there's no love like the first


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Dorian Conroy

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MessageSujet: there's no love like the first   Lun 16 Jan 2017 - 19:51


Of all sad words of tongue or pen,
the saddest are these,

'It might have been'.

Dès que Dorian aperçut Sura, un sourire vint creuser ses lèvres et son cœur eut un sursaut aux échos ancestraux. Un souvenir d’adolescence, lorsqu’il nourrissait des sentiments forts et presque chevaleresques à l’égard de la beauté divine, qui ne l’avait finalement jamais vraiment quitté. Sura aurait toujours cette place particulière tant elle l’avait occupée durant des longues années, avant même d’en prendre conscience. Elle avait été un coup au cœur du gamin rêveur, un amour que l’on aurait pu qualifier d’enfantin, en un sens, mais qui n’en était pas moins réel, Dorian le savait. Si ça n’avait été qu’une attirance de jeune garçon pour une belle fille, ça ne lui ferait pas cet effet-là aujourd’hui, il en était convaincu. Et il pouvait clairement déceler le frémissement qui accompagnait chaque apparition de la jeune femme. Dans ces moments-là, Dorian se demandait toujours comment il avait pu s’écarter d’elle, lui lâcher la main et détourner les yeux. Il ne le pouvait pas, en tout cas, à cet instant mais le mouvement de la fillette lui rappela pourquoi il était parti, lâchement et stupidement : il ne pouvait pas gérer, il n’était pas près à être père, il n’aurait pas été à la hauteur, il ne l’était toujours pas et, maintenant, il regrettait de ne pas avoir pris le temps d’apprendre. Parce du temps, il en manquait cruellement, à présent, mais il refusait de laisser cette notion obscurcir sa journée. Sura venait de l’éclairer, il n’avait eu qu’à poser les yeux sur elle pour chasser l’ombre qui planait au-dessus de sa tête.
Alors il s’approcha, profitant du fait que Lulu était concentrée sur son jeu pour venir à pas de loup derrière le banc sur lequel était installée la magnifique mère de sa fille. Il fut tenté de caresser ses longs cheveux soyeux mais cela aurait ruiné la surprise, alors il posa la main devant son regard pour l’empêcher de tricher. D’un mouvement souple et tout en maintenant sa prise, il prit place à côté d’elle et adressa à Lulu un geste de connivence, un index effleurant ses lèvres, pour l’enjoindre à jouer le jeu. Puis il reporta son attention sur le profil délicat de Sura, caressant sa peau satinée, respirant presque son parfum délicieux. D’ailleurs, il était assez près pour deviner la fragrance qui l’auréolait et sa gorge se noua, la mémoire délivrant ses messages subliminaux en ramenant à la vie des sensations oubliées qu’il pensait enterrées.
Oui, Dorian Conroy avait aimé Sura de tout son cœur et de toute son âme et il aurait probablement pu s’efforcer de la mériter mieux si son besoin de liberté n’avait pas pris le dessus et s’il ne l’avait pas laissée dans son sillage. Mais pouvait-il seulement en être certain ? Qui lui disait en effet qu’elle serait restée avec lui ? Certes, une fillette partageait leur ADN, mais les circonstances de sa création étaient tout sauf spécialement romantiques – du point de vue de Sura, en tout cas. Parce qu’il avait beau avoir bu ce soir-là, Dorian avait parfaitement réalisé sa chance quand, lorsqu’il l’avait enlacée parce qu’elle titubait, elle ne s’était pas dérobée. Ses rêves de gamin avaient pris vie et quand il avait pu l’embrasser, le cœur affolé, il avait senti un millier d’explosions lui vriller le corps. Il n’avait jamais vraiment su ce que Sura pensait véritablement de tout cela, il n’avait jamais osé le lui demander.
Souriant, à jamais sous le charme de sa reine de cœur, Dorian se pinça les lèvres. Il n’était pas question qu’il trahisse son identité en soufflant la question logique qui accompagnait habituellement ce jeu de cache-cache. Il préférait de loin analyser les réactions de Sura, tout en devinant l’attention pleine de curiosité que lui portait l’enfant.
Lulu savait-elle qui il était ? Ou avait-elle un père, un vrai, l’un de ceux qui était là à chaque instant, dans ses joies et dans ses peines, pour l’aider à sécher ses larmes, à la relever ou à l’émerveiller ? Dorian se dit que, forcément, il devait y avoir une figure masculine dans le paysage, les hommes n’ayant jamais pu rester bien loin de Sura Grey, lui le premier. Un homme plus malin devait savoir qu’il n’y avait pas beaucoup mieux ailleurs, cependant, contrairement à lui.
Mais l’heure n’était pas aux regrets et aux remords, elle était aux retrouvailles et aux découvertes. Tout ce qu’il pouvait espérer, c’est que son arrivée inopinée soit une bonne surprise et que son identification ne voilerait pas les yeux doux de Sura de nuages noirs et amers.

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Sura Grey

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MessageSujet: Re: there's no love like the first   Jeu 19 Jan 2017 - 15:51

Assise en tailleur sur le banc, Sura était penchée sur un livre qu’elle ne lisait qu’à moitié tandis que son regard balayait, de temps à autres, le petit parc. Il n’y avait pas grand-monde aujourd’hui ; il faisait trop frais, peut-être, mais la jeune femme aimait ce temps piquant qui lui rosissait les joues et chatouillait son cou à peine couvert d’une écharpe. Et puis, c’était bon pour Lulu, d’être dehors. Parfois, elle craignait un peu pour sa fille, de son caractère sérieux et concentré si différent du sien mais qu’elle aimait, de tout son cœur, parce qu’elle n’avait pas pu faire autrement que de donner ce myocarde pourtant meurtri, déchiré de blessures, à la petite fille au moment même où elle avait su qu’elle était enceinte. Oh, ça n’était pas toujours simple. Il n’y avait pas de mode d’emploi, pour être mère, encore moins pour Sura Grey, encore moins quand on avait à peine vingt ans et qu’on ne savait pas faire grand-chose, à part être jolie et drôle. Elle avait dû apprendre, à être sérieuse, à être sévère, à s’énerver parfois, elle, la douceur même. Lulu était une enfant comme les autres, avec ses colères et ses caprices ; n’empêche, aux yeux de Sura, c’était une merveille. Et qui aurait osé la contredire alors qu’elle posait les yeux sur sa fille ? Que le soleil froid de l’hiver brillait sur les cheveux de sa petite luciole et en faisait miroiter les reflets sombres ? Qu’elle observait les petits yeux sérieux, voilés de mystère, concentrés sur la confection d’un château de sable ? Mais soudain, cette vue lui fut enlevée car deux mains se posèrent devant elle et elle sentit un mouvement à ses côtés. Un sourire s’étira sur les lèvres de Sura. Preuve de son innocence, de sa naïveté, car là où d’autres auraient crié au loup ou se seraient débattus, elle ne pensait qu’à deviner l’identité du farceur. « Okay, laisse-moi réfléchir… Kenneth ? Dave ? Christopher ? » Elle égrenait des noms sans vraiment y penser, plus amusée qu’autre chose. Mais elle finit par abandonner : non, décidément, elle ne reconnaissait ni le contact de ces mains calleuses ni l’odeur fraîche et masculine qui se dégageait de son mystérieux voisin. Alors, doucement, elle porta ses mains sur celles qui brouillaient sa vue et les baissa afin de dénouer le mystère. Mais lorsque son regard s’arrêta sur Dorian, elle resta silencieuse, la bouche entrouverte, saisie de surprise. Elle regarda même autour d’elle, pour voir s’il agissait d’une plaisanterie, si des caméras étaient présentes. Mais non, rien. Juste le père de sa fille et elle. « Dorian ?! » s’écria-t-elle enfin, frappée d’une stupeur candide qui éclairait ses yeux sombres. Elle resta pétrifiée quelques secondes, puis déroula ses longues jambes et bondit pour l’enlacer. Par réflexe, elle déposa un baiser sur ses lèvres. C’était Dorian, c’était le père de sa fille, c’était ce garçon bancal et maladroit qui faisait un peu dérater son cœur d’une manière que les autres n’avaient jamais su faire ou comprendre. Difficile de définir ce qu’elle avait éprouvé – ou éprouvait – pour lui : elle possédait une dualité, face à lui, qu’elle ne pouvait ignorer. Femme et mère. Ils étaient liés, qu’ils le veuillent ou non. « Tu aurais dû prévenir que tu étais de retour, idiot ! » le chambra-t-elle, en lui mettant un petit coup dans l’épaule. Son cœur cognait dans sa poitrine comme s’il avait voulu en sortir. Elle lui prit le visage entre les mains, s’approcha tout près, l’observa intensément. « J’arrive pas à croire que c’est toi. T’as pas changé. Ou peut-être que si. Je sais pas. T’es incroyable. » Le contact de la peau rugueuse de Dorian sous ses paumes délicates la fit frissonner. Elle caressa doucement les joues du jeune homme puis se redressa et le lâcha. Lulu était tournée vers eux et les observait d’un œil circonspect. La ressemblance n’était pas frappante, mais maintenant que Dorian était là fae à elle, elle voyait en sa fille certains traits, certaines mimiques. Etrangement, ça lui serra le cœur mais elle ne laissa pas le temps aux regrets d’assombrir ce moment lumineux. Elle tendit la main vers sa fille, qui se leva aussitôt et trottina vers eux. « Lulu ? Tu reconnais le monsieur ? » fit-elle alors que la petite montait sur le banc et se faisait une place entre eux. L’enfant leva le menton, parut réfléchir intensément et répondit enfin : « C’est Papa-Frigo. » Son ton était plus curieux qu’autre chose, et Sura eut un tendre sourire. « Exactement. Il est toujours là, à veiller sur toi en photo depuis le frigo. Mais aujourd’hui, il est vraiment là. C’est pas extra, ça ? » Elle releva des yeux pleins d’espoir vers Dorian. S’il était là, c’était qu’il y avait une bonne raison, non ?

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Dorian Conroy

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MessageSujet: Re: there's no love like the first   Dim 22 Jan 2017 - 15:40

Kenneth ? Dave ? Christopher ? Dorian grimaça légèrement, fronça les sourcils, la moue sceptique. Et puis il se rappela que la jeune femme était un astre solaire qui attirait tous les regards, pourquoi aurait-il été le seul à succomber à son charme et à s’y brûler les doigts ? A part Kenneth, cependant, les prénoms lui étaient étrangers et il s’efforça de refermer le coffre de cette jalousie non assumée et qu’il n’était en aucun droit de ressentir. Elle ne l’attendait pas, après tout, elle avait continué son petit bonhomme de chemin comme lui l’avait fait et ne s’était-il pas laissé aller à l’oublier de temps en temps, quand le quotidien s’accaparait son attention ? Il avait eu bien d’autres choses en tête, la maladie la première, et voilà qu’il espérait qu’une jeune femme avec qui il avait à peine eu le temps d’être penserait immédiatement à lui s’il surgissait subitement de nulle part ? Ce devait être son égo masculin surdimensionné qui lui jouait des tours et Dorian et se sentit bête d’avoir laissé cet espoir le traverser. Tout de même, il avait cru qu’elle le reconnaitrait, à la simple texture de ses doigts ou à l’odeur qu’il dégageait. Mais ils n’étaient pas des animaux et les années avaient passé. Il n’empêchait qu’il avait l’impression qu’elle n’avait pas changé, qu’elle diffusait ce parfum délicat depuis toujours et qu’il l’aurait reconnue entre milles. Peut-être qu’il se leurrait, peut-être qu’il était plus romantique qu’il ne voulait l’admettre mais quelle importance ? Il devait vivre dans l’instant présent, maintenant, et l’instant présent, c’était le moment où elle l’identifierait et la réaction qu’elle aurait à sa vue. Dorian l’appréhendait un peu, ne sachant qu’attendre d’elle au juste. Et quand Sura fit glisser ses mains pour retrouver la vue, Dorian lui offrit son plus beau sourire – celui qui, l’espérait-il, allait lui apporter le pardon nécessaire pour sa désertion et son retour inopiné – et son cœur flancha en découvrant les traits parfaits de Sura. Son cœur de gamin éperdument amoureux tressauta comme s’il se réveillait et l’arc de ses lèvres trembla légèrement quand il réalisa que la jeune femme l’intimidait encore et toujours, à une dose un peu moindre mais bien réelle. L’attitude de Sura, spontanée comme à son habitude, lui extorqua un rire embarrassé quand elle regarda autour d’elle comme si elle n’en croyait pas ses yeux et s’imaginait qu’on lui jouait un tour quelconque. La réplique narquoise allait-elle suivre ? Il s’en voulut de penser une seule seconde qu’une telle chose puisse traverser l’esprit de sa belle princesse. Sura avait bien sûr quelques défauts mais la méchanceté et la moquerie n’avaient jamais fait partie du lot, comme si elle était incapable de voir le mal où que ce soit.
- En chair et en os, dit-il simplement en écartant les mains.
Il n’avait jamais vraiment su comment appréhender Sura tant elle était imprévisible et aujourd’hui ne faisait pas exception. Aussi, quand elle lui sauta soudainement au cou et pressa furtivement ses lèvres sur les siennes, le jeune homme ne put s’empêcher d’avoir le réflexe de l’enlacer et de l’étreindre brièvement. Un geste étrange et familier à la fois, comme si la dernière fois qu’il l’avait tenue dans ses bras ne remontait pas à des années, quand Lulu était à peine née. Il la relâcha cependant, de peur de s’accrocher à elle et de ne plus jamais réussir à la laisser partir et il massa son épaule en souriant.
- Ce n’était pas vraiment prévu, se défendit-il. Et puis je suis là, maintenant, non ?
Il la laissa le toucher avec cette fraicheur qu’elle seule possédait, sans arrière pensée, vivant le moment présent. Dorian avait toujours aimé cette façon de fonctionner et s’il avait essayé de calquer sa logique sur celle-là, ça n’avait certainement pas la même saveur que lorsque cela venait de Sura. Il ne bougea donc pas lorsqu’elle glissa ses mains sur son visage et il ferma un instant les yeux, comme pour mieux se concentrer sur ce contact agréable et apaisant, puis les rouvrit pour les plonger dans le regard de son amour d’adolescence. Il ne put réprimer un élan de nostalgie en se demandant ce qu’il avait manqué en partant toutes ces années mais la voix chaleureuse de Sura chassa cette ombre funeste et il regretta presque que ses mains le quittent.
- Toi non plus, tu n’as pas changé.
Tu es toujours aussi belle faillit-il ajouter, se retenant juste à temps. Il pinça les lèvres en un sourire un peu terni et porta son attention sur la fillette qu’il avait engendrée mais qu’il n’avait pas pris le temps de connaitre, s’imaginant qu’il serait plus apte à être le père qu’il fallait quand il serait plus mature, avec un job qui paie bien et une vie convenable pour l’accueillir. Ses chances de se rattraper s’amenuisaient chaque jour un peu plus et il sentit sa gorge se nouer en regardant la petite créature ravissante qui lui devait en partie d’exister. Il l’observa alors qu’elle  venait à eux et le jeune Conroy dévora sa fille des yeux, se penchant en avant, s’accoudant à ses genoux pour approcher son visage de celui de l’enfant. Les mots qu’elle délivra en toute innocence firent chavirer le cœur du jeune homme qui releva les yeux vers Sura, reconnaissant et ému d’être associé à la notion de père alors qu’il n’avait pas assuré une seule seconde depuis qu’elle était née. C’était tout juste s’il avait envoyé des cadeaux aux anniversaires et, malgré cela, Sura ne l’avait pas complètement effacé de la vie de leur fille.
- Merci, souffla Dorian à Sura, ne s’étant pas attendu à recevoir un tel coup au cœur. D’ailleurs, j’ai apporté quelque chose pour toi, ajouta-t-il à l’adresse de Lulu. Mais ça sera pour quand tu seras plus grande et je vais le donner à ta maman pour qu’elle le garde en attendant, d’accord ?
Il fouilla dans la poche de sa veste et sortit un petit sachet en tissu qu’il déposa dans la paume de Sura. Son contenu consistait en une petite chaine en argent au bout de laquelle était suspendu un L en cursive et une seconde où pendait un S.
- Et si ça te dit, on pourrait aller à la fête foraine, un de ces jours ? Enfin, si maman est d’accord, évidemment ? Dorian chercha le consentement dans le sourire de Sura et tendit instinctivement la main pour effleurer sa joue. J’ai beaucoup de choses à rattraper.
Et à me faire pardonner sous-entendit-il, ne doutant pas une seconde que Sura lirait entre les lignes.

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Sura Grey

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MessageSujet: Re: there's no love like the first   Mar 13 Juin 2017 - 14:48

Elle n'éprouvait pas de colère, Sura, quand elle regardait Dorian. Elle ne lui en voulait pas d'aller et venir dans sa vie comme un oiseau qui aurait un peu perdu la trace de ses migrations. Tout ce qu'elle voulait, c'était avoir des traces de lui, de temps en temps. C'était savoir qu'il existait, quelque part, et qu'il pensait à sa fille. Qu'il pensait à elle, aussi. Dans la vie désordonnée de Sura, Dorian occupait une place bien à part. Elle qui avait tendance à oublier, à égarer, elle ne faisait jamais l'erreur d'effacer le jeune homme de ses pensées. Il était toujours là, une âme distante et lointaine, une sorte de murmure bienveillant qu'elle pouvait écouter le soir, seule dans son lit. Elle n'avait jamais oublié Dorian, parce qu'on n'oublie pas le seul garçon – en-dehors de Jack, bien entendu – qui ait jamais été gentil avec elle. On n'oublie pas les battements de coeur un peu défaillants, les sourires timides, les mains qui s'effleurent sans vraiment oser s'attraper. Dorian l'avait prise par surprise, elle qui ne se souvenait que des gestes brutaux et sans plaisir, que de la violence, de la peur et du dégoût – de cet autre qui lui avait pris de force ce qu'elle avait de plus doux à offrir, et d'elle-même. Longtemps, Sura s'était blâmée pour ce qu'elle avait longtemps nommé un accident, une erreur. Mais Dorian lui avait fait comprendre – sans peut-être même le réaliser – que chaque geste était délibéré, et que lui avait choisi la douceur, la tendresse, le respect. Qu'elle n'était pas coupable de ce qui lui était arrivé, que le seul à blâmer ici, c'était celui qui avait le choix de la violence. Alors Sura s'était abandonnée avec bonheur dans les bras de Dorian, désireuse de retrouver l'ivresse délicieuse des baisers volés.  Et elle ne regrettait pas, elle ne regrettait jamais. Car Dorian lui avait fait le plus beau cadeau de la terre, une part de lui qui vivait, bougeait, riait, se mettait en colère quelques fois et posait sur le monde un regard que Sura n'était plus capable d'avoir. Cette part de lui, c'était Lulu, dont les grands yeux sérieux et interrogateurs allaient et venaient de sa mère à son père. Un peu en retrait, Sura observait ce miracle, le père et la fille réunis et tâchait de chercher les ressemblances, quand bien même cela la forçait à réaliser que Lulu ne serait jamais totalement sienne. Et tant mieux d'ailleurs, même si cela écorchait son coeur de mère. Elle voulait que Lulu soit elle-même, soit sa propre personne. Elle voulait qu'elle fasse ses propres choix et qu'elle devienne quelqu'un de bien. Et aujourd'hui, alors qu'elle observait les tentatives maladroites mais si tendres de Dorian, Sura était certaine d'une chose : Lulu n'avait autour d'elle que des exemples exceptionnels. Un sourire aux lèvres, si fort qu'il paraissait impossible à décoller, Sura accepta le présent de Dorian et fit rouler le tissu contre ses doigts. Elle devina une chaîne, une sorte de bijou et la rangea dans sa poche. « Mamaaaan, je peux voir le cadeau ? » s'exclama Lulu, curieuse, les yeux rivés sur la poche dans laquelle avait disparu le petit objet. « Papa a dit que c'était pour quand tu serais plus grande. Et d'ailleurs, tu n'aurais pas oublié quelque chose ? » répliqua Sura d'une voix douce, mais ferme. Lulu prit une petite mine réfléchie, sérieuse ; elle adorait penser, réfléchir, s'inventait toutes sortes de jeux et de labyrinthes dans lesquels elle se perdait avec bonheur. « Mmmmh. Mmmmmerci. » finit-elle par murmurer à l'égard de Dorian, un peu boudeuse car elle n'avait pas eu droit au cadeau tout de suite. Cependant, la proposition de son père eut tôt fait de lui rendre sa mine réjouie et elle leva vers sa mère des yeux implorants. « Oh, Maman, tu es d'accord, on peut y aller ? On peut y aller maintenant ? » couina-t-elle, une main posée sur le genou de Dorian, l'autre s'entortillant dans ses cheveux bouclés qui seraient une torture à démêler ce soir. Sura sentit les doigts de Dorian lui effleurer la joue et elle se mordit la lèvre. Est-ce que ça n'aurait pas été le paradis, de vivre à trois, d'être une famille comme les autres, d'avoir ce qu'elle n'avait jamais eu quand elle était petite ? En cet instant, éphémère et éternel, elle entrevoyait tout le bonheur qui pourrait être le leur. Elle voyait une vie confortable et douce, sans arrière-pensées, sans soucis, sans douleur. Elle entrevoyait une perfection qui ne pouvait pas être sienne, et elle l'acceptait en silence. Parfois, on ne pouvait pas faire autrement que d'accepter ce que la vie donnait. Et Sura estimait que ce qu'elle possédait, c'était déjà bien. « Je ne suis pas contre l'idée. Mais ton papa et moi, on doit discuter un peu avant. Tu sais ce qui me ferait très plaisir ? Que tu construises un château. Le plus grand, le plus beau château que tu aies jamais construit. Et comme ça, ton papa pourra y vivre. » répondit-elle gentiment, en espérant pouvoir avoir un peu d'intimité. Lulu considéra l'idée pendant quelques secondes et un sourire malin apparut sur son visage. « Maman, tu dis n'importe quoi. On vit pas dans les châteaux de sable ! » Et sans demander son reste, elle décampa vers le bac à sable où quelques autres enfants étaient apparus. D'autres parents étaient assis sur les bancs. Sura les observa quelques instants, se demanda si elle était la seule dans cette drôle de situation puis se retourna vers son amour de jeunesse. « Qu'est-ce qui t'amène ici, Dorian ? » souffla-t-elle. Il n'appartenait pas à cet endroit, il était trop sauvage, trop brillant, il allait faire de grandes choses. Alors pourquoi était-il revenu ? « Ta famille te manquait ? » Et par famille, Sura n'entendait pas forcément Lulu ou même elle. Mais peut-être était-ce qu'elle voulait entendre comme réponse. Peut-être avait-elle envie que Dorian soit revenu pour elle.

(oh la la, désolée de ce retard et surtout de ce post arrow)

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Dorian Conroy

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MessageSujet: Re: there's no love like the first   Jeu 22 Juin 2017 - 21:00

La vie était ainsi faite : elle défilait sans que l’on se rende compte de rien et tout à coup, il était trop tard. Pourtant Dorian n’oubliait pas, il n’oubliait rien. Quelque part, dans son cœur, il était toujours ce gamin trop nonchalant qui n’avait d’yeux que pour une nana, qui n’avait pas cru à sa chance lorsqu’il avait pu l’enlacer, encore moins lorsqu’ils s’étaient retrouvés seuls dans une pièce assombrie, alors que ses mains fébriles partaient à la découverte du corps de celle qui hantait ses rêves adolescents. Dorian se remémorait précisément la sensation qu’il avait eue quand il avait dû comparer ses fantaisies à la réalité et où, contre toute attente, elles étaient largement dépassées par la vérité. Il avait encore en tête cet empressement un peu naïf qui ne lui avait pas permis de savourer le moment à sa juste valeur, probablement parce qu’il craignait que tout s’envole, que la bulle éclate et que rien ne se déroule comme il l’espérait. Encore maintenant, Dorian se dit qu’il n’avait rien appris, qu’il était resté un gosse qui ne retenait pas les leçons et qui répétait les erreurs. Il aurait dû être présent pour Sura et Lulu, il n’aurait pas dû choisir la liberté parce qu’elle ne valait finalement pas grand-chose, elle n’était qu’une chimère qui l’avait empêché de vivre les moments qu’il fallait avec les gens qu’il fallait. Alors, bien sûr, il ne pouvait pas mettre tout dans le même sac, il ne pouvait pas y fourrer Rosie comme si elle ne représentait rien mais Dorian n’en était pas moins convaincu que ses décisions ne s’étaient pas basées sur des critères valables et maintenant que le temps lui était compté, il commençait à comprendre à quel point il avait été fou et combien il avait été bête de choisir New York plutôt que Mount Oak. Mais d’un autre côté, comment pouvait-il avoir l’assurance que rester y aurait changé quoi que ce soit ? Rien ne lui prouvait que Sura et lui seraient toujours ensemble aujourd’hui, rien ne disait que ça aurait marché entre eux. Alors le jeune homme contempla ce qui était au lieu de se perdre dans ce qui aurait pu être et n’avait pas été, même si une part de lui aimait à se dire que s’il était resté, ils auraient appris à se connaitre mieux et il aurait pu lui montrer que ça n’était pas qu’une amourette adolescente. Il était trop tard pour tout cela maintenant, cependant, alors Dorian devait compter sur la capacité de Sura à lui pardonner sa désertion. Il devait tabler sur le fait que le temps qu’il passerait avec sa fille, même s’il était trop court, permettrait au moins à l’enfant de se souvenir qu’elle avait eu un père et que celui-ci l’avait aimée, même s’il n’avait pas pu le montrer comme il le fallait, comme il le voulait. Dorian ne pouvait pas défaire le passé pour le recoudre comme il l’aurait voulu mais ça ne l’empêchait pas d’essayer de changer de trajectoire en ce qui concernait Lulu.  
Le jeune homme eut un sourire désolé en constatant qu’il aurait plutôt dû ramener un cadeau adapté à l’âge de la fillette mais il ignorait ce qu’elle possédait déjà et, sans vouloir se l’avouer, il s’était dit qu’un présent qu’elle recevrait lorsqu’il ne serait plus là lui permettrait de se rattacher à quelque chose. D’un côté, les jouets disparaissaient presque toujours, tôt ou tard, et il voulait lui offrir un objet qui resterait avec elle et qui lui rappellerait à quel point il avait tenu à elle. Et le regard un peu perdu, alors que Lulu lâchait un remerciement avec un peu de réticence, il repensa à cette scène, dans une série, qui lui avait fait réaliser à quel point il passait à côté des choses essentielles. C’était quand il avait vu ce garage plein à craquer de cadeaux en tous genres, quand il avait vu ce garçon s'effondrer et réaliser que sa mère ne serait pas toujours là qu’il avait saisi à quel point sa propre date de péremption était proche et qu’il n’arrivait tout simplement pas à se figurer une Lulu de dix ans, de douze ans, devenue jeune fille puis jeune femme. Il ne pouvait imaginer sa fille au bras d’un homme. Il ne voyait pas si loin et cela lui arrachait le cœur et lui opprimait les côtes.
Un sourire embarrassé vint se greffer aux lèvres de Dorian qui eut une légère grimace lorsque Lulu supplia pour aller à la fête foraine maintenant et il réalisa à quel point il n’était pas préparé, à quel point il était maladroit et ne savait pas s’y prendre avec sa fille. Désolé, mima-t-il du bout des lèvres avant de les pincer et quand Sura expliqua qu’ils devaient discuter, il hocha la tête, quand bien même cette annonce l’angoissait. Parce qu’il se doutait de ce qu’elle allait dire et c’était tout naturel. Elle allait lui demander pourquoi il était là, pourquoi il reparaissait tout à coup, alors que rien n’expliquait son retour, ni date anniversaire ni événement particulier. Peut-être qu’elle lui demanderait s’il comptait assumer, cette fois, où s’il avait déjà son billet pour retourner à New York. Et il devrait se taire, tout le long. Il ne pourrait pas lui dire que son cœur faiblissait, que son corps lui faisait défaut et l’abandonnait. Il ne pouvait pas laisser entrevoir ce destin funeste, c’était trop cruel de sa part de déclarer simplement : Je suis mourant et je veux passer le temps qu’il me reste avec les miens. L’échange entre la mère et la fille apaisa légèrement Dorian qui émit un petit rire en posant un bras sur le dossier du banc tandis que du bout des doigts, il jouait distraitement avec les cheveux de Sura. Lulu finit cependant par obéir et s’éloigna, emportant avec elle la douceur de son innocence pour ramener Dorian dans le monde des adultes, celui où Sura et lui devaient parler sérieusement, tout ce qu’il voulait à tout prix éviter.
Un silence se glissa entre eux tandis que Sura observait sa fille et que Dorian observait le profil délicat de Sura. Il avait aimé cette fille devenue femme, il le savait, plus que jamais et, plus que jamais, il regretta le temps qu’il n’avait pas pris, trop obnubilé qu’il était par l’aventure qui l’attendait, de préférence loin de Mount Oak. Puis le silence fut rompu et Dorian poussa un léger soupir en laissant sa tête retomber en arrière.
- Je suis né ici, non ? Est-ce que j’ai besoin d’une raison pour revenir ? demanda-t-il en redressant la tête pour poser sur Sura un regard tendre et mélancolique. Il n’y a qu’ici que je peux me ressourcer, avec les miens.
Il jouait toujours avec une longue mèche qu’il faisait glisser entre son pouce et son index en dévisageant la jeune femme.
- Pourquoi, tu n’es pas contente de me voir ? dit-il sur le ton de la plaisanterie, comme pour chasser le nuage noir qui voulait se nicher au-dessus de leur tête. J’ai juste envie d’un peu de calme et, honnêtement, New York est incapable de me donner ça, ajouta-t-il plus sérieusement en faisant glisser son bras autour des épaules de Sura pour la rapprocher de lui. J’aurais dû prévenir, je sais. Tu m’en veux ?
Dorian lui adressa son sourire de sale garnement, les yeux louchant presque tant le visage de la princesse de sa jeunesse était proche du sien.

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