'était autre chose. C'était la façon que Jax avait eu de le toucher. C'était sa douceur inattendue, ses minuscules sourires en coin, ses gestes inconsciemment protecteurs. C'était aussi tout ce qu'il voulait cacher, tout le poids du monde qui semblait peser sur ses épaules et que Bran s'était surpris à vouloir soulager coûte que coûte. Pour la première fois de sa vie, le coeur de Bran s'était mis à battre pour quelqu'un d'autre que lui-même. Pour la première fois, la vie d'un autre être humain lui apparaissait plus considérable que la sienne, et il s'était découvert prêt à tout – même les actes les plus noirs, les plus sombres – pour protéger quelqu'un d'autre. L'amour, le vrai, avait découvert Bran bien malgré lui, c'était le sacrifice. Et pendant longtemps, il s'était sacrifié : il avait laissé Jax repartir de son côté, à chaque fois que leurs chemins devaient se séparer. C'était mieux comme ça, se répétait-il. Il n'avait rien à offrir, pas d'argent, pas de stabilité, pas de sécurité – et puis, il était lui-même une bombe à retardement, qui traînait des ennemis et des problèmes un peu partout ; or, tout ce qu'il souhaitait, c'était que Jax n'ait plus jamais à être sur le qui-vive. Certes, il voulait lui offrir toutes ces conneries qu'on voyait dans les films et les livres, les cadeaux idiots, les petites attentions sirupeuses, mais plus que tout, il voulait lui offrir la liberté d'une autre vie. Jax lui était toujours apparu comme le prisonnier de sa propre existence. Mais une fois qu'il avait pu tout réunir – l'argent, la promesse d'une vie meilleure – Bran s'était lancé. Il avait balayé ces non-dits, cette attente interminable, et il s'était mis à nu. Plus vulnérable que jamais, il avait ouvert son coeur, avait prononcé les mots qu'il s'était interdit de penser pendant tellement longtemps. Il avait espéré – stupidement, bêtement – que ce serait une preuve suffisante pour Jax. Qu'il comprendrait à quel point il était sérieux dans sa démarche, à quel point il le voulait. Et s'il avait pu lire dans les pensées de Jax, s'il avait pu lire la lutte interne qu'il menait contre lui-même, il aurait baissé les armes et se serait précipité, il aurait posé ses mains sur le corps de Jax, pour qu'il se rappelle, pour qu'il abandonne le combat et ils se seraient retrouvés. Leurs mains se seraient effleurées à nouveau, leurs lèvres se seraient entrechoquées, ils auraient tout oublié. Mais Bran ne lisait pas dans les pensées. Et les siennes s'étaient assombries depuis trois ans, brouillaient son jugement, et aiguisaient une langue pleine de venin. Son regard sur Jax n'était plus le même. Son coeur brisé s'était lentement recollé et ne formait plus qu'un puzzle mal assemblé, une parodie de myocarde incapable de ressentir autre chose que du ressentiment, de la confusion et de la colère. Lorsque Jax se retourna pour lui faire face, il n'éprouva même pas la satisfaction qu'il était censé ressentir à la vue de la jalousie – si c'était bien qu'il lisait dans la voix rauque et sifflante de l'homme de main – qu'éprouvait Jax. « Pas vraiment, mais je prends ce qui vient. » répondit-il d'une voix chantante, à mille lieues de ce qu'il éprouvait réellement. Il ne voyait que leurs souvenirs brûlés, volant au vent, se désagrégeant en cendres. Les mots de Jax ne faisaient qu'ajouter à la déception corrosive que Bran éprouvait depuis leur séparation. Mais son visage n'exprimait rien de tout ça. Aimer Jax Beauchamp lui avait appris à encaisser, et se remettre de lui encore plus. C'est pourquoi il gardait la même expression sur son visage, un sourire narquois flottant sur ses lèvres de prince orgueilleux, un masque qui n'avait rien à voir avec la tornade qu'il vivait à l'intérieur. Et comme si ça ne suffisait pas, il décida, presque malgré lui, de remuer le couteau dans la plaie. « Eh bien, je t'ai proposé d'être heureux, de te rouler dans l'or et de baiser jusqu'à notre mort, mais t'as préféré… ça. » Pour illustrer son propos, il eut un geste du bras qui désigna le laboratoire autour d'eux. Ça. Une vie de chien de garde, ennuyeuse, une entrave plus qu'une existence. Volontairement, il ignora la menace qui rôdait sous la mise en garde son ex-acolyte. Au contraire, presque malgré lui, il combla la distance qui le séparait de Jax, ne laissant qu'un pas entre eux. Un pas, et leurs corps auraient pu se toucher. Un pas, et ils auraient pu se retrouver. Mais cette distance semblait aussi infranchissable que les tourments qui les séparaient. Alors, au lieu de faire ce pas de géant, Bran considéra Jax de haut en bas, lui assénant un regard bleu acier pour ensuite observer sa stature des épaules jusqu'aux pieds et revenir au point de départ. « Trois ans... » souffla-t-il, comme s'il avait besoin de s'en rappeler alors que chaque jour semblait se marquer sur sa chair au fer rouge. « Et c'est tout ce que t'as à dire. » Ce n'était pas une question mais une constatation. « Décevant mais pas surprenant. » Il eut un petit rire méprisant, à peine un soubresaut, et tourna les talons. « Je trouverai tout seul, merci de t'être proposé. » fit-il lui levant le bras comme pour dire au revoir. Dans sa tête, les adieux avaient déjà été faits de toute façon. Alors que Jax le suive ou pas, pose sa main sur son épaule pour lui foutre une raclée, il n'y en avait plus rien à faire.

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MessageSujet: Re: ☑ will you remember all the danger we came from?   Dim 5 Mar 2017 - 11:21

Combien de fois n’avait-il pas rêvé d’être délesté de cette fatale attraction ? Echapper à ce qui tourmentait son âme et mettait son cœur en déroute ? Il détestait cette faiblesse chronique qui le gangrenait dès qu’il était question de Brandon Rose. Tout aurait été plus simple s’il avait pu attraper le garnement par la peau du cou, le menotter à un coin de bureau et attendre que les autorités viennent le chercher. Il en serait ainsi définitivement débarrassé. Brandon au trou, il n’aurait plus eu à guetter sa silhouette dans le paysage, à sentir son muscle cardiaque avoir quelques ratés lorsqu’il pensait apercevoir son ancien amant dans la foule. Jax saurait où serait Brandon et n’aurait plus à craindre de tomber nez-à-nez avec lui, à devoir subir son sourire présomptueux et ses remarques acides qui ne manquaient jamais leur cible et qui le criblaient d’autant d’écorchures que sa vue ne faisait qu’enflammer, comme si on appliquait soigneusement du sel sur ses plaies, pour bien lui rappeler que rien n’était anodin, que rien ne l’avait jamais été dès que cela impliquait Brandon Rose. Ce soir, plus que tout, Jax regrettait de ne pas être indifférent à la proximité de son ancien acolyte et maudissait particulièrement leur position respective : de côtés différents de la loi, là où ils dansaient sur le fil du rasoir autrefois, les mains jointes, quand il se contrefoutait de basculer d’un côté ou de l’autre parce qu’il était avec son compagnon de crime et que ça lui suffisait amplement. Mais il était loin, ce temps, même si son cœur semblait refuser de l’accepter. Des années s’étaient écoulées, des années pendant lesquelles Jax s’était efforcé de se convaincre, à défaut d’en être certain, que tout cela relevait du passé et qu’il n’était pas utile de s’appesantir sur le sujet. Le chapitre était clos et, merde, même le bouquin était depuis longtemps rangé dans un coin de son cerveau, voué à y prendre la poussière et à ne plus en être sorti. Erreur monumentale, visiblement. Il avait suffi qu’il identifie le dos qui le narguait pour sentir l’édifice qu’il avait si précautionneusement élevé trembler et menacer de s’effondrer. Et les pitreries et provocations de Brandon Rose n’aidaient en rien. Jax savait qu’il n’aurait pas dû réagir, chasser le frisson qui lui avait parcouru l’échine à la mention de l’héritier Wakefield, prétendre que ça n’effleurait même pas sa large carapace. Echec monumental dont Brandon allait très certainement se gorger, comme le sale petit coq prétentieux qu’il était. Jax pouvait déjà voir sans peine le sourire qui se dessinerait invariablement sur les lèvres du jeune homme, avant même qu’il n’en fasse même qu’une esquisse. Il avait trop bien étudié ce visage, consciemment et inconsciemment, pour ne pas anticiper chaque arc des lèvres, chaque lueur dans les yeux, chaque onde narquoise. Et même après ces années, Jax restait persuadé qu’il avait été marqué au fer rouge par son histoire avec Bran, même s’il avait toujours refusé d’apposer ce terme à leur relation. Pourtant c’était bien une histoire, la leur, bancale, vivante, brûlante, éphémère, entrecoupée, pleine de défauts et d’attentes irréalistes. Mais elle l’avait longtemps nourrie, imprimant dans sa chair des tatouages invisibles, elle avait fait vrombir ce cœur qu’il croyait pourtant si bien enfoui sous les muscles, sous les os, à l’abri des manipulations hasardeuses d’un garçon irréfléchi et imprudent. Mais d’une manière ou d’une autre, Bran s’était infiltré jusque-là, se nichant confortablement au milieu des contradictions d’un homme incapable de savoir quoi faire des sentiments et émotions qui l’emprisonnaient. Même si la place avait été désertée voilà trois ans, Jax pouvait presque déceler le renfoncement laissé par le mutin, qui ne semblait pas vouloir reprendre sa forme normale, comme s’il attendait le retour, d’un moment à l’autre, de Brandon Rose.
Mais Jax ne lui laisserait plus jamais cette opportunité. Il était hors de question qu’il redevienne le pantin de ses sentiments pour un ingrat comme celui qui lui faisait face, qui évoquait un autre avec le sourire carnassier d’un petit chacal. Même si son cœur devait rester à jamais gondolé par les maladresses de son ex acolyte, Jax considérerait cet handicap comme une réminiscence constante qu’il ne servait à rien de s’abandonner à qui que ce soit, qu’un malheur l’attendrait toujours au tournant et qu’il préférait l’attendre seul plutôt que de subir les conséquences de ses émois irrationnels. Il n’y avait qu’à voir la façon qu’avait Bran de mentionner son amant du moment, avec quelle désinvolture, avec quel dédain il déblatérait sur des actes intimes qui ne regardaient personne d’autre que lui. Pendant un instant, Jax se demandait s’il n’avait pas usé de leurs étreintes avec la même nonchalance pour en faire mousser d’autres et si une part de lui-même connaissait parfaitement la réponse, il n’en resta pas moins buté. Il préférait presque que cela soit vrai, ainsi, il aurait eu tous les droits de douter de Bran, de rejeter ses promesses d’amour fou et éternel, celles auxquelles il avait eu trop peur de dire oui, alors même que son âme n’aspirait qu’à abandonner les armes, à rejoindre ces bras offerts, à s’y lover pour ne plus jamais les quitter. Au lieu de quoi Jax avait piétiné la déclaration et avait tourné les talons. Son plus grand regret jusqu’à aujourd’hui, mais à voir Bran user de ses histoires fantaisistes pour l’atteindre, il commençait à se dire qu’il avait finalement évité le piège, que rien de ce qu’aurait pu lui donner l’impudent aurait suffi à combler ses angoisses. Un jour ou l’autre, ils auraient fini par s’entretuer, alors à quoi bon ?
Alors il fixait Bran et sa parade en essayant d’ancrer dans son esprit qu’il avait bien agi, qu’il avait fait ce qu’il fallait, qu’il n’y avait plus de raison d’éprouver la moindre nostalgie pour quelque chose qui n’avait été qu’un jeu pour l’un et un danger constant pour l’autre. Il avait finalement échappé au pire en s’écartant de cet impénitent corrosif qui ne manquerait pas de se brûler les ailes, un jour ou l’autre. Mais ça ne serait pas lui qui irait le dénoncer, il ne prendrait pas part à la déchéance du jeune prodige. Si Bran devait finir derrière les barreaux, ce serait sans son concours, voilà bien la seule chose que Jax estimait certaine. Mais regarder Bran était une torture, l’écouter déblatérer l’était tout autant et quand Bran jugea opportun de revenir sur ce qui avait conduit à la fin de leur partenariat arrangé, Jax battit à peine des cils. Il ne bougea pas d’un millimètre, même passé sous le microscope du regard venimeux de son ancien amant, et s’efforça de ne pas le quitter une seule seconde des yeux. Il laissa les mots le percuter, ne bougea pas le petit doigt, quand bien même il aurait voulu attraper Bran à la gorge, le faire taire, l’empêcher de lacérer un passé encore trop présent, de rouvrir les plaies purulentes qui avaient mis si longtemps à cicatriser et dont Jax n’était même pas certain d’être guéri complètement. Enfin, à son plus grand soulagement, Bran tourna les talons et prit la direction de la sortie, avec l’assurance de celui qui connait parfaitement les lieux, ce qui ne fit que conforter Jax dans l’idée que Bran n’avait pas menti, il était bel et bien venu ici auparavant, aidé, jusqu’à un certain degré, par un petit con. Ils devaient être parfaitement assortis et, finalement, Jax se demandait bien ce que Bran avait bien pu lui trouver quand il était évident qu’il était fait pour des gamins irresponsables et libres de leurs mouvements dans son propre genre.
Jax était bien décidé à le voir disparaitre, pour de bon, il l’espérait, mais ne put retenir un rire dégoulinant de cynisme, comme il lâchait, sans se soucier de savoir si Bran l’entendrait ou pas :
- Trois ans, ouais… T’as pas eu le temps de passer à autre chose ?
Mais à qui s’adressait-il vraiment ? A Bran ? Ou à lui-même ?
Son regard se porta sur l’ordinateur sur lequel le hacker faisait toujours opérer sa magie et, avec un soupir, Jax alla s’asseoir pour attendre le signal qui lui permettrait de rentrer chez lui, de retrouver les draps et le parfum familiers de la personne qui partageait désormais sa vie. Même si ça n’était pas celle qu’il souhaitait.

THE END.

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Like the waves roll with the moon, did we rise and fall too soon? It’s been so long, I can't remember. If I could walk between the stars or be given one more chance, I know which I'd surrender just to build a bridge back to your heart.

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