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Edme Carlson

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MessageSujet: ☑ they say you're no good.    Ven 13 Jan 2017 - 22:21


They say that you're no good,
They say you've got me twisted
They say that we won't last,
But I believe just different

@luke james + tumblr

« Ils ont recommencé. Ils se sont joués de moi et je n’ai vu que du feu. » Elle ressasse inlassablement ces deux phrases tout en tapant contre son crâne, croyant certainement que la leçon rentrerait mieux ainsi. La naïve. Voilà presque trente ans que sa famille se joue d’elle, sans jamais provoquer de point de non-retour chez la jeune femme. Jusqu’où pourraient-ils aller pour qu’elle agisse enfin ? Edme a conscience de sa situation et en est révoltée. Ses poings serrés frappant frénétiquement sur son visage humidifié par le flot de larmes coulant jusque sur son pull le témoignent, mais ce n’est pas suffisant. Ce n’est pas la première fois qu’elle rentre dans une telle colère. Combien de fois s’était-elle juré, solennellement juré ne plus jamais remettre les pieds dans la demeure familiale ? Combien de serment avait-elle brisé après quelques heures de fugue ? Edme était faible, ses actions le prouvaient, pourtant elle ressentait cette fois-ci une rage infiniment supérieure qui lui faisait presque croire qu’elle pourrait dépasser les murs qu’on avait construit autour d’elle, autour de ses ambitions, autour de sa liberté. Parce que c’est contre ça qu’elle se bat, Edme, contre la tyrannie, contre l’étouffement des siens. Elle n’arrive plus à respirer. Elle n’a jamais respiré l’air pur de la liberté. Même son métier était un choix par défaut qu’on lui avait dégoté parce que l’hôpital du coin en avait terriblement besoin et que de nombreuses amies de sa grand-mère s’étaient plaintes du manque de personnel. Edme était une candidate parfaite : elle n’avait jamais de mal à faire la conversation tout en n’ayant jamais de paroles trop révolutionnaires, toujours prête à faire pour le mieux quitte parfois à manquer de se faire renvoyer pour le bien de ses patients. Mais ce qui l’a poussée à mettre quelques vêtements dans sa valise fétiche, à claquer la lourde porte de la demeure familiale et à courir ainsi sous la pluie, c’est le mariage. L’institution qu’est le mariage et particulièrement chez les Carlson. « Voilà plus d’un an que vous êtes fiancés, il faudrait penser à vous unir, Edme. Ce n’est plus possible de nous faire attendre et de le faire attendre. » Le clin d’œil de sa grand-mère, appuyé par une pression de son mari sur son épaule, ne laisse pas seulement sous-entendre qu’elle prononce un conseil, mais plutôt un ordre. Il est vrai que ça fait un petit moment depuis la demande en mariage de Feivel, mais elle a déjà accepté, n’est-ce pas suffisant ? Avait-elle encore besoin de se presser ? Toujours plus se presser ? Elle est fatiguée de devoir toujours courir. Elle se sent telle une Antigone moderne, le courage en moins. « Feivel et moi souhaitons bien faire les choses et cela demande du temps, c’est tout. Et puis… peut-être que le mariage n’est pas fait pour nous, après tout. Nous y réfléchissons. » Edme dépose ça là, comme une bombe prête à exploser et celle-ci ne tarde pas. Elle utilise le pronom « nous » comme si cette pensée est partagée alors que Feivel attend désespérément qu’elle veuille bien porter son nom au plus vite et cela, ses grands-parents le savent parfaitement. Ils connaissent leur petite fille un peu trop rebelle depuis l’enfance déjà, à vouloir patauger, courir, sauter partout, laissant croire que le jardin familial ne lui suffit pas, alors qu’il a convenu à plusieurs générations d’enfants. C’est pourquoi ils n’en peuvent plus de son insolence, à toujours vouloir faire autrement que les autres. Maintenant, c’est le mariage qu’elle souhaite éviter ? Il n’en est pas question. Alors ils s’emportent, lui disent clairement que si elle ne le fait pas, ce sont eux-mêmes qui fixeront une date à ce mariage qu’elle le veuille ou non. Ils ne vont pas se laisser faire par une gamine, non ? Ce n’est qu’une enfant un peu trop gâtée par ses parents, ils les avaient bien prévenus pourtant… Seul un enfant auquel on cède tout se permet de hausser le ton comme elle le fait et de leur tourner le dos. Le doyen des Carlson se dit que sa petite fille se permet des libertés que l’on ne lui aurait jamais permises à lui, à son âge et qu’il devrait faire quelque chose, la punir. Il verra plus tard, il doit encore s’occuper de sa femme qui pleure d’avoir été traité ainsi. Qu’il est dur d’accepter qu’autrui s’exprimer quand l’on n’a jamais joui soi-même d’une telle liberté.

Elle a eu le temps d’envoyer un message au seul qui pourrait trouver les mots. Elle aurait aimé que ce soit Feivel, mais il ne la comprenait pas. Il ne l’avait jamais véritablement comprise. La fougue qu’elle avait cru déceler chez lui lors de leur rencontre n’était qu’un mirage, celui de l’amour naissant qui pousse à se déguiser. Parfois, elle a l'impression que seul Erik ne joue pas avec elle et c'est réciproque. C'est pourquoi les mots qui peuvent apaiser ses maux sont uniquement ceux de l’homme déjà attablé au petit café qu’ils ont l’habitude de fréquenter. Ce n’est pas le plus recommandable, mais les chocolats chauds sont bons et Edme se sent toujours en sécurité avec Erik. Elle se rapproche de lui et dépose un baiser sur sa joue. Remarquant le chocolat tout fumant qui l’attend en face du siège libre, elle rougit. Elle s’en veut de s’être faite avoir. C’est Erik qui avait raison, comme toujours. Elle avait répondu positivement à la demande de ses parents de ne plus voir « ce bon à rien » pendant un certain temps et elle s’en veut. Alors, avant toute chose, elle met les deux pieds dans le plat. « Je suis désolée, Erik. Pardonne-moi, mais mon silence n’était pas voulu. Enfin… ils ont menacé de prendre contact directement avec les parents de Feivel pour fixer le mariage si jamais je ne coupais pas les ponts avec toi pendant un certain moment… » Elle n’a pas besoin de préciser qui est ce « ils », Erik le sait parfaitement. Il la connait par cœur. Elle, et son histoire.  « Tu m’as terriblement manquée. Je t’ai manqué ? » dit-elle d’un ton presque suppliant. Elle en oublierait presque le mois passé à ignorer ses appels, à l’éviter lorsqu’elle croisait son chemin, la douleur que tout cela lui avait procuré. Elle avait encore été naïve et elle se détestait de l’être autant. Que faudrait-il pour qu’elle comprenne enfin ?

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Dernière édition par Edme Carlson le Ven 20 Jan 2017 - 19:54, édité 1 fois
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Adriel Lamontagne
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MessageSujet: Re: ☑ they say you're no good.    Mar 17 Jan 2017 - 11:17

Le pardon ne fait pas partie de la vie d'Erik, dans un sens comme dans l'autre d'ailleurs. Il déteste pardonner les gens pour leurs faux pas, quand ça lui donne la parfaite occasion de les éloigner de lui. Allez, et bon vent, surtout ! Erik est farouche, même s'il sait se montrer docile lorsque c'est dans son intérêt. Mais en réalité, il peut se montrer si véhément que pour un peu, il pourrait se faire tatouer les mots suivants: CAUTION: Do not approach. Nasty dog will attack. Mais son sens du mélodrame l'empêche de le faire; il tient tant à garder l'effet de surprise. Ou plutôt, il ne s'intéresse pas à assez aux sentiments des autres pour avoir envie de les prévenir. Qu'il le sache ou non, tant pis. Erik est ce qu'il est et Erik ne cherche pas à s'en faire pardonner . Il n'en voit pas l'intérêt quand les personnes qui ont su trouver une place dans sa vie, le prenne tel qu'il est. Et qu'il les épargne, comme il peut. Ou plutôt qu'il épargne Edme, comme il peut. Ses autres amis, du moins ce qui s'en rapproche, ne bénéficient que d'un traitement de faveur restreint, le kit "Gold" étant réservé à la seule, l'unique, la merveilleuse Edme Carlson. Son âme soeur, pour ainsi dire, même si ce n'est probablement pas dans le sens conventionnel du terme qu'il voit les choses : jamais l'idée de ne serait-ce que toucher les lèvres de la jeune femme ne lui avait effleuré l'esprit. Ses relations avec les autres humains qui peuplent cette planète sont toutes en dents de scie, emplies de problèmes bien réels, ou créées de toutes pièces. Il suffit qu'il ait dévoilé un peu de la douleur qui dissimule sa véritable âme, celle d'un être au cœur pur et généreux, pour montrer la noirceur de son âme : Erik sait appuyer là où ça fait mal s'il se sent en danger. Lamontagne est également plein d'idéaux. Il se fait une idée très précise des choses et peut se montrer abject si elles ne se déroulent pas comme escompté. Prenez l'amitié, par exemple. Erik est convaincu qu'un ami ne doit jamais vous laisser tomber, quoiqu'il advienne. Soyez absent une seule et unique fois et il pourra vous rayer de sa vie à jamais, bien que sa fierté le fera jurer mordicus que les raisons sont toutes autres, qu'il est ainsi, une véritable girouette et que vous auriez dû le savoir. Seule exception à cette règle pourtant inconditionnelle : Edme. Preuve en est qu'elle vient de lui écrire, et qu'il est déjà en train de se rhabiller. " T'as pas l'impression d'être son toutou? " Erik hausse les épaules. Ce genre de considérations importe peu quand il s'agit de la belle. S'il est un chien, il est le plus chanceux de tous les chiens. " T'es simplement jalouse, parce qu'elle a pas besoin de me payer, elle. " répond-il, agacé mais avec nonchalance. Le but était de blesser par son indifférence. Et il ne savait que trop, qu'il réussirait. Sidney était bien trop amoureuse de lui pour réussir à le dissimuler. Il ne répondrait de toute façon pas de si tôt à Edme ; cela faisait plusieurs semaines maintenant qu'elle le faisait attendre, elle n'était pas à quelques heures près. Peut-être même qu'il lui répondrait après l'heure du rendez-vous, juste pour montrer qu'il ne s'était pas tant langui d'elle, pour montrer qu'il avait une vie, lui aussi. Erik avait beau l'aimer de manière inconditionnelle et tout lui pardonner, il tenait tout de même à préserver un minimum sa fierté. Simplement lui montrer qu'elle ne pouvait pas disposer de lui comme elle le souhaitait, même si c'était bel et bien le cas. Déposant un baiser sur les lèvres de la relation la plus longue qu'il ait jamais eu (cela faisait bien deux ans maintenant que Sidney le rémunérait pour ses services), il rassembla ses dernières affaires et claqua la porte derrière lui.
Ces bonnes résolutions s'envolèrent cependant en même temps qu'il quittait les lieux et ses doigts tapèrent bien malgré lui : "Hello Edme. Je serai là. À toute." Son message n'était pas des plus chaleureux, mais il n'y avait pourtant aucune amertume de la part d'Erik. Il était laconique dans ses messages. Dans la vraie vie aussi, on ne pouvait pas dire qu'il avait un naturel enjoué.
Il arriva en avance de quelques minutes, deux ou trois tout au plus. Connaissant la ponctualité de la jeune femme, et encore plus lorsqu'elle estimait avoir à se faire pardonner (quand comprendrait-elle qu'elle n'avait rien à se faire pardonner ? Sa seule présence était un cadeau bien trop précieux pour qu'il n'ose ne serait-ce que demander quoique ce soit d'autre.), il commanda deux chocolats chauds et choisis une table d'où il pourrait la voir arriver. Lorsque la demoiselle arriva, à l'heure pile, il l’accueillit d'un souvenir et lui rendit sa bise avant de balayer ses excuses avant même qu'elle n'eut le temps de les terminer. "Arrête cinq minutes, on s'en fiche du pourquoi Edme." dit-il en passant une main sur son dos. Il poussa doucement la tasse de chocolat vers la demoiselle pour lui montrer que le sujet était clos. Il ignora cependant sa seconde question. Elle connaissait la réponse, plus que personne. Et puis, Edme exagérait sûrement les choses : il doutait sincèrement de lui avoir tant manque. " Je comprends que tu n'es toujours pas décidé à épouser ton fiancé. " Dit-il, ne pouvant dissimuler un sourire approbateur. Il but une gorgée de chocolat, espérant qu'elle ne le remarquait pas mais il savait que c'était probablement peine perdue. Erik n'aimait pas Fievel. Il n'avait rien contre l'individu en lui-même, mais il n'était pas fait pour Edme. C'était évident. Et Edme et lui en avait tellement conscience qu'ils n'avaient même pas pris le soin de fixer une date de mariage. Ce qui autorisait donc Erik à enchaîner, puisque la demoiselle devait partager son point de vue un tant soit peu, pour ne pas avoir encore choisi sa belle robe blanche. " De toute façon, tu ne peux pas te marier sans moi et tes parents n'accepteront jamais ma présence à votre mariage. " C'était faux. Pas la partie où ses parents ne toléraient jamais sa présence mais il était certain qu'elle pouvait se marier sans lui. Encore une fois, tant qu'elle acceptait de le voir de temps à autre, il lui pardonnerait tout.

(désolée pour les fautes de frappe/de mots, je l'ai écrit sur mn tel Léouche, je relis tout à l'heure mais je l'ai écrit ce matin, et je tiendrai pas jusque ce soir pour le poster whistling whistling )
EDIT: Voilà, c'est corrigé/édité, j'avais même oublié des bouts de phrases crying crying
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Edme Carlson

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MessageSujet: Re: ☑ they say you're no good.    Dim 5 Fév 2017 - 12:33

Edme trépigne d’impatience et d’inquiétude, aussi. Voilà plusieurs semaines qu’elle n’avait répondu à aucun de ses messages et appels et elle se sent quelque peu coupable. Quelque peu seulement parce qu’elle a le sentiment que cela ne changera rien. Après tout, ce n’était pas la première fois qu’elle l’écartait de sa vie ou du moins essayait de le faire et il l’avait toujours accueilli les bras ouverts. Pourquoi serait-ce différent cette fois -ci ? Aussi elle se force presque à présenter une mine confuse lorsqu’elle s’assied devant ce visage qui lui a tant manqué. De sa petite voix, elle se fond en excuses presque exagérées puis fait tomber le masque dès qu’Erik lui affirme qu’elle n’a rien à se faire pardonner. Trop facile. Aucune once de culpabilité ne résiste au sourire réconfortant du jeune homme. Il ne l’a pas oubliée, il ne lui en veut pas et là, c’est bien tout ce qui compte. Tout ce à quoi Edme a bien envie de penser. A eux deux. Elle l’observe et remarque que ses cheveux sont bien plus longs qu’à l’accoutumé. S’essayerait-il à de nouvelles expériences ? Elle se souvenait de la fois où ils s’étaient tous les deux teint les cheveux en violet. Un violet relativement léger, mais qui leur avait procuré un sentiment de liberté et de joie intense, sans compter une bonne semaine pour se remettre des douleurs abdominales causées par les heures de rire. Non seulement ils avaient noyés la salle de bain d’une couleur violet immonde, mais profité du savon malencontreusement tombé sur le sol pour faire des concours de glissades. Edme sourit rien qu’en se remémorant cet instant mais il s’évanouit bien vite lorsqu’Erik évoque ses fiançailles. Elle soupire en guise de transition et laisse douloureusement le confort de ses vives rêveries pour revenir à la douloureuse réalité. Elle se délecte de la main réconfortante qui lui frotte le dos, vigoureusement et doucement à la fois. Il ignore sa question, mais elle sait qu’elle lui a manqué autant que la réciproque. Elle se sent aimée rien que par sa présence, ça la change des mots d’amour de son fiancé qui sonnent creux à son oreille. Mais elle ne veut pas penser à ce dernier, elle aimerait même pouvoir ne plus jamais avoir à prononcer son prénom, mais cela est bien impossible comme le prouve l’interrogation rhétorique de son ami. C’est qu’il se moquerait presque d’elle en lui demandant si elle ne s’était pas toujours pas décidé à épouser Feivel. Bien sûr que non elle ne s’est pas décidée à l’épouser, elle est plus sur la dynamique inverse. Mais elle ne veut pas se plaindre, pas tout de suite puisqu’elle sait qu’il arrivera à la faire parler. « Tu n’as pas perdu ta perspicacité mon chéri. » Elle insiste sur le petit mot doux et lui envoie un baiser fougueux de la main. Ce qu’elle aime pouvoir agir avec lui sans restriction. Elle est libre d’être qui elle veut et ça fait tant de bien. Ses parents se seraient formalisés et auraient préparé les fiançailles rien qu’après un tête à tête dans un café, si seulement ça n’avait pas été Erik, évidemment. Il était devenu la bête noire à abattre et Edme n’exagère pas lorsqu’elle demande à son ami de la rejoindre à un carrefour éloigné de chez elle. Elle même ignorait jusqu’où sa famille serait capable d’aller. Ils étaient déjà parvenus à la forcer de répondre « oui », elle n’était même pas sûre de l’avoir dit lorsque Feivel s’était agenouillé devant elle. Elle ne se souvenait que des cris de joie et des « oui » multiples qui fusaient dans la salle. Jamais on ne s’était assuré qu’un oui était sorti de sa propre bouche. Cela importait peu, mettre la bague au doigt d’une Carlson impliquait de devoir épouser tout le clan. Edme se sent soudainement terrassée par le poids familial et sa joie de retrouver Erik après tant de jours s’estompe. Elle ne peut fuir la douleur, celle-ci la pourchasse habilement, s’insinue à chaque remarque innocente. Même l’humour qu’emploie Erik n’efface pas l’horrible vérité qui se dissimule derrière : oui elle peut se marier sans Erik. Techniquement, elle le pourrait. Se vêtir de sa robe blanche, marcher jusqu’au point de rencontre, articuler un « oui ». Ca ne devait pas être aussi compliqué. Elle pouvait contrôler son corps. Mais elle sait, Edme, elle sait que ça ne suffit pas. Elle sait le poids que représente le mariage, surtout dans une société de faux comme celle dans laquelle elle vit, où l’on use de clones pour remplacer un mort, pour se vider brutalement ou qu’importe. Elle sait qu’elle ne peut pas devenir comme eux, être l’une des leurs, parce qu’elle croit en ses principes, ses propres principes et non ceux que ses parents ont tant essayé de lui foutre dans la tête. Elle rage, Edme, elle bout parce qu’elle sait qu’elle ne peut pas faire semblant d’aimer Feivel alors qu’elle refuse de le toucher depuis des mois, elle ne peut pas le faire souffrir davantage, elle ne peut pas s’imaginer une seule seconde se marier avec quiconque sans que son meilleur ami soit là, tout près d’elle, pour la rassurer et lui dire que oui, elle avait fait le bon choix. Alors Edme bout, tout prend fin puis elle explose. Elle ne fond pas en larmes, mais quelques perles roulent sur ses rouges. Elle baisse les yeux, honteuse de se donner en spectacle, d’être un spectacle, que sa vie ne soit que mascarade. « La question n’est pas tant que je puisse épouser Feivel sans ta présence, c’est simplement l'épouser qui pose problème. J'ai eu le temps de réfléchir et je suis sûre de moi, ce n’est même pas que je ne veux pas, c’est que je ne peux pas l’épouser. » Ses mains se lovent contre son verre de chocolat chaud, espérant trouver un peu de réconfort et rebondir sur une conversation toute autre. Mais voilà déjà que le flot de perles glacées s’accentue.

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Adriel Lamontagne
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MessageSujet: Re: ☑ they say you're no good.    Dim 30 Avr 2017 - 23:56

Si Edme avait écrit à Erik ce jour-là, c’est parce qu’elle n’était pas heureuse. Et pas uniquement parce qu’elle ne le voyait plus. Erik la connaissait assez pour savoir qu’elle ne venait jamais autant le voir que quand elle était triste, ou préoccupée. Mais il s’était fait une raison. Il aurait voulu partager tous les bons moments également en sa compagnie mais quand cette dernière décidait de le couper de sa vie, il l’acceptait. Cependant, il ne pouvait s’empêcher de ressentir une forme de contentement quand elle l’autorisait enfin à faire partie de sa vie une nouvelle fois. Il savait pertinemment que cela signifiait probablement qu’elle n’était pas loin de toucher le fond, et s’en voulait de penser de la sorte. Mais Erik n’était pas quelqu’un de généreux ; il ne l’avait jamais été et ne le saurait jamais. Tant que Edme ne s’en rendait pas compte… ce n’était probablement pas si grave. « Ni toi ta bonne humeur, poupée. » répondit-il du tac au tac, faisant mine d’attraper son baiser et de le déposer sur sa joue. Il continue la conversation, comme si de rien n’était. Parce qu’il est toujours facile de parler en sa compagnie, et qu’il se sent assez à l’aise pour lui poser toutes les questions qui la concernent. Ne le qualifie-t-elle pas de « meilleur ami » ? N’était-ce pas son rôle de tout savoir sur elle pour mieux la conseiller sur ses choix de vie (et aussi lui dire quand elle faisait une erreur, mais Erik ne se le permettait jamais) ? Cependant, il se rendit compte qu’il aurait mieux fait d’attendre avant d’aborder cette question : le regard de son amie ne tarda pas à se noircir, et ses yeux à s’humidifier. Serrant fermement ses poings jusqu’à rentrer ses ongles dans sa paume, il ne réagit pas tout de suite. Certains auraient pu penser qu’il agissait de la sorte afin de laisser à Edme l’opportunité de se lancer, et de trouver les mots lui permettant d’exprimer sa douleur. Mais il hésitait en réalité à partir. La seule personne qu’il ne souhaitait jamais blesser, se retrouvait en larmes parce qu’il avait osé poser une question probablement trop personnelle. Il retint sa respiration et tenta de se raisonner, mais alors qu’il se levait pour partir, Edme commença à parler, et Erik n’eut pas le cœur de l’abandonner. Il déplaça sa chaise, et la rapprocha de la jeune femme. Il trouverait un autre moyen de la libérer du fardeau qu’il était. Pour l’heure, cependant, il devait faire renaître un sourire sur son visage. Tendrement, il posa une main sur sa chute de reins, et déposa un baiser sur sa joue. « Et pourquoi tu ne peux pas ? » lui demanda-t-il, dans un murmure, craignant que toute nouvelle question ne l’enfonce un peu plus au fond du trou. Il ne savait pas quoi lui dire. Erik était convaincu que Fievel n’était pas fait pour Edme, mais il n’était pas perspicace sur la question. Il en avait d’ailleurs tout à fait conscience. Mais peu importait : Fievel n’arrivait pas à la cheville de Edme, et ne serait jamais capable de prendre soin d’elle. Preuve en était qu’elle ressentait le besoin de venir se confier à ce moins-que-rien qu’il était plutôt que de parler à son fiancé. Elle aurait dû pouvoir se confier sur ses craintes et ses attentes sur l’avenir à son fiancé, pas à Erik. Et c’était probablement ça qu’il reprochait le plus à Fievel. Qu’Edme n’est pas assez confiance en lui pour lui confier ses problèmes. Evidemment, en l’occurrence, c’était particulièrement délicat car le sujet de son désarroi était celui qui aurait dû être là pour lui. Mais n’était-il pas censé être toujours là pour elle et ne jamais la faire pleurer ? Edme n’aurait-elle pas dû vouloir l’épouser coûte que coûte plutôt que d’attendre encore et encore ? Erik en était satisfait, d’une certaine façon.  Cela signifiait qu’il aurait Edme pour lui, un peu plus longtemps. Il pourrait la réveiller en plein milieu de la nuit pour qu’elle le soigne d’une blessure, ou lui proposer une aventure à la sortie de son travail sans avoir à se soucier de l’heure à laquelle il devrait la ramener chez lui. Car, quand elle serait mariée, les choses seraient différentes. Les choses devraient l’être pour que cela fonctionne. Et il lui souhaitait que cela fonctionne, même s’il pourrait alors oublier les moments de lumière dans sa vie. Il prit doucement son visage entre ses mains, et lui offrit un tendre sourire. Il souhaitait simplement que ses larmes cessent de couler. Il les essuya à l’aide de ses pouces, et déposa un baiser sur son nez. Il détestait la voir pleurer, et cela le mettait hors de lui de ne rien pouvoir faire contre Fievel, ou sa famille. Ils ne se rendaient pas compte parfois, du mal qu’il lui faisait. Naturellement, ils souhaitaient son bien, mais étaient simplement trop convaincus que les besoins d’Edme étaient les leurs. « Je suis là pour t’écouter, tu peux tout me dire ma douce. » Et après, il trouverait un moyen de lui changer les idées, pour que les quelques minutes qu’elle passerait à pleurer soit oublié derrière des heures de fous rires. Il n’avait aucune idée d’où il pourrait l’emmener mais il finirait bien par trouver. Il l’emmènerait au bout du monde, s’il le fallait.
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Edme Carlson

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MessageSujet: Re: ☑ they say you're no good.    Mer 10 Mai 2017 - 23:31

Ils ne se sont pas parlés pendant tant de temps, pourtant ils plaisantent comme s'ils ne s'étaient jamais quittés. Edme se sent à la fois rassurée et apaisée. Elle n'est peut-être pas si seule, après tout. Erik s'était toujours montré à la hauteur de ses espérances, il avait toujours su comment l'aider et la rassurer. Et même si ça n'avait jamais été des problèmes à la hauteurs de ceux auxquels Edme est aujourd'hui confrontée, ça n'empêche que si une telle chose est possible, il est le seul à pouvoir l'aider. Il est son seul espoir. Elle n'y arriverait pas seule. C'était tout ce qu'elle avait retenu de ce mois passé loin de lui, loin de tout finalement. Concentrée sur sa famille et son fiancée, à prétendre que tout va bien, qu'elle est parfaitement à sa place. Il ne lui a pas fallu longtemps pour se rendre compte de sa propre supercherie. Mentir aux autres, oui, mais se mentir à elle-même... Edme ne peut plus l'accepter. Elle sait ce qu'elle ne veut pas, plus ou moins ce qu'elle veut, il lui suffit à présent de ne plus reculer. Mais elle a peur, peur d'être abandonnée de sa famille, de se retrouver seule, à la rue, sans famille, sans fiancé et amis. Pourtant, Erik serait sans aucun doute le plus heureux de la voir se défaire de Feivel et de cette famille qui a toujours mal vu sa relation avec le délinquant, non ? Mais cela ne suffit pas, elle a besoin d'être rassurée, Edme, parce qu'on lui en a fait des promesses, beaucoup de promesses, mais une fois qu'il s'agissait d'agir, il n'y avait plus personne. Elle était seule à devoir assumer les conséquences. Elle ne veut pas qu'une telle situation se produise parce qu'alors elle n'aurait plus rien ni personne sur lesquelles s'appuyer, plus aucune ressource parce que sa famille lui confisquent ses revenus. Elle se sent presque coupable de penser ainsi et rougit à la réponse au tac au tac d'Erik. Il la connait si bien, il l'apprécie tant, comment peut-elle songer qu'il la laisserait ? Elle sent son cœur fondre lorsqu'il fait mine d'attraper le baiser qu'elle lui envoie. Qu'a-t-elle fait pour mériter de l'avoir dans sa vie ? Edme se pose sincèrement la question et s'en veut d'oser créer une distance entre eux alors qu'il est si gentil et patient avec elle. Elle en veut d'autant plus à sa famille qui est la réelle cause de cette distance. Si Edme avait vécu dans un environnement sain et normal, elle aurait pu côtoyer ses amis, aller au restaurant et au cinéma avec eux au lieu de rentrer directement après les cours, traîner les week-ends dans la demeure familial, en famille, rien qu'avec des amis de la famille. Elle aurait pu avoir des amis, elle aurait pu se sentir pleinement amie avec Erik au lieu de cultiver une amitié approximative, ponctuelle. Elle les hait de l'avoir rendue ainsi. Elle ne veut plus de tout cela. Elle veut pouvoir sentir les baisers d'Erik sur sa joue sans penser instinctivement que c'est mal, que seul Feivel en a le droit. Aucun autre homme ne peut la toucher. Elle veut pouvoir ressentir de l'apaisement rien qu'à la main de son ami qui frôle sa chute de reins. Elle veut pouvoir se réfugier dans ses bras, comme elle en a tant envie à présent, au lieu d'hésiter, de culpabiliser et d'abandonner. Pour lors, elle doit répondre à la question fatale qui l'est bien moins que la réponse. Elle ne l'a encore jamais dit à haute voix, mais elle doit le faire. Elle doit rendre tout cela réel. « Je ne l'aime pas. Je ne l'ai jamais aimé. » avoue-t-elle, en baissant instinctivement la tête, presque honteuse d'énoncer cette vérité. Les larmes coulent toujours, mais elle ne sait plus très bien si c'est de tristesse ou de soulagement. Probablement des deux. Elle accueille le baiser sur son nez et ne peut s'empêcher de se dire qu'Erik doit vraiment l'apprécier pour vouloir poser ses lèvres sur son nez qui doit certainement couler. L'avoir si près d'elle, comme ça, à sa merci, sa tête encadrée de ses mains puissantes, Edme se sent toute petite mais si puissante. Elle se sent en sécurité, sentiment inédit. Elle se sent prête à affronter ce qui l'entoure. Et ce n'est pas une illusion, elle le sent, Edme, que ce n'en est pas une. Elle lit en lui une détermination. Elle ne sait pas vraiment laquelle, mais il est sincère. Il veut sincèrement l'aider et, d'une certaine manière, elle comprend qu'il est capable de beaucoup pour cela. Ca la touche, ça la perturbe. Elle ne sait expliquer ce qu'elle ressent à ce moment. De l'espoir, beaucoup d'espoir et un sentiment de gratitude et d'amour. Elle l'aime, Erik n'est pas seulement son ami, c'est son seul ami, son meilleur ami. Elle peut tout lui confier, elle peut tout lui dire, elle le sait. Alors elle se lance, hésitante, encore émue. « Je comprends, maintenant, ce que tu disais sur ma famille. A l'époque, je me mentais parce qu'on m'avait éduquée comme ça mais c'est fini. Je n'en peux plus d'être leur esclave, je veux être moi. Je veux pouvoir sortir, danser, boire un verre, porter des jupes courtes. Tu sais quoi, je sais déjà quel modèle de moto je veux acquérir. C'est simple, en fait, je veux... oui, je veux... Je veux être libre. » Elle expire après avoir prononcé ce mot. « Ils ne me contrôlent plus, c'est fini. C'est fini, Erik. » Et elle sourit, oui elle sourit comme elle ne l'a jamais encore fait. Elle relève la tête et sourit à Erik qu'elle observe de ses grands yeux. Et elle ne perd pas espoir lorsqu'elle lui dit, les joues encore mouillées : « Mais je vais avoir besoin d'aide. Je ne sais pas encore comment faire pour m'échapper de tout ça. J'ai peur, tu sais... Je vais être reniée, plus aucun membre de ma famille ne pourra me parler. J'ai tellement peur... »

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Adriel Lamontagne
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MessageSujet: Re: ☑ they say you're no good.    Mer 7 Juin 2017 - 22:51

D’un point de vue extérieur, Edme peut paraitre pourrie gâtée. Elle a toujours eu ce qu’elle voulait, n’a jamais manqué de rien. Elle n’est pas orpheline. Elle n’a jamais eu à mendier, à se prostituer ou à dormir dans la rue. Elle ne sait pas ce que c’est qu’une vie vraiment dure. Mais ces pensées, même dans les heures les plus noires de la vie d’Erik Lamontagne, n’ont jamais traversé son esprit. Parce qu’elle est son Edme, et elle n’a rien d’une jeune femme pourrie gâtée. Elle n’a jamais manqué de matériel, mais elle a manqué d’amour. Peut-être qu’il se trompe mais le jeune homme est convaincu que l’amour parental n’est pas celui qu’il devrait être. Edme doit sans cesse répondre à des codes, respecter une étiquette sans queue ni tête. A la loterie de la vie, elle a gagné la famille unie et aisée. Le revers de la médaille serait justement qu’elles doivent respecter certaines obligations familiales. Mais les Carlson poussent le vice beaucoup plus loin, et même Erik qui en meure à feu doux de n’avoir jamais eu de famille, n’échangerait son statut d’orphelin pour rien au monde. Oh que non, ce n’est pas si simple. Elle n’est pas capricieuse, ni même ingrate. C’est une fleur des bois qu’on a arraché à sa terre natale pour mieux pouvoir l’exhiber à la vue de tous. La cruauté de ce geste n’a pas été jusqu’à la laisser mourir dans un vase mais elle a été plantée dans un milieu qui n’est pas le sien, étouffant doucement mais sûrement sous cette terre trop tassée pour elle, noyée sous cette eau si claire si propre qu’elle fait perdre à la vie toute saveur. Et cette fleur n’a pas les outils pour survivre. Alors, au lieu de se transformer en élégante et fragile rose de jardin, elle se fane. Parfois, il est mieux de mourir debout que de vivre à genoux. Elle n’a même pas la prétention de sa force, elle ne laisse plus d’épines sortir, mais Erik avait toujours su qu’un jour viendrait sa rose piquerait à nouveau. Il n’en mettrait pas sa main à couper mais il semblerait bien que l’âme d’Edme soit en train de se réveiller, de rassembler peu à peu les pièces du puzzle qui lui permettront de survivre hors de sa prison dorée. C’est bien la première fois qu’elle ose dire à Erik qu’elle n’a jamais aimé Feviel, quand lui l’a toujours su. Alors, il sourit, sincèrement. Il sourit tellement qu’il en dévoile ses dents. Ce n’est pourtant pas quelque chose de joyeux. Les médisants diront qu’il se délectait, sans se l’avouer, du malheur de Fievel. Mais la vérité est autre, quoiqu’on en dise. Erik sentait enfin Edme redevenir elle-même, et il n’était qu’heureux de retrouver son amie. Elle avait été plus sincère, plus revêche, plus folle quand elle était plus jeune. Cela avait rapidement changé avec les années mais le jeune trentenaire n’avait jamais oublié qui elle était au fond d’elle. Et il l’avait attendu. Oh, il aurait aisément pu prendre soin de la pâle copie de sa Edme pendant des décennies encore, mais il n’y avait pas de pire souffrance que de voir un être angélique périr parce qu’il ne trouvait pas le courage de froisser qui que ce soit – un obstacle dont Erik s’était affranchi il y a bien des années de cela… mais qui ne le rendait pas heureux pour autant. Il continue de l’écouter, sa chaise collée contre la sienne, ses mains sur elle, pour lui assurer qu’il ne bougera pas, qu’il la soutient, et qu’elle peut tout lui dire. Alors Edme lui dit tout, prenant confiance comme il ne l’a plus vu faire depuis des années. Il sourit lorsqu’elle mentionne avoir déjà choisi la moto qu’elle souhaitait acquérir mais redevient sérieux presque instantanément, voulant écouter attentivement ce qu’elle a à dire. Sauf qu’elle précise avoir besoin d’aide, et cette fois, si le visage de Erik parait sérieux, ce n’est que pour masquer son inquiétude. Son discours est radical : il semblerait qu’elle soit prête à couper les ponts avec sa famille du jour au lendemain. Mais il existe des points sur lesquels Erik ne pourra jamais l’aider : quand bien même elle se retrouverait dehors, il ne pourrait pas l’héberger. Il ne le pourrait pas parce qu’il ne vit nulle part – et partout. Il y a bien ce taudis qui semble libre et que personne d’autre que lui ne semble vouloir occuper. Mais si personne ne souhaite l’occuper, c’est bien pour une raison. Pour multiples très bonnes raisons à dire vrai. Et Edme ne pourrait pas vivre dedans – Erik le refuserait. Et il refusait également qu’elle apprenne qu’il avait (trop) souvent dormi dans les rues, dans les parcs, et parfois même dans des poubelles pour préserver un minimum de chaleur les longs soirs d’hiver. Il refusait qu’elle voit ce dans quoi il vivait, notamment parce qu’aussi dégueulasse que cela soit, c’était un logement qu’Erik pouvait perdre du jour au lendemain. Il ne doutait pas un seul instant qu’il aurait suffi d’un mot pour qu’Edme trouve un moyen de l’aider mais ce n’était pas le problème. Il ne voulait pas qu’elle le voit comme ça, tel qu’il était vraiment. Il y avait tant de facettes de la personnalité d’Erik qu’elle ignorait, tellement de choses de son histoire qu’elle ne pouvait que deviner. Edme connaissait les grandes lignes – et c’en était déjà beaucoup trop pour l’orgueil mal placé qu’Erik avait, lorsqu’il s’agissait de se dévoiler à sa petite protégée. Pour la première fois, il fit alors preuve d’égoïsme avec Edme et même s’il lui aurait certainement donné le même conseil sans y voir son propre intérêt, cette fois, c’était tant pour Edme que pour lui qu’il allait prononcer ces mots. Et Erik se haïssait déjà pour ça. « Et si tu y allais par étape ? Un pas à la fois. Par exemple, on peut aller chercher ta moto cet après-midi – moto que je t’interdis d’essayer sans avoir passé un permis moto et sans porter de casque, d’ailleurs. Et après, on verra de quoi demain sera fait ? Baby steps. » Etait-ce si grave si Edme apprenait à le connaître réellement ? Certainement. Mais cela ne signifiait pas pour autant que les baby steps étaient la meilleure solution pour son amie. Elle se prenait encore pour une rose de jardin et ne se rendait pas compte qu’elle avait le sang d’une rose des bois, prête à résister à toutes les tempêtes, et à renaître de son propre pollen chaque fois qu’un citadin se montrerait cruel avec elle. Bientôt, elle s’en rendrait compte. Bientôt, elle volerait de ses propres ailes. Peut-être se rendrait-elle compte par la même occasion à quel point Erik n’était pas fait du même bois qu’elle, combien ils étaient différents et n’auraient jamais du être amis, mais c’était un risque que l’affreux jojo était prêt à prendre si cela rendait heureuse Edme. Tout pour son bonheur, même son propre sacrifice.
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MessageSujet: Re: ☑ they say you're no good.    Mar 20 Juin 2017 - 17:13

Ces mots n'étaient pas apparus, un jour, dans l'intellect d'Edme par d'autres pensées. Non, elle avait lutté contre l'évidence de son malheur et cela pour plusieurs raisons. Premièrement, ce n'était jamais simple de se rendre compte que l'on n'était pas heureux. Encore aujourd'hui, si on lui pose la question, Edme répond qu'elle est heureuse, qu'elle a tout ce dont elle aurait jamais besoin tout en sachant que c'était faux. C'était comme avouer un échec, du moins c'était comme ça qu'elle se visualisait, Edme. Avouer qu'on était pas heureux, c'était avouer qu'on avait échoué quelque part. L'autre raison était qu'elle n'avait pas l'impression que sa peine était légitime. Elle n'avait jamais connu le manque, la restriction. Elle a encore sa famille et l'aime, à leur façon mais qui l'aime tout de même. On l'écoute, on la cajole, peut-être pas de la meilleur façon, mais elle n'est pas seule. Alors non elle n'avait jamais eu l'impression d'être légitime dans sa peine et ce n'est toujours pas le cas aujourd'hui, ce qui explique très certainement pourquoi elle a tant reculé le moment où elle se confierait et pourquoi, aujourd'hui encore, elle refuse de voir un psychologue. Elle se sent encore bête d'être là à se plaindre auprès d'Erik alors que sa posture est bien moins confortable de la sienne. Elle se sent presque coupable, Edme, parce qu'elle a tout le nécessaire minimal pour être heureuse, pourtant elle est malheureuse. Terriblement malheureuse. Elle se console en voyant l'intérêt que lui porte son meilleur ami. Elle l'écoute d'une oreille attentive bien que concentrée sur l'expression de son visage. Il resplendit. Elle ne s'en était encore jamais rendue compte, pas consciemment du moins, mais il est beau. Il est particulièrement beau. Sa bouche tombe légèrement et lui donne cet air méchant presque hautain mais lorsqu'il sourit... c'est indescriptible, Edme lui aurait accordé toutes les faveurs du monde. Elle ne l'avait jamais regardé autrement que d'un point de vue amical, mais maintenant qu'elle s'essaye à l'exercice, maintenant qu'elle le regarde en tant que femme, elle se dit qu'il est charmant. Elle se demande combien de femme il met dans son lit toutes les semaines parce qu'elle n'est pas dupe, elle ignore bien des choses à son propos, mais elle sait que ce n'est pas un sain. Elle sait qu'il fait du mal autour de lui. La naïve ignore à quel point. Sa barbe naissante lui renforce son côté mystérieux. Non, vraiment, il doit faire tomber un paquet de filles, se dit-elle entre deux réflexions. Elle l'espère, elle espère sincèrement qu'il s'amuse. Elle ne va pas jusqu'à espérer qu'il soit heureux, elle sait que ce n'est pas le cas, mais elle va se rattraper. Tout lui semble plus beau, plus grand, pour accessible à ses côtés. C'est drôle, elle sait qu'une fois qu'elle sera de nouveau seule physiquement ses peurs reviendront, qu'elle reviendra sur ses engagements, mais elle ne peut s'empêcher à cet instant précis de vouloir participer à son bonheur, d'être aussi précieuse que l'aide qu'il lui apporte actuellement. « Tu les connais, ils vont sentir que je m'éloigne à des kilomètres et vont encore couper les mauvaises herbes avant que la plante ne soit trop grande. Et puis c'est pas toi qui m'a dit qu'il vaut mieux parfois rentrer d'un coup ? » Par l'allusion sexuelle, c'est un malheureux événement qu'elle souhaite éviter. Parce qu'elle a honte. Elle a honte du silence radio qu'elle avait imposé à Erik lorsque sa famille lui avait interdit de reprendre contact avec lui. C'était exactement cela qu'elle entendait par ses mots. Ils lui avaient raconté des choses affreuses, ils l'avaient parfaitement manipulés, ils étaient parvenu à la faire culpabiliser. Elle ne souhaite pas qu'un tel scénario se répète, elle ne veut pas se perdre une nouvelle fois parce qu'elle le sait, elle le sent : il n'y a pas d'autre endroit où elle souhaiterait être, pas d'autre personne avec laquelle elle aspirerait à être. Elle touche le bonheur du bout des doigts, elle se sent aimée et elle aime en retour, quel merveilleux sentiment. Elle n'a pas connu sentiment plus pur que celui-ci. Pas même l'amour familial. Des milliers de raisons l'expliquent, la plus flagrante est qu'elle ne craint pas de se confier à Erik. Elle peut être vraie avec lui, elle peut tout lui dire. Elle est même prête à lui dire qu'elle déteste faire l'amour avec son fiancé, qu'en fait elle déteste faire l'amour tout court. Elle sent qu'elle peut tout lui dire sans retenue. Elle est libre avec lui, elle est elle-même. Pas de faux semblants. A qui d'autre aurait-elle pu partager son envie si taboue d'acquérir une moto ? A qui d'autre aurait-elle pu avouer ce qu'elle avoue aussitôt : « Pour tout te dire, j'ai déjà mon permis moto. J'ai prétendu faire des heures en plus pour aller à mes heures de conduite, j'ai dû aller à l'extérieur de la ville. Mais je l'ai eu. » Elle murmure presque ses mots tant elle se sent soudainement aventurière. L'excitation atteint bientôt des sommets, elle frétille sur place en s'imaginant sur sa moto, Erik à l'arrière. Non, vraiment, il n'y a pas plus belle image. « Tu es partant pour m'accompagner alors ? T'es d'accord ? On y va quand ? » Elle est comme un enfant, à sautiller de partout. Elle a un sourire grand jusqu'aux oreilles, elle serait incapable de le restreindre. C'est pourtant ce qu'elle fait pendant deux secondes, le temps d'éclaircir un détail : « Par contre j'accepte ta présence seulement si tu promets de ne pas faire le papa poule et de me laisser conduire comme je le veux. » Elle fronce les sourcils pour lui faire comprendre qu'elle est très sérieuse. Cela dit, elle n'achèterait très probablement pas de moto sans lui. Avec qui d'autre pourrait-elle le faire ? Personne, non personne.

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MessageSujet: Re: ☑ they say you're no good.    Ven 14 Juil 2017 - 13:41

Erik aurait tellement aimé que Edme se voit à travers ses yeux. Elle ne voyait pas combien elle était précieuse, combien les êtres humains à son image étaient si rares, combien elle était la seule qui comptait, qui compterait toujours. Il n'y avait pas une seule chose qu'il n'aimait pas chez elle : ses faiblesses, ses qualités, ses défauts... et sa manière d'être si perspicace. En effet, il avait bien prononcé ses mots – même s'il n'y avait jamais repensé jusqu'alors. Cependant, au-delà de ses potentiels intérêts personnels à ce que Edme ne s'échappe pas tout de suite des griffes de sa famille, il craignait que la demoiselle fasse une overdose de liberté et finisse par regretter son choix, et retourner vers eux à vie. Erik ne le supporterait évidemment pas, mais au-delà de ça, elle risquait de s'enfermer dans une vie qui la rendait triste, qui ne lui correspondait pas simplement pour se conformer aux codes de sa famille. Les codes de la société exerçaient déjà une pression énorme sur tout le monde, les obligeant à se conformer à des standards qui ne leur correspondent pas nécessairement. Il ne doutait pas un seul instant que Edme y serait confrontée et qu'elle en subirait les affres, qu'elle douterait mille fois face à ce que la société essaiera de lui dire mais Erik sait aussi qu'elle y survivra. Il ne lui laissera pas le choix. Il sera là, avec elle, à chaque étape de la construction de sa nouvelle vie. Mais ses choix resteraient ses choix et il ne tenterait jamais de lui imposer quoique ce soit : « Si. » dit-il, un sourire en coin sur le visage. « Mais parfois, il faut aussi savoir prendre son temps. » précisa-t-il, ne souhaitant pas qu'elle se précipite simplement pour un conseil de cul qu'il lui avait donné. « C'est à toi de voir ce qui est le mieux pour toi, Edme. » La vie ne se résumait pas aux histoires de fesses... - et c'était parfois bien dommage. Le jeune homme ne chercha même pas à dissimuler sa surprise lorsqu'elle lui annonça avoir déjà passé – et obtenu – son permis moto, et les stratagèmes auxquels elle avait du recourir pour que cela soit possible. Il leva la main en l'air, attendant qu'elle lui rende son high five et dit : « Hey, you go girl ! Bravo. » Il était sincèrement fier d'elle. Edme lui parlait depuis des lustres de ce permis moto, et il ne comptait plus le nombre de fois où elle l'avait fait s'arrêter pour observer une moto. Il était même à peu près certain qu'il y avait eu une période où il lui avait servi d'alibi pour qu'elle puisse observer les motos, et prétextaient aux autres qu'elle faisait en réalité cela pour Erik. Un sourire sincère mais teinté de nostalgie se dessina sur ses lèvres. Il était heureux pour elle, son cœur aurait pu exploser de joie tellement il était agréable de voir une Edme aussi heureuse, et aussi excitée à l'idée d'une simple balade à moto. « Bah ça dépend. Tu veux louer ou acheter une moto ? » Avec Edme, ce genre de questions était naturel. Il savait pertinemment l'étendue de sa fortune, et qu'elle pouvait à peu près dépenser autant qu'elle voulait sans avoir de problème. La demoiselle n'était pas pour autant du genre à étaler sa fortune devant le nez des autres, mais pourquoi se priverait-elle d'acheter une moto lorsqu'elle en avait largement les moyens ? Il était difficile pour Erik d'imaginer ce que serait sa vie s'il avait plus d'argent mais une chose était certaine : il n'hésiterait pas une seule seconde à faire ce genre d'achat. Erik était un impulsif, et s'il devait actuellement se faire violence pour essayer de mettre de cotés (c'était un miracle lorsqu'il arrivait à mettre dix dollars de coté, alors qu'il faisait vraiment attention), il savait pertinemment qu'à la place d'Edme, il aurait acquis tous les gadgets possibles et imaginables – surtout les plus inutiles. Le regard de la jeune femme se ternit quelque peu, et Erik se tourna vers elle, attentif à ses moindres besoins. Que se passait-il ? De quoi avait-elle besoin ? Rassuré, il soupira légèrement en entendant sa demande. « Si tu promets de ne pas nous tuer, ok. » lui lança-t-il, taquin. Il attendit quelques secondes, pour lui laisser savourer sa victoire, et ajouta : « Mais je choisis la tenue dans laquelle tu y vas. » Bien loin de lui, l'idée de la faire conduire en petite tenue. C'était même tout l'inverse : il voyait plutôt une combinaison de compétition, et un casque d'une si haute gamme que le pire des accidents ne lui laisserait pas la moindre égratignure. Il fit signe au serveur de leur apporter l'addition, répondant indirectement à sa question précédente : ils y allaient maintenant.

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MessageSujet: Re: ☑ they say you're no good.    Sam 16 Sep 2017 - 11:57

«  C’est à toi de voir ce qui est le mieux pour toi, Edme. » Cette phrase résonna en elle indéfiniment, tel un écho qui rebondirait sur des parois rocheuses. Elle ne pouvait l’éviter, le faire taire, il la faisait trembler. Trembler de peur, mais aussi d’espoir. C’était confortable de se dire qu’une seule personne pouvait l’aider, qu’une seule personne savait véritablement ce qui était bien pour elle et que cette personne n’était personne d’autre qu’elle même. Elle n’avait donc pas à se reposer sur autrui pour s’en sortir, elle ne dépendait pas du bon vouloir d’un autre qui aurait pu alors jouer avec elle tel un pantin. Non, elle était la seule à pouvoir décider et sentir ce qui était le mieux pour elle. C’était agréable de savoir, de sentir qu’elle avait la force en elle de s’en sortir et qu’il suffisait de la puiser. Elle n’était pas plus bête ou incapable qu’un autre. Mais du même coup, c’était extrêmement effrayant parce qu’il n’y avait pas de recette magique. Le psychologue qu’elle avait été voir ponctuellement la semaine dernière le lui avait affirmé : ce qui aidait telle personne ne correspondait pas à une autre. L’esprit humain n’était pas malléable d’une seule et même manière. Personne ne savait vraiment exactement comment est-ce que l’on prenait des décisions, quand est-ce que d’une situation de désespoir l’on basculait. Cet inconnu effrayait Edme. Elle aurait tant préféré avoir un médicament à avaler deux fois par jours, pendant dix ans même, mais dont elle aurait été certaine des résultats. A présent, elle marchait sur des oeufs, sur un terrain glissant. Elle craignait d’être en permanence sur un sol branlant. Parce qu’elle ne sentait rien. Elle ne se sentait pas forte, elle ne sentait pas ces signes qui lui auraient donné le feu vert pour faire changer les choses. Elle ne ressentait que désespoir, tristesse, découragement aussi. Et même ces sentiments ne lui assuraient aucune stabilité puisqu’il lui arrivait d’être soudainement pleine d’espoir, de joie et de courage. Elle ne trouva pas de réponse adéquate à cette affirmation. Oui, c’est à moi de voir ce qui est le mieux pour moi, tu as raison.
Ce fut dans ce second état d’esprit que la jeune Carlson avait pris l’initiative de passer son permis moto et de s’en offrir une. Son premier écart, son premier plaisir personnel. Elle n’en avait parlé à personne, de peur de ne pas aller jusqu’au bout, d’en être empêché et de peur d’échouer. Et puis elle avait voulu que ce soit son secret, sa chose à elle, son petit plaisir à elle seule. Maintenant qu’elle l’avouait enfin à quelqu’un (qui d’autre à part Erik ?), Edme se sentit plus légère. Elle eut l’impression de se rendre compte de ce qu’elle venait de faire et se sentait particulièrement fière. Fière d’être parvenue à avoir son code, son permis, fière d’y être parvenue seule. Cette sensation de fierté, de joie et de picotement au fond de son ventre l’invitait à persévérer, à oser plus, à davantage s’écouter et faire ce qui lui plaisait, à elle. Aussi elle n’hésita pas une seconde de plus à taper dans la main d’Erik. Elle rigola et ne put effacer le sourire immense de ses lèvres. Elle n’en ressentait pas même l’envie.  «  Je sais, je sais… Je suis plutôt exceptionnelle, n’est-ce pas ? » Elle posa un rapide baiser sur sa joue et rigola davantage. Ce qui l’encourageait à se livrer à son ami, à Erik, était la joie qui resplendissait sur son visage. Edme avait la preuve de la joie qu’il ressentait à la voir épanouie et rien n’avait plus de valeur à ses yeux. Il était heureux parce qu’elle l’était, à ce moment précis, ça valait tout l’or du monde.  «  Acheter, voyons ! Je n’ai pas payé un permis pour juste louer une moto ! » Elle avait conscience que ce n’était pas si évident même si elle le faisait passer autrement. Parce qu’en réalité, avoir le permis moto n’était pas suffisant en soi. Elle aurait pu se rétracter, ne pas acheter de moto et faire comme si elle n’avait jamais obtenu le permis. Cependant, ce n’était pas son souhait. Elle ne voulait pas revenir en arrière et c’était notamment la raison pour laquelle elle avait tenu à acheter son précieux avec Erik. Parce qu’il s’y connaissait certainement mieux qu’elle et parce qu’elle ne pourrait reculer. Il lui donnerait la force qui lui manquait encore pour franchir le pas. Et il ne chaumait pas puisque son enthousiasme lui donna envie d’y aller maintenant. D’aller chercher sa moto, de l’essayer. Elle avait conscience qu’elle ne pourrait l’avoir de suite, mais elle pourrait en louer une le temps de recevoir la sienne. Elle pouvait se le permettre, de toute façon. Elle en avait envie maintenant. Elle avait envie de montrer à Erik qu’elle était capable de s’amuser, mais avant même cela, elle avait envie de s’amuser, de passer du bon temps avec Erik. Ca faisait si longtemps qu’ils ne s’étaient pas retrouvés tous les deux, qu’ils n’avaient pas partagé un moment agréable. Ca lui manquait. Edme se rendait compte de son erreur. Malgré tous les efforts qu’elle mettrait pour le repousser, elle ne réussirait pas pour la simple et bonne raison qu’elle ne voulait plus passer autant de temps loin de lui. Elle ne voulait pas. Elle ne pouvait donc pas.  «  Nous tuer ? Je n’oserai point. Cela dit, je ne peux pas promettre de ne pas égratigner ton beau visage. Ca ne sera pas trop contraignant pour tes copines ? » Elle le taquinait autant qu’il l’avait fait. Et il persévérait. Ce qu’elle adorait. Edme avait envie de rentrer dans son jeu. Elle savait pertinemment qu’Erik ne l’habillerait jamais de latex pour aller faire joujou sur la moto, il était plutôt du genre à empiler les couches pour éviter qu’elle ne se casse quoique ce fut, mais elle ne put s’empêcher d’attraper la perche qu’il lui tendait.  «  J’ai toujours su que tu rêvais de me voir sur une moto toute de cuir et de latex vêtue. Ton rêve est sur le point de se réaliser. » Elle lui fit un clin d’oeil et l’embrassa derechef sur la joue.  «  Avant d’y aller, comment vas-tu ? On a beaucoup parlé de moi et j’aimerais vraiment savoir ce qui se passe dans ta vie dernièrement. »  

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MessageSujet: Re: ☑ they say you're no good.    Mar 10 Oct 2017 - 22:58

A une autre époque, ou dans un autre monde, Erik aurait considéré que Edme était un être enchanteur, sans aucun doute. Le dévouement qu'elle faisait naître en lui était sans commune mesure, lui faisant omettre les pire de ses travers. Il se serait demandé si elle lui avait jeté un sort, s'il était sous emprise pour l'éternité, mais aussi, et peut-être surtout, quel était son dessein. A dire vrai, avec le monde dans lequel il vivait, il n'aurait peut-être pas du être autant en confiance. Comment pouvait-il affirmer qu'il ne risquait rien quand le gouvernement prenait tant de peine à manipuler ses habitants ? Erik était d'ailleurs persuadé que l'étendue du pouvoir de Delenikas était le secret le mieux préservé sur cette planète, plus encore que l'endroit où se trouvait le Saint Graal. Qui diable était capable d'imaginer ce qu'ils pouvaient faire ? Persuadé que les clones n'étaient que la partie émergée de l'iceberg, le mécanicien était persuadé qu'il finirait par s'échouer aussi violemment que le Titanic, ce bateau légendaire qui n'avait pas su résister à un iceberg – ce qui était impossible, quand on voyait de quoi étaient faits les bateaux. A moins que cela ne date d'une époque que même les meilleurs historiens n'étaient pas encore parvenus à découvrir... En tout cas, Erik n'aurait pas étonné d'apprendre que le gouvernement, ou plus vastement les plus riches, avaient le pouvoir de manipuler les gens à leur guise. Et si sa confiance en Edme n'avait pas été aussi aveugle, il se serait posé la question. D'un naturel méfiant, à la limite de la paranoïa, il se serait probablement éloigné de la demoiselle à toutes jambes si seulement il avait eu toute sa tête... Mais voilà, Edme était la seule personne qui obtiendrait, quoiqu'il advienne, son pardon – la seule personne en qui il croyait vraiment et sincèrement. Ce n'était pas un hasard s'il la poussait vers l'émancipation, alors même que cela pouvait mettre en péril l'image qu'elle avait de lui. Naturellement, Erik détestait les mois qu'elle passait loin de lui, retombant sous le joug de sa famille, mais il savait aussi que c'était pour ça que leur relation était aussi durable. A l'instant même où Edme apprendrait à découvrir Erik, où elle apprendrait qui il était vraiment, il ne faisait nul doute que le Lamontagne serait renvoyé de sa vie, sans préavis, sans indemnité quel qu'il soit... Il n'aurait plus que ses yeux pour pleurer, et sa fierté à ravaler. Il n'aurait plus d'autre choix que de se faire une raison. D'une certaine façon, chaque départ de la demoiselle était un sursis... Et aussi douloureux soit-il, c'était toujours mieux que de la perdre à tout jamais. Pourtant, si c'était ce dont elle avait besoin pour être heureuse, alors qu'elle parte, s'envole de ses propres ailes. Erik lui aurait donné sa vie pour la rendre heureuse, si elle avait seulement eu de la valeur...
Accueillant ses éclats de rire comme certains accueilleraient une rivière de diamants, Erik leva les bras en signe de reddition quand elle lui demanda confirmation qu'elle était exceptionnelle. « Ce n'est certainement pas moi qui vais t'contredire, ma p'tite dame ! » Il passa une main sur son dos lorsqu'elle déposa ses lèvres sucrées sur sa joue, et rit de plus belle avec elle. Edme était contagieuse – qu'il s'agisse de ses peines, de ses joies, de ses éclats de rire, Erik avait parfois l'impression de prendre toutes ses émotions à l'état brut, sans être capable de les filtrer, de quelque façon que ce soit. Dommage qu'ils ne puissent pas enfermer les plus heureuses dans un bocal, pour se faire un shoot chaque fois que son moral filerait un mauvais coton... « Eh bien, tu ne pourrais pas être aussi téméraire que tu t'en donnes l'air, et vouloir être discrète » lui lança-t-il du tac au tac, ne faisant aucune remarque sur les coûts que cela pouvait engendrer. Elle était tellement simple et naturelle qu'Erik en oubliait parfois le gouffre financier qui les séparait. Il savait ses moyens nettement en deçà de la moyenne, mais oubliait parfois à quel point Edme n'aurait jamais les mêmes préoccupations que lui... S'il avait du louer une moto, il se serait endetté pour des semaines... « Oh, elles ont déjà vu bien p--- » Se retenant de justesse, il décida que la réponse qui lui venait spontanément n'était probablement pas la meilleure. Ce n'était pas même que son appétence pour les bagarres était un mystère ; il allait toujours demander à Edme de le soigner lorsque la bagarre s'était avérée plus...douloureuse ? corsée ? que prévue. Mais le ton de la conversation ne devait être si sérieux – Edme s'était contentée de le railler. « Ne t'inquiète pas, je suis sur qu'elles apprécieront ce p'tit coté bad boy que ça me donnera... » Il conclut sa réponse d'un clin d'oeil, et attrapa l'addition que le serveur venait de déposer sur la table. Il y laissa le compte exact, et hésita quelques secondes à ajouter un pourboire. Il ne voulait pas passer pour un radin auprès de sa belle... A contre coeur, il ajouta deux dollars de pourboire, conscient que cela ne représentait pas les 20% traditionnels. Il se leva d'emblée, comme pour détourner l'attention de la (nouvelle) motarde, et passa un bras autour de son épaule. « Dis donc, j'ai le droit à beaucoup de bisous, je vois que je t'ai vraiment manqué ! » lui fit-il remarquer, bien heureux d'être l'heureux destinataire de sa tendresse. « Je vais très bien. Allez, dépêche toi ! Il paraît que le latex, ce n'est pas pratique à porter et j'aimerai qu'on ait le temps de faire un tour avant la tombée de la nuit... » Il la poussa légèrement vers la sortie, et déposa à son tour un baiser sur sa tempe. Dieu qu'elle lui avait manqué.

the end.

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